The Hunt [RP libre - Come & enjoy]

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MessageSujet: The Hunt [RP libre - Come & enjoy] Mar 30 Oct - 20:44


The Hunt





Il avait si sagement attendu que le zénith ne décline.. Avec un soulagement extrême, il repensa au moment de sortir, à l’après-midi qu’il venait de passer. Depuis que ses souvenirs étaient revenus le caresser, il n’avait eu de cesse que de vouloir les retrouver. Ses phalanges avaient pianoté l’accoudoir de son canapé, encore et encore, jusqu’à ce que l’engourdissement ne se soit mis à le tirailler. Ce furent dès lors ses pieds, qui s’étaient croisés et décroisés, marquant le tempo du temps qui s’écoulait. Ses yeux étaient demeurés vissés par delà la double épaisseur de ses carreaux, à contempler les toits de Damned Town. Le chasseur avéré qu’il était n’avait, outre ses mouvements machinaux, pas bougé d’un poil. Il avait sagement attendu que le sablier ne s’écoule.

Au moment où l’éclairage public avait flambé, ses prunelles s’étaient fendues, ses lèvres retroussées. Lentement, il s’était relevé, en s’appuyant de ses mains, le regard toujours tourné vers la ville et ses quartiers. De son pas souple et silencieux, il avait ouvert la fenêtre, et s’était avancé jusqu’à ce que son bassin ne vienne toucher le cadre en acier qui l’empêchait de basculer. Le vent était alors venu à la rencontre des joues de ce vieil ami, le léchant de son froid mordant. Alec avait fermé les yeux, se plongeant dans l’un de ses exercices de conscience éveillée. Le dos droit, la sangle abdominale bloquée, les pieds campés, il avait laissé la brise s’engouffrer dans son appartement, retournant, malmenant les éventuels papiers qui avaient eu le malheur de ne pas être rangés.

Il avait tu les frissons qui secouaient son échine, sous la force de cet élément sans cesse en mouvement. Il avait au contraire accueilli avec chaleur cette sensation de dépouillement. La nature avait, et conserverait à jamais le pouvoir sur son âme et sur sa destinée. Inspirant et expirant posément, il étendit ses sens par delà ses propres quartiers. Son ouïe était dans un premier temps descendue jusqu’au local du brave Jonathan, qui se tuait à chanter, possédé qu’il était. Le son électrisant de la guitare qu’il faisait jouer résonnait, tentant vainement de couvrir les bruits assourdissants des jeunes qui sortaient. Les bouteilles brinquebalaient les unes contre les autres, chantant de leur verre travaillé. Avec délice, le démon songea au goût amer du nectar qui coulerait à flot le long de leur œsophage avide. Dommage pour lui qu’ils semblassent réticents à partager, au vu du sdf qu’ils venaient de recaler.

Au bout de quelques minutes de concentration, il avait rouvert les yeux en soupirant. La soif avait commencé à se faire ressentir, lui léchant le bas-ventre jusqu’à l’en faire gronder. Sans plus attendre, et tout en laissant le vent continuer à entrer, il avait tourné le dos à l’immensité de la cité, s’enfonçant dans la pénombre de son appartement. Suivant l’idée qu’il en avait gardé, il avait mis la main sur son manteau, l’avait enfilé et était sorti.

Tournant à droite à la première intersection, il entama une marche rapide, les sens tout droit tournés vers la forêt. De là où il résidait, il en avait pour une quinzaine de minutes à pieds. Ce petit temps de trajet lui permettait de s’éveiller, musculairement parlant. Dans sa tête résonna la voix suave d’Aym, tandis que ses pas se firent entendre sur le macadam à ses côtés. Tournant la tête vers la gauche, il dévisagea avec un sourire la silhouette fantomatique de son père, avant de la laisser s’envoler d’un battement de cil. Ses muscles expirateurs vibrèrent alors qu’il évacuait activement l’air emmagasiné. Ce soir, il le savait, il allait renouer avec ses actions passées. Retrouver ses passions, se libérer de la superficialité dans laquelle il s’était empourpré.

Il avait fait des efforts pour s’intégrer, avait rencontré suffisamment de monde pour toujours trouver avec qui bavarder. Mais avec ou sans lui, le monde continuait à tourner. Pour sa pseudo-intégration, il avait laissé derrière lui des projets, des habitudes, qu’il avait même fini par enterrer, les yeux tous droits tournés vers l’espoir infime de pouvoir se retrouver un foyer. Que nenni. Sa place n’était pas avec eux. Sa place se situait à ses côtés. Sa solitude était sa fidèle compagne, et il n’aurait jamais du ainsi vouloir tant lui fausser compagnie. Toutefois, avant de partir en bon termes avec le présent, il avait envie de renouer avec le passé.

