I had a one-way ticket to a place where all the demons go [ft. Isabel Rosenthal]

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MessageSujet: I had a one-way ticket to a place where all the demons go [ft. Isabel Rosenthal] Mar 15 Aoû - 16:08

Alice Green Ft. Isabel Rosenthal





I had a one-way ticket to a place
                                               
where all the demons go




Je lui ai menti. Encore. Bordel, il va m’en vouloir. Je lui ai raconté des salades sans sourciller un seul instant. Je lui ai dit que je n’avais aucun souvenir de cette soirée magique sans la moindre hésitation. J’ai observé les traits de son visage se transformer, son regard s’assombrir et son âme se briser. Impuissant, il m’a écoutée jusqu’au bout et je voyais qu’il refusait d’y croire. Sa colère se ressentait. Plus forte que jamais. Il a dû faire preuve d’un sang-froid exceptionnel pour ne pas m’insulter ouvertement. Mais ses yeux lançaient des éclairs et ils m’ont électrocutée. Mon cœur se serrait au fur et à mesure que mes phrases se formulaient. Chaque mot était un poignard pour lui comme pour moi. Je lui faisais du mal. Consciemment. J’étais en train de le blesser. Je lacérais les sentiments qu’il avait pu exprimer comme une sauvage impitoyable. J’ai à nouveau sorti le masque de l’hypocrisie, celui qui m’a permis de résister toutes ces années et de dissimuler mes émotions. J’ai repris l’espace d’un instant le contrôle de moi-même et pourtant je ne me suis jamais sentie aussi prisonnière.

~ Dimanche matin ~

Après un samedi soir bien agité…

Tu ouvres les yeux difficilement. Le soleil de midi filtre à travers les rideaux de la chambre et ses rayons dorés viennent chatouiller la peau de ton bras qui pendouille du lit. Des mèches de cheveux en bataille te barrent la vue. Tu grognes. Ce simple son fait bourdonner ta tête. Une résonance sourde signe d’une grosse gueule de bois. Tu soupires. Depuis trois jours, tu te réveilles avec une migraine atroce. Il serait temps d’arrêter de noyer ton chagrin dans l’alcool. D’un geste imprécis et hasardeux, tu lèves la main vers la table de nuit à la recherche de ton réveil. Tu le saisis pour le ramener à portée de ton regard. Il est 12h27. Beaucoup trop tard en somme. Tu pousses à nouveau un long soupir et laisse tomber l’appareil au sol. Allongée sur le ventre, tu fourres ton visage dans l’oreiller pour fuir la lumière du jour qui t’assaille et t’intime de te lever.

Soudain, tu te rends compte que tu es complètement nue sous la couette. Tu sursautes et te redresses brusquement. Tu roules sur le côté, prête à pousser celui ou celle qui dort près de toi mais contre toute attente, le lit est vide. Tu es seule dans ta chambre que tu balayes d’un regard inquisiteur en t’asseyant. Tu baisses les yeux sur ta poitrine qui est ornée de plusieurs petites marques rouges violacées. Des suçons. Tu as forcément passé la nuit avec quelqu’un. Mais qui ? Tu te rallonges lentement en te mordant la lèvre et frotte ton visage mal réveillé d’une main.

Tu fermes les yeux et instantanément, des bribes d’images de la veille te reviennent. Des cris à peine étouffés, des gémissements entremêlés de soupirs et des râles de plaisir te parviennent. Tu te revois dans ses bras, son corps te surplombant alors que vous vous donnez l’un à l’autre. Tu ouvres brusquement les yeux, le souffle coupé. Tu serres les cuisses en rougissant toute seule.

Bordel de merde. Comment j’ai pu oublier cinq secondes que j’avais passé la nuit avec lui ?

Tu te mets à rire, euphorique, perdue dans ta joie de recouvrer la mémoire. Tu as couché avec Alec. Et c’était génial. Maintenant que les détails de vos ébats te reviennent, tu t’en veux d’avoir pu avoir un égarement en émergeant de ce sommeil bien mérité. Tu fais l’étoile de mer dans ton lit, fixant le plafond avec un grand sourire idiot sur les lèvres. Tu réalises ce qu’il s’est passé hier soir et tu ne peux pas t’empêcher de te sentir bien, libérée d’un poids et amoureuse comme jamais. Ma pauvre, si tu savais…

Ton regard est alors attiré par un morceau de tissu banc qui dépasse de sous l’oreiller à côté de toi. Tu t’en empares et te rends compte qu’il s’agit du t-shirt d’Alec. Sans réfléchir tu fourres ton nez dedans et inspires profondément. Son parfum te fait frissonner. Tu réalises alors que cette odeur que tu aimes tant est imprégnée dans les draps. Tu n’arrêtes plus de soupirer de contentement, serrant le t-shirt contre toi comme une adolescente le lendemain de sa première fois. Au fond, tu te trouves assez ridicule mais tu t’en fiches, il n’y a personne pour le voir.

D’ailleurs, ce détail finit enfin par attirer ton attention. Où Alec est-il passé ? Peut-être est-il en bas ? Tu te décides finalement à te lever. Tu enfiles le haut que le démon a laissé à l’abandon sous les oreillers et cherches après ta culotte. Tu finis par la retrouver, échouée aux pieds du lit et dissimulée par les couvertures qui tombent à moitié, non loin de l’emballage du préservatif que vous avez utilisé. Pas de traces des autres vêtements d’Alec. Tu en déduis qu’il est resté torse nu. Cette idée t’émoustille déjà. Tu enfiles ton dessous avant de ramasser le petit étui brillant pour le jeter dans la poubelle en sortant de la chambre. Tu descends les marches sur la pointe des pieds pour ne pas faire de bruit. Arrivée à l’angle du couloir, près de l’entrée, tu coules un regard vers le salon, restant cachée derrière le mur. Aucun bruit. Tu avances lentement, pas à pas, pour aller jeter un œil dans la cuisine. Mais aucun signe de vie ne te parvient. La maison est vide. Tu te retournes pour constater que les chaussures du démon sont absentes, seules les tiennes trônent sur le tapis devant la porte. Tu es seule.

Tu restes plantée là pendant de longues minutes, à fixer les poils bleu marine de la carpette, à l’endroit où la veille au soir se tenait une paire de baskets de sport masculine. Tu pousses un soupir en te dirigeant dans le salon. Tu t’affales dans le canapé. L’engouement du moment retombe comme un soufflé. Ta gaieté fait un gros plat. Tu as envie de hurler.

Il s’est barré. Putain. Ce connard.

Après un moment passé à contempler les quelques bouteilles d’alcool vides qui jonchent la table basse, cette dernière étant encore une fois sur trois pieds, tu te lèves. Tu vas dans la cuisine à la recherche d’un quelconque mot qu’il aurait pu laisser. Tu fouilles partout, allant même jusqu’à retourner dans ta chambre pour défaire le lit. Mais tu te rends à l’évidence grinçante de l’absence totale du démon. Il n’a rien laissé comme preuve de son passage, si ce n’est son t-shirt sur lequel tu dormais et qu’il n’a pu récupérer sans risquer de te réveiller. La réalité te fait l’effet d’une douche froide. Glacée. Tu t’es faite piégée. Lorsque cette constatation s’inscrit enfin dans ton esprit, tu es dans le salon. Tu attrapes une des bouteilles et tu la lances contre le mur en hurlant. Tu beugles des insultes et rugis comme une bête sauvage, laissant ta colère éclater. Tu te sens tellement conne de t’être faite avoir. Tu t’es faite baisée, littéralement. Alec a eu ce qu’il voulait, ce qu’il était venu chercher depuis le début, ce pour quoi il était là. Un nom de plus à son tableau de chasse, le tiens. Il voulait te faire céder, te souiller et gagner. Il peut être fier de son coup, il a tenu bon, la route fût longue et semée d’embûches mais finalement il repart vainqueur. Tu enrages contre toi-même. Comment as-tu pu lui faire confiance et être si naïve ?

La plupart des filles se seraient recroquevillées dans leur lit en pleurant toute la journée. Mais pas toi. Non, Alice Green est en colère. Elle n’est pas triste. Sa seule motivation désormais c’est la vengeance. Tu attrapes farouchement ta veste en cuir et cours vers l’entrée pour enfiler tes bottes. Au moment de sortir, tu te rends compte que tu t’apprêtais à partir en culotte. Tu frappes violemment la porte et vas dans la salle de bain pour passer le premier jean que tu trouves. Tu prends tes clés de moto, mets ton casque et décampes pour faire rugir le moteur. Tu n’as aucune idée d’où tu pourras trouver Alec mais tu t’en fous royalement, tu es prête à retourner tout Damned Town s’il le faut pour lui casser la gueule.

Tu sillonnes les routes depuis une demi-heure, la rage au ventre, quand les vapeurs de l’alcool commencent à se dissiper pour faire remonter à la surface des souvenirs de cette soirée. De votre petit jeu et de ses dérapages. Tu te sens de moins en moins confiante. Tu te rappelles lui avoir raconté ce qu’il s’était passé avec Dragon et puis… « Peut-être parce que j'ai envie que tu m’appartiennes, que j'ai envie que tu te donnes à moi comme moi j'ai envie de me donner à toi. »

Tu perds soudain le contrôle de ta moto. Tu freines subitement pour arrêter le véhicule qui se braque dans un crissement de pneu. Tu ralentis et poses un pied à terre. Tu retires ton casque, les yeux rivés sur le sol. Tu trembles légèrement en te souvenant petit à petit du démon en train de se livrer à toi avec cette sincérité intense et fragile.

« Que tu viennes de ce monde de bâtards, ou que tu viennes du mien, je m'en fous. Tu es toi et, dans cette ville, il n'y a que toi que je veux posséder… » Tu essayes de reprendre ton souffle, les yeux clos. Des images se succèdent à toute vitesse. Vos regards, vos caresses, vos baisers. « Et, c'est con à dire, mais en ces trois putains de jours, tu m'as tellement manquée. » Des larmes inondent le bord de tes cils et menacent de faire pleuvoir un torrent sur tes joues. Tu retiens un sanglot. « Tu me rends dingue putain. Mais, au moins, quand tu es là, je souffre et vis à la fois, et c'est ce que j'aime. » Tu ravales tes larmes, encore secouée par cette véritable déferlante. Résignée, tu fais demi-tour et rentres chez toi.

Tu passes la journée à réfléchir et à te tourmenter à propos d’Alec et toi. Certaines parties demeurent floues. Mais l’essentiel est là. Le démon n’avait pas l’air de te mener en bateau. Même si son discours est morcelé, tu en as bien assez pour savoir que la situation n’était en rien artificielle et que, même pour jouer la comédie, il ne se serait jamais permis de se livrer de la sorte, de se montrer sous un autre jour, vulnérable. Hier soir, Alec t’a ouvert son cœur et t’a dévoilé ses faiblesses. Apparemment, tu en fais partie. Tu t’es souvenue de sa réaction lorsqu’il a découvert la marque de Dragon dans ton dos. Tu doutes que ce soit de la mise en scène ou une simple crise de mâle vexé que l’on chasse sur son territoire. L’idée primaire que le démon aurait bel et bien des sentiments pour toi persiste alors. Cependant, tu ne te souviens plus comment vous en êtes venus à vous envoyer en l’air. Toujours est-il que tu as passé la nuit avec lui et ça, tu n’es pas prête de l’oublier.

Pourtant, une question persiste encore. Pourquoi Alec a-t-il disparu ? Pourquoi partir comme un voleur après ça ? Pourquoi te laisser dans le doute et sans aucune explication ? Tu ignores ce qui a pu pousser le démon à fuir. Tu passes en revue les différentes raisons qu’il pourrait avoir d’agir comme le dernier des enfoirés. Tu continues d’envisager la première option du parfait connard qui n’était là que pour coucher avec toi depuis qu’il t’a abordé au parc même si tu doutes qu’elle soit finalement recevable. Elle entre en contradiction avec trop d’événements qui trahissent sans cesse les sentiments d’Alec à ton égard. Peut-être qu’il fuit la réalité. Il ne veut pas s’engager dans une relation, il a peur de ce qu’il ressent et préfère t’abandonner en espérant ne plus te recroiser. Or, il a déjà agi ainsi au Belvédère et force est de constater que ça n’a pas fonctionné. Tu te dis qu’il avait peut-être simplement quelque chose d’urgent à faire même si tu éprouves une grande difficulté à accepter qu’il puisse faire passer un sujet quel qu’il soit avant toi. Cependant, tu gardes cette idée en tête. Plus tu réfléchis et plus la vérité potentielle que tu refuses de voir en face te rattrapes. Tu as beau retourner le problème dans tous les sens, cette pensée continue de s’imprimer en toi et tu n’arrives bientôt plus à t’en défaire.

Ce qui rend votre histoire compliqué demeure cette différence originelle de race. Tu es un ange et tant que tu feras partie du Paradis, vous ne pourrez pas être véritablement ensemble. Alec pourra te répéter que ça n’a aucune importance pour lui, ça en a une pour toi. Tu ne peux pas t’empêcher de te dire que le problème vient de toi, de ton aura de pureté et des exigences de ton clan. Même si c’est difficile à croire, il se pourrait qu’au fond, le démon se sente coupable de te pousser vers le côté obscur. Il observe ta descente aux Enfers depuis plusieurs semaines et cette situation lui montre son pouvoir de corruption. Il craint de te transformer. Qui sait si tu seras toujours la même une fois que tu auras sombré ? Tu te demandes s’il parviendrait davantage à assumer son attachement pour toi si tu étais de son côté, si toi aussi tu étais une créature des ténèbres.

Cette idée te hante toute la journée. Tu entreprends de jeter les bouteilles et de faire un peu de ménage dans ton intérieur mais la tâche s’avère plus ardue que prévu. Ta mémoire te joue des tours et des réminiscences de votre soirée t’envahissent toutes les heures, te faisant frémir. Une chose est certaine, sous les draps, Alec est un partenaire divin.

Tout se bouscule dans ta tête. Il est passé deux heures du matin quand tu prends la décision qui va bouleverser ta vie. Tu es assise par terre dans ta petite cour derrière la cuisine, le dos contre la brique froide et rugueuse, qui fait picoter ta cicatrice sur ton omoplate. Ta peau est parcourue de frissons, balayée par l’air frais de la nuit alors que tu ne portes qu’un minuscule débardeur à bretelles. Tu es en train de fumer une des cigarettes du paquet que tu as retrouvé en rangeant le salon. Tu observes avec une sorte de fascination détachée les volutes que tu expires par intermittence et dont les contours flous se distinguent dans l’éclat argenté de la lune.

Si je veux être avec Alec, il n’y a qu’une solution.

Cette unique opportunité est la déchéance. Tu la redoutais il y a des années, tu y songeais il y a quelques mois et aujourd’hui c’est une certitude. Tu n’as rien à faire parmi les anges. Tu dois lâcher prise et accepter que les ténèbres se soient finalement emparées de ton âme. Tu ne pensais pas que ça arriverait si tôt, que ce serait aussi par amour pour quelqu’un même si la première raison qui te pousse à vouloir rejoindre les démons n’est autre que celle de ton malaise intérieur permanent. Tu as besoin de briser tes chaînes une bonne fois pour toutes et de rejoindre les rangs des créatures de la nuit. Et tu veux que ça se fasse vite. Tu ne veux plus avoir à exhiber cette aura faussement pure plus longtemps. Alors tu décides de te rendre au Palais des Anges comme la rebelle que tu es.

Sauf que…


Le lendemain – Lundi – Jour de travail au Gymnase
[disponible en RP Skype bientôt]


Je lui ai menti. Mais je devais le faire. Je refuse de continuer comme ça. Je préfère l’éloigner. Il pourrait me faire changer d’avis. Me détourner de mon objectif. Je veux pas revenir vers lui en tant qu’ange. Quand je reviendrai vers lui, je serai égale à moi-même. Je ne ferai plus semblant d’être ce que je suis pas. Il ne sera plus dérangé par mon aura de lumière. C’est fini. Le crime a été commis. Bon sang ce que j’ai aimé ça mais il n’y aura pas de récidive. Du moins, pas véritable. Je sais que je serai toujours une erreur quoi qu’il arrive et qu’on effacera pas mes origines angéliques en un claquement de doigt. Mais ce sera un début. Un premier pas vers une nouvelle existence. Alors je m’en fous de ce que les autres peuvent dire. Ce que je vais faire, c’est pour moi. J’ai pris ma décision. J’ai besoin d’être seule pour parcourir le peu de chemin qu’il me reste. Et au fond, ça reste dangereux. J’ignore tout de ce qui m’attend hormis le mot que tout le monde redoute au Paradis. Déchéance. Alors oui j’ai menti à Alec et je m’en veux. Je sais même pas s’il comprendra, s’il me pardonnera et s’il voudra encore de moi après ça. J’imagine que savoir qu’en vérité je n’ai pas oublié ses caresses le poussera à la clémence. Je dois me persuader qu’il sera là quand je reviendrai. Si tout ce qu’il m’a dit est vrai, il me désirera encore. Il m’aimera toujours.

