How could it be ? - Ana × Ismaël

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MessageSujet: How could it be ? - Ana × Ismaël Lun 18 Juin - 18:37

How could it be ?As any doctor can tell you, the most crucial step toward healing is having the right diagnosis. If the disease is precisely identified, a good resolution is far more likely. Conversely, a bad diagnosis usually means a bad outcome, no matter how skilled the practician. ( Atmosphere → California - Grimes )9h00. Accoudé contre la rambarde de la terrasse, Ismaël déguste son lait chaud encore bouillant. Enroulé dans son plaid sable, il contemple les remous langoureux de l'écume, faisant s'échouer les vagues en caresse contre la plage. Le soleil est levé, et envahit de ses rayons le petit appartement du jeune homme. Il l'aime son nouveau logement. Il n'est pas très grand, mais suffisant pour lui. Douillet, et tranquille une fois la nuit tombée, il n'en faut pas plus au petit homme pour construire son monde. Il commence lentement à prendre ses marques, se trompant parfois de portes ou bien cherchant des heures durant son téléphone en vain. Il doit encore se faire à l'idée de sa présence à Damned Town, ville dont il ne connait rien d'autre que le nom et que sa plage.

Hier soir. Il s'est d'ailleurs promené sur les côtes, accompagné de la propriétaire du Cheval Blanc. Elle l'attendait, visiblement prévenue de son arrivée imminente. Une vieille dame, aux cheveux gris, ou blanc selon la luminosité, un peu recroquevillée sur son dos. Montrant une énergie étonnante pour son âge, sa chaleureuse bienveillance mit immédiatement Ismaël à l'aise. Elle parlait lentement, avec un accent européen inhabituel aux oreilles de l'australien. Elle lui demanda dans les premières secondes de l'appeler sa grand-mère, elle qui ne supportait pas les formalités. Tout naturellement, elle le considéra comme un petit fils, et lui apprit deux ou trois choses sur les environs. Elle lui fit visiter son nouvel appartement, le mettant en garde trois fois contre la fenêtre de la salle de bain qui n'est pas facile à fermer. Attention aussi aux escaliers, qui devraient être sous peu réparés. Au moindre problème, le jeune homme peut descendre au rez-de-chaussée et passer par les cuisines pour requérir l'aide de la grand-mère.

Elle le laissa s'installer, promettant de repasser dans deux jours, pour prendre de ses nouvelles. Ce n'est pas tout. En fouillant dans les armoires et le réfrigérateur, Ismaël fut étonné de découvrir de nombreuses victuailles préparées en son honneur, dont un ou deux tupperwares rangés au frais. Et ce matin, vers huit heures, la propriétaire déposa sur le paillasson un panier en osier contenant des vêtements aimablement offerts par l'un de ses employés : des sous-vêtements, un pantalon un peu déchiré sur les jambes, et deux T-shirts, un noir et un blanc. Ils respiraient la lessive fraîche à plein nez, odeur particulièrement agréable pour le petit homme. Décidément, il l'adorait déjà et se jura de la remercier comme il se doit en temps voulu.

9h15. Pour le moment, il est à peine la mi-matinée. L’australien s'étire, et retourne à l'intérieur. Déposant sa tasse dans l'évier, il se dirige vers sa chambre. Il se déshabille, et entame une séance d'essayage. Sauf qu'un léger soucis vient perturber ce moment mode. Soit c'est trop grand, soit c'est trop petit. Les caleçons sont confortables, rien à redire sur ce point, mais son nouveau pantalon est coupé de travers. Serrés aux jambes, lâche à la taille. Une bonne paire de bretelles permettrait de régler le désagrément. Son choix se porte sur le haut noir, bien trop grand pour lui. Son ancien propriétaire doit être assez costaud. Heureusement que le petit homme possède de larges épaules, empêchant le tissu de lui donner un air de fantôme drapé. Le col retombe très bas, révélant les clavicules marquées de l'australien à l'air libre. Ce n'est pas très glamour, mais ça conviendra pour aujourd'hui.