Sitôt que DT fut quittée, il sentit une petite main venir se glisser. Déliant les doigts, il accueillit la douceur de cette peau blanche, respirant le parfum fruité qu’elle portait. Par peur de la faire fuir, il ne tourna pas les yeux vers elle, gardant le cap de sa destination. Avec elle, il suivit le premier sentier qu’il trouva, pénétrant le couvert de la forêt. A droite de son champs de vision, les cristaux de la respiration de sa compagne se matérialisaient, alors qu’il commençait à percevoir ses tremblements.

Se retenant de passer un bras autour de ses épaules afin de la ramener à lui, il serra davantage sa petite main gracile, l’intimant de le suivre un peu plus profondément. Les lampadaires ne leur furent bientôt plus d’aucun recours, et ils se retrouvèrent seul à seul, à fouler les feuilles mortes du bois . Sous leur nez, l’odeur du mucus perçait, chatouillant leur muqueuse. Avec un sourire, Alec entama la conversation :

« Tu m’avais manquée ».

Tournant cette fois les yeux vers sa jolie dame, il fut frappé par le souvenir de sa beauté. Malgré la couche épaisse qui la couvrait, il retrouvait les pommettes qu’il avait tant fait rougir, les lèvres dont il s’était tant emparé. Il imaginait sans mal sa silhouette se balancer, de gauche à droite au fur et à mesure des pieds qu’elle engageait pour marcher. Pour seule réponse, il n’obtint qu’un pâle sourire dont il se contenta aisément. Sa présence lui suffisait, elle n’avait pas besoin de se fatiguer à parler.

Après quelques minutes de marche, il parvint précisément à l’endroit qu’il avait visé. Au milieu des hêtres qui s’élevaient, une large pierre exhibait fièrement son plateau. Galamment, il aida sa dulcinée à monter, grimpant à sa suite avec une aisance insouopçonnée. Le froid n’avait plus de prise sur son être, tout comme il n’entendait plus le hululement des chouettes qui se réveillaient. Son corps et son attention étaient entièrement dévoués à la jeune femme. Celle-ci s’assit avec grâce au bord de la roche, incitant le démon à en faire de même.

Alec n’avait pas attendu ce signal pour revenir se placer à ses côtés. Il glissa sa main le long de ses hanches, la ramenant un peu à lui afin d’enfouir le bout de son nez dans sa chevelure caramel. Vorace comme il était, il respira encore et encore ce parfum familier, se repaissant de toutes les nuances d’effluves que ses micro-mouvements créaient. Elle était là, elle était de nouveau sienne. Papillonnant des yeux, il se permit de laisser le froid venir la titiller alors que ses mains s’avançaient sous la couche de ses vêtements. De ses doigts glacés, il vint faire frissonner la peau encore plus froide de sa dame.

Avec un sourire, il repensa à la danse qu’ils venaient d’effectuer, à la chaleur qu’ils avaient dégagé alors que leurs regards brûlants s’étaient immobilisés, l’un dans l’autre, s’accrochant désespérément. De l’index, il effleura la courbure de sa poitrine, apprécia la chute de ses reins.

L’absence de mouvement, de chaleur durent avoir raison d’elle, car Alec ressentit bien rapidement son envie de rentrer. Sous ses doigts, elle commençait à s’agiter. Relevant les yeux, il dévisagea sa pâleur, vit soudainement les larmes la dévaster. Quand son pouce vint écraser les perles nacrées, il laissa derrière lui un sillon d’hémoglobine. Ce même filet là, il voulut l’effacer. Mais à chaque geste qu’il faisait, à chaque fois que ses mains la touchaient, il la mutilait. Son visage fut rapidement le puit d’un flot sanguin, recouvrant les mains du démon. Sans paniquer, il tenta de croiser son regard. Il ne vit que la profondeur de ses orbites. Sa pâleur cadavérique soutenait le regard vide qu’elle lui lançait. Les mains poisseuses, il tendit la main vers sa joue, mais elle s’effaça, fuyant l’homme violent qu’il était. Alec n’eut d’autre choix que de la regarder disparaître. Quand elle eut quitté son champ de vision, il baissa les yeux sur ses mains vierges, démunies de toute trace rougeâtre.