Et te voilà. En ce mardi après-midi, tu es dehors, face au Palais des Anges, la demeure terrestre d’une partie de tes confrères et la résidence principale de sa majesté Isabel. C’est elle que tu viens voir aujourd’hui. Tu ne comptes pas passer par quatre chemins et t’adresser à la souveraine te paraît être le chemin le plus direct pour accéder au Tribunal du jardin d’Eden.

Il pleut. Depuis que tu as ouvert l’œil, de gros nuages sombres continuent d’envahir le ciel et mènent une guerre sanguinaire au beau temps. On croirait qu’il fait nuit. Pour couronner le tout, une tempête a été annoncée. Le vent s’est levé. Il balaye les mèches de jais qui s’échappent de ta capuche. Les mains dans les poches de ton perfecto, tu attends le bon moment. Tu as décidé d’entrer à seize heures. C’est le timing parfait. Ni trop tôt ni trop tard, tu ne devrais pas pouvoir louper la reine. Tu es venue sans armes. Tu espères ne pas avoir à recourir à la violence. Dans le cas contraire, tu te serviras de la force de tes poings, encore endoloris du long entraînement de la veille.

Quand ta montre affiche l’heure fatidique, tu traverses la route et marche d’un pas rapide vers les grandes portes ornées de dorures. Les deux gardes postés sur le perron te suivent d’un regard méfiant mais ils te laissent entrer. Une fois à l’intérieur, tu découvres un gigantesque hall où trône un escalier dont l’accès est interdit. Une grosse chaîne pend entre les deux immenses piliers qui constituent le point de départ des rampes décorées de lierre doré, elle dissuade les curieux de gravir les marches de marbre blanc. Une double porte à gauche est ouverte sur un couloir. A ta droite, tu trouves une petite pancarte avec une flèche qui indique le centre d’accueil aux visiteurs. Tu pouffes.

C’est un musée ou quoi ce truc ?

Tu décides d’aller directement demander confirmation quant à la présence d'Isabel. Tu ne voudrais pas perdre du temps à la chercher dans cet énorme château si madame ne s’y trouve pas. Arrivée au bureau signalé par le panneau, tu es ravie de constater que personne ne fait la queue. Tu aurais pu perdre patience. Tu t’avances vers le grand pupitre de ce qui ressemble à une secrétaire et affiches ton plus grand sourire, t’efforçant d’adopter les bonnes manières des anges.

▬ Bonjour. Excusez-moi, j’aurais voulu savoir si sa Majesté se trouvait au Palais aujourd’hui s’il vous plaît ?

La demoiselle aux cheveux blonds tirés en un chignon strict lève les yeux vers toi et clignes des paupières un moment, comme hésitante. Ton aura l’intimide. Elle fronce les sourcils quelques secondes avant de se reprendre.

▬ Bonjour. Oui, la reine est ici mais elle est occupée jusqu’à ce soir pour affaires privées. Vous souhaitez prendre rendez-vous ? Elle n’est disponible qu’à partir de la semaine prochaine.

Tu retiens un grognement. Pire qu’une galerie d’art sur la Grèce antique, c’est un cabinet dentaire, avec son lot de douleurs et son agenda overbooké. Tu continues de sourire innocemment.

▬ Oh non, ne vous embêtez pas, ce n’est pas grave, je repasserai. Merci, bon après-midi !

Tu t’apprêtes à repartir mais te ravises aussi vite, affichant une fausse moue gênée.

▬ Pardonnez-moi mais pourriez-vous m’indiquer les toilettes je vous prie ?

La secrétaire rougit et t’adresse un sourire un peu amusé. Elle te dirige vers le couloir de gauche, la deuxième porte à droite. Tu la remercies et retournes dans l’entrée pour marcher d’un pas rapide dans cette direction. Seulement, tu ne t’arrêtes pas aux toilettes mais continues ton chemin en accélérant en silence, les mains dans les poches. Arrivée au bout du long corridor, qui tourne pour continuer sur une nouvelle série de portes dorées, un accès vitré semble mener vers une cour intérieure décoré de nombreuses plantes. Le clapotis de l’eau d’une fontaine te parvient. Tu hésites à emprunter cette voie pour rejoindre la partie plus au nord du bâtiment mais tu n’as pas le temps de réfléchir. Des voix résonnent à l’autre bout du couloir et des pas retentissent dans ta direction. Tu te dépêches de sortir. Une fois dehors, tu t’abaisses pour slalomer entre les plantes rapidement. Tu arrives vite à l’aile nord, la même porte vitrée menant à un nouveau couloir interminable. Discrètement, tu longes les murs de la galerie, jetant un œil par-dessus ton épaule de temps en temps pour t’assurer que personne ne te suit. Arrivée à un tournant, tu ralentis en entendant des voix. Deux hommes sont en train de parler. Tu te colles contre le mur et observes du coin de l’œil le passage. Ils sont armés. Une épée semblable à celle des hommes de mains de la famille royale. Ils sont appuyés contre la rambarde d’un escalier, lui aussi bloqué par une chaîne qui porte un écriteau « accès interdit ». Ils sont en train de parler de leur famille restée au Paradis. Tu ne veux pas prendre de risques inutiles et deux gardes entraînés et armés pourraient bien parvenir à t’arrêter, même si tu as l’avantage de l’effet de surprise. Il faut que tu en éloignes un. Tu enlèves ta capuche et brosses ta chevelure désorganisée rapidement à l’aide de tes doigts. Tu essayes d’avoir l’air le plus naturel possible, t’efforçant de garder ton aura aussi repliée que possible. Tu avances vers les deux anges qui s’arrêtent de discuter pour te regarder arriver.

▬ Je suis désolée de vous déranger messieurs mais la jolie blonde qui s’occupe de l’accueil a du fil à retordre avec un intrus. Je crois que c’est un déchu, je ne sais pas trop comment il a atterri ici. Elle semblait vouloir se débrouiller seule pour s’en débarrasser mais je préfère vous prévenir, on ne sait jamais…

▬ Je vais aller voir, déclare froidement le premier qui part immédiatement.

Tu dois attendre qu’il soit suffisamment loin pour ne plus vous entendre.

▬ On peut savoir ce que vous faites ici ? te demande de suite le garde restant.

Tu hausses les épaules, feignant la nonchalance, te faisant passer pour une jeune insouciante pleine d’ingénuité qui ne sait pas qu’elle n’a pas vraiment le droit de se balader seule dans ces couloirs.

▬ Oh je cherche mon petit frère. Il aime bien se cacher dans le Palais et il faut que je le retrouve. Ca l’amuse de me faire cavaler. Vous savez ce que c’est, les enfants…

L’homme sourit légèrement mais tente de conserver son sérieux.

▬ Je comprends mais comme vous le savez, l’aile nord est réservée à sa Majesté la reine et à ses conseillers, vous n’avez pas le droit d’être ici. Je vais demander à un collègue de vous raccompagner, il vous aidera à retrouver votre frère, ne bougez pas.

Un rictus orne tes lèvres lorsqu’il pose une main sur ton épaule. Avec célérité, tu attrapes son poignet pour retourner ses doigts et exercer une pression sur son bras, l’obligeant à se pencher. Il pousse un cri et avant qu’il ne fasse trop de bruit tu lui balances un coup de pied fulgurant en pleine tête. Tu termines par un coup de coude sur la tempe qui l’assomme. Il a à peine le temps de comprendre ce qui lui arrive et de penser à dégainer son arme qu’il perd connaissance. Tu traînes son corps inerte sur le sol et le laisse près de l’escalier, dans l’angle mort du couloir, afin qu’il soit moins visible. Tu enjambes la chaîne qui entrave l’accès à l’étage et grimpes les marches quatre à quatre. Une fois arrivée, tu grimaces. Tu n’es là que depuis vingt minutes et tu ne supportes déjà plus la décoration. Tout est blanc et bleu ciel, paré de multiples dorures et de grandes colonnes en marbre. Une richesse écrasante doublée de couleurs lumineuses qui te donnent la nausée.

C’est quoi cet endroit sérieux ?

De plus en plus impatiente, tu tentes d’ouvrir la première porte mais la pièce est fermée. Tu recommences l’opération pour chaque entrée, mais tout est verrouillé. Tu lâches un juron et continues d’arpenter les longs corridors du palais à la recherche de la reine. Le silence qui règne sur le premier étage est tout à coup brisé par des bruits de pas alertes.

▬ Hé ! Vous là-bas ! Stop, arrêtez-vous !

Putain, fait chier !

Tu cours te cacher à l’angle et attends ton assaillant. Il a le temps de faire un pas près de toi. Tu te jettes sur lui sans attendre. Surpris, il recule, croyant te foncer dedans. Tu lui décoches un coup dans la gorge suivi d’un direct au niveau du sternum. L’homme vacille mais ne rompt pas. Il dégaine son épée. Tu esquives les premiers coups mais grimaces lorsque la lame tranchante effleure ton épaule pour percer ta veste et entailler légèrement ta peau. Tu parviens à te saisir de son poignet et tu roules contre son bras pour venir lui claquer ton coude dans le nez. Sa tête part violemment en arrière alors que le sang coule instantanément. Tu en places un second dans les côtes. Il lâche son arme, le souffle coupé. Tu en profites pour lui envoyer un coup de pied retourné en pleine tête et celle-ci vient frapper le mur. Le garde s’écroule. Mais des bruits de pas se font entendre à nouveau, il te faut quelques secondes pour détecter les auras pures paniquées. Ils sont trois. Tu fuis. Tu cours aussi vite que tu le peux à travers le dédale de couloirs. Ce palais est un véritable labyrinthe.

Finalement, tu entends une voix féminine. Un ton autoritaire mais pourtant élégant et candide. Le peu d’apparitions qu’elle a pu faire en public t’a suffi pour enregistrer ce son mélodieux qui pour toi n’est que propagande. Isabel. Tu te rues sur la porte avant qu’elle ne tourne sur ses gonds. L’homme qui était en train de la refermer se la prend en pleine tête. Tu t’infiltres dans la pièce sans même lui adresser un regard. Celui qui doit être le majordome de la reine essaye de te rattraper en criant.

▬ Qu’est-ce que… Sortez d’ici tout de suite !

Il t’attrape fermement le bras en te ramenant à lui. Ton dos heurte son torse et dans la seconde tu redresses la tête pour lui envoyer un coup de crâne dans le menton. Tu t’arraches de son emprise et le repousse violemment. Tu n’en peux plus de cavaler dans des couloirs bleus et blancs et de te battre pour simplement adresser deux phrases à une connasse qui porte une couronne.

Tu déboules dans le petit salon au mobilier de luxe ancien, sur fond de tapisserie crème aux motifs brodés de la lignée des Rosenthal, la rose blanche, toujours dans les mêmes tons clairs. La jeune femme à la crinière café au lait te fait enfin face, l’air inquiet. Elle s’apprêtait à aller voir ce qui se tramait dans l’entrée quand tu t’es dressée sur son chemin, du sang sur les poings et les mâchoires serrées. Ton sang bouillonne dans tes veines. Les battements puissants de ton cœur résonnent dans ta poitrine. L’adrénaline a déployé ton aura autour de toi et ses reflets violets aux doux relents de noirceur l’entachent toujours. C’est fait. Elle est devant toi. Tu vas enfin pouvoir t’exprimer. Tu la pointes du doigt, irritée.

▬ Toi. Faut qu’on parle.

Tu marques une pause, le temps de mieux l’observer. Ce qui te frappe en premier lieu, c’est sa taille. Tu ne l’imaginais pas plus petite que toi. Or votre hauteur similaire vous permet de vous regarder droit dans les yeux. Elle possède cependant des courbes nettement plus féminines que toi. En outre elle est moins musclée, son corps mince est souligné par sa robe – étonnamment – blanche, décorée d'une dentelle précieuse bleue. Sa longue chevelure bouclée de princesse aux reflets d'un miel foncé, est coiffée avec raffinement, pour mettre en valeur les traits fins de son visage angélique, son teint de porcelaine et ses yeux d’un bleu cristallin. C’est simple, elle est tout ce que tu n’es pas. Un parfait contraire. Un éclat de lumière qui rencontre un bout de charbon.

▬ Je dois être déchue.

Ta voix prend un ton sévère, sec et brut. Tu ne laisses aucune chance de négociation. Tu as pris ta décision, tu es déterminée et l’objectif est tellement désiré que personne ne pourra se dresser sur ta route. Tu iras jusqu’au bout et tu écraseras ceux qui essaieront de t’en empêcher. Qu’ils soient de sang royal ou pas.

A nous deux, ma grande.

HRPG:
 


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MessageSujet: Re: I had a one-way ticket to a place where all the demons go [ft. Isabel Rosenthal] Jeu 1 Mar - 18:51

I had a one-way ticket to a place where all the demons go.Ça suffit ! Mais qu'ont-ils tous avec leurs jérémiades incessantes ? N'ont-ils donc pas autre chose à faire que de venir implorer tes faveurs ? En cet fin d'après-midi pluvieuse, ta divine majesté est mise à rude épreuve. Voilà plusieurs heures que tu enrages face à la situation. Tu sais de source sûre que Keithan prépare quelque chose, tapi dans l'ombre de son palais hideux. Tes espions sont formels, il a reçu ses sujets. Mais dans quel but ? Les enverrait-il jouer les sentinelles dans ta propre demeure ? Ou simplement s'en prendre aux tiens sans ménagement ? Tu n'en sais rien, et ça t'effraie au plus haut point. Ta tête, sur le point d'éclater à chaque seconde qui passe, exige un temps de repos. Que ne demanderais-tu pas pour une seconde de silence en ces temps troublés... Mais tes conseillers s'entretuent sous tes yeux fatigués. Les murs de l'aile Nord en tremblent, et toi... totalement démunie et incapable de rajouter quoi que ce soit, tu n'y entends rien. Et tu ne supportes plus cette tension.

Tout le monde dehors ! J'ai besoin de m'entretenir avec mon second. Allez me le trouver, tout de suite ! Et vous... Retournez à vos bureaux et accordez-vous sur vos travaux. Suis-je claire ?


❀ Le ton est donné. Plus personne n'ose prononcer la moindre parole désobligeante. Tes conseillers sortent de la pièce, la mine basse. Tu n'aimes pas en venir à de telles mesures, mais tu n'en peux plus. Que chacun s'occupe de ses tâches en silence, et tout ira pour le mieux. Le Dragon a encore gagné ! Il a réussi à te faire perdre tes moyens. Ce n'est pas bon pour ta notoriété et tu le sais mieux que quiconque. Tu ne dois pas t'emporter, mais garder un sang-froid exceptionnel. Pourtant, tu sens que l'aura de la ville change. Le nombre de démons augmente sans que tu puisses y faire grand chose. Même le sort des déchus de chaque clan te perturbe. Beaucoup d'entre eux ne choisiront pas de camp, vous laissant mener votre guerre sans en mesurer les conséquences funestes. Ta cervelle endolorie menace d'exploser ta boite crânienne. Une tasse de thé te ferait le plus grand bien. Proche de toi, ton fidèle majordome tient sa place, sans broncher. Cet homme d'âge mûr est une perle rare. Tu reprends enfin une respiration à la limite de la normale et lui donnes tes indications. Il te sourit, te salue et part te chercher ce doux breuvage. Quant à toi, tu quittes en trombe la salle du Conseil, direction le petit salon.