Satisfait, Ismaël file à la douche, pour complètement se réveiller, prenant le soin de laver à deux reprises ses cheveux aurore. En ressortant, il enfile les habits choisis, et se rend compte d'un détail : pas de sèche-cheveux. Il soupire, amusé de sa bêtise, et tente tant bien que mal d'arranger sa chevelure avec ses mains. Il revient au salon, prêt à s'allonger sur le sofa pour réfléchir à sa journée, quand une ombre funeste apparaît dans son champ de vision. Là, derrière la vitre de la porte d'entrée, elle se manifeste. Ismaël ne bouge pas d'un pouce, fixant l'étrange forme bouger. Quelqu'un toque à la porte. Un visiteur ? Pas le temps d'aller voir, la silhouette file vers la sortie. Le petit homme attend un peu, puis d'un pas discret se rapproche de la poignée. Il l'ouvre et risque sa tête au dehors. Personne. Le visiteur impromptu a disparu. Au sol, jonche une enveloppe rosée. Ismaël s'en saisit, elle sent un parfum très entêtant. Il retourne pour la deuxième fois sur le sofa et déplie la lettre.

« Cher Ismaël,
J'ai ouï dire de ton arrivée au sein de notre magnifique et merveilleuse cité. Je ne peux point te rencontrer pour le moment, c'est pourquoi je t'envoie cette lettre afin de t'avertir d'un rendez-vous en ta faveur, organisé ce jour-même aux alentours de onze heures. Une jeune femme, le docteur Malleby, t'attendra dans son cabinet privé à l'adresse indiquée. Je t'invite à te rendre là-bas, c'est pour ton bien. Il va de soi que ce petit échange avec ma personne ne doit pas quitter les murs de ton appartement. Je te souhaite la bienvenue à Damned Town, et espère que tu trouveras en cette ville ce que tu recherches.  

Ton aimable serviteur,
L'Aboyeur »


Moment de réflexion s'impose. Qui est cet Aboyeur ? Comment connait-il son adresse ? Quelle est cette histoire de docteur et de cabinet ? Et cette dame Malleby, qui sait ce qu'elle est. Une personne normale aurait certainement pris cet écrit pour un piège. Cependant, la douce naïveté d'Ismaël le fais douter. Et un sentiment particulier le fais croire en les dires de cet homme mystérieux. Rien n'empêche d'aller vérifier. Qui voudrait du mal à une personne toute juste débarquée ? Il va falloir sur la question méditer.

10h. Son choix est murement réfléchi. Aidé par les petits gâteaux laissés par la vieille dame, le cerveau du petit homme a tranché au bénéfice du doute. Il va se rendre au rendez-vous. Les bonnes impressions laissées par les habitants rencontrés lui pousse à croire en la ville et ses secrets. Et puis, il doit rester lucide. Repensant à la secrétaire de la mairie, il ne peut cesser de se répéter que la raison de sa venue ici, son péché, comme appelé, doit être cette maladie qui l'accable. Alors avoir un médecin, bien qu'il ne soit pas très en paix avec eux, est peut-être nécessaire. Assez parlé. Ismaël est prêt, et quitte son domicile, prenant le soin de fermer derrière lui la porte d'entrée. Une nouvelle aventure débute.


10h30. Ismaël flâne dans les ruelles du centre-ville. Le chemin n'est pas très bien indiqué, pas facile de s'y retrouver. Il se perd entre les commerces, confondant les façades des immeubles. Son nez s'arrête devant chaque devanture, admirant les tenues présentées ou les produits mis en avant. S'il avait de quoi acheter, il se ferait une joie de dévaliser les boutiques. Depuis toujours, le shopping est un de ses passe-temps favoris. Il se souvient au moment des soldes, lorsqu'il trainait Eliakim dans les boutiques de la capitale économique du pays, afin de dénicher des bonnes affaires à bas prix. Il imagine, sur sa droite, le visage agacé de son ami, critiquant de ses yeux céruléens les manies excentriques du petit homme, et son sourire moqueur lui donner de faux conseils. Il reviendra dans ce quartier plus tard. D'abord, repérer les bonnes adresses, puis se représenter, paré et armé pour profiter du moment.

Il remonte lentement une grande artère commerçante, pour déboucher sur la place publique. Il s'en souvient très bien. Il était là hier, allongé sur les marches de la mairie. Il presse le pas pour retourner devant l'imposante bâtisse. Aucune trace de son passage de la veille. En se retournant, il contemple à nouveau la grandeur de la zone, plus peuplée à ce moment de la journée. Il interroge un passant sur la direction à emprunter, puis suit scrupuleusement les indications. Il fait de son mieux pour retenir les paysages croisés, mais sait très bien qu'ils seront oubliés dans un quart d'heure.