Un sourire triste ébranla ses lèvres alors qu’il se relevait. Il était gelé. Tout son être souffrait du trop plein de froideur qui l’habitait. Il allait devoir rentrer. Mais avant ça, il devait honorer la mémoire de son père.
Effaçant le souvenir de son corps engourdi, il projeta sa conscience à travers les bois. Les cris strident des oiseaux de nuits lui écorchèrent soudainement les oreilles. C’est fou à quel point les rêves peuvent nous éloigner de la réalité.

Ses frissons engagèrent et dictèrent sa respiration. Avançant à travers les fourrés, il se mit en quête d’une quelconque proie à venir cueillir. Contre sa cuisse battait la lame de son couteau, soigneusement effilé pour l’occasion. A sa droite soudainement, il perçut un bruit de frottement. D’une part, les feuilles craquelaient sous le poids de pas bien lourds, d’autre par des branches bruissaient en se caressant les unes les autres au passage de la créature. Le démon se figea, les sens en alerte. Réduisant sa respiration au strict minimum, il prit la pose statuaire qui était de coutume, et attendit que la bête ne se révèle, elle qui avançait droit vers lui.



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MessageSujet: Re: The Hunt [RP libre - Come & enjoy] Mar 27 Nov - 15:34

The HuntAlec Hamilton & Ana. R Malleby (and others?)


Le soleil laisse glisser ses derniers rayons d’or sur le comptoir de travail d’Ana.
L’Ange lève la tête de son gros livre en cuir, il dégage une odeur de vieux cuir et d’herbe séchée : son herbier. Une habitude de sa mère qui lui a été transmise. Elle en a fait plusieurs, sur tout les types de milieux pour être sur d’elle.
Aujourd’hui, cela se révèle utile car la forêt de Damned Town semble receler de trésors dont elle aurai potentiellement besoins.

Narcisse se balade sur les étagères au dessus de sa maîtresse en miaulant doucement. Elle déambule entre les bocaux d’herbes séchées, les pots de crèmes et les réserves d’infusions.

Toute la pièce transpire le calme et la quiétude, assez semblable au ciel dehors : dégagée et lumineux malgré la fin de la journée.

Ana relève la tête de son livre et contemple son nouvel atelier. Il est à son image : petit, pratique et emplit d’une odeur entêtante de fleur sauvage. Elle s’y sent bien pour travailler. Elle se sent bien à Damned Town, même si elle n’a pas encore prit le temps de visiter tous les quartiers.

Son dos se déplie lentement, comme si il avait été collé au plan de travail. Les cheveux d’argents glissent sur ses épaules pour se perdre dans la chute de ses reins, elle ne les a pas attaché aujourd’hui.

Les traits de lumières qui transpercent le verre de sa fenêtre l’attire.
La médecin quitte son siège en bois et ouvre en grand le battant transparent et profiter de l’air doux du crépuscule.
Le vent s’engouffre dans la pièce en faisant voler les pages de l’herbier et en secouant les rideaux blancs.

La jeune femme ferme les yeux un instant et se laisse le temps de profiter du frais sur sa peau. Ses cheveux volettent au rythme des tissus et son t-shirt se soulève un peu.
Un long frissons parcours son échine : le froid ou le plaisir ? Ana dirait les deux.

En rouvrant ses prunelles, elle se trouve aveuglée par l’astre du jour qui disparaît lentement, chassé par la Lune.

L’émotion la saisit.
Peut-être parce que tout ceci fait remonter en elle des souvenirs de son enfance, des moments d’innocences où elle regardait le soleil se coucher derrière les crêtes des montagnes tibétaines. Une époque où tout allait bien ou elle pouvait encore rêver.

Une larme coule le long de sa joue.
Elle ressent soudainement l’envie...non...le besoins de claquer la vitre et de fermer les rideaux. Elle ne doit pas céder à tous cela : son enfance est loin, son passé elle l’a laissé sur Terre.

Les mains sur la table en bois, elle contemple ses articulations qui blanchissent à mesure qu’elle s’agrippe.
Elle ne doit pas craquer. Elle est médecin. Elle ne peut pas tomber.
L’expression de sa douleur coule sur son visage pour venir s’écraser sur les planches. Il faut qu’elle se sauve.
Narcisse miaule dans la direction du médecin, les oreilles et les moustaches en avant comme pour s’enquérir des raisons qui mettent de l’eau dans les yeux de l’humaine.
Ana lève les yeux vers elle et lui tend une main crispée. La chatte vient frotter son museau contre les doigts humide et saute sur l’épaule de la jeune femme pour obtenir plus de caresse.