❀ Ta longue robe blanche te gêne. Tu aimerais vraiment te changer et profiter de ta combinaison fétiche. Tu ne reçois plus personne d'important avant demain, et Peter en a l'habitude. Mon Dieu... Ta tête recommence à tourner, alors que tu arpentes les couloirs à la hâte. Où est donc passée cette petite fille rebelle ? Celle qui n'avait peur de rien et qui bravait l'interdit sans sourciller ? A t'elle donc peur du monstre à ce point ? Depuis quand est-elle devenue farouche à l'annonce de son nom ? Tu l'ignores. Au plus profond de toi sommeille cette sensation d'inachevé, ce besoin de tout envoyer paitre et de t'enfuir loin de ce capharnaüm. Mais tu es tenue en laisse par ta propre couronne. Enfin, tu pénètres dans le petit salon et cours t'allonger de tout ton long sur le canapé. Au diable les convenances ! Tu es la Reine. Ton corps ne tiendra pas une seconde de plus ! Souffler, au calme, sans ce brouhaha incessant. Voilà ! Ce n'était pas si compliqué. Juste un peu de silence... un luxe que tu ne peux t'offrir régulièrement, tellement sa royauté est sollicitée. Tu souris et évacues la pression par un fou-rire démentiel. Il semblerait que la petite Isabel de l'ancien temps ait fini par montrer son nez en fin de compte.

❀ On tape à la porte. Tu te redresses maladroitement et réajustes ta robe. Entrez ! Ton majordome hors pair revient avec ce thé tant désiré. Son professionnalisme t'étonnera toujours. Jamais une fausse note au tableau, d'une excellence irréprochable. Il procède au service inlassablement. Tu l'observes, intriguée par sa prestance. Oui, il t'arrive parfois de rester en admiration devant l'un de tes propres serviteurs. Il te fait savoir que Peter est en chemin. Il n'est pas en ville. Il faut bien que quelqu'un veille au palais là-haut, et tu n'as personne d'autre de confiance, si ce n'est lui. Tu le remercies et l'invites à s'asseoir à tes côtés. Tu t'empares d'une tasse et la sirotes, savourant chacune de ces gorgées miracles. Comme si le thé avait des vertus apaisantes sur toi et tout ton organisme... Ton majordome, pointilleux sur l'éthique, remarque que la porte du petit salon est restée entrouverte. Voulant profiter de sa permission à tes côtés, il se lève donc de son fauteuil, longe la distance le séparant de l'entrée et approche ses doigts de la poignée...

BANG ! La porte s'ouvre à la volée. L'homme vacille, touché en plein front. Sur le pas de la porte, une jeune femme force le passage et le snobe. Tu te lèves du canapé et observes la scène, inquiète. Qui est-elle ? Et d'où se permet-elle de pénétrer ce lieu sans y avoir été invitée ? Ton majordome tente de la rattraper et de la retenir par le bras. C'est peine perdue. Sa corpulence musclée aura raison de lui, tombant à genoux. Son visage rougi ne trompe pas. Pourquoi tant de violence ? Ne pouvait-elle donc pas demander audience, tout simplement ? Tu te concentres sur son aura, tâchant de comprendre ce qui l'amène. La réponse t'explose au visage telle un jet d'acide. Cette fille, avec sa chevelure de jais et son aura brouillée, souillée d'une part de ténèbres grandissante...

Toi. Faut qu’on parle.



❀ Elle te pointe du doigt. Est-ce une menace ? Ton inquiétude s'envole et laisse revenir ton sang-froid pleinement retrouvé. Tes yeux brillent de malice face à ces quatre mots insignifiants. Tu souris face à sa provocation. La jeune femme t'observe à la loupe, scrute chacune des pores de ta peau avec attention. Se retrouver en face de toi ne l'impressionne guère. Derrière elle, au fond du couloir, se manifeste ta garde royale, prête à agir. L'inconnue ne l'a pas vue, trop concentrée sur ta petite personne, prête à tout pour obtenir satisfaction.

Je dois être déchue.



❀ Le silence, à nouveau. La garde arrive sur le pas de la porte et dégaine son épée. Tu lèves la main et durcit le regard à son encontre. Pas de combats dans l'enceinte du palais. Les règles sont strictes. Il n'y aura aucune effusion de sang. Ta main droite pointe alors ton majordome assommé. Qu'elle s'occupe de lui ! Tout ira bien pour toi. Ce coup de théâtre inattendu aura au moins le mérite de te changer les idées, de te faire oublier les manigances de Keithan, ne serait-ce pour quelques instants. Tu te focalises à nouveau sur la fille.

Tout va bien. Laissez-nous.



❀ Tes soldats prennent congé, portant avec eux le pauvre majordome, abattu. Tu ne lui en veux en aucune façon. Ce n'était pas son rôle. La sécurité de ton palais est donc compromise. Tu vas devoir convoquer ton major et lui demander des comptes sur cette intrusion. Encore une réunion à n'en plus finir... Peu importe. La porte du petit salon se claque, te laissant face à l'intruse. Tu te déplaces vers elle, la tête haute. A t'elle donc oublié à qui elle a à faire ? Tes deux mains jointes le long de ton bas ventre, tu t'approches avec nonchalance, la fixant de tes iris bleutés. Ta réflexion t'a joué un vilain tour. Tu penses savoir de qui il s'agit, mais tu n'en es pas si sûre. Ton réseau surveille de très près une ange en particulier, une demoiselle issue d'une union interdite. Serait-ce elle ? Son nom t'échappe, comme évaporé de ta mémoire. Qu'à cela ne tienne ! Tu refuses de t'aventurer sur ce terrain-là sans certaines garanties.

Très bien. Je t'écoute. À qui ai-je l'honneur de m'adresser ?



❀ Elle t'a tutoyé. Tu lui rends la pareille. La traiter sur un pied d'égalité ne te convient guère, mais l'urgence de la situation t'y oblige. Tu ne crains pas sa venue. Ton simple courroux suffirait à la faire déguerpir, comme bon nombre de ses prédécesseurs fougueux. Personne ne te fera plier ! Si elle cherche ta couronne, qu'elle vienne te arracher ! À nous deux, ma petite.

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MessageSujet: Re: I had a one-way ticket to a place where all the demons go [ft. Isabel Rosenthal] Ven 2 Mar - 1:42

Alice Green Ft. Isabel Rosenthal





I had a one-way ticket to a place
                                               
where all the demons go




Quand ses lèvres roses s’étirent en un petit sourire et que ses yeux se teintent d’une lueur espiègle, ton dégoût pour cette femme et ce qu’elle représente te hante un peu plus. Elle reprend bien vite son attitude de reine, se tenant droite et fière. Envolée la panique passagère de ton irruption. Elle croit de nouveau avoir le pouvoir. Au fond, ce n’est que toi. Un ange de plus censé être prêt à plier le genou devant sa grandeur. Elle pense peut-être qu’en un claquement de doigts elle parviendra à te faire faire des courbettes. Ce serait sous-estimer ta résistance à l’autorité.

Le bruit des armures résonne dans le couloir et un garde s’invite dans la pièce. Il vient se poster près de toi en dégainant son arme. Il pointe le bout de son épée vers ta gorge en se voulant menaçant, histoire de t’empêcher d’agresser la reine, comme si tu t’apprêtais à la défigurer. Perdre un si joli minois serait une véritable tragédie pour le jardin d’Eden. Tu ne lui accordes même pas un regard, campée sur tes deux pieds, les poings serrés, fusillant sa majesté par la seule force de tes sombres prunelles. Tu ne daignes même pas tressaillir. Ce garde croit peut-être impressionner Isabel en faisant preuve de bravoure, ayant juré de la protéger au prix de sa vie, mais tu le trouves juste pitoyable. Visiblement, la reine n’apprécie pas son geste puisqu’elle lui lance un regard sévère. Aussitôt, l’homme rengaine son arme et tu en ricanerais presque.

Gentil toutou. Et si tu donnais la patte maintenant

Elle lève la main vers lui pour le stopper dans son élan et semble lui indiquer du doigt le majordome assis par terre, vraisemblablement sonné par le coup de crâne que tu lui as asséné.

▬ Tout va bien. Laissez-nous.

Les gardes s’exécutent dans l’instant, emportant avec eux l’homme en queue de pie qui titube un peu. La porte se referme et vous laisse seules, en tête à tête. Ton regard ne s’est pas détaché d’elle depuis que tu es entrée. Décidément, sa majesté a une armée à son service, des gardes prêts à tuer pour elle, un majordome à ses côtés et pourtant tu as réussi à arriver là. Dans ce petit salon interdit, où seul son royal fessier à le droit de s’installer. Dragon, lui, était seul pour se protéger. Il était l’unique maître et gardien de son domaine et se chargeait lui-même de flanquer les intrus à la porte – ou de les envoyer six pieds sous terre. Tu sourirais presque à cette pensée. Tu ne peux pas t’empêcher de comparer Isabel au roi des démons. En quelques jours, tu as fait la rencontre des deux souverains ennemis et tu ne peux retenir cette folle idée que le dragon est plus légitime. Cette femme qui te fait face est née avec ce pouvoir dont elle use et abuse sur les autres alors que Dragon a dû se débrouiller pour l’obtenir dans l’anarchie qui règne en Enfer. Quel effort Isabel a-t-elle fourni pour en arriver là ? Elle a simplement hérité de la couronne par son père. Qui lui-même la tenait de sa famille, une grande lignée d’anges purs. Le roi des démons, lui, a cherché à avoir le pouvoir, il a fait ses preuves, il s’est battu pour en arriver là. Cet aspect rend la chose plus méritante à tes yeux, toi qui as l’habitude de te servir de ta hargne pour obtenir ce que tu veux. Tu as beau détester le reptile suite aux récents événements, ses paroles te reviennent en mémoire et la constatation qu’il reste un meilleur leader que cette mademoiselle Rosenthal s’imprime toujours dans ton esprit, sans que tes instincts angéliques ne puissent y changer quelque chose.

Son port de tête élégant, son menton levé et son allure te donnent envie de rire. Tu ne comprendras jamais la tendance des chefs, quels qu’ils soient, à se comporter comme si le monde entier leur appartenait, chaque parcelle de vie soumise à leur moindre désir. Donnez un tant soit peu de pouvoir à quelqu’un et il se pavanera comme un paon, fier de l’influence et du respect qu’il inspire. Il en fera des tonnes, pour que tout le monde le remarque, il voudra susciter l’envie. Il deviendra un prétentieux qui oublie que dans l’ombre, les rebelles luttent encore pour leur liberté. Des pirates sur qui son autorité a échoué.

Redescend princesse, l’univers tourne pas autour de ta petite personne.  

Elle s’approche de toi, droite dans sa robe immaculée, les mains jointes devant elle. Tu penses qu’elle essaye peut-être de t’intimider, mais tu hésites avec l’option de la gentille flic. Sa posture est à cheval entre la jeune ville sage et la femme hautaine. Elle vient te faire face pour te montrer que tu ne lui inspires aucune peur. Ses yeux bleus incandescents te scrutent et tu soutiens son regard avec aplomb, pleine de mépris.

▬ Très bien. Je t’écoute. A qui ai-je l’honneur de m’adresser ?

Bien évidemment, elle ne souvient pas de toi. Elle n’a pas à connaître l’identité de toutes ses recrues. Tu te rends compte que tu travailles pour cette femme depuis trois ans, à défendre son précieux Paradis. Dans un sens, à ce moment là, ça te répugne assez. Tu relâches légèrement la pression de tes poings serrés, déliant les doigts pour pianoter dans le vide.

▬ Green. Alice Green. Je suis membre de la garde affectée à la…

Tu ne finis pas ta phrase et grimaces en grognant. Tu jettes un œil à ton bras qui te fait mal. La blessure n’est que superficielle, l’entaille n’est pas profonde, la lame n’ayant fait qu’effleurer ta peau mais la plaie est à vif et saigne abondamment. Quelques gouttes commencent à perler le long de ton poignet et sur ta main.

▬ Je fais partie de la garde des portes du paradis. Et j’suis à Damned Town comme espionne, ma spécialité. J’ai passé un test pour venir ici, on m’a recommandée à sa majesté.

Tout en parlant, tu contournes Isabel pour avancer près des fauteuils. Tu te laisses tomber dans un canapé en face de deux tables basses rondes. Sculptée dans un bois clair, elles ont l’air plus solides que celle de ton salon. Sur l’une d’elle, deux tasses de thé encore fumant trônent aux côtés d’une théière, le tout disposé sur une nappe blanche, faites d’un tissu fin. Tu te saisis des soucoupes pour déposer les tasses pleines sur la table voisine, veillant à ne pas tout renverser. Une fois le premier meuble vide, tu retires ta veste en cuir. Passant ton bras dans la manche, tu constates les dégâts sur le vêtement. Tu jures en la balançant plus loin sur l’assise.

▬ Fait chier ! C’était une de mes préférée !

Tu enlèves également ton gilet à capuche, te retrouvant en débardeur dans le salon privé de la reine des anges. C’est la deuxième fois que tu te déshabilles devant un souverain, il faudrait songer à garder un peu de pudeur.

Tu t’empares de la nappe et la passe autour de ton bras pour t’en faire un garrot. Tu serres assez fort, tirant avec tes dents pour arrêter l’hémorragie et éviter de mettre du sang partout. D’ordinaire, tu aurais envoyé valser tout ce qu’il y avait sur la table. Tu as même hésiter à le faire. Mais tu soupçonnes des gardes d’être restés près de la porte pour épier le moindre bruit suspect. Le vacarme d’une vaisselle cassée aurait sans doute donné l’alerte et tu ne souhaites pas qu’on vous dérange une fois de plus. Alors pour maintenant, tu conserves un minimum de savoir-être. Tu n’as pas envie de rester des heures dans ce palais.  

▬ Enfin j’suis pas venue ici pour lister mes états de service. Je me répète. Je dois être déchue.

Tu avises une petite assiette garnie de biscuits sur la table que tu as débarrassé et te penches pour en piocher un. Toute cette mascarade et cette course poursuite t’a donné faim. Tu t’adosses nonchalamment dans le sofa, te mettant à l'aise. Tu jettes un regard à Isabel et mimes une petite révérence avec un moulinet de la main, te payant ouvertement sa tête.

▬ Mille excuse, princesse, pour avoir débarqué sans prévenir. J’ai pas l’habitude de devoir prendre des putains de rendez-vous. Puis vous pourrez lire dans mon dossier que j’suis pas vraiment du genre disciplinée.

Tu lui adresses un grand sourire narquois et prends un deuxième biscuit, observant un peu plus la pièce. La tapisserie semble avoir été ornée de fils d’or qui forment les feuilles des roses blanches brodées en motif. De l’autre côté du salon se tient un bureau et une bibliothèque, derrière lesquels une fenêtre donne sûrement sur l’arrière du palais et les jardins. Un riche tissu bleu se drape autour des vitres qui laissent voir la tempête du dehors. Tu reportes ton attention sur Isabel. Elle est plutôt jolie. Sa chevelure te fascine tout particulièrement. La méthodologie pour des boucles aussi soyeuses et des reflets aussi brillants est une chose qui t’a toujours échappée. Tu es abonnée depuis toute petite à la crinière indomptable, à ces cheveux sombres et épais, parfois raides et d’autres plus volumineux, selon leur humeur. Ta mère se rapproche pourtant plus d’Isabel d’un point de vue capillaire. Quant à ton père, son éternelle coupe en brosse poivre et sel ne t’a jamais permis de savoir si tu avais hérité de ses gênes à ce niveau.  

Tu mets de côté ces réflexions pour le moment et te concentres sur ton futur argumentaire. Tu vas devoir faire preuve de toute ta force de persuasion pour convaincre la reine d’accéder à ta requête. Qu’importe, tu comptes bien trouver satisfaction.

▬ Bref. Je me fous bien de savoir comment tu vas t’y prendre mais je dois être déchue. Et ça urge.

Me fait pas perdre patience, princesse.

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MessageSujet: Re: I had a one-way ticket to a place where all the demons go [ft. Isabel Rosenthal] Sam 3 Mar - 4:16

I had a one-way ticket to a place where all the demons go.❀ L'impertinente desserre les poings, laissant ses doigts brasser de l'air. Il serait temps pour elle de se calmer. Ta garde est partie. Vous êtes seules dans ce petit salon, loin des regards indiscrets et de ta cour aux abois du moindre ragot. Ses prunelles de jais s’obstinent à te défier, inlassablement.