11h10. Ismaël n'a aucune idée de la temporalité actuelle, hormis un pressentiment étrange qui le persuade d'être en retard et de ne pas tarder. Au moins, ne pas arriver à l'heure permettra d'avoir un premier vis à vis avec les lieux, et de déceler un éventuel guet-apens. Très peu de temps plus tard, il est devant la porte du cabinet. La belle demeure est perdue au milieu de manoirs ravissants et de constructions dignes des palaces côtiers de Brisbane. Au loin, il est persuadé de voir le toit d'une gigantesque et imposante bâtisse, dont il se devra de voir de ses propres yeux.

Retour sur la porte. Un petit écriteau lui donne confirmation d'être au bon endroit. Reste à signaler sa présence ? Il ne sait comment agir. Doit-il frapper avant et entrer dans la salle d'attente ? Ou alors juste trouver une sonnette. Oui, c'est une bonne idée. Il fouine sur les pourtours de l'encadrement, ne trouve rien de tel. Rien de mieux, agir à l'instinct. Il donne deux coups dans la porte et croise dans son dos ses bras. Quelqu'un ne devrait pas tarder à ouvrir. Il replace ses cheveux roses pas complètement secs, pour recouvrir les bords de son visage, et laisser visible ses yeux chocolats. Il doit donner une drôle d'impression, avec son habillage approximatif et sa coupe délavée. Il vaudrait mieux ne pas choquer le docteur Malleby.

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MessageSujet: Re: How could it be ? - Ana × Ismaël Dim 24 Juin - 14:47

How could it beIsmaël Sylvette & Ana. R Malleby


Cela faisait plusieurs jours que l’Aboyeur avait déposé une lettre devant la porte de la jeune médecin.
Une lettre doucement parfumée qui avait fait éternué Narcisse plusieurs fois avant qu’Ana ne se décide à la lire.

Elle n’avait jamais entendu parler de ce personnage, mais après tout, elle venait d’arriver. Néanmoins, l’ange comprit tout de suite son importance et surtout l’importance de la lettre entre ses doigts fin : son premier patient.
Il était évident qu’elle acceptait de prendre en charge un jeune homme inconnue, c’est son job. Ana se saisit donc du cas et répondit à l’Aboyeur aussi rapidement que possible (le plus dure fut de trouver la poste), lui proposant de lui envoyer le jeune homme chez elle pour un rendez-vous définit à l’avance.

Et nous étions ce jour même.
Légèrement nerveuse, elle tournait en rond dans son herboristerie où elle avait enfermé, par précaution, son chaton. Les allergies au poil d’animaux sont fréquentes et sans avoir établie de diagnostique, elle ne peut se permettre de prendre aucun risque.

Ses mains se tordaient tant et si bien que sa bague de fiançailles lui faisait un mal de chien.
Mais il fallait ne rien laissait paraître devant son futur patient.
Ana avait revêtu sa blouse blanche, ouverte sur une tenue très claire : un haut assez lâche beige et un pantalon en tissus blanc. Les longs cheveux d’argents, accrochés en queue de cheval basse lui permettait de ne pas être gênée dans ses mouvements et dégager son visage fin.

Ana avait tout préparait.
Chaque outils à leur place, chaque bocaux plein et rangés par ordre alphabétique.
Oui tout était parfait, mais un doute subsistait toujours dans le coeur de la médecin : pourrait-elle aider ce garçon ?
L’Aboyeur était resté vague...aucune information sur la maladie si ce n’est la discrétion…
Et il y avait ce pressentiment, celui que l’on finit par reconnaître avec les années de pratique : ce qui allait arriver ne serai pas un cas simple et évident…
Ana allait devoir faire preuve de patience et surtout, elle allait devoir cherché bien plus loin que dans un cas normal…

L’horloge mural indiquait que le rendez-vous ne devrait plus tarder : 10H57…
Oh bien sûr, la jeune femme ne s’attendait pas à une ponctualité irréprochable : les humains...non, les êtres vivants ne sont pas parfait.