Que de réconfort d’avoir un animal avec soi. On se sent moins seule et plus forte.
Mais le besoins de s’échapper persiste dans les tripes de l’ange : elle doit courir, comme quand elle était enfant.

La lumière dans la pièce est tombée avec le soleil dehors. Les rideaux semblent encore flotter avec le souvenir du vent et le cahier est ouvert à la page du sapin : un arbre commun et pourtant dont la sève à de nombreuses vertus.

Elle sait ce qu’elle va faire. Elle sait ce dont elle à besoins.

La porte de l’herboristerie claque et Narcisse se retrouve sur son coussin sans vraiment comprendre comment ni pourquoi.
Ana enfile sa veste et saisit sa besace de soins avant de sortir de chez elle comme une furie. Au diable le médecin, au diable l’ange, cette nuit elle sera Ana Rose avec ses souffrances et ses besoins. La forêt, c’est à la forêt qu’elle va s’abandonner jusqu’au lever du soleil.

Elle court dans les rues de la ville plongée dans une pénombre irréaliste : il ne fait ni jour, ni nuit, tous semble être au ralentit.
Elle ne prend pas garde aux autres, en même temps, personne ne fait attention à elle : petite âme anonyme dans cette grande ville de damné.

Elle bat le pavé de plus en plus vite comme si cela allait l’aider à laisser son rôle de médecin loin derrière elle au moins pour ce soir.
Les ailes dans son dos s’agitent comme si elles voulaient l’emmener encore plus loin.

Sa course suit celle de la lune qui grimpe au dessus d’elle.
L’argent de l’astre se reflète avec sa chevelure : pour la première fois depuis longtemps ils sont libres et sauvages.

Le souffle court et le cœur à trois cent à l’heure, Ana se retrouve devant le sentier menant à la forêt . Les arbres projettent des ombres menaçantes sur le sol, mais ça la rassure. Comme de grands bras qui l’invitent à les rejoindre et à se fondre dans l’ombre, elle qui est une enfant de la lumière.
Le froid de la nui avait envahi les lieux et Ana regretta amèrement de ne pas avoir prit des vêtements plus chaud. Mais peu importe…plus question de faire demi-tour maintenant.

La jeune femme s’engouffre dans les bois en souriant, le premier chemin serai le sien.
Sans réfléchir, elle prit la direction du fond des bois.

Et dans l’ombre des pins, soudain, elle se sent bien. Apaisée.
Sa main sert la bandoulière de son sac en toile et ses pieds retrouvent naturellement leurs aisances à se déplacer en terrain escarpé même le soir.

Les souvenirs resurgissent dans les ombres, mais...ils ne sont plus aussi douloureux.
Derrière une branche, elle semble l’apercevoir, celui qu’elle a aimé au point de lui offrir sa vie et celle de leur enfant.
Puis, un rire monte entre les arbres. Un rire cristallin, un rire qu’elle a rêvé d’entendre pendant des nuits entières.
Ana se laisse bercer par les bruits de la nature et ceux créer par son imagination. Les rayons lunaires lui indiquent le chemin et son corps sait il doit aller.

Mais sa transe est coupée en plein milieu : le souvenir de son mari s’efface tel un fantôme dans un rai de lumière et le rire s’élève une dernière fois avant de rejoindre les oiseaux nocturnes tout là haut.
Au loin, Ana éteint un bruit dans les broussailles devant elle.
Mais quelle idiote est-elle d’avoir imaginé ne rien risquer dans une forêt inconnue. Elle n’ a même pas chercher à savoir quelle créature s’y trouvait.

Elle ne peut pas reculer, elle va faire du bruit et risque de se faire attaquer. Et puis reculer pour aller où ? Elle ne sait même pas d’où elle vient.
La médecin prend une grande inspiration, se prépare à se métamorphoser le plus rapidement possible en chat pour se sauver et traverse un taillis.

Pourtant, ce n’est pas une bête féroce qui lui fait face, mais un jeune homme : grand, blond, athlétique, le type qui séduit toute les poulettes.
Mais, dans ces yeux brillent une lueur de tristesse et de colère.
Il n’en a pas l’air, mais il y a un animal en lui qui s’apprête à bondir sur sa proie pour oublier la douleur qui lui tiraille le ventre.