Green. Alice Green. Je suis membre de la garde affectée à la…



❀ Alice Green. Voilà, ce n'était pas compliqué. Tes synapses cherchent au plus profond de ton esprit les quelques éléments que tu tiens en ta possession. Une mère de haut rang, punie pour l'exemple. Un père déchu, tué par représailles. Un bébé, issu de cette union interdite pour ne pas dire hideuse, confiée à une famille digne de confiance... Ils auront tout tenté ces honnêtes gens, mais chassez le naturel... il revient au galop. La jeune femme qui te fait face est une Aphrodite dans toute sa splendeur, malgré une vilaine blessure au bras qui semble la faire souffrir. Elle grimace, tu ne bronches pas d'un cil.

Je fais partie de la garde des portes du paradis. Et j’suis à Damned Town comme espionne, ma spécialité. J’ai passé un test pour venir ici, on m’a recommandée à sa majesté.


C'est cela oui... Tu souris de plus belle, amusée par tant de désinvolture. Cette dernière, se lassant de rester debout et sans même demander ton avis, te snobe une nouvelle fois et se jette sur ton canapé. Tu te retournes tranquillement et observes la scène, intriguée. Jamais de ta vie tu n'auras vu un de tes propres sujets toucher à ta fine vaisselle, se déshabiller devant toi, s'emparer de cette sublime nappe blanche et l'utiliser pour en faire un garrot sur sa blessure à vif. Et en jurant par dessus le marché. Alice Green est un sacré phénomène ! Tu es ravie de l'avoir dans tes rangs finalement. Malgré son insubordination spontanée, tu t'engageras à entendre ce qu'elle demande.

Enfin j’suis pas venue ici pour lister mes états de service. Je me répète. Je dois être déchue.



Non. Tu ne lui feras pas ce plaisir. Sa doléance n'est qu'un vulgaire caprice de jeune fille prépubère. Tu t'avances d'un pas vers le fauteuil, profitant du spectacle qui se déroule dans ton propre salon. La brune s'offre le luxe de picorer ces quelques gâteaux mis à ta disposition, bien calée sur ton canapé, mimant une révérence d'un moulinet de sa main. Insolente...


Mille excuse, princesse, pour avoir débarqué sans prévenir. J’ai pas l’habitude de devoir prendre des putains de rendez-vous. Puis vous pourrez lire dans mon dossier que j’suis pas vraiment du genre disciplinée.


❀ Inutile de lire quoi que ce soit dans les archives. Sa simple présence en dit long sur le personnage. Tu te décides enfin à t'installer sur le fauteuil en face d'elle, gardant un calme olympien. Alice admire la pièce et semble la détailler de ses prunelles vives. Quand enfin elle en revient à te petite personne, tu sens son aura grandissante, ponctuée de quelques éclairs. Le conflit qui se joue dans sa chair doit être un combat de tous les instants, bien qu'elle ait choisi de lâcher prise. Alors ma petite, vas-tu te décider à m'affronter comme il se doit ?

Bref. Je me fous bien de savoir comment tu vas t’y prendre mais je dois être déchue. Et ça urge.



❀ Tu te penches à ton tour et te saisis d'un petit gâteau. Alors que ta colonne vertébrale se cale au fond de ton fauteuil, tu sens ton bras venir s'accouder au mobilier. Tes jambes se croisent, laissant transparaître tes jambes élancées. Ton regard se porte sur ton invitée, dégustant le biscuit avec envie. Tu sens d'avance le malaise s'installer au dessus de vos têtes, mais tu t'en moques. La demoiselle saura vite qu'elle n'aura pas le dernier mot. Tu laisses planer un silence insoutenable, où même ta mastication paraît anodine. Alice n'a aucune patience. Elle t'aura demandé par trois fois sa déchéance en un temps record. Et tu n'y prêtes pas la moindre attention. Tu comptes bien profiter de son jeu pour t'y incruster, contourner les règles et imposer les tiennes.


Je connais ta situation Alice. J'ai lu ton nom dans les archives là-haut, et je dois admettre que ton histoire m'a émue au plus haut point. Je ne pensais pas pouvoir te rencontrer un jour, mais la vie est faite de surprises, n'est-ce pas ?


❀ Tu te joues d'elle de la même façon que cette dernière. Tu sens que tes mots ne l'intéressent en rien. Ce n'est pas ce qu'elle attend de toi. Pourquoi un si vif empressement ? Qu'a t'elle donc à y gagner dans l'opération ? Il te manque des éléments. Tu ne peux pas te résoudre à abdiquer sur de simples suppositions. La question viendra, mais pas maintenant. Pour le moment, tu veux tester sa résistance psychologique, voir à quel point elle deviendra folle à l'idée de ne pas avoir ce qu'elle veut, de constater que toi, la Reine, tu as autre chose à penser que d'assouvir son besoin primaire de liberté.


Je dois avouer que tes compétences sont exceptionnelles. Réussir à se faufiler dans mon palais en bernant l'ensemble de mes gardes... Tu es la première à avoir accompli cet exploit. Je vais devoir renforcer l'accès, au cas où tu retenterais l'expérience...


❀ Tu prends un air espiègle. La Isabel du passé fait une brève apparition devant une Alice sur les nerfs. Elle se fiche tout autant de son intrusion que de sa première lingerie. Le petit sourire qu'elle arborait plus tôt tend à disparaître. Sa patience atteint sa limite. Dommage, toi qui te réjouissais de pousser la blague à son paroxysme... La faire craquer tout de suite ne serait pas amusant. Tu sais de source sûre qu'au moindre mot haut perché, ou à la moindre vaisselle cassée, un garde rappliquera pour la mettre dehors sans ménagement. Peut-être même que Peter est enfin là, à attendre une quelconque directive de ta part. Non... tu aurais senti sa présence. Il te manque, c'est indéniable. Mais tu n'as pas le temps de penser à lui. Les choses sérieuses vont commencer. Tout ton corps se penche vers l'impertinente, prêt à lâcher les chiens.

Trêve de boniments ma chère. J'ai très bien entendu ce que tu me réclames. Tu espères être déchue séance tenante ? Tu vas devoir m'en convaincre. Je ne transige pas sous la menace.


❀ Nous y voilà. Ton sourire se fige, arquant un sourcil de défi. Tu reprends ta place contre le dossier de ce fauteuil si confortable. Le scénario reprendra sous peu, et ton brillant esprit ne compte pas en perdre une seule goutte. La balle est dans son camp. La princesse attend.

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MessageSujet: Re: I had a one-way ticket to a place where all the demons go [ft. Isabel Rosenthal] Jeu 8 Mar - 21:31

Alice Green Ft. Isabel Rosenthal





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La reine des anges s'est installée dans un fauteuil en face de toi. Elle prend également un petit biscuit avant de se caler un peu mieux au fond de l'assise, un bras sur l’accoudoir. Elle croise ses longues jambes minces et sa robe laisse entrevoir sa peau blanche et sa paire d'escarpins. Sa seule attitude contraste fortement avec la tienne. Elle se tient droite et le moindre de ses gestes est empreint d'une élégance naturelle. Elle est féminine et gracieuse. Tout ce que tu n'es pas. Il n'y a qu'à te voir, avachie dans ce canapé royal brodé d'un tissu hors de prix. Tu as toujours été aux antipodes de la jeune femme délicate, qui charme son entourage par ses bonnes manières et son port de tête. Tu séduis par ton sale caractère, ton franc parler et ton côté indomptable. Il existe des gens à qui ça plaît. Il faut de tout pour faire un monde. Quand tu la regardes, tu te dis qu'Isabel est l'archétype parfait de l'ange, de la sainte-nitouche si chère à l'imaginaire des démons – Alec y compris, lui qui t'avait si vite affublé de ce petit surnom. Tu n'as vraiment rien à voir avec elle.

L'atmosphère s’appesantit d'un silence beaucoup trop long à ton goût. Le malaise a le temps de s'installer parmi vous. Il s'assoit entre elle et toi, sur un canapé, et vous observe rester muettes l'une et l'autre, attendant l'éclair qui annoncera le premier coup de tonnerre de l'orage qui plane sur le salon royal. Tu ne comptes plus briser ce silence assourdissant par des paroles. Si la reine ne se décide pas à te répondre, tu la feras flancher avec tes poings. Tu n'as aucunement l'envie et le temps pour jouer à son petit jeu ridicule. Si elle te cherche, elle va vite te trouver. Si elle te pousse à bout, tu te foutras bien des gardes qui attendent près de la porte de défendre leur altesse adorée. Tu lances un regard à Isabel qui t'ignore royalement en grignotant son biscuit, te demandant combien de temps tu vas pouvoir te retenir d'abîmer son si joli visage.

▬ Je connais ta situation Alice. J'ai lu ton nom dans les archives là-haut, et je dois admettre que ton histoire m'a émue au plus haut point. Je ne pensais pas pouvoir te rencontrer un jour, mais la vie est faite de surprises, n'est-ce pas ?

Elle s'est enfin résolue à parler. Cependant, tu ne comprends pas ses mots et fronces les sourcils. Tu te demandes ce qu'elle entend par « ton histoire ». Isabel serait-elle sensible au point de s'émouvoir qu'une ange puisse être douée pour se battre et tuer ? Si c'est le cas, elle est encore plus pathétique que tu ne le croyais. Tu te doutes que les archives dont elle parle ne doivent pas raconter de contes de fées à ton sujet. Ils mentionnent certainement ton indiscipline et le nombre de fois où tu as fait tes preuves. Tes accès de violence, tes coups de gueule avec tes supérieurs et les risques que tu as pris pour défendre les portes du jardin d’Éden. Son blabla t'agace. Sa simple présence commence peu à peu à te taper sur le système.

▬ Je dois avouer que tes compétences sont exceptionnelles. Réussir à se faufiler dans mon palais en bernant l'ensemble de mes gardes... Tu es la première à avoir accompli cet exploit. Je vais devoir renforcer l'accès, au cas où tu retenterais l'expérience...

Tu te redresses légèrement, un sourire en coin moqueur collé au visage. Elle joue vraiment avec tes nerfs et tu es prête à parier qu'elle en a parfaitement conscience. Tu penses que tu vas finir par lui tordre le cou à cette colombe qui croit pouvoir te voler dans les plumes.

La flatterie. Que c'est bas.

▬ Trêve de boniments ma chère. J'ai très bien entendu ce que tu me réclames. Tu espères être déchue séance tenante ? Tu vas devoir m'en convaincre. Je ne transige pas sous la menace.

Tu ricanes. Tu te tournes vers elle alors qu'elle gigote dans son fauteuil pour s'asseoir plus confortablement. Tu soupires en te mordant la lèvre inférieure, bougeant la tête en secouant nerveusement tes jambes.

▬ La menace ? Parce que t'appelles ça de la menace ? Princesse, crois-moi, si j'avais voulu te menacer, t'aurais déjà plusieurs dents en moins.

Tu continues de pouffer. Si elle se sent menacée par une intrusion dans son palais, elle doit littéralement se pisser dessus quand elle croise Dragon. Tu représentes un moindre danger comparé à tout ce qu'elle doit affronter en tant que souveraine céleste. Le fait qu'elle qualifie tes agissements avec des mots aussi forts est une flatterie plus jubilatoire que ses compliments vides qu'elle a cru sensés quelques secondes auparavant. Tu te reprends en toussotant.

▬ Je me doutais bien que t'allais pas accepter si facilement. Faut quand même que tu fasses ton job à un moment donné. Rien que pour le principe, tu peux pas me dire oui sans discuter.

Tu jettes un œil aux tasses de thé que tu as déplacées et en portes une sous tes narines. Un délicat parfum de jasmin et de roses te parvient et tu grimaces. Tu reposes le contenant sans même vouloir goûter à cette aberration. Il fallait s'en douter, on ne sert pas de thé noir au palais des anges. Tu t'enfonces à nouveau dans le sofa, repliant ton genou en posant ton pied sur le bord de l'assise.

▬ J'ai couché avec un démon.

Tu lâches l'information sans crier gare. Tu as bien articulé pour être sûre qu'il n'y ait pas de malentendus. Isabel a forcément compris ce que tu viens de dire. C'est très clair, limpide. Ta voix grave laisse un nouveau silence, calculé par tes soins cette fois. Tu laisses le temps à la nouvelle de faire son effet. Puis tu te redresses pour regarder la reine droit dans les yeux. Tu soutiens ses prunelles de jade, un léger sourire flottant au coin de tes lèvres. Tu te délectes de son expression, entre le dégoût et la surprise. Ce que ton annonce provoque te plaît. Alors tu en rajoutes une couche, comme tu espérais pouvoir le faire.

▬ J'ai aimé ça. Je dirais même que j'ai adoré ça.

Ta voix se fait un peu plus rauque, colorée de notes plus suaves. Tu te mords la lèvre en reprenant un biscuit, laissant à Isabel le loisir de se faire une image. Tu veux la provoquer. Si elle est la sainte-nitouche par excellence, modèle de vertu suprême de celles qui peuplent le paradis, alors elle sera très certainement gênée par cette déclaration. C'est à ton tour de la mettre mal à l'aise. Tu croques dans la gourmandise et observes la pâtisserie quelques secondes, feignant l'indifférence pour te rendre encore plus insupportable. Puis ton regard plein de défi se plante à nouveau dans celui de la reine, alors que tu prends appui sur tes genoux à t'aide de tes coudes.

▬ Et je compte recommencer. Des milliers de fois, au moins.

Tu termines de manger ta sucrerie et frottes ton haut pour le débarrasser des miettes. Tu te délectes de la réaction d'Isabel. Le spectacle de son écœurement est des plus divertissant. Pour un peu, tu espères la voir se fissurer comme une poupée de porcelaine fragile et éclater. Tu aimerais que sa colère se déchaîne et qu'elle te traite de prostituée, de traître, de monstre. Tu la mets devant le fait accompli et tu plaides coupable. N'y a-t-il rien de plus agaçant pour un juge que l'insolence de l'accusé ?

▬ Je sais que c'est interdit. Et je m'en fous. Donc, pour ce pêché ô combien dégradant, je dois être déchue. C'est stipulé quelque part dans la loi. Un truc dans le genre « si vous baisez avec un démon, on vous arrache les ailes, cordialement, la direction ».

Tu veilles à ne pas trop te pencher pour ne pas dévoiler ta cicatrice que tes cheveux dissimulent pour le moment. La marque de Dragon est ta bouée de sauvetage si jamais ton crime ne suffit pas. Tu n'espères pas devoir la montrer car le but n'est pas d'en faire un trophée à la base, ni une marque de propriété, ce que le serpent croyait probablement faire. Mais tu as pris ta décision et si sa majesté te force à en arriver à ce stade, tu t'abaisseras à te servir de ta blessure comme d'une véritable bombe nucléaire. Si Isabel n'a cure d'un démon qui s'envoie en l'air avec une ange, peut-être que lui rappeler la présence de son ennemi juré en ville la fera sortir de ses gonds et la décidera à te bannir du paradis à tout jamais. Mais nous n'en sommes pas encore là.

▬ Tu peux courir pour avoir son nom. Tu peux me faire arrêter et me torturer pour l'obtenir, je dirai rien. Inutile de planifier une vendetta. Et ça servira à rien de me mettre sous surveillance pour avoir son identité non plus. J'ai fait partie de la garde, je connais les techniques d'entraînements au combat et j'étais une des meilleures en espionnage. Si quelqu'un est sur ma piste, je le saurai immédiatement et tu pourras compter sur moi pour lui péter la gueule et le renvoyer pleurer dans tes jupes. Tout ce que je te demande, c'est de faire de moi une déchue.

Ton ton est devenu sec et froid, tu ne laisses plus de place à la plaisanterie provocante. Dès lors que tu parles de la vie d'Alec, la conversation est on ne peut plus sérieuse. Tu es prête à le protéger des griffes de la reine. Tu sais qu'il pourrait être en danger pour t'avoir potentiellement corrompue. Aux yeux dans anges, il t'a souillée et il mérite des représailles. Mais tu comptes sur lui pour empêcher toute tentative d'assassinat sur sa personne. Et tu es prête à tuer à ses côtés pour l'aider s'il le faut.

▬ Tu voulais un chef d'accusation ? Le voilà. Quelle est ta sentence, princesse ?

C'est le moment de pas me décevoir.


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MessageSujet: Re: I had a one-way ticket to a place where all the demons go [ft. Isabel Rosenthal] Ven 9 Mar - 17:29

I had a one-way ticket to a place where all the demons go.❀ Alice rit de tes paroles. Qu'a t'elle donc ? Sa petite cervelle d'effrontée aurait quelques lacunes de vocabulaire ? Ou alors est-ce ton besoin d'en savoir plus sur ses manigances passées qui lui provoque cette réaction puérile ? Tu n'en sais rien et préfères jouer la carte du silence. Écoutes donc ce qu'elle a de si merveilleux à t'apprendre, il sera bon de la remettre à sa place plus tard. Tu te concentres un léger instant sur ton environnement. Peter n'est pas encore là...

