How could it be ? - Ana × Ismaël

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MessageSujet: How could it be ? - Ana × Ismaël Lun 18 Juin - 18:37

How could it be ?As any doctor can tell you, the most crucial step toward healing is having the right diagnosis. If the disease is precisely identified, a good resolution is far more likely. Conversely, a bad diagnosis usually means a bad outcome, no matter how skilled the practician. ( Atmosphere → California - Grimes )9h00. Accoudé contre la rambarde de la terrasse, Ismaël déguste son lait chaud encore bouillant. Enroulé dans son plaid sable, il contemple les remous langoureux de l'écume, faisant s'échouer les vagues en caresse contre la plage. Le soleil est levé, et envahit de ses rayons le petit appartement du jeune homme. Il l'aime son nouveau logement. Il n'est pas très grand, mais suffisant pour lui. Douillet, et tranquille une fois la nuit tombée, il n'en faut pas plus au petit homme pour construire son monde. Il commence lentement à prendre ses marques, se trompant parfois de portes ou bien cherchant des heures durant son téléphone en vain. Il doit encore se faire à l'idée de sa présence à Damned Town, ville dont il ne connait rien d'autre que le nom et que sa plage.

Hier soir. Il s'est d'ailleurs promené sur les côtes, accompagné de la propriétaire du Cheval Blanc. Elle l'attendait, visiblement prévenue de son arrivée imminente. Une vieille dame, aux cheveux gris, ou blanc selon la luminosité, un peu recroquevillée sur son dos. Montrant une énergie étonnante pour son âge, sa chaleureuse bienveillance mit immédiatement Ismaël à l'aise. Elle parlait lentement, avec un accent européen inhabituel aux oreilles de l'australien. Elle lui demanda dans les premières secondes de l'appeler sa grand-mère, elle qui ne supportait pas les formalités. Tout naturellement, elle le considéra comme un petit fils, et lui apprit deux ou trois choses sur les environs. Elle lui fit visiter son nouvel appartement, le mettant en garde trois fois contre la fenêtre de la salle de bain qui n'est pas facile à fermer. Attention aussi aux escaliers, qui devraient être sous peu réparés. Au moindre problème, le jeune homme peut descendre au rez-de-chaussée et passer par les cuisines pour requérir l'aide de la grand-mère.

Elle le laissa s'installer, promettant de repasser dans deux jours, pour prendre de ses nouvelles. Ce n'est pas tout. En fouillant dans les armoires et le réfrigérateur, Ismaël fut étonné de découvrir de nombreuses victuailles préparées en son honneur, dont un ou deux tupperwares rangés au frais. Et ce matin, vers huit heures, la propriétaire déposa sur le paillasson un panier en osier contenant des vêtements aimablement offerts par l'un de ses employés : des sous-vêtements, un pantalon un peu déchiré sur les jambes, et deux T-shirts, un noir et un blanc. Ils respiraient la lessive fraîche à plein nez, odeur particulièrement agréable pour le petit homme. Décidément, il l'adorait déjà et se jura de la remercier comme il se doit en temps voulu.

9h15. Pour le moment, il est à peine la mi-matinée. L’australien s'étire, et retourne à l'intérieur. Déposant sa tasse dans l'évier, il se dirige vers sa chambre. Il se déshabille, et entame une séance d'essayage. Sauf qu'un léger soucis vient perturber ce moment mode. Soit c'est trop grand, soit c'est trop petit. Les caleçons sont confortables, rien à redire sur ce point, mais son nouveau pantalon est coupé de travers. Serrés aux jambes, lâche à la taille. Une bonne paire de bretelles permettrait de régler le désagrément. Son choix se porte sur le haut noir, bien trop grand pour lui. Son ancien propriétaire doit être assez costaud. Heureusement que le petit homme possède de larges épaules, empêchant le tissu de lui donner un air de fantôme drapé. Le col retombe très bas, révélant les clavicules marquées de l'australien à l'air libre. Ce n'est pas très glamour, mais ça conviendra pour aujourd'hui.