Qui es-tu pour souffrir ainsi ?


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MessageSujet: Re: The Hunt [RP libre - Come & enjoy] Sam 1 Déc - 14:09


THE HUNT
Alec Hamilton
Ana R. Malleby
D'abord, ça a été la lumière aveuglante. Ça ne doit pas arriver tous les jours de s'endormir en pleine nuit de 6 mois et de se réveiller, le soleil en pleine face, avec la désagréable impression de ne pas être à sa place. Ensuite, il y a eu une petite douleur, diffuse, sur mon avant-bras. Il avait fallu que je me pince une bonne demi-douzaine de fois pour enfin me rendre compte que tout ceci arrivait réellement. D'où les petites marques rouges, près de mon poignet. Enfin, il y a eu cette étrange sentation... d'égarement. Je m'étais vaguement préparé à me retrouver entre quatre murs, certainement pas dans une ville qui ne ressemble en rien à ma cambrousse natale.

« Eh, mec... Panique pas ! T'es dans une ville magnifique, loin de tes problèmes, et surtout, t'as plus les fers aux poignets... Qu'est-ce que t'attends pour goûter à ta liberté ?»

Deux-trois claques mentales plus tard, je me suis mis à déambuler dans les rues. À repasser une vingtaine de fois devant les mêmes endroits. À tourner en rond sans m'en rendre compte, prêtant une confiance aveugle à mon sens de l'orientation et mon sens de l'observation foireux. Puis je me suis perdu dans d'autres rues, sans trop savoir où je voulais vraiment aller, ni m'inquiéter pour ce que j'allais bien pouvoir faire une fois la nuit tombée. Je crois bien qu'une partie de moi espérait encore être en train de rêver et préférait ne pas accorder trop d'importance à ce qu'elle croyait n'être qu'éphémère. L'autre partie se délectait en silence de cette chance incroyable. Si j'étais croyant comme ma mère, j'aurais bien pu penser à un miracle, mais je n'étais pas encore assez désespéré pour remercier un dieu auquel je ne croyais pas. Je me contentais donc de sautiller par moments et de rire bruyamment en essayant d'imaginer la tête des policiers quand ils s'apercevraient de mon absence.

« J'ai le droit à un nouveau départ !»

Cette phrase résonnait dans ma tête et m'envahissait d'une euphorie déplacée, étant donné les circonstances. Le type que j'avais tué n'avait pas le droit à une seconde chance, lui. J'aurais peut-être dû me sentir coupable, de ce brusque revirement de situation, j'aurais dû être terrifié par le souvenir du sang chaud coulant sur mes mains et du dernier râle de souffrance de ma victime. Mais en vérité, j'avais l'impression que tout cela appartenait déjà au passé. Rien dans les rues par lesquelles je déambulast ne me rappelait cette terrible soirée, et je me sentais détaché des événements, comme si mon réveil dans cette ville avait lavé ma mémoire toute ces horreurs, les ramenant à des souvenirs de moindre importance. Comme s'ils n'avaient pas impacté ma vie à jamais. Comme si je n'avais pas osé ôter celle de cet homme mais que, à l'instar de ce que l'on raconte aux enfants pour ne pas les effrayer, il s'était simplement endormi. C'est ce que j'étais, au fond. Un enfant. Un gosse préférant se cacher derrière la facilité de cette illusion plutôt que d'affronter la dure réalité de sa culpabilité.

Je me suis brusquement arrêté, en soupirant de lassitude, puis ai posé mon front contre un mur, afin de laisser la fraîcheur de la pierre calmer les brûlures de ma mémoire à vif. Mon moral venait de se prendre une sacrée baffe.

« Allez... Reprends toi, ça ne sert à rien de se morfondre, ça ne réparera rien !»

J'ai donc rafistolé ce moral défaillant, décollé à contrecœur ma peau de la pierre et suis reparti, vaille que vaille, dans mon exploration des lieux, un petit sourire tremblotant accroché aux lèvres. Il paraît que c'est contagieux, les sourires. À ce moment-là, je crois que j'essayais de me rendre moi même malade...

« C'est deux poissons qui...»

- Oh, la ferme Ithen !