Ana prit une minute pour se concentrer, passer en revue les règles d’accompagnements d’un patient, les traitements possible selon les maladies, ses affaires…
Elle se sentait anxieuse, très anxieuse, mais bizarrement prête. Heureuse aussi, de pouvoir à nouveau pratiquer son art.
C’était une façon de prendre un peu plus ses marques dans cette ville.

L’aiguille de l’horloge en fonte venait de dépasser 11H15 : un retard acceptable quand on a un unique patient, pas si les malades s’entassent dans la salle d’attente.
Heureusement pour cet Ismaël, il avait l’attention complète de son nouveau médecin, en espérant qu’il acceptera docilement les examens et les traitements proposés.

Un bruit léger se fit entendre.
Narcisse dressa les oreilles vers la porte donnant sur la salle d’attente.
Ana sursauta un instant et prit le temps de regarder sa boule de poil sur le comptoir : le médecin était de retour, Ana était reléguée au second plan.

Derrière elle, la porte de son domaine de plante et de remède venait de claquer et son pas léger semblait résonner dans la petite salle blanche remplit de chaise en plastique noire.
Et devant elle, la porte dissimulant son premier patient : un patient spécial et expressément envoyé par le mystérieux Aboyeur. Mais sa main est ferme quand elle se pose sur la poignée pour ouvrir au garçon derrière. Le médecin a prit le dessus.

Ana ouvre la porte sur un jeune garçon plutôt chétif selon elle. L’ange lui donne à peine la vingtaine tout au plus, et encore… Un visage fin et pâle, des cheveux d’une couleur particulière...tout comme elle, bien que les cheveux du garçons doivent certainement leurs couleurs à une coloration toxique.

La jeune médecin s’écarte de la porte pour l’inviter à entrée.
Il a un peu de retard certes, mais sans plus, pas la peine de le relever devant lui. De plus qu’une première rencontre peu-être intimidante, pas comme elle…
Elle sourit gentiment à son nouveau patient. Après tout, il est comme les autres, pas la peine de s’inquiéter davantage.

« - Bienvenue à toi . Entre je t’en pris. »

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MessageSujet: Re: How could it be ? - Ana × Ismaël Lun 25 Juin - 19:24

How could it be ?As any doctor can tell you, the most crucial step toward healing is having the right diagnosis. If the disease is precisely identified, a good resolution is far more likely. Conversely, a bad diagnosis usually means a bad outcome, no matter how skilled the practician. ( Atmosphere → California - Grimes )11h15. Ismaël se tient droit, comme un mannequin de plâtre, juste au derrière de la porte du cabinet. Il patiente, impatiemment, avec une anxiété déformant les commissures de ses lèvres. Il n'ose se mouvoir d'un pouce, et préfère rester sagement immobile sur le perron. Il n'est pas tranquille. Revoir le visage asentimal d'un professionnel de santé se porter sur son corps chétif, sentir des mains froides parcourir ses tempes et son front. Il ressent à y bien penser des frissons. Peut-être est-il encore un peu tôt ? Il aurait du refuser le rendez-vous, il ne sera pas à l'aise. Il n'est absolument pas prêt.

Trop tard. La porte s'entrouvre doucement. Les prunelles chocolatées du petit homme se pose sur l’entrebâillement, prêtes à discerner toute personne se dessinant. Elles décrivent d'abord une blouse blanche ample, laissant libre des mains fines et opalines. De longs cheveux argentés réunis à l'aide d'un élastique se glissent autour d'un cou étroit. Puis le visage de la doctoresse se délimite. Des traits fins, féminins, encadrant une bouche rosâtre et un nez aplati, surmontés de deux iris azurs. Un fin tracé de maquillage semble agrémenter les contours du tableau. Ismaël penche légèrement la tête sur le côté : sa chevelure est d'une coloration uniforme parfaitement réalisée. Il en est subjugué. Son coiffeur est un véritable artiste. Il mérite une foule d’applaudissements. Recentrant son regard sur les paupières, le jeune australien s'incline respectueusement, et pénètre dans la salle d'attente. Tandis que la doctoresse referme la porte, il en profite pour discrètement remonter son pantalon tombant.