Satisfait, Ismaël file à la douche, pour complètement se réveiller, prenant le soin de laver à deux reprises ses cheveux aurore. En ressortant, il enfile les habits choisis, et se rend compte d'un détail : pas de sèche-cheveux. Il soupire, amusé de sa bêtise, et tente tant bien que mal d'arranger sa chevelure avec ses mains. Il revient au salon, prêt à s'allonger sur le sofa pour réfléchir à sa journée, quand une ombre funeste apparaît dans son champ de vision. Là, derrière la vitre de la porte d'entrée, elle se manifeste. Ismaël ne bouge pas d'un pouce, fixant l'étrange forme bouger. Quelqu'un toque à la porte. Un visiteur ? Pas le temps d'aller voir, la silhouette file vers la sortie. Le petit homme attend un peu, puis d'un pas discret se rapproche de la poignée. Il l'ouvre et risque sa tête au dehors. Personne. Le visiteur impromptu a disparu. Au sol, jonche une enveloppe rosée. Ismaël s'en saisit, elle sent un parfum très entêtant. Il retourne pour la deuxième fois sur le sofa et déplie la lettre.

« Cher Ismaël,
J'ai ouï dire de ton arrivée au sein de notre magnifique et merveilleuse cité. Je ne peux point te rencontrer pour le moment, c'est pourquoi je t'envoie cette lettre afin de t'avertir d'un rendez-vous en ta faveur, organisé ce jour-même aux alentours de onze heures. Une jeune femme, le docteur Malleby, t'attendra dans son cabinet privé à l'adresse indiquée. Je t'invite à te rendre là-bas, c'est pour ton bien. Il va de soi que ce petit échange avec ma personne ne doit pas quitter les murs de ton appartement. Je te souhaite la bienvenue à Damned Town, et espère que tu trouveras en cette ville ce que tu recherches.  

Ton aimable serviteur,
L'Aboyeur »


Moment de réflexion s'impose. Qui est cet Aboyeur ? Comment connait-il son adresse ? Quelle est cette histoire de docteur et de cabinet ? Et cette dame Malleby, qui sait ce qu'elle est. Une personne normale aurait certainement pris cet écrit pour un piège. Cependant, la douce naïveté d'Ismaël le fais douter. Et un sentiment particulier le fais croire en les dires de cet homme mystérieux. Rien n'empêche d'aller vérifier. Qui voudrait du mal à une personne toute juste débarquée ? Il va falloir sur la question méditer.

10h. Son choix est murement réfléchi. Aidé par les petits gâteaux laissés par la vieille dame, le cerveau du petit homme a tranché au bénéfice du doute. Il va se rendre au rendez-vous. Les bonnes impressions laissées par les habitants rencontrés lui pousse à croire en la ville et ses secrets. Et puis, il doit rester lucide. Repensant à la secrétaire de la mairie, il ne peut cesser de se répéter que la raison de sa venue ici, son péché, comme appelé, doit être cette maladie qui l'accable. Alors avoir un médecin, bien qu'il ne soit pas très en paix avec eux, est peut-être nécessaire. Assez parlé. Ismaël est prêt, et quitte son domicile, prenant le soin de fermer derrière lui la porte d'entrée. Une nouvelle aventure débute.


10h30. Ismaël flâne dans les ruelles du centre-ville. Le chemin n'est pas très bien indiqué, pas facile de s'y retrouver. Il se perd entre les commerces, confondant les façades des immeubles. Son nez s'arrête devant chaque devanture, admirant les tenues présentées ou les produits mis en avant. S'il avait de quoi acheter, il se ferait une joie de dévaliser les boutiques. Depuis toujours, le shopping est un de ses passe-temps favoris. Il se souvient au moment des soldes, lorsqu'il trainait Eliakim dans les boutiques de la capitale économique du pays, afin de dénicher des bonnes affaires à bas prix. Il imagine, sur sa droite, le visage agacé de son ami, critiquant de ses yeux céruléens les manies excentriques du petit homme, et son sourire moqueur lui donner de faux conseils. Il reviendra dans ce quartier plus tard. D'abord, repérer les bonnes adresses, puis se représenter, paré et armé pour profiter du moment.