J'ai fait taire un peu la partie de moi qui tentait de me changer les idées, et ai entamé un combat contre moi-même, tout en accélérant le pas, inconscient de l'endroit où ils pouvaient bien me mener. J'essayais de trouver un compromis entre les doutes qui m'assaillaient et ma bonne humeur habituelle qui commençait sérieusement à se demander ce qu'il se passait. Ça ne m'arrivait pas souvent, les coups de blues comme ça, en temps normal. Mais plus rien n'était normal, désormais.

- Mais qu'est-ce que je vais faire de toi, sérieusement ! Tu n'en as pas marre de te mettre tout le monde à dos ?

Je me souviens d'avoir haussé les épaules. Ça m'amusait un peu de la voir s'énerver comme ça.

- Assieds-toi ! avait-elle ordonné en me désignant le canapé du doigt.

Je lui avais tourné le dos, indifférent, et avait entamé la montée des escaliers.

- ITHEN. REVIENS ICI !

Je m'étais arrêté. Je savais que si je faisais un pas de plus, je franchirais les limites de sa patience, et je n'étais pas prêt à la laisser bouleverser mon petit confort par ses hurlements.

- C'est bon, j'arrive, avais-je grommelé en rebroussant chemin.

Je m'étais installé bien docilement à côté d'elle, hermétique à ses reproches. Son ton s'était adouci, et je n'avais eu aucun mal à imaginer sa fierté de m'avoir fait plier aussi rapidement.

- Je peux te raconter une histoire ? avait-elle demandé, comme si mon avis lui avait jamais importé.

Nouveau haussement d'épaules de ma part. Elle aurait pu m'inventer n'importe quoi, je n'étais pas enclin à faire des efforts pour mieux correspondre à ses attentes.

- Écoute-moi jusqu'au bout. S'il te plaît, ton père aurait sûrement voulu que tu comprennes la moralité de cette histoire.

Sur le coup, ça m'avait fait rire. Elle adorait faire ça, me balancer un père dont je ne savais rien à la figure pour tenter de me remettre sur le droit chemin. Ça n'avait jamais fonctionné. Mais pour une fois, je n'ai pas essayé de la contredire, et comme elle me l'avait demandé, ou plutôt ordonné, je suis resté jusqu'à la fin.

- Il existe une légende amérindienne...

- Tu ne sais vraiment plus quoi raconter, avais-je soufflé, excédé.

- Tu vas me laisser finir, oui ? Te taire deux minutes, ça ne doit pas être compliqué quand même !

Je m'étais renfrogné et avais croisé les bras, une moue agacée s'était imprimée sur mon visage.

- Je disais donc... Il existe une légende amérindienne selon laquelle on aurait deux loups à l'intérieur de nous. L'un d'eux représenterait le vice et la barbarie. Le second serait l'image de tout ce qu'il y a de bon en soit.

- Si c'est un conte de fée, je t'interrompt tout de suite, c'est pas vraiment mon truc, avait-je râlé.

Je m'étais levé et était prêt à quitter la pièce, quand elle avait continué.

- Ils se livreraient une bataille acharnée à l'intérieur de nous, sans cesse, afin de prendre le dessus l'un sur l'autre.

Je m'étais alors figé. Je savais où elle voulait en venir. Elle avait vite comprit que mes amis n'avaient pas une très bonne réputation, et je savais très bien qu'elle pensait farouchement que j'allais mal tourner. Je lui tournais toujours le dos, dans l'encadrement de la porte. Je n'avais pas voulu me retourner pour lui faire face, mais partir à cet instant ne m'avait pas semblé non plus la meilleure option. Alors j'étais resté debout, à attendre qu'elle ait fini d'exprimer sa pensée.

- Quel loup gagne, avais-je lâché avec lenteur en m'apercevant qu'elle s'était tue.

Visiblement, elle avait attendu ma question avec impatience car elle avait déclaré :

- Celui que l'on nourrit. Et toi, tu ne t'occupes pas du bon.