La menace ? Parce que t'appelles ça de la menace ? Princesse, crois-moi, si j'avais voulu te menacer, t'aurais déjà plusieurs dents en moins.


❀ Dès l'instant où cette femme a pénétré les portes de ton palais à ta propre recherche, mettant hors d'état de nuire plusieurs gardes et un simple majordome ? Oui. C'est une menace. Mais quelle naïveté ! Pense t'elle vraiment avoir le dessus sur toi ? Croit-elle réellement que la Reine des Anges ne soit qu'une vulgaire marionnette, contrôlée par des vieux hommes véreux ? Non ma petite. Elle fait fausse route. Tu sais te défendre. Tu auras appris des meilleurs tout au long de ta vie. Bien que ton devoir t'impose de lui laisser son temps de parole, tu aimerais pouvoir lui faire une jolie démonstration de tes talents. Mais tu t'en abstiens, ce n'est guère l'endroit ni même le moment. Alors tu continues de sourire, observant Alice pouffer aux éclats, et l'instant suivant tousser pour se remettre de ses émotions. Pauvre enfant démunie...

Je me doutais bien que t'allais pas accepter si facilement. Faut quand même que tu fasses ton job à un moment donné. Rien que pour le principe, tu peux pas me dire oui sans discuter.


❀ Cela va sans dire. Tu prends le tout comme un compliment. Tu n'en auras pas d'autre. Ton impatience se ressent, tel un enfant gâté devant ses cadeaux d'anniversaire. Alice continue de jouer avec tes nerfs, ou du moins elle tente de t'impressionner par son charisme sur-développé. Enchantée de profiter de ton canapé et de tes confiseries, la voilà donc en train de prospecter sur une tasse de thé, qu'elle portera à ses narines pour en deviner le parfum. Elle la reposera sans même y goûter. Trop délicat pour son palais robuste... Elle se contentera de reprendre ses aises, salissant l'accoudoir de ses bottes sales.

J'ai couché avec un démon.



❀ L'horreur. La honte. L'insulte à ta propre race. Non. Cela ne se peut pas. Et pourtant, la rebelle a très bien articulé. Elle a annoncé la couleur sans préambule. Voilà donc ce qui l'amène dans ton humble palais. Voilà donc ce qui la pousse à l'extrême en demandant sa déchéance. Avoir commis l'acte charnel avec un partisan du Dragon. Encore une catin de plus à noter sur ton grimoire. Ton faciès arbore le dégoût. Il n'y a plus de surprise... Ton esprit se brouille et sombre dans une torpeur momentanée, où tu ne prendras plus la peine d'écouter ses revendications.

❀ Un sifflement aigu perfore tes tympans, tandis que l'impertinente bouge ses lèvres sans en entendre le moindre son. Pourquoi... pourquoi en venir à de pareilles infamies ? Pourquoi renier sa part de lumière ? Pourquoi se tourner vers les flammes de la luxure, en permanence ? Parce que c'est trop facile... Et Alice qui continue son petit manège sans se soucier le moins du monde que tu ne la remarques plus ! Tes pupilles sont figées, noyées sous le poids de ses iris peu flatteurs. Des hybrides comme elle, combien y en a t'il actuellement, eu par le passé et aura dans un avenir proche ? Tu refuses de les compter. Tu sais que ce type d'incident n'est pas un cas isolé, qu'il y a d'autres enfants mixtes dans tes rangs, et peut-être même en bas, pris aux griffes de ton ennemi juré.

❀ Pauvres d'eux... tiraillé entre deux camps qui s'affrontent depuis la nuit des temps. Ils n'ont pas leur place dans cet Univers. Loin de toi l'idée de les mettre à mort. Tu ne nages pas dans ces eaux-là. Tu es bien plus digne que tes prédécesseurs et... Mais... Que se passe t'il ? Une certaine tension règne dans ton petit salon. L'adolescente fougueuse qui sommeille en toi te somme d'agir rapidement. Tu entends sa voix lointaine qui t'implore de revenir à la réalité, que l'effrontée a changé de ton et qu'il est grand temps de mettre un terme aux négociations. C'est le cœur lourd que tu sors de ta léthargie, clignant des yeux discrètement et tâchant de reprendre le fil de son monologue interminable.

[...] le saurai immédiatement et tu pourras compter sur moi pour lui péter la gueule et le renvoyer pleurer dans tes jupes. Tout ce que je te demande, c'est de faire de moi une déchue.


❀ Tu arques un sourcil provocateur. Tu n'as pas saisi le début de sa phrase, mais tu te doutes quand même du message qu'elle colporte. Tu ne pourras pas envoyer d'espions sur ses traces. Elle connait et maîtrise toutes les ficelles du métier. Ça ne serait en rien ingénieux de sacrifier tes propres hommes juste pour une histoire d'amour interdite. Bien que tu planifies en secret une nouvelle méthode d'espionnage, tu ne peux pas la mettre en danger. Elle n'est pas prête. Alors Alice sera relâchée et continuera ses activités en toute impunité. Mais elle ne sera pas déchue. Tu ne céderas pas. Un long silence se poursuit tandis que tu reprends tes aises sur ton fauteuil confortable. Il te tarde de voir la fleur se flétrir lorsque tu lui annonceras ta décision irrévocable.

Tu voulais un chef d'accusation ? Le voilà. Quelle est ta sentence, princesse ?



❀ Son chef d'accusation ne vaut rien. Le crime commis envers ta communauté est loin d'être suffisant à tes yeux. Tu laisses planer le doute tandis que tes doigts se faufilent vers le dernier petit gâteau. Au passage, tu t'empares d'une tasse de thé et te délectes de son contenant parfumé. Ce doux mélange de jasmin et de rose a le don de te redonner des forces, et Dieu sait que tu en auras besoin dans les futurs instants. Tu sirotes ce met délicat, tournant ton regard vers l'une de tes nombreuses fenêtres.

❀ La tempête fait rage dehors. Les gardes doivent s'entraîner à couvert, enfin tu l'espères. Mais autre chose t’obsède... Où est Peter ? A t'il été pris de court par la tempête, au point de ne pas quitter le Paradis ? Sa présence à tes côtés pourrait s'avérer nécessaire, surtout si Alice manifeste son mécontentement pas ses poings. Elle ne ferait pas la maline très longtemps face à la carrure de ton second impétueux... Qu'importe. Ton regard bleu se focalise de nouveau sur ton invitée indésirée, l'air malicieux. Inutile de manifester trop de sévérité n'est-ce pas ? Tu décroises les jambes et te penches légèrement sur l'effrontée.

Non. Tu ne seras pas déchue.



Bang ! Un éclair déchire le ciel et frappe tes jardins de plein fouet. La tension règne en maîtresse absolue dans ce petit salon ô pourtant si accueillant. Tu sens le courroux de l'insolente prendre plus d'ampleur, devenir bien plus menaçant. Non. Tu n'accéderas pas à sa requête. Elle aime batifoler avec un démon ? Soit. Qu'elle continue, autant de fois qu'elle  le voudra. Mais tu n'en as pas fini avec elle. Oh non... Il est grand temps de passer à l'étape suivante. où un brin d'humiliation la fera sortir de ses gonds, la poussera dans ses retranchements et finira par la faire choir de son piédestal si grand.


Tu me déçois, Alice Green. Croyais-tu pouvoir un seul instant m’écœurer par tes petites coucheries ? Je me moques de savoir comment tu occupes tes temps libres. Tout ce capharnaüm pour si peu... N'as-tu donc rien d'inédit à m'apprendre ?


❀ Bien sûr que non. Comment le pourrait-elle ? Alice n'a rien d'une adulte responsable. Pauvre fillette capricieuse... Son manque d'éducation te scie les nerfs. Ses parents adoptifs auront fait de leur mieux, tu ne peux pas les blâmer. Il est trop tard pour la remettre sur le chemin de la droiture. Et tu en as assez de la voir séjourner sur ton canapé. Tu déposes la tasse de thé sur l'une des tables rondes et te lèves de ton fauteuil. Ton regard se durcit, foudroyant l'effrontée avec férocité. Oui, la colère te gagne enfin.

Je suis la Reine. Je n'ai aucun ordre à recevoir de toi, ni de personne d'autre. Tu es pitoyable Alice... et je pèse mes mots. Maintenant quittes mon palais, et ne reviens pas !


❀ Tu as haussé le ton, suffisamment fort pour sentir ta garde bouger dans le couloir. Tu claques des doigts et lui montres la porte, bien décidée à la mettre dehors par cette tempête impitoyable. Tu te retiens de lui dire ce que tu penses réellement de son attitude. Cela ne servirait pas à grand chose. Elle n'y entendra rien, trop butée pour admettre ses torts. Ton autre main vient se loger contre ta hanche, puis se glisse le long de ta cuisse. Tes doigts fins sentent l'acier d'une fine lame se dessiner à leur contact. Oui ma chère, je suis toujours armée, peut importe les circonstances. Vas-y, ose encore me provoquer.

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MessageSujet: Re: I had a one-way ticket to a place where all the demons go [ft. Isabel Rosenthal] Ven 9 Mar - 20:58

Alice Green Ft. Isabel Rosenthal





I had a one-way ticket to a place
                                               
where all the demons go




Sérieusement, sa réaction est un pur régale. Tu n'aurais pas pu espérer mieux de sa part. Elle dépasse vraiment toutes tes attentes cette pétasse couronnée. Elle s'est figée dans un marbre glacial et affiche une moue répugnée. Cette expression ne s'invente pas. Tu sais qu'elle pourrait te vomir dessus à tout instant. Ton comportement la révolte et tes aveux ont déclenché en elle une colère sourde, inhérente à sa haine pour les démons. Avoir une traître en face de soi doit mettre en rogne. Ses mâchoires serrées en témoignent ainsi que le sang qui pulse violemment au niveau de ses tempes. Cependant, elle ne bronche pas, immobile et crispée alors que tu continues de parler.

C'est quand tu reprends un ton plus sérieux qu'elle semble réagir. La provocation a l'air de fonctionner sur elle. D'ailleurs, elle arque un sourcil, espérant faire perdurer cette tension constante entre vous. Sa colonne vertébrale se délie, reprend un peu de vie alors qu'elle se rassoit plus douillettement, abandonnant la raideur de sa rage. Elle se tait à nouveau. Avare de paroles, décidément cette demoiselle Rosenthal. Elle aime prendre son temps pour répondre. Elle se penche pour piocher le dernier biscuit sans te regarder. Tu observes son geste avec un air mauvais. Isabel attrape maintenant une tasse de thé qu'elle sirote tranquillement en regardant par la fenêtre. Tu pousses un soupir et te lèves pour te poster devant les vitres et laisser ton impatience tenter de se calmer dans la contemplation de l'orage du dehors. Il commence désormais à faire vraiment sombre dans le salon, les nuages sont postés juste au-dessus du palais et englobent la bâtisse de leur obscurité.

Tu fais quelques pas dans la pièce, tel un lion en cage, laissant tes paroles infuser dans l'esprit de la reine comme le parfum entêtant de son thé vert. Après quelques minutes, qui te paraissent interminables, tu retournes t'asseoir en frottant tes paumes moites sur ton jean. Tu es de plus en plus nerveuse et les émotions accumulées de ces derniers jours commencent à refaire surface. Tu les sens affoler les battements de ton cœur et dilater tes pupilles. Tu voudrais qu'un sac de sable puisse apparaître instantanément pour que tu frappes dedans à t'en détruire les phalanges. Mais la seule chose qui ressemble à un punching-ball dans cette pièce s'avère être une souveraine. La toucher t'apporterait des ennuis. Tu veux les éviter à tout prix mais plus le temps passe, plus elle se paye ta tête et plus tu as tendance à oublier les conséquences de tes actes.

Mais, soudainement, Isabel décroise ses jambes. Elle se penche vers toi et tu lui accordes toute ton attention, prête à entendre ce qu'elle a finalement décidé de te rétorquer.

▬ Non. Tu ne seras pas déchue.

Okay. Elle a gagné. Je vais la bouffer.

Un éclair illumine la pièce à cet instant précis et le tonnerre l'accompagne presque instantanément. La reine est le lanceur de foudre et tu es l'explosion sourde qui fait trembler la terre. Ton regard s'obscurcit, se voile de colère et tu serres à nouveau les poings pour veiller à te contrôler encore quelques minutes supplémentaires. Isabel semble effectivement ne pas en avoir terminé avec toi.

▬ Tu me déçois, Alice Green. Croyais-tu pouvoir un seul instant m’écœurer par tes petites coucheries ? Je me moques de savoir comment tu occupes tes temps libres. Tout ce capharnaüm pour si peu... N'as-tu donc rien d'inédit à m'apprendre ?

Un spasme violent secoue ton épaule et fait se tendre ton cou. Tu roules ta nuque dans un arc de cercle en te mordant les joues pour ne pas perdre ton sang-froid. Si cette petite idiote espère te mettre en colère, c'est réussi. Elle repose sa tasse de thé sur l'une des tables basses et se lève pour te fusiller de son regard clair empli d'une fureur qu'elle s'efforce de contenir. Lorsque tu remarques que la statue royale est en train de lentement se fendiller, tu ne retiens plus ce sourire en coin que tu as appris à reproduire des meilleurs en la matière. Ce foutu rictus que tu as si souvent voulu arracher à Alec lors de vos premières entrevues et cette même expression que tu croyais apercevoir derrière le masque de Dragon. Cette moue de diablotin qui va si bien au côté obscur mais qui n'a rien à faire sur la bouche délicate d'un être de lumière.

▬ Je suis la Reine. Je n'ai aucun ordre à recevoir de toi, ni de personne d'autre. Tu es pitoyable Alice... et je pèse mes mots. Maintenant quittes mon palais, et ne reviens pas !

Oh oui, insulte-moi chérie.

« Je suis la Reine. » Si tu avais encore la force d'exploser de rire, c'est ce que tu ferais certainement. Cet argument est vraiment le dernier que tu veux entendre. Elle n'a pas l'air de comprendre que tu te tamponnes de sa couronne comme de ta première cuite. Elle pourrait s'en servir de pot de chambre que tu n'y trouverais rien à redire. Tu accueilles sa pitié à bras ouverts. Cracher sur les méchants. Elle arbore désormais la même attitude que tous ces connards d'anges qui te méprisaient depuis ta tendre enfance. Parce que tu es différente, parce que tu rends les coups et que tu ne supportes pas de te laisser marcher sur les pieds. Elle peut avoir pitié pour ta pauvre âme. Prier pour Alice. Aujourd'hui ça t'est bien égal tout ce que peux penser sa majesté à ton sujet du haut de son trône. Tu n'as jamais été une chienne à genoux et tu ne le seras jamais.

Elle a aboyé ses ordres avec une ardeur nouvelle, claquant des doigts vers la porte pour t'ordonner de sortir, comme si se rappeler à elle-même la toute puissance de son altesse lui avait redonné des forces. De ton côté, tu n’éprouves aucune pitié pour cette femme. Tu as juste envie de la poignarder à nouveau. Mais cette fois avec plus de force. Plus de hargne. Si la première frappe ne lui a pas suffi, tu recommenceras jusqu'à ce qu'elle te supplie d'arrêter. Et le monstre se réveille.

Ton aura se déploie autour de toi avec violence. Tu la laisses s'exprimer tel le rugissement d'un félin en chasse. D'un revers de la main tu envoies valser la vaisselle qui vient exploser contre le mur dans une pluie de miettes de porcelaine. D'un coup de pied rageur, tu renverses la table de salon qui glisse dans un crissement sur le parquet victorien. D'un pas rapide, tu t'approches d'Isabel comme si tu avais l'intention de la frapper. Mais tu t'arrêtes. On entend la garde appeler du renfort dans le couloir et tu ricanes. Tu coules un regard intense sur le corps de la reine dont la main est posée sur sa cuisse, semblant vouloir serrer quelque chose sous ses jupons. Elle est ridicule. Tu es venue sans armes. Avec tes mots et tes poings comme seuls menace potentielle. Ils sont tellement apeurés par le mal, par tout ce qui touche aux ténèbres et à l'Enfer. Toi, ça te fascine.