Il remonte lentement une grande artère commerçante, pour déboucher sur la place publique. Il s'en souvient très bien. Il était là hier, allongé sur les marches de la mairie. Il presse le pas pour retourner devant l'imposante bâtisse. Aucune trace de son passage de la veille. En se retournant, il contemple à nouveau la grandeur de la zone, plus peuplée à ce moment de la journée. Il interroge un passant sur la direction à emprunter, puis suit scrupuleusement les indications. Il fait de son mieux pour retenir les paysages croisés, mais sait très bien qu'ils seront oubliés dans un quart d'heure.

11h10. Ismaël n'a aucune idée de la temporalité actuelle, hormis un pressentiment étrange qui le persuade d'être en retard et de ne pas tarder. Au moins, ne pas arriver à l'heure permettra d'avoir un premier vis à vis avec les lieux, et de déceler un éventuel guet-apens. Très peu de temps plus tard, il est devant la porte du cabinet. La belle demeure est perdue au milieu de manoirs ravissants et de constructions dignes des palaces côtiers de Brisbane. Au loin, il est persuadé de voir le toit d'une gigantesque et imposante bâtisse, dont il se devra de voir de ses propres yeux.

Retour sur la porte. Un petit écriteau lui donne confirmation d'être au bon endroit. Reste à signaler sa présence ? Il ne sait comment agir. Doit-il frapper avant et entrer dans la salle d'attente ? Ou alors juste trouver une sonnette. Oui, c'est une bonne idée. Il fouine sur les pourtours de l'encadrement, ne trouve rien de tel. Rien de mieux, agir à l'instinct. Il donne deux coups dans la porte et croise dans son dos ses bras. Quelqu'un ne devrait pas tarder à ouvrir. Il replace ses cheveux roses pas complètement secs, pour recouvrir les bords de son visage, et laisser visible ses yeux chocolats. Il doit donner une drôle d'impression, avec son habillage approximatif et sa coupe délavée. Il vaudrait mieux ne pas choquer le docteur Malleby.

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MessageSujet: Re: How could it be ? - Ana × Ismaël Dim 24 Juin - 14:47

How could it beIsmaël Sylvette & Ana. R Malleby


Cela faisait plusieurs jours que l’Aboyeur avait déposé une lettre devant la porte de la jeune médecin.
Une lettre doucement parfumée qui avait fait éternué Narcisse plusieurs fois avant qu’Ana ne se décide à la lire.

Elle n’avait jamais entendu parler de ce personnage, mais après tout, elle venait d’arriver. Néanmoins, l’ange comprit tout de suite son importance et surtout l’importance de la lettre entre ses doigts fin : son premier patient.
Il était évident qu’elle acceptait de prendre en charge un jeune homme inconnue, c’est son job. Ana se saisit donc du cas et répondit à l’Aboyeur aussi rapidement que possible (le plus dure fut de trouver la poste), lui proposant de lui envoyer le jeune homme chez elle pour un rendez-vous définit à l’avance.

Et nous étions ce jour même.
Légèrement nerveuse, elle tournait en rond dans son herboristerie où elle avait enfermé, par précaution, son chaton. Les allergies au poil d’animaux sont fréquentes et sans avoir établie de diagnostique, elle ne peut se permettre de prendre aucun risque.

Ses mains se tordaient tant et si bien que sa bague de fiançailles lui faisait un mal de chien.
Mais il fallait ne rien laissait paraître devant son futur patient.
Ana avait revêtu sa blouse blanche, ouverte sur une tenue très claire : un haut assez lâche beige et un pantalon en tissus blanc. Les longs cheveux d’argents, accrochés en queue de cheval basse lui permettait de ne pas être gênée dans ses mouvements et dégager son visage fin.