S'en suit un tour visuel des lieux. A droite, un sofa large occupe la longueur. Il est neuf, personne ne s'est encore assis à l'intérieur ? Des chaises en plastique noir s'alignent contre le mur de gauche. Sur une petite table basse, des tonnes de magasines s'empilent. En forçant sur sa vue, il ne peut reconnaitre aucun d'entre eux. Cependant, aux illustrations de première de couverture, il en devine le genre. Souvent, les médecins choisissent des journaux passe-partout pour convenir au plus grand nombre. Une salle d'attente n'est après tout point une bibliothèque. Il ne faudrait pas confondre. Souvent, des hebdomadaires automobiles côtoient des peoples croustillants, et des périodiques stéréotypés pour une clientèle féminine. Ismaël se sent nostalgique. Combien d'heure passées à lire et relire cette même presse dans une atmosphère médicale ? Il ne saurait dire. Pourtant, une impression étrange de déjà-boo l'enserre.

Il en oublie presque la présence silencieuse de la professionnelle. Le petit homme, embarrassé et intimidé, pivote  vers la doctoresse pour ne guère lui tourner le dos. Un sourire accueillant occupe sa bouche, et une aura d'apaisement se manifeste autour d'elle. Le premier contact est toujours le plus déterminant dans une relation de soin. Partir sur un mauvais ressenti peut ruiner toute tentative de guérison. Pour le jeune australien qui désormais toise d'un œil inquiet la blouse réglementaire, la sensation de première fois l'impacte sérieusement. Une forte appréhension dès le départ engendre des répercussions négatives sur la suite. Or, il est important de préciser qu'Ismaël n'éprouve pas de première impression sur une personne en particulier. Il ne se permet pas de juger les autres lorsqu'il ne les connait pas. Par contre, il en éprouve sur un titre. Un professeur, un médecin, un notaire, un journaliste, ce qu'Ismaël interprète est avant tout la profession devant l'être humain. Une bonne personne peut-être piètre médecin. Un affreux escroc peut se révéler coriace avocat. Dès lors, si une perception malaisée persiste envers une personne, le petit homme ne pourra vraiment être lui-même. Il ne sera qu'une pâle image de sa personne, projetée en avant pour distancer les deux interlocuteurs.

Et devinez quoi ? C'est exactement ce qu'il est en train de se produire. La doctoresse est trop sérieuse, trop professionnelle pour lui. Ce n'est peut-être qu'une façade, mais Ismaël le ressent comme une affirmation présente. Il ne se sent pas à sa place dans ce cabinet impersonnel, aux murs blancs comme les hôpitaux. Tout est froid, glacial dirait-il. Il manque de couleurs, de cadres, ou d'un il-ne-sait-quoi qui changerait radicalement l'air. Pour le moment, il doit se contenter de ça. Réalisant que depuis une longue minute, il ne prononce aucun mot, il s'incline légèrement à nouveau, puis se pousse à interrompre le calme planant.

Bonjour, je m'excuse pour mon retard. Je me suis un peu perdu dans la ville.

Ses coudes se plaquent contre ses côtes, et ses mains se joignent par nervosité au niveau de sa hanche. La pulpe de son pouce droit caresse l'ongle de celui de gauche. Marque distinctive d'un malaise canalisé au possible. Ismaël aimerait s'assoir, pour se faire plus petit. Il se doute cependant qu'il ne restera pas dans cette pièce un long moment. D'une minute à l'autre, il rejoindra la salle d’auscultation. Une boule se forme dans sa gorge, chassée par une déglutition forcée. Tout va bien se passer Ismaël, il ne faut pas s'inquiéter.

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MessageSujet: Re: How could it be ? - Ana × Ismaël Lun 9 Juil - 14:18

How could it beIsmaël Sylvette & Ana. R Malleby


Malgré tout l'enrobage professionnel qui la recouvre, Ana ne put s'empêcher de ressentir le malaise du jeune homme devant elle. Certainement l'appréhension bien connue de la rencontre avec le médecin, mais il n'y avait aucune raison d'être dans un état pareil.  
Il faut dire qu'elle aussi avait le trac : son premier patient venait de franchir le seuil de la porte et elle s'apprêtait à refaire des gestes qu'elle avait fait mille fois, mais qui pour la jeune femme sembleront être une grande première.

Le jeune homme s'inclina légèrement devant l'ange en blouse blanche et fini par rompre le silence qui tendait à s'installer entre eux. Ana fut pris au dépourvu un instant mais se ressaisit pour elle aussi, tenter d'approcher un peu plus son patient.  