▬ Et ça, peut-être que ça pourrait te convaincre, lâches-tu dans un murmure assassin.

Tu te retournes lentement en dégageant ton omoplate, repliant ta chevelure du côté droit. Tu laisses bien en évidence la marque que Dragon a laissé sur ta peau. Elle a commencé à noircir et ressemble de plus en plus à un tatouage. Mais les griffes d'Alec n'ont pas accéléré le processus de guérison et on comprend toujours que c'est une brûlure au fer et que la plaie n'est pas très vieille. Tu le visualises toi aussi. « Un serpent, replié en cercle sur lui-même, une aile s'abattant sur son corps, et tenant entre ses griffes une sphère aux reflets gris. » Tu repenses à cet instant de torture que tu as vécu entre les mains du Dragon et tu commences à comprendre ce qu'il a voulu te dire ce matin là. La cible du missile a été verrouillée et tu viens de faire feu.

Depuis que tu l'as affronté dans cette chaufferie, tourmentée et démolie, tu as l'impression que tu pourrais déplacer des montagnes. Il a brisé des liens en toi qui t'entravaient depuis trop longtemps. Depuis votre combat, ta défaite et ton châtiment, une haine viscérale grandit en toi. Mais tu te rends comptes petit à petit qu'elle n'est pas tant tournée vers lui que vers les anges. Dans ton ignorance la plus complète, tu n'es encore qu'au début de ton besoin de vengeance. Alors tu te contentes d'en vouloir à ton bourreau. Mais tes congénères vont apprendre à connaître ta rancœur dans les mois à venir. Depuis que cette marque a été apposée sur ta peau, elle t'a insufflée une confiance que tu avais longtemps oubliée. Elle t'a permis de faire des choix et de prendre des décisions. Tu as laissé ton amour s'exprimer envers Alec et tu as pris le chemin de la déchéance pour pouvoir devenir celle que tu as toujours été, au fond. Une erreur. Mais maintenant, tu tentes d'en être fière. Et une part de toi espère rendre tout aussi fier son créateur.

Montrer cette marque, dans ce salon, aux yeux purs de la reine des anges est un acte de haute trahison et une provocation plus qu'évidente. Tu te tournes à nouveau vers elle, pressée de la voir se décomposer sur place et céder à la folie en pensant à Dragon. Elle peut se raconter les histoires qu'elle veut. Elle peut même se mettre à penser que le démon en question avec qui tu as couché est le souverain en personne, tu ne nieras pas cette idée. Elle peut te qualifier de putain de harem comme Alec avant elle. La seule différence c'est que ce que pense Isabel ne t'importe pas. Le seul qui a une quelconque valeur à tes yeux c'est Alec et si lui est convaincu de la vérité, c'est tout ce qui compte. Le reste peut bien brûler en enfer. La pétasse couronnée avec.

▬ Je crois que j'ai pas besoin de dire à qui ce sceau appartient. Tu piges maintenant ? Je dois être déchue.

Tu restes plantée devant elle et croises les bras en feignant l'impatience. Tu as avancé tes pions sur l'échiquier, à elle de capituler. Sinon tu seras obligée de la mettre échec et mat. Et elle n'a pas envie de voir ça.

▬ C'est la dernière fois que je le dis. Après, tu le regretteras. Amèrement.

Tu laisses à nouveau apparaître ton petit sourire démoniaque sur tes lèvres, appréciant t'en servir comme d'une traîtrise, amusée de l'effet qu'il produit. Le brouhaha s'intensifie dans le couloir et des cris alarmés retentissent. Un nouvel éclair tranche le ciel.

▬ Ça, c'est une menace.

Tu dirais quoi toi, princesse ? Si le monstre tapi dans mon lit était ton pire ennemi ?

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MessageSujet: Re: I had a one-way ticket to a place where all the demons go [ft. Isabel Rosenthal] Sam 10 Mar - 23:27

I had a one-way ticket to a place where all the demons go.❀ Comme tu le pressentais, Alice n'y entend rien. Avoir haussé le ton sur sa petite personne n'était peut-être pas très judicieux. Cette dernière, mécontente de ton refus d’obtempérer, se défoulera sur ton service à thé chinois, le propulsant avec violence contre le mur. Tes yeux s'écarquillent de plus belle. Détruire de la porcelaine ne suffit pas. L'une de tes tables rondes se renversera et rayera le parquet ciré, juste par la force de ses pieds. Dans le couloir, c'est la panique. Ta garde court dans tous les sens, prête à intervenir à ton simple appel. Mais l’effrontée n'en a pas terminé avec toi, comme si elle se gardait le meilleur pour la fin. Son corps s'élance vers toi rapidement, venant se placer à quelques pas à peine. Elle se retient de te frapper. Tu le lis aisément sur son visage déconfit par la haine.

Et ça, peut-être que ça pourrait te convaincre.



❀ Pressée d'en finir, elle fait volte-face et découvre son omoplate, ramenant sa masse capillaire le long de sa nuque. Cette marque, ce sceau que tu reconnaitrais entre mille... Ce serpent fourbe tatoué au fer rouge, brûlé au premier degré sur sa peau si blanche... Tu places une main devant ta bouche, de nouveau à la limite de l’écœurement. Le Dragon est passé par là. Ce vile cancrelat aura posé sa main sur l'une de tes meilleures recrues. Le message est très clair. Cependant, sans en comprendre la raison, cette soudaine envie de conspuer s'éteindra et laissera place à une douce euphorie. Tu te retiens pour l'instant de la laisser s'échapper, massant doucement tes cordes vocales. Alice ne peut le voir, mais tu souris à pleines dents. Ton pire ennemi aura scellé le destin incertain de l’adolescente rebelle.

❀ Tu te doutes que le démon responsable de ses envies puériles ne peut être Keithan. La gente féminine ne l'intéresse en rien. Et Hannathème est possessive. Elle seule est en mesure d'obtenir ses faveurs sexuelles. Mais tu ne sais pas pour autant le nom de son sous-fifre. Pour le moment, l’impertinente fait la maline, menace ouvertement et pense avoir un certain contrôle sur la situation. Mais la perfection n'existe pas, tu l'as appris à tes dépends. Un jour, elle fera une erreur et tu l'apprendras. Tu te feras une joie de la recevoir à nouveau, elle et son prétendant illégal, et ils seront pendus pour l'exemple. Le serpent perdra du terrain sur toi... et tu t'en réjouis. Ton sourire se referme dès l'instant où Alice reprend sa posture initiale. Elle ne doit rien soupçonner.

Je crois que j'ai pas besoin de dire à qui ce sceau appartient. Tu piges maintenant ? Je dois être déchue.



Non. Le sort que tu lui réserves sera bien pire que la déchéance. La punition aura germé dans ton esprit et se sera propagée dans toute ta boite crânienne. Tes yeux brillent de malice tandis qu'Alice croise ses bras. Sa patience a atteint ses limites. Un duel de tigresses se joue en cet instant, où chacune tente de préserver son territoire. C'est à toi de la chasser, maintenant !

C'est la dernière fois que je le dis. Après, tu le regretteras. Amèrement. [...] Ça, c'est une menace.



❀ La dernière fois... Ô chère Alice, as-tu déposé ta dernière carte ? N'as-tu donc aucun joker dans ta manche ? Un rictus malsain se dessine sur tes lèvres roses. L'effrontée se délecte une fois encore de ton humeur, mimant la provocation avec brio. Ton euphorie revient te tourmenter, et tu ne pourras pas la retenir indéfiniment. Son intimidation ne te touche plus. Car dans le couloir résonne une aura plus forte que les autres. Elle approche à pas de loup et sera là d'un instant à l'autre. Ton meilleur ami, âme sœur et bras droit, ce cher Peter... est là. Une joie immense se faufile entre tes côtes et remonte le long de ta colonne vertébrale. Il ne pouvait pas mieux tomber. Et c'est avec insolence que tu te courbes vers le bas, pressant tes bras sur ton bas ventre, et hurles de rire sans crier gare.

❀ Tu n'as pas viré folle, bien au contraire. Mais Alice espère de tout cœur que tu atteignes le paroxysme de la névrose, et que tu finisses par accepter sa requête pour ne plus avoir à la supporter dans ton petit salon. Alors tu exagères un tantinet tes explosions vocales. Tu te déplaces sur le côté et viens appuyer une main contre le mur. Tu sens une crampe se former dans ton abdomen. Ça te fait un bien fou. Qui aurait cru que le Dragon finirait par te rendre service ? Il s'est mutilé lui-même en apposant son sceau sur Alice, et il n'en a pas conscience. Lorsqu'il se rendra compte de son erreur, il sera trop tard.

❀ Des larmes de joie coulent sur tes joues rougies par les spasmes. Il te faudra quelques minutes pour reprendre tes esprits. Dehors, l'orage déploie toute sa fureur. Les dieux n'ont vraiment pas pitié des vivants... Remise de tes émotions, tu prends une grande inspiration et te tournes vers l'intruse qui n'en peut plus de ton petit manège. C'est fini. Tu sais quoi faire. Tu soupires, pressant tes doigts le long de ta nuque raidie. Le ton employé se veut réconfortant, proche du pardon. La perfection du leurre.

Je le déplore mais... tu as raison Alice. Je ne peux décemment pas te laisser dans un tel état. C'est trop cruel. Pardonne mon obstination et accepte en retour ce que tu désires...


Bang ! Un nouvel éclair déchire le ciel et frappe dans tes jardins royaux. Un autre rebondit contre le mur extérieur et provoque une réaction en chaine incontrôlable. Les vitres des fenêtres explosent, propageant une multitude de débris dans toutes les directions. Tu te dégages du mur et te rapproches de Alice. La tempête est au dessus de vous, prête à tout anéantir. La pièce résonne violemment. La limaille de porcelaine est même victime de soubresauts. Le palais ne risque pas de s'effondrer, mais le concert lumineux ne te laisse pas indifférente. Tu n'as plus le temps de jouer avec cette gamine. Tu crois aux divinités, tu imagines leur courroux s'abattre sur toi et te dépecer en représailles. Tu recules et passes aux choses sérieuses. GARDES !

❀ Les portes s'ouvrent à la volée. Ta garde royale pénètre le petit salon et entoure l'ange insubordonnée en deux cercles bien distincts. Toutes les épées sont dégainées. Dans l'embouchure de la porte, Peter reste en retrait, gardant les bras croisés. Il te décoche un clin d’œil complice. Tu lui rends sans te gêner. Il n'interviendra qu'en dernier recours. Sa forte carrure et son regard puissant viendront à bout de l'effrontée. Tu ne t'en inquiètes même pas. Elle-même n'osera jamais le défier. Il la réduirait au silence dans la seconde. Tu marches vers le rempart humain et te places entre deux gardes, légèrement en avant. Tu es la Reine, tu ne te caches pas derrière eux. Tes pupilles dévisagent Alice avec triomphe. C'est terminé.


Inutile de te débattre ma jolie. Tu es cernée. L'ensemble de mes troupes arpentent chaque pièce, chaque couloir de ce palais. Tu peux toujours t'en prendre à ceux-là, mais n'oublie pas qui se situe juste devant la porte...


❀ Deux choix s'offrent à l'impertinente : se rendre, miracle auquel tu ne crois pas, ou fuir par l'une des fenêtres abimées par l'orage. Ses poings ne suffiront pas à venir à bout de tout le monde. Tout ce cinéma pour un seul individu... Tu détestes en venir à de pareilles mesures, mais avais-tu vraiment le choix ? Elle se fiche de la communauté, crache sur la couronne et menace même ta royauté. Tu ne peux la laisser s'en tirer. Le rideau tombe et dévoile la sentence.


Alice Green. Je te bannis de mon royaume. Les portes du Paradis resteront closes. Tous tes privilèges sont révoqués. Tu ne fais plus partie de mon réseau. Tu ne reverras jamais plus tes parents. Tu erreras en vain, dans les rues de Damned Town, sans possibilité de rédemption. Je ne te protégerai plus et...


❀ Tu approches d'un autre pas, résolue à lui planter tes griffes en plein cœur. Ta main droite masse tes cordes vocales une fois de plus, de sorte à bien articuler les cinq petits mots qui clôtureront le débat une bonne fois pour toute.

Tu... ne seras... PAS... déchue.



❀ Tout est dit. Tu ne prononceras plus un seul mot à cette demoiselle. Tu viens de la déclarer apatride, une vulgaire orpheline de plus à noter dans tes registres. La sanction est sans appel. Elle n'est plus rien. Sa famille adoptive sera informée par bulle royale de ta décision irrévocable. Ils pleureront c'est certain, mais leur fille t'aura poussée à prendre cette décision. Tu recules et quittes le mur humain, venant prendre place aux côtés de Peter. La victoire te revient. Alors Alice, que comptes-tu faire ?

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MessageSujet: Re: I had a one-way ticket to a place where all the demons go [ft. Isabel Rosenthal] Dim 11 Mar - 21:00

Alice Green Ft. Isabel Rosenthal





I had a one-way ticket to a place
                                               
where all the demons go




Ses doigts fins recouvrent ses lèvres et ses yeux sont grands ouverts, comme prêts à sortir de leurs orbites. Un étrange sourire apparaît sur ses lèvres au moment où tu sens arriver dans le couloir une aura plus forte que les autres. Elle se détache clairement du décor et tu peux suivre son mouvement alors qu'elle s'avance vers la porte. Une aura pure et lumineuse, qui fait mal aux yeux. Entre ça et la reine, tu vas bientôt devoir sortir une paire de lunettes de soleil. Ils t'aveuglent avec leur incandescente bienveillance. Il semblerait que sa majesté ait demandé du renfort. Quel effort pour ta seule personne, tu ne pensais pas pouvoir être si dangereuse et tu avoues volontiers que cette situation est grisante. Désormais, c'est toi qui est au cœur de la menace. Tu n'as rien à défendre et tu te bats pour ta seule personne.

La reine se tient le ventre dans un geste lent et bascule en avant. Tu te demandes si elle va sérieusement se mettre à gerber devant toi mais une toute autre émotion fait son apparition sur ses traits. Ces derniers se déforment dans un rire nerveux et bruyant. Isabel est secouée par ses piaillements aliénés et tu fronces les sourcils, persuadée qu'elle est en train de perdre la tête. Tu décroises les bras, prête à lui remettre les pieds sur terre à grands coups de gifles mais la princesse semble se calmer peu à peu. Elle a titubé jusqu'au mur sur lequel elle prend appui. Elle essuie des larmes sur ses joues, le fou rire lui ayant arraché ces gouttes salées qui sont venues rouler sur son visage immaculé. Tu ne comprends pas vraiment sa réaction et la regarde d'un air hagard, comme si elle avait perdu la raison. Quelle est la cause de cette hilarité ? Tu t'attendais à des cris de rage mais certainement pas à des hurlements de joies et à la voir se tordre de rire.

Elle se redresse, inspirant et expirant profondément pour recouvrer son calme. Tu aurais presque envie de lui tendre une main pour l'aider à se rasseoir. Mais ton impatience est plus forte que tes relents de courtoisie. Elle se tourne vers toi en se massant la nuque.

▬ Je le déplore mais... tu as raison Alice. Je ne peux décemment pas te laisser dans un tel état. C'est trop cruel. Pardonne mon obstination et accepte en retour ce que tu désires...

Bien.

Tu as le temps d'esquisser un sourire satisfait avant qu'un nouvel éclair déchire les cieux. Un autre illumine soudainement la pièce et la foudre s'empare du palais. Elle frappe près de l'enceinte du salon royal et les vitres explosent de concert. Les murs tremblent sous la force de la tempête. Tu t'éloignes des fenêtres en protégeant ta tête de tes avant-bras par réflexe et rejoins Isabel qui s'est éloignée elle aussi. Vous êtes proches l'une de l'autre. Tu observes les dégâts sur le sol, les bris de verres qui se sont mélangés à la porcelaine de Chine, leur éclat luisant reflétant la lumière blanche des flashes qui suivent et déchaînent le ciel. La tempête ne devrait pas emporter tout le palais mais la puissance que les éléments déploient est impressionnante. Tu t'apprêtes à proposer à la reine de changer de pièce pour éventuellement se mettre à l’abri, mais elle a d'autres plans en tête. Sa voix surplombe tant bien que mal le tonnerre qui gronde. Elle aboie aux gardes d'entrer.