Je ne me souviens plus exactement de ce qu'il s'était passé après, mais cette histoire m'est revenue en tête, brusquement. Accélérant toujours plus, je me suis retrouvé à courir dans ces rues inconnues, sans accorder la moindre attention au paysage. Je n'aime pas courir, d'ordinaire, mais cette fois-ci j'avais l'impression que la vitesse me vidait la tête. Tout en évitant les éventuels obstacles qui se présentaient sur ma route, j'ai tenté de visualiser ces deux loups. Mes deux loups. Je n'ai aucune imagination, et essayer de voir les incarnations du bien et du mal dans ma tête relevait de l'impossible, mais j'ai essayé, encore et encore. Une fois que j'ai réussi à apercevoir deux formes... difformes, je me suis posé une question qui m'a laissé perplexe. Lequel était le bon ? D'un côté, ma joie de vivre, qui était plutôt un bon parti, si l'on oubliait qu'elle représentait également mon égoïsme, ma façon d'éviter de me confronter à mes erreurs. De l'autre, ce coup de blues qui m'effrayait mais que je méritais entièrement.
Je ne suis pas quelqu'un qui réfléchi beaucoup, et ces hésitations me paraissaient insurmontables. Comme à mon habitude, j'ai choisi la facilité. J'ai nourri le mauvais. Je me suis arrêté net, la poitrine prête à exploser et le souffle saccadé par cette course imprévue. Puis j'ai souri, vraiment, en chassant à coup de balai les remords et les mauvais souvenirs de ma tête.

Lorsque j'ai enfin recommencé à observer le paysage autour de moi, mon sourire s'est élargi et j'aurais presque hurlé de joie si je n'étais pas tellement essoufflé. J'étais devant une forêt.
La ville était magnifique, mais je ne suis pas un de ces touristes en tongs et chemise hawaïenne délavée qui prend des photos à tout bout de champ avec son appareil photo plus gros que moi. Je suis le plus grand fan des forêts et des landes finlandaises, et j'avais l'impression d'être de retour chez moi en regardant les arbres immenses qui me faisaient face. De plus, la nuit s'étendait rapidement au dessus de moi, et je commençais à vraiment me demander ce qu'il allait advenir de moi... Les bois me paraissaient la meilleure option, alors je me suis avancé, délaissant les rues pavées de la ville pour la quiétude de la nature. Je l'ai déjà dit plus tôt, je ne suis pas quelqu'un qui réfléchit. Des animaux sauvages dans la forêt ? Pourquoi m'en serais-je inquiété ? Je ne pensais qu'à me rouler en boule au creux d'un bosquet et rattraper toutes mes heures de sommeil. Je marchais donc en reprenant mon souffle, tout en cherchant l'endroit idéal pour me poser lorsque je les ais entendues. Des bruits de pas.

- Mais quel imbécile. Personne ne sait où tu es, et personne ne sera là pour reconnaître tes restes quand on les retrouvera, perdus dans la forêt !

Par esprit de contradiction envers mes sens qui me hurlaient de faire demi-tour et d'aller me cacher dans les jupes de ma mère, je me suis dirigé droit vers les bruits. Durant toute mon adolescence, j'ai su développer une certaine discrétion, ce dont je n'étais pas peu fier. Mais marcher dans les bois, en écrasant les brindilles et les feuilles tombées des arbres, ça, c'était tout sauf discret. C'est ainsi que je suis tombé sur un type qui m'a immédiatement rendu vert de jalousie, et une fille qui ne devait pas être aussi vieille que le faisaient croire l'étrange couleur de ses cheveux. Je me suis avancé, suis sorti des fourrés qui me cachaient et avec toute la maladresse dont j'étais capable, j'ai tenté de leur signaler ma présence.

- Euh... Bonjour ?

Ma voix a raisonné étrangement dans le silence ambiant. J’ai soudain eu peur des les avoir dérangés, mais il était trop tard pour faire machine arrière. De plus, une toute autre peur m’a pris au ventre. Il suffisait d’un coup d’œil pour comprendre la scène : il y avait la bête, la proie, et l’imbécile qui s’était une fois de plus mêlé de ce qui ne le regardait pas. J’étais terrifié pour cette fille, qui avait l’air si frêle par rapport au tas de muscles qui lui faisait face. Terrifié pour lui, aussi, qui semblait prêt à lui sauter à la gorge, mais dont le regard exprimait un tel mélange d’émotions que l’envie me prenait de lui tendre la main pour l’aider à retrouver le chemin de la raison. Et enfin, terrifié pour moi, car j’avais l’horrible impression qu’il suffisait d’un rien pour que je me brise entre les regards de ces deux-là.