Ana avait tout préparait.
Chaque outils à leur place, chaque bocaux plein et rangés par ordre alphabétique.
Oui tout était parfait, mais un doute subsistait toujours dans le coeur de la médecin : pourrait-elle aider ce garçon ?
L’Aboyeur était resté vague...aucune information sur la maladie si ce n’est la discrétion…
Et il y avait ce pressentiment, celui que l’on finit par reconnaître avec les années de pratique : ce qui allait arriver ne serai pas un cas simple et évident…
Ana allait devoir faire preuve de patience et surtout, elle allait devoir cherché bien plus loin que dans un cas normal…

L’horloge mural indiquait que le rendez-vous ne devrait plus tarder : 10H57…
Oh bien sûr, la jeune femme ne s’attendait pas à une ponctualité irréprochable : les humains...non, les êtres vivants ne sont pas parfait.

Ana prit une minute pour se concentrer, passer en revue les règles d’accompagnements d’un patient, les traitements possible selon les maladies, ses affaires…
Elle se sentait anxieuse, très anxieuse, mais bizarrement prête. Heureuse aussi, de pouvoir à nouveau pratiquer son art.
C’était une façon de prendre un peu plus ses marques dans cette ville.

L’aiguille de l’horloge en fonte venait de dépasser 11H15 : un retard acceptable quand on a un unique patient, pas si les malades s’entassent dans la salle d’attente.
Heureusement pour cet Ismaël, il avait l’attention complète de son nouveau médecin, en espérant qu’il acceptera docilement les examens et les traitements proposés.

Un bruit léger se fit entendre.
Narcisse dressa les oreilles vers la porte donnant sur la salle d’attente.
Ana sursauta un instant et prit le temps de regarder sa boule de poil sur le comptoir : le médecin était de retour, Ana était reléguée au second plan.

Derrière elle, la porte de son domaine de plante et de remède venait de claquer et son pas léger semblait résonner dans la petite salle blanche remplit de chaise en plastique noire.
Et devant elle, la porte dissimulant son premier patient : un patient spécial et expressément envoyé par le mystérieux Aboyeur. Mais sa main est ferme quand elle se pose sur la poignée pour ouvrir au garçon derrière. Le médecin a prit le dessus.

Ana ouvre la porte sur un jeune garçon plutôt chétif selon elle. L’ange lui donne à peine la vingtaine tout au plus, et encore… Un visage fin et pâle, des cheveux d’une couleur particulière...tout comme elle, bien que les cheveux du garçons doivent certainement leurs couleurs à une coloration toxique.

La jeune médecin s’écarte de la porte pour l’inviter à entrée.
Il a un peu de retard certes, mais sans plus, pas la peine de le relever devant lui. De plus qu’une première rencontre peu-être intimidante, pas comme elle…
Elle sourit gentiment à son nouveau patient. Après tout, il est comme les autres, pas la peine de s’inquiéter davantage.

« - Bienvenue à toi . Entre je t’en pris. »

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MessageSujet: Re: How could it be ? - Ana × Ismaël Lun 25 Juin - 19:24

How could it be ?As any doctor can tell you, the most crucial step toward healing is having the right diagnosis. If the disease is precisely identified, a good resolution is far more likely. Conversely, a bad diagnosis usually means a bad outcome, no matter how skilled the practician. ( Atmosphere → California - Grimes )11h15. Ismaël se tient droit, comme un mannequin de plâtre, juste au derrière de la porte du cabinet. Il patiente, impatiemment, avec une anxiété déformant les commissures de ses lèvres. Il n'ose se mouvoir d'un pouce, et préfère rester sagement immobile sur le perron. Il n'est pas tranquille. Revoir le visage asentimal d'un professionnel de santé se porter sur son corps chétif, sentir des mains froides parcourir ses tempes et son front. Il ressent à y bien penser des frissons. Peut-être est-il encore un peu tôt ? Il aurait du refuser le rendez-vous, il ne sera pas à l'aise. Il n'est absolument pas prêt.