Les portes s'ouvrent violemment, dans un claquement assourdissant. Pour un peu, les gonds auraient sauté. Une dizaine d'hommes en armure t'encerclent, épées dégainées prêtes à frapper. Tu te raidis, levant les bras en évidence pour leur rappeler que tu n'es pas armée. Les lames tranchantes reflètent les éclairs alors qu'elles se dressent devant toi, t'empêchant de faire le moindre mouvement brusque. Tu lâches un juron intérieur en soufflant bruyamment. Tes yeux s'arriment à ceux de la reine qui est occupée à faire un clin d’œil à l'homme qui se tient sur le pas de la porte. Tu jettes un regard vers lui, tournant la tête pour le distinguer entre les gardes. Un grand blond est appuyé contre l'encadrement et dévore Isabel des yeux, comme si elle était la première merveille du monde. Tu saisis cet échange muet et complice au vol, comprenant immédiatement la relation forte et intime qui lient les deux anges. Tu ne sais pas s'il s'agit de son amant, de son frère et ou d'un ami fidèle. Qu'importe. La reine semble être terriblement attachée à lui. Tes yeux oscillent entre Isabel et le nouveau venu alors que l'envie de les égorger tous les deux commence à poindre au bout de tes doigts. Tu serres les poings, une fureur dévastatrice s’immisçant peu à peu dans tes veines.  

Isabel s'avance, brisant le cercle de la garde pour te faire face. Elle t'observe du haut de son piédestal, certaine de sa victoire. Elle savoure son triomphe et se délecte de ta chute.

▬ Inutile de te débattre ma jolie. Tu es cernée. L'ensemble de mes troupes arpentent chaque pièce, chaque couloir de ce palais. Tu peux toujours t'en prendre à ceux-là, mais n'oublie pas qui se situe juste devant la porte...

Quand elle le mentionne, tu tournes à nouveau la tête vers l'homme en question. Il t'observe lui aussi. Vos regards se croisent. Tu sais que tu ne pourras pas te mesurer à lui. Pas maintenant. Des idées germent dans ta tête alors qu'Isabel semble enfin arriver à son verdict que tu attends toujours.

▬ Alice Green. Je te bannis de mon royaume. Les portes du Paradis resteront closes. Tous tes privilèges sont révoqués. Tu ne fais plus partie de mon réseau. Tu ne reverras jamais plus tes parents. Tu erreras en vain, dans les rues de Damned Town, sans possibilité de rédemption. Je ne te protégerai plus et...

Tu soutiens son regard tout le long de sa tirade. La colère embrase tes iris lorsque tu comprends ce qu'elle est en train de faire. Tu expires profondément et rapidement, oubliant presque de reprendre de l'oxygène, tentant de te contenir au maximum, ton aura vrombissant autour de toi comme un félin qui crache et souffle. Tu relèves le menton pour te donner de la hauteur, refusant de te laisser dominer par cette connasse. Plus le son de sa voix poursuit son discours, plus tu as envie d'enfoncer tes ongles dans la chair de son visage pour la défigurer et lui arracher ce sale sourire arrogant. Elle fait un pas de plus vers toi et tu lui réponds en t'approchant toi aussi, les mâchoires serrées. Les gardes suivent ton mouvement de la pointe de leur lame pour te dissuader de tenter tout geste violent envers leur précieuse souveraine.

▬ Tu... ne seras... PAS... déchue.

Elle se retourne immédiatement et rejoint son cher protecteur près de la porte. A sa manière, tu lâches un rire bruyant et nerveux qui se confond dans les grondements de l'orage. Tu t’affaisses, les épaules basses, ton dos se courbant alors que tu fixes le bout de tes bottes. Un poison insuffle une violence inconnue dans ton sang, te murmurant des palabres que tu ne saisis pas. Ces chuchotis redoublent d’intensité le long de tes tempes et une voix serpentine te parvient.

Tu es libre. Ce jour est arrivé. Tu es bannie, exclue, chassée. L'entrée du paradis vient de t'être refusée à tout jamais. Tu n'es plus au service de la garde ni forcée de suivre les missions d'espionnage qui t'incombent à Damned Town. Cette ville est tienne. Tu es débarrassée de ta famille envahissante, étouffante et culpabilisante. Tu n'es plus sous la juridiction angélique, tu n'obéis plus à leurs lois et tu peux piétiner leur doctrine à pieds joints impunément. Tu es libre. Enfin.

Depuis combien de temps je rêve de ce moment ? J'ai plus peur. C'est arrivé. C'est fait. Dis-le encore pour moi. Que je suis bannie et révoquée. Répète-le. Putain, ça y est.

Tu es prise de soubresauts, te sentant libérée de ce poids. Une esclave affranchie. Un rire fou t'emporte quelques secondes et deux des gardes basculent légèrement en arrière, pris de peur. Tu les connais bien ces pseudos héros de l'armée angélique. Tu comptes bien hanter leurs cauchemars pour les semaines à venir. La panique gagne une partie des hommes en armure quand tu laisses ton aura s'exprimer. Un fauve fait rouler ses omoplates autour de toi en ronronnant alors qu'une part de lumière disparaît à nouveau de ton être. Ton âme se laisse consumer par la noirceur, ne laissant qu'une infime partie de ton cœur à la lumière qui s'étouffe dans les ténèbres, recroquevillée dans un coin. Noyée. La reine vient de déchaîner la malédiction qui t'habite et la fleur empoisonnée vient d'éclore. Ses pétales ouverts guindent leur jolie couleur violine et des ronces envahissent tes artères, des épines emprisonnant ton esprit dans l'obscurité profonde. Tu pousses le cri de ta deuxième naissance.

Mais tu n'en as pas terminé avec Isabel. Tremblante, tu te redresses, ton visage tourné vers elle dans une expression de haine. Tes yeux sont injectés de sang. Les gardes les plus proches dressent leurs épées chevrotantes. Tu avances vers la reine, ignorant les hommes autour de toi qui te suivent avec leur arme, hésitant à te blesser. Tu te postes à moins d'un mètre de sa majesté et craches à ses pieds.

▬ Je sais pas si je dois te dire merci ou t'arracher les yeux. Je t'ai dit que tu allais le regretter. Tu me connais pas, Isabel. Tu ignores ce dont je suis capable. Tu vas le regretter. Tu aurais dû m'écouter, essayer de comprendre, penser à autre chose qu'à ton putain de cul pour une fois dans putain ta vie. Tu peux me chasser de ton maudit pays, il me donne envie de gerber depuis toujours. Tu me fais au moins le plaisir de m'éviter les adieux avec mes parents, ça sera une corvée de moins.

Tu fais un pas en avant et un des gardes se saisit de ton bras fermement pour t'empêcher d'aller plus loin, un autre l'imite et un dernier loge son épée sous ton menton. Tu te débats légèrement, pour la forme, ne cherchant pas à leur résister pour de bon. Tu ne parles plus, tu rugis telle une bête sauvage.

▬ T'es qu'une lâche. T'es bien à la hauteur de ta réputation. Crois-moi, pétasse, tu vas regretter de m'avoir jetée. Tu viens de faire de moi une ennemie et je l'étais pas vraiment en arrivant. T'as joué avec le feu alors prépare-toi à brûler.

Tu souris à nouveau. Le rictus démoniaque n'a jamais été aussi beau sur tes lèvres qui l'accueillent sans rechigner. Tes cordes vocales te brûlent d'avoir autant haussé le ton pour être sûre d'être entendue dans le capharnaüm de la tempête qui fait rage. Tu continues de la provoquer, sans relâche, ta détermination sans faille et ta témérité s'expriment perpétuellement, désormais libérée de tout carcan de raison. Tu réfléchis aux moyens qui s'offrent à toi de t'enfuir. Une fois le cheminement savamment calculé, tu accordes ses derniers mots à sa majesté Isabel Rosenthal.

▬ Juste par curiosité, tu comptes faire quoi maintenant ? M'emprisonner ? Me torturer ? Me pendre ?

Tu as trente seconde pour changer d'avis. Même si c'est déjà trop tard, princesse. Le mal est fait.

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MessageSujet: Re: I had a one-way ticket to a place where all the demons go [ft. Isabel Rosenthal] Lun 12 Mar - 1:00

I had a one-way ticket to a place where all the demons go.❀ L'effrontée implose, sous le regard inquiet de toute ta garde. Son rire malsain ne présage rien de bon. L'avoir rendue apatride lui provoque une réaction incontrôlée, comme si sa part de lumière succombait une bonne fois pour toutes à la noirceur enivrante des ténèbres. Tu ignores encore si ta décision lui plait ou non. Dans un sens oui, puisqu'elle n'aura plus jamais de comptes à te rendre. Et tu pourras la pulvériser, l'écraser du doigt dès que l'envie te prendra. La rebelle qui sommeille en toi sortira de sa torpeur et se fera un plaisir de l'amener à la potence, elle et toute sa lignée.

❀ Tu te délectes de ce dernier acte, accoudée à l'épaule de Peter. Tu comptes bien raconter à ton second les moindres détails de cette pièce pitoyable... où une simple gamine t'aura forcé à démener toute ta puissance militaire. Même le Dragon ne mérite pas autant d'agitation ! Les minutes passent, et tu sens l'aura nauséabonde de l'orpheline se propager dans ton petit salon. Certains de tes soldats hésitent, face à tant de haine. Pourtant, ils ne bougent pas de leur position. Inutile de rompre le cercle, elle n'en fera rien. Il y a trop de monde pour elle. Quand enfin elle daigne lever son regard assassin sur toi, se déplacer avec minutie vers ta position, obligeant le mur humain à suivre le mouvement, osant se camper à un mètre de ta petite personne et cracher à tes pieds... Tu sens que le lapin s'apprête à sortir du chapeau.


Je sais pas si je dois te dire merci ou t'arracher les yeux. Je t'ai dit que tu allais le regretter. Tu me connais pas, Isabel. Tu ignores ce dont je suis capable. Tu vas le regretter. Tu aurais dû m'écouter, essayer de comprendre, penser à autre chose qu'à ton putain de cul pour une fois dans putain ta vie. Tu peux me chasser de ton maudit pays, il me donne envie de gerber depuis toujours. Tu me fais au moins le plaisir de m'éviter les adieux avec mes parents, ça sera une corvée de moins.


❀ Alice fait un pas de trop. Deux de tes hommes bloquent ses bras. Un troisième approche sa lame le long de sa nuque. Son corps trésaille, mais sans plus. Elle ne te fera pas l'affront de se débattre pleinement. Tu arques un sourcil, sereine. Tu auras pris soin de reprendre ce petit air suffisant, signe de ta royauté implacable, marque de fabrique des Rosenthal. Elle te défie encore malgré sa mauvaise posture. La bougresse ! Pire encore, elle tombe le masque et te hurle dessus, lâchant les chiens sur ta fine carcasse encore chaude.


T'es qu'une lâche. T'es bien à la hauteur de ta réputation. Crois-moi, pétasse, tu vas regretter de m'avoir jetée. Tu viens de faire de moi une ennemie et je l'étais pas vraiment en arrivant. T'as joué avec le feu alors prépare-toi à brûler.


Je t'attends de pied ferme. Tu soupires, ton visage affichant la négation. Elle te fait pitié. Oui, c'est le mot juste. Elle est pitoyable, lamentable, misérable. Tant d'adjectifs venant nuire à sa réputation de dure à cuire. Et tout ça pour un démon, pour un homme sans foi ni loi qui lui aura donné quelques heures de plaisir dans son propre lit. Quelle déception... perdre un aussi bon élément pour si peu. L'impertinente se tient toujours droite, ses yeux arborant le paroxysme de la colère, injectés de sang, parsemés d'éclairs... Comme si la tempête l'avait touchée profondément dans sa chair en décomposition. Il lui restera cependant un peu de verve pour te poser la question inéluctable, celle à laquelle tu n'as pas encore accordé la moindre importance :

Juste par curiosité, tu comptes faire quoi maintenant ? M'emprisonner ? Me torturer ? Me pendre ?



❀ Tu pouffes, sourire en coin. Ton paternel se serait fait une joie immense de l'enfermer à double tour dans une cellule froide et dégoutante, sans eau ni nourriture, dans l'espoir d'obtenir quelques aveux. Mais tu n'es pas comme lui. Tu es une Reine moderne, idéaliste, progressiste. Ce genre de peine ne se mérite qu'en cas de faute grave, d'atteinte portée à la couronne, si et seulement si l'individu cherche à provoquer la chute de l'Empire. Son petit manège puéril ne se rattache pas au contexte cité. Alors tu te cambres légèrement et la dévisages de tes yeux clairs.


Comme je te l'ai si gentiment expliqué à ton arrivée, je ne transige pas sous la menace. Tu veux être mon ennemie ? Qu'il en soit ainsi. Nous nous reverrons chère Alice. D'ici là, je te conseille de te préparer efficacement, toi et tes poings insignifiants.


Bang ! Le tonnerre poursuit sa route, porté par la colère des dieux. Il s'est un peu éloigné, mais tu ne te sentirais pas à l'abri dehors. Pourtant, l'effrontée sera la première à tester sa résistance face à eux. Ton temps est écoulé. La doléance a bien assez duré. D'un revers de la main, tu ordonnes à tes trois gardes de la relâcher. Ces derniers reprennent leur place dans le cercle, aux abois. L'aura malveillante de la demoiselle ne se dissipera pas de si tôt. Autant qu'ils se préparent au pire, dans les mois à venir.

Je ne voulais pas en arriver là. Ta vanité est seule responsable de tes malheurs. Tu auras beau te convaincre du contraire, et penser à juste titre que j'ai fait preuve de négligence... Ça te détruira.


❀ Tu tentes vainement de lui inculquer une once de raisonnement. C'est peine perdue. L'apatride n'est plus en phase pour t'écouter la sermonner. Tout ce qu'elle cherche, c'est ta destruction imminente. Tu n'as pas besoin de lui soutirer, c'est clair comme de l'eau de roche. Tu soupires à nouveau et reprends une posture un peu plus décente. Le rideau est sur le point de tomber, de calfeutrer le scénario honteux auquel tu te plies sans sourciller. Tu fais signe à deux gardes de se pousser, brisant le mur humain sur un simple ordre. Une brèche se forme, permettant l'accès aux fenêtres calcinées.

Tu as dix secondes pour quitter mon palais.



❀ Ta voix cristalline commence le décompte, haussant le ton à chaque chiffre que tu prononces. Si elle ne saisit pas cette opportunité dans le temps imparti, tu ne répondras plus de rien. Suis le lapin blanc tant que tu t'en sens capable ! Tic tac. L'heure tourne Alice.

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MessageSujet: Re: I had a one-way ticket to a place where all the demons go [ft. Isabel Rosenthal] Lun 12 Mar - 21:35

Alice Green Ft. Isabel Rosenthal





I had a one-way ticket to a place
                                               
where all the demons go




Elle t'écoute attentivement, accoudée à son général, sans ciller. Elle n'a pas peur de toi et te défie du regard, un sourire prétentieux collé aux lèvres. Mais tu es persuadée que te mettre une grande claque dans la gueule la démange fortement. Elle soupire, comme si tu la fatiguais. Puis quand vient le moment de la sentence finale, elle pouffe, moqueuse, pour te montrer que ton sort lui importe peu. Isabel se penche vers toi et plante ses prunelles de jade dans les tiennes.

▬ Comme je te l'ai si gentiment expliqué à ton arrivée, je ne transige pas sous la menace. Tu veux être mon ennemie ? Qu'il en soit ainsi. Nous nous reverrons chère Alice. D'ici là, je te conseille de te préparer efficacement, toi et tes poings insignifiants.

Un éclair vient faire briller un peu plus le regard mauvais de la reine et le tonnerre tarde à se faire entendre. Quelques secondes plus tard, le sol tremble quand la colère du ciel résonne dans le salon. L'orage commence à s'éloigner mais il est toujours proche, déchaînant les éléments dans les jardins royaux. D'un petit geste autoritaire, Isabel demande aux gardes de te lâcher. Ils s’exécutent mais tu sens leur regard méfiant posé sur toi. Ils rentrent dans le rang, obéissant aveuglément à leur souveraine.

▬ Je ne voulais pas en arriver là. Ta vanité est seule responsable de tes malheurs. Tu auras beau te convaincre du contraire, et penser à juste titre que j'ai fait preuve de négligence... Ça te détruira.

Ma vanité. Putain c'est l'hôpital qui se fout de la charité.