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MessageSujet: Re: The Hunt [RP libre - Come & enjoy] Sam 29 Déc - 15:29


The Hunt





Le rythme endiablé que les pas de la bête semblaient avoir adopté indiquèrent au démon qu’il n’avait pas là un chevreuil égaré. Ce premier constat lui permit d’embrayer sur un second : la bête traînait derrière elle cette putride aura angélique qui lui donnait la goutte au nez. Parfait. Les tripes de notre jeune suédois se serrèrent de bonheur à l’idée du face à face qui se tramait. En humant cette odeur étrangère, il constata qu’elle paraissait musquée et bien présente à le fois. Etait-elle le reflet de la dualité du tempérament vers lequel il se dirigeait ? Sans aboucher sur la problématique philosophique et médicale de la relation fumet/personnalité, le démon se précipita silencieusement vers la dite créature, débouchant sur le sentier que ses petits pieds foulaient.

Le suédois n’exagérait rien en jugeant les pattes de la bête ridicule. Mais tout son être l’était, ridicule. Un pauvre rachis piètrement renflué, la taille d’un nain de jardin et des cheveux argentés. La carrure d’un vieillard que le fauteuil avait lassé.. Du moins c’est ce qu’Alec crut au premier abord, avant que les yeux céruléens de l’individue ne viennent heurter les siens. Ce choc fut le top départ au déversement de deux cieux qui n’avait rien à faire à deux. Les siens étaient limpides et déterminés, ceux du démon entachés de ses péchés et orageux. La couleur avait beau être la même, le mélange demeurait non miscible, les différences ayant raison de la mixité de leur diversité. La frontière était clairement établie, tout comme le périmètre de distance que le démon ne manqua pas de respecter.

Avec sa discrétion habituelle, il la lorgna de haut en bas, glissant le long de ce derme blâfard jusqu’à suivre le relief des tissus qui la couvraient. Rectification, dans laquelle elle flottait. Un sourire macabre raviva les volontés hostiles du jeune chasseur alors que sa main s’emparait prestement du couteau. Ce dernier, caressant au passage la peau du jeune blondinet, vint se planter dans la terre meuble au pied de l’ange, vrillant encore légèrement au moment où elle baissa les yeux vers cet objet qui se voulait menaçant.

« Pas si vite, jolie frimousse. Ta petite âme se serait-elle égarée au sein de vilaines contrées ? »

La voix doucereuse du suédois porta jusqu’à la cochlée de la jeune femme, le blondinet commençant à avancer pour s’approcher.
Crrr…ac. Crac. CRAC. La tête du blondinet pivota à 90°C en direction des branches qui se brisaient. Sagement, et simultanément, le démon recula par rapport à l’ange, ne désirant que peu lui laisser prétexte pour attaquer. Derrière lui, à 3 pas à bâbords, il visualisait le bosquet d’où il avait émergé. Au cas où il faille se replier.

- Euh... Bonjour ?

Face à l’ange et lui avait débouché un jeune homme dont l’humanité ne les aurait jamais fait douter. Les deux accents circonflexes lui faisant office de sourcils se rejoignirent pour manifester sa surprise. Qu’est-ce que ce gamin maigrichon foutait donc là ? Putain mes les humains alors ! Alec étouffa un grondement dans le fond de sa gorge alors qu’il jaugeait à son tour ce petit bout d’homme qui venait de se rajouter. Au lieu de quoi, il ravala son agressivité, souriant faussement.

« Bien le bonjour. Temps idéal pour une ballade n’est-ce pas ? »

En réponse à sa question, le ciel gronda, rappelant à leur bon souvenir la grisaille de son plafond. Temps idéal pour ceux qui aimaient rentrer en sentant le chien mouillé… Mais idéal quand même. Nerveusement, le démon jeta un coup d’œil à sa lame que la terre retenait à ce jour toujours en otage. Comment allait-il diable pouvoir le récupérer ? Et si sa vieillarde prenait le partit de se baisser pour la ramasser ? Dans l’anticipation de cette réaction, le suédois se déporte souplement à tribord, se rapprochant de la chair humaine. Elle pourrait à terme servir de bouclier. En attendant, il garda ses deux cibles centrées dans son champ de vision, ce nouvel invité ayant bousculé ses plans.

« Vous cherchez les champignons ? »

Plongeant les yeux vers le sol, le démon prit un air émerveillé au moment où il dénicha de quoi soigner sa sortie.

« Oh ! Mais en parlant du loup regardez moi cette beauté ! Ma chère Angélique, pouvez vous me passer ma lame que j’ai laissé à vos pieds ? Je m’en voudrais si je rentrais bredouille après être passé à côté de tel spécimen. »

Son faciès rieur se tourna vers son initiale proie, son regard s’exprimant muettement à son égard.



°Nous n’en avons pas fini jolie frimousse. Couvre tes arrières. °




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