Trop tard. La porte s'entrouvre doucement. Les prunelles chocolatées du petit homme se pose sur l’entrebâillement, prêtes à discerner toute personne se dessinant. Elles décrivent d'abord une blouse blanche ample, laissant libre des mains fines et opalines. De longs cheveux argentés réunis à l'aide d'un élastique se glissent autour d'un cou étroit. Puis le visage de la doctoresse se délimite. Des traits fins, féminins, encadrant une bouche rosâtre et un nez aplati, surmontés de deux iris azurs. Un fin tracé de maquillage semble agrémenter les contours du tableau. Ismaël penche légèrement la tête sur le côté : sa chevelure est d'une coloration uniforme parfaitement réalisée. Il en est subjugué. Son coiffeur est un véritable artiste. Il mérite une foule d’applaudissements. Recentrant son regard sur les paupières, le jeune australien s'incline respectueusement, et pénètre dans la salle d'attente. Tandis que la doctoresse referme la porte, il en profite pour discrètement remonter son pantalon tombant.

S'en suit un tour visuel des lieux. A droite, un sofa large occupe la longueur. Il est neuf, personne ne s'est encore assis à l'intérieur ? Des chaises en plastique noir s'alignent contre le mur de gauche. Sur une petite table basse, des tonnes de magasines s'empilent. En forçant sur sa vue, il ne peut reconnaitre aucun d'entre eux. Cependant, aux illustrations de première de couverture, il en devine le genre. Souvent, les médecins choisissent des journaux passe-partout pour convenir au plus grand nombre. Une salle d'attente n'est après tout point une bibliothèque. Il ne faudrait pas confondre. Souvent, des hebdomadaires automobiles côtoient des peoples croustillants, et des périodiques stéréotypés pour une clientèle féminine. Ismaël se sent nostalgique. Combien d'heure passées à lire et relire cette même presse dans une atmosphère médicale ? Il ne saurait dire. Pourtant, une impression étrange de déjà-boo l'enserre.

Il en oublie presque la présence silencieuse de la professionnelle. Le petit homme, embarrassé et intimidé, pivote  vers la doctoresse pour ne guère lui tourner le dos. Un sourire accueillant occupe sa bouche, et une aura d'apaisement se manifeste autour d'elle. Le premier contact est toujours le plus déterminant dans une relation de soin. Partir sur un mauvais ressenti peut ruiner toute tentative de guérison. Pour le jeune australien qui désormais toise d'un œil inquiet la blouse réglementaire, la sensation de première fois l'impacte sérieusement. Une forte appréhension dès le départ engendre des répercussions négatives sur la suite. Or, il est important de préciser qu'Ismaël n'éprouve pas de première impression sur une personne en particulier. Il ne se permet pas de juger les autres lorsqu'il ne les connait pas. Par contre, il en éprouve sur un titre. Un professeur, un médecin, un notaire, un journaliste, ce qu'Ismaël interprète est avant tout la profession devant l'être humain. Une bonne personne peut-être piètre médecin. Un affreux escroc peut se révéler coriace avocat. Dès lors, si une perception malaisée persiste envers une personne, le petit homme ne pourra vraiment être lui-même. Il ne sera qu'une pâle image de sa personne, projetée en avant pour distancer les deux interlocuteurs.

Et devinez quoi ? C'est exactement ce qu'il est en train de se produire. La doctoresse est trop sérieuse, trop professionnelle pour lui. Ce n'est peut-être qu'une façade, mais Ismaël le ressent comme une affirmation présente. Il ne se sent pas à sa place dans ce cabinet impersonnel, aux murs blancs comme les hôpitaux. Tout est froid, glacial dirait-il. Il manque de couleurs, de cadres, ou d'un il-ne-sait-quoi qui changerait radicalement l'air. Pour le moment, il doit se contenter de ça. Réalisant que depuis une longue minute, il ne prononce aucun mot, il s'incline légèrement à nouveau, puis se pousse à interrompre le calme planant.

Bonjour, je m'excuse pour mon retard. Je me suis un peu perdu dans la ville.

Ses coudes se plaquent contre ses côtes, et ses mains se joignent par nervosité au niveau de sa hanche. La pulpe de son pouce droit caresse l'ongle de celui de gauche. Marque distinctive d'un malaise canalisé au possible. Ismaël aimerait s'assoir, pour se faire plus petit. Il se doute cependant qu'il ne restera pas dans cette pièce un long moment. D'une minute à l'autre, il rejoindra la salle d’auscultation. Une boule se forme dans sa gorge, chassée par une déglutition forcée. Tout va bien se passer Ismaël, il ne faut pas s'inquiéter.