Elle soupire à nouveau en se redressant, comme désespérée par ton cas. L'envie de lui lacérer le visage avec tes ongles te revient mais tu la contrôles tant bien que mal. Ce n'est pas encore le moment de céder à la violence. Dans un nouveau mouvement de la main à l'attention de la garde, Isabel demande à libérer de l'espace. Un passage se forme dans le cercle, laissant l'accès aux fenêtres brisées derrière vous. Ils ne baissent pas pour autant leur arme et les deux du fond sont bien contents de pouvoir s'éloigner davantage de toi, ton aura continuant de pulser avec force dans tes veines, envoyant de lourds messages menaçant dans l'atmosphère, les ténèbres nouvelles s'exprimant avec frénésie. Tu esquisses un sourire discret. La reine vient de te faciliter la tâche. Tu vas bientôt pouvoir t'enfuir.

▬ Tu as dix secondes pour quitter mon palais.

Isabel commence à compter de sa voix aiguë, augmentant les décibels à chaque chiffre énoncé. Sans la quitter du regard, tu recules à pas lents, un à chaque nouveau décompte. A sept, tu atteins l’embouchure du cercle brisé que forment les gardes. Tu sens leur soulagement face à ton départ imminent. Leurs lames se font moins franches, prêtes à regagner leur fourreau dès que tu auras déguerpi. Tu contemples ce tableau des soldats agglutinés devant la reine et l'homme à ses côtés, leurs yeux brillants de peur dans la pénombre. A cinq, un éclair opportun aveugle un millième de seconde tes adversaires, c'est ce laps de temps que tu choisis pour te saisir du poignet du garde à ta gauche, qui tremble de panique depuis son entrée dans la pièce. Tu l'avais repéré. Son destin était déjà scellé à peine avait-il posé un orteil dans le salon. Tu lui retournes violemment le bras, dans un mouvement précis. Tu sens les articulations se tordre et bientôt lâcher sous la pression. D'une rapidité à toute épreuve, tu récupères son épée que tu viens loger dans le creux de son cou, un point stratégique, faiblesse de leur armure. Les autres réagissent et entament un bond en avant pour t'arrêter, mais tu agis avec une célérité déconcertante, chaque geste ayant été mûrement réfléchi à l'avance. Tu l'égorges dans la seconde.

Tu croyais que j'allais me barrer sans faire de victime ?

L'antépénultième signal du décompte de la reine disparaît dans les cris des gardes et tu espères qu'elle s'étrangle de rage. Le corps du garde s'écroule alors qu'une marre de sang se forme rapidement. Tu lâches l'arme qui atterrit sur le parquet dans un bruit métallique clair. Un homme s'avance vers toi et tu lui décoches un coup de pied fulgurant dans les côtes. Il bascule en arrière et son dos vient s'empaler dans l'épée brandie par son collègue derrière lui. La scène se passe à toute vitesse. Leurs cris semblent retentir au ralenti dans ta tête avant que tu ne saisisses la rambarde d'une des fenêtres en morceau. Du verre vient se planter dans ta paume et tu grimaces. Les soldats se précipitent vers toi pour t'empêcher de sauter mais il est trop tard. Tu te laisses tomber depuis le premier étage, te réceptionnant tant bien que mal dans une roulade mal assurée. Heureusement, aucune cheville de casser. Tu vas pouvoir fuir. Mais tu dois avoir une côte de déplacée. Elle t'interdit de respirer convenablement.

Putain. Fait chier.

Tu cours le plus rapidement possible, ta paume ensanglantée appuyée contre tes côtes pour oublier la douleur. Tu expires difficilement, suffocante. La pluie est glaciale et le vent mord ta peau à nue. Tu détales dans les jardins royaux pour atteindre l'artère principal. La tempête a fait rentrer toute la garde à l'intérieur et tu n'as pas de poursuivant pour le moment. Tu cours dans les graviers, titubant à plusieurs reprises, tes bottes crissant dans les cailloux, envoyant des nuages de poussière derrière toi. Tes cheveux sont déjà trempés et viennent mourir sur tes épaules, ils collent à ton front et tes joues. Tu trembles déjà de froid et la douleur n'aide pas. Tu finis par arriver près de la grande grille dorée de l'entrée. Les deux gardes te repèrent et sonnent l'alerte. Ils se lancent à ta poursuite mais tu as déjà franchis le pas de la sortie. Ils aboient des ordres en hurlant. Tu traverses la route, jetant un œil par-dessus ton épaule pour t'assurer qu'ils ne te rattrapent pas. Leur armure les ralentit. Tu descends la grande avenue déserte par ce temps apocalyptique. Tu prends à droite à la première ruelle venue et t'engouffres dans la ville. Tu n'entends bientôt plus le cliquetis des armures des hommes à ta poursuite. Tu ralentis et t'appuies de ta main libre contre le mur en brique qui te fait face. Tu tousses avec force et craches du sang. Tu renifles bruyamment. La pluie ruissèle sur ton corps secoué de soubresauts à cause du froid. Tu offres ton visage à l'averse.

Tu viens de tuer deux hommes de sang froid. D'habitude, tu ne prends pas plaisir à ôter la vie. Tu le fais sans réfléchir mais non sans te questionner par la suite. Te demandant si tu aurais pu éviter cette finalité funeste. S'il n'y avait pas d'autres solutions moins radicales. Tu te souviens de chaque déchu, démon ou ange, que tu as été forcée de tuer depuis que tu es entrée dans la garde. Aujourd'hui, c'est différent. Ces deux hommes, ils sont morts de ta main. Et tu n'éprouves aucun scrupule. Aucun remord. Tu es juste satisfaite. Tu savais que tu ne pouvais pas affronter tout un groupe de soldats armés, flanqués de leur chef et de la reine. Alors tu as choisis tes victimes parmi ceux qui montraient le plus de signes de faiblesse. Tu les as exécuté sans sourciller. Sans éprouver la moindre émotion. Tu ne ressens rien d'autre qu'un sentiment libérateur, comme si les tuer sous les yeux de leur dirigeante t'avait procuré du plaisir. Tu sais que ces hommes étaient probablement innocents, qu'ils avaient très certainement une femme, des enfants, des proches qui pleureront leur disparition et réclameront vengeance pour leur assassinat. La différence c'est que tu t'en contrefous. Tu les as tués par simple pulsion, pour réduire les effectifs de la garde royale, pour tâcher de sang le parquet du salon de la reine, pour étancher ta colère et ta haine. Isabel vient de faire de toi un monstre. Si elle avait accepté de t'écouter, si elle avait bien voulu faire de toi une déchue, si elle ne t'avait pas considérée comme une gamine sans cervelle, tu n'aurais pas céder à la violence. Tu aurais coopérer, tu lui aurais été redevable, tu serais restée loyale. Au lieu de ça, tu es devenue un monstre.

Tu respires profondément, prenant lentement conscience de ce qui vient de se passer. Tu craches à nouveau du sang. Tu visualises le regard horrifié du garde qui était face à celui que tu as égorgé. La terreur dans les yeux du soldat qui a pourfendu son voisin à cause de toi. Et au fond de la scène, en arrière-plan, le visage de la reine. Isabel qui s'étouffe de colère dans son décompte alors que tu es en train de tuer deux de ses hommes juste sous ses nez. Tu ricanes. Tu revois le grand blond à ses côtés réagir dans l'instant, dégainer son arme pour se précipiter vers toi, bousculer ses hommes pour tenter de te rattraper avant que tu ne passes par la fenêtre après ton crime. Lui aussi doit enrager de ta fuite. Ils doivent déjà envoyer des effectifs à tes trousses.

A cette pensée, tu reprends ta route, te frictionnant du mieux que tu le peux. Tu ne passes que par les ruelles, évitant de croiser quelqu'un même si le quartier des anges de Damned Town est vide. Seul résonne les tambours de la pluie et les coups de tonnerre. Tu finis par regagner ta moto et grimpes sur ta bécane en espérant avoir la force de conduire jusque chez toi. Tu frôles l'accident à plusieurs reprises mais tu parviens à regagner ta demeure. Tu te gares rapidement et te hâtes vers l'entrée. Tu vérifies que personne n'est à l'intérieur. Mais les nouvelles ne vont pas si vite, la tempête doit ralentir les manœuvres, ce n'est pas possible que des agents soient déjà là pour t'arrêter.

Tu te rues dans la salle de bain et renverses la pharmacie. Tu bandes ta taille pour comprimer ta cage thoracique et t'empêcher de faire des mouvements brusques. Tu ne voudrais pas que ta côte déplacée perfore quoique ce soit ou mette des mois à guérir. Tu remplis plusieurs compresses de sang en épongeant ta paume meurtrie par le morceau de verre brisé qui s'y est logé. Tu désinfectes la plaie et bandes ton poing. Tu attrapes une serviette et sèches tes cheveux frénétiquement. Tu sors en trombe et grimpes à l'étage pour rejoindre ta chambre. Tu prends un grand sac dans un placard et ouvres tous les tiroirs de ta commode à la volée. Tu retires ton débardeur trempé. Tu fourres les piles de vêtements dans le sac, sans réfléchir. Tu retires ton jean et fais les cents pas en petite culotte dans ta chambre pour remplir ton bagage. Tu fais des allers-retours entre ton bureau et ton lit pour emporter quelques documents. Tu enfiles un pantalon et descends rejoindre le salon, en soutien-gorge. Tu poses ton sac sur le canapé et entreprends de vider une bouteille de rhum. Tu la descends goulûment, la chaleur brûlante de l'alcool dans ta gorge calmant les tremblements de ton corps. Une fois la flasque vide, tu la laisses sur la table de la cuisine. Tu fermes les yeux pour réfléchir. Mais tu as beau retourner le problème dans tous les sens, la réponse est évidente.

Tu fermes ton sac et enfiles le t-shirt d'Alec resté sur le canapé. Tu remets tes bottes, prends ton casque et la veste en cuir qu'il te reste. Tu quittes ta maison. C'est un logement de fonction et si tu ne déguerpis pas très vite, ils te retrouveront. Ce sera leur première destination. Tu espères qu'Alec ne se pointera pas un beau matin. Il pourrait se faire prendre bêtement. Mais après votre entrevue au gymnase le matin même, tu doutes qu'il cherche à te revoir de sitôt. Tu pourras l'informer de la situation avant qu'il ne remette les pieds ici.

Tu te débrouilles pour mettre ton gros sac de voyage sur ton dos et remontes sur ta moto. Tu fais gronder le moteur et quittes la rue sans même un regard en arrière. Tu suis la route prudemment, la pluie continuant de s'abattre sur Damned Town. La tempête s'est apaisée mais elle n'a pas fini de tourmenter cette fin d'après-midi. Tu fuis le quartier des anges, traverses le centre-ville et quittes l'agglomération pour rejoindre la montagne. Tu suis le même chemin montagneux qu'une semaine auparavant. La reine vient de te jeter dans ses bras. C'est vers le temple que tu roules désormais.  

J'espère que je t'ai manqué, Dragon.

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MessageSujet: Re: I had a one-way ticket to a place where all the demons go [ft. Isabel Rosenthal] Mar 13 Mar - 17:29

I had a one-way ticket to a place where all the demons go.Dix. L'effrontée recule d'un pas et te fixe. Elle compte jouer avec toi jusqu'au bout. Tu sens son aura dévastatrice, porteuse d'un message de mort sur quiconque osera la toucher. Ta propre garde, si fière et distinguée, se montre bien farouche face à sa prestance. Ils ne doivent pas paniquer.

Neuf. Un autre pas. Toujours cette prodigieuse insolence, gravée au plus profond de ses pupilles. Compte t'elle conclure de cette manière ? Croit-elle réellement que tu iras jusqu'à stopper le décompte simplement pour l'empêcher de partir ? Ou même de s'en prendre à tes hommes ?

Huit. Un autre pas. Décidément, Alice manque de tact. Tu n'as pas encore haussé la voix, ce n'est nullement nécessaire. Peter ne bouge pas d'un cil, proche de toi. Peut-être même trop. Ce genre de relation entre une souveraine et son second peut être mal vue par la cour et tes propres sujets. Mais tu t'en fiches éperdument. Il s'agit de ton meilleur ami, de ton âme sœur. Le respect témoigné entre vous est inaliénable.

Sept. Un autre pas. Elle a enfin rejoint l'issue autorisée par tes soins. Rien ne te ferait plus plaisir de la faire sortir de force, l'attrapant par la taille et la jetant avec violence au travers de cet amas de brisures... Ton petit côté rebelle en surpuissance. Mais tu préfères t'en abstenir. Et même si l'envie devait se montrer plus forte, Peter t'en empêcherait illico. La patience est une vertu Isabel. Ne l'oublie pas.

Six. L'orpheline ne bouge plus, fascinée par le tableau angélique qui lui fait face. Son petit sourire narquois te donne un frisson. Non... elle n'oserait pas tenter le diable en forçant le passage vers le couloir ? Ta garde se détend une fraction de seconde, comme soulagée de la savoir bientôt dehors, sous cette infernale tempête. Mais toi, tu sens le coup venir de nulle part. Elle mijote quelque chose...

Cinq. Bang ! Un éclair déchire le ciel et s'abat si vite que personne n'a le temps de comprendre. Alice, sous le joug de son adrénaline grandissante, est passée à l'action. L'homme à sa gauche, tremblant comme une feuille, sent son poignet se broyer, pris par la force de l'effrontée. Elle s'empare de son épée, et lui plante dans sa nuque. Ton cœur s'emballe, en proie aux palpitations. Tu ne peux pas bouger...

Quatre. Tes soldats s'avancent vers elle mais il est déjà trop tard. Alice s'emploie à égorger le malheureux. Tu n'en peux plus. Tu avances d'un pas vers elle mais ton second tend son bras en signe de négation. Tu le dévisages de tes prunelles claires. Il n'en fera rien. Il ne veut pas que tu t'en mêles. Son sort dépendra du timing. Tu enrages, impuissante...

Trois. Le massacre continue. L'orpheline lâche l'arme ensanglantée et prend à revers un autre de tes hommes qui tentera de la surprendre. Elle ne se fera pas prendre au jeu. Son pied virevoltera dans ses côtés et le propulsera contre une tierce victime, venant s'empaler sur sa lame affûtée. Les cris résonnent dans tous le petit salon. Du sang gicle de partout, une vraie scène de torture à laquelle tu ne peux pas participer.

Deux. La meurtrière atteint la fenêtre brisée et se jette dans le vide, regagnant la terre ferme un étage plus bas. Le reste de ta garde ira jusqu'à l'en empêcher, en vain. Elle a filé, c'est terminé.

Un... Tu pousses le bras de Peter et te rues vers l'homme égorgé. Il respire encore, mais pour combien de temps ? D'un claquement de doigt, suivi de cris alarmés, tu ordonnes à tes soldats de les emmener en urgence dans ta clinique privée. Tu peux encore les sauver. Tu dois les sauver. Un tintamarre prodigieux s'en suit sous ton regard dépité. En l'espace de trente secondes, tout le monde aura quitté ton petit salon, sauf ton second, inquiet de te voir dans un tel état. Tu observes les lieux, les larmes dégoulinant sur ton visage défiguré par la rage qui te consume. Des morceaux de verre jonchent le parquet souillé de sang. Ta vaisselle chinoise git plus loin. Ton mobilier aura lui aussi souffert... Pourquoi ne pas l'avoir renvoyé tant que tu le pouvais ? Peter s'approche de toi et dépose une main sur ton épaule. Tu t'en saisis et sa serres de toutes tes forces. Tu peines à prononcer un mot.

Peter... Convoque l'État Major. Réunion exceptionnelle. Alice Green est désormais une menace pour notre communauté. Je veux un topo sur la situation dans quinze minutes. Va vite.


❀ Il obtempère et te laisse seule, face à tes tourments. Tu essuies tes larmes et reprends ton calme. Ce genre d'incident est loin d'être un cas isolé. Tapant du pied, faisant claquer tes escarpins sur le parquet ciré, tu quittes à ton tour cette scène macabre et rejoins l'infirmerie à la hâte. Tes hommes vivront, hors de question de les perdre. Mais dans ton esprit, tout est clair. Il est temps d'agir. Keithan, prépare-toi au pire. La guerre est déclarée.

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MessageSujet: Re: I had a one-way ticket to a place where all the demons go [ft. Isabel Rosenthal]

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I had a one-way ticket to a place where all the demons go [ft. Isabel Rosenthal]
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