" - Bonjour, je m'excuse pour mon retard. Je me suis un peu perdu dans la ville.  

-Ne vous en faites pas. Je suis nouvelle moi aussi et je sais à quel point il est dur de trouver une adresse dans ce labyrinthe, ou du moins, cela l'est pour moi"  


Ana lui ouvrit la porte de son cabinet de consultation, soit l'exact opposé de sa salle d'attente. Ici, rien n'était neuf...Que ce soit la table d'osculation en cuir qui commencée à craqueler sous le poids du temps et des patients, le bureau en pin dont les pieds disparates témoignés de nombreux rafistolages ou encore la vielle bibliothèque dans le fond de la pièce qui ne semblait plus pouvoir porter les lourds ouvrages de médecines en cuir, tout semblait avoir vécu de longues années déjà. Il régnait une odeur d'herbe fraîche, de cuir et de papier. Ainsi était l'univers du médecin.  
Ana aimait son cabinet, elle l'avait décoré avec les traces de son passé. Alors sur les murs, se battait les photos de sa vie sur Terre, des bocaux suspendus de fleurs séchés et des talismans de protections de sa mère. Tout, sauf Bai. Lui elle ne l'avait pas mis. Peut-être pas pudeur, peut être par douleur, mais il ne figurait nulle part. La seule preuve de son existence demeurait en un bracelet d'or à son poignet et une longue cicatrice sur son ventre.  
Une salle d'auscultation atypique qui lui avait valu plus d'une remarque au Paradis, mais un lieu qui lui convenait bien. Ici, elle pouvait parler franchement avec ses patients et ils pouvaient parler autant qu'ils voulaient eux aussi.  

Elle se tourna vers Ismaël qui avait timidement franchit le seuil de la porte derrière elle. Il était temps de se présenter à lui.

" -Bienvenue dans mon cabinet. Je m'appelle Ana Malleby, mais vous pouvez m'appeler Ana et me tutoyer, je n'ai aucun problème avec ça, je préfère d'ailleurs."

Ana prit le temps de marquer une pause pour donner un moment au jeune homme d'observer son environnement. Et lui permettre à elle de l'observer lui. Elle lui proposa un siège face au bureau et s'assit à côté de lui, mais suffisamment loin pour ne pas l'écraser "mentalement" dirions-nous. Elle n'aimait s'assoir de l'autre côté, en face, ça mettait une distance inutile. Son bureau était là pour faire les papiers et porter les dizaines de dossiers qui ne rentraient définitivement plus dans la bibliothèque.  

" -Je sais bien que cela n'est pas facile, mais avant même de faire un bilan très général de votre santé, j'aimerais que vous me parliez un peu de vous et de ce qui vous amènes ici. Dans tous les cas, ne craignez rien, ce qui est dit entre ces murs, reste entre ces murs."

Elle lui sourit gentiment et de son corps se dégage une aura de bienfaisance. Ana ne veut pas brusquer son jeune patient, bien au contraire. Mais s'il ne lui dit rien, elle ne pourra pas lui apporter son aide. La confiance n'est pas innée, elle se construit : c'est par là que tout doit commencer. Il ne suffit pas d'être un bon médecin pour faire un bon diagnostic, il faut que le patient collabore et fasse confiance. Un bon médecin sait alors comment créer cette confiance, pas à pas, avec son premier collaborateur : le malade.  

Pour la première fois de sa carrière, le médecin eu peur de ne pas y arriver, de ne pas réussir à atteindre le frêle garçon devant elle. Elle ne pouvait pas se permettre d'échouer, sinon, ce serai la preuve de son incompétence et elle ne se le pardonnerait jamais. Alors, Ana se jura intérieurement de tout donner pour aider l'adolescent assis sur la chaise recouverte de tissus devant son bureau. Peut-être son côté asiatique lui parlait-elle plus spécifiquement? Peut-être les traits doux et fin lui évoquaient ceux qu'elle imaginait à son propre enfant ? Peut-être sa maigreur et sa pâleur, ainsi qu'une couleur de cheveux atypique lui rappelait un peu elle-même ? Tant de question sans réponse, mais qui avait fait naître en elle, une nouvelle détermination.

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