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MessageSujet: Re: How could it be ? - Ana × Ismaël Lun 9 Juil - 14:18

How could it beIsmaël Sylvette & Ana. R Malleby


Malgré tout l'enrobage professionnel qui la recouvre, Ana ne put s'empêcher de ressentir le malaise du jeune homme devant elle. Certainement l'appréhension bien connue de la rencontre avec le médecin, mais il n'y avait aucune raison d'être dans un état pareil.  
Il faut dire qu'elle aussi avait le trac : son premier patient venait de franchir le seuil de la porte et elle s'apprêtait à refaire des gestes qu'elle avait fait mille fois, mais qui pour la jeune femme sembleront être une grande première.

Le jeune homme s'inclina légèrement devant l'ange en blouse blanche et fini par rompre le silence qui tendait à s'installer entre eux. Ana fut pris au dépourvu un instant mais se ressaisit pour elle aussi, tenter d'approcher un peu plus son patient.  


" - Bonjour, je m'excuse pour mon retard. Je me suis un peu perdu dans la ville.  

-Ne vous en faites pas. Je suis nouvelle moi aussi et je sais à quel point il est dur de trouver une adresse dans ce labyrinthe, ou du moins, cela l'est pour moi"  


Ana lui ouvrit la porte de son cabinet de consultation, soit l'exact opposé de sa salle d'attente. Ici, rien n'était neuf...Que ce soit la table d'osculation en cuir qui commencée à craqueler sous le poids du temps et des patients, le bureau en pin dont les pieds disparates témoignés de nombreux rafistolages ou encore la vielle bibliothèque dans le fond de la pièce qui ne semblait plus pouvoir porter les lourds ouvrages de médecines en cuir, tout semblait avoir vécu de longues années déjà. Il régnait une odeur d'herbe fraîche, de cuir et de papier. Ainsi était l'univers du médecin.  
Ana aimait son cabinet, elle l'avait décoré avec les traces de son passé. Alors sur les murs, se battait les photos de sa vie sur Terre, des bocaux suspendus de fleurs séchés et des talismans de protections de sa mère. Tout, sauf Bai. Lui elle ne l'avait pas mis. Peut-être pas pudeur, peut être par douleur, mais il ne figurait nulle part. La seule preuve de son existence demeurait en un bracelet d'or à son poignet et une longue cicatrice sur son ventre.  
Une salle d'auscultation atypique qui lui avait valu plus d'une remarque au Paradis, mais un lieu qui lui convenait bien. Ici, elle pouvait parler franchement avec ses patients et ils pouvaient parler autant qu'ils voulaient eux aussi.  

Elle se tourna vers Ismaël qui avait timidement franchit le seuil de la porte derrière elle. Il était temps de se présenter à lui.

" -Bienvenue dans mon cabinet. Je m'appelle Ana Malleby, mais vous pouvez m'appeler Ana et me tutoyer, je n'ai aucun problème avec ça, je préfère d'ailleurs."

Ana prit le temps de marquer une pause pour donner un moment au jeune homme d'observer son environnement. Et lui permettre à elle de l'observer lui. Elle lui proposa un siège face au bureau et s'assit à côté de lui, mais suffisamment loin pour ne pas l'écraser "mentalement" dirions-nous. Elle n'aimait s'assoir de l'autre côté, en face, ça mettait une distance inutile. Son bureau était là pour faire les papiers et porter les dizaines de dossiers qui ne rentraient définitivement plus dans la bibliothèque.  

" -Je sais bien que cela n'est pas facile, mais avant même de faire un bilan très général de votre santé, j'aimerais que vous me parliez un peu de vous et de ce qui vous amènes ici. Dans tous les cas, ne craignez rien, ce qui est dit entre ces murs, reste entre ces murs."

Elle lui sourit gentiment et de son corps se dégage une aura de bienfaisance. Ana ne veut pas brusquer son jeune patient, bien au contraire. Mais s'il ne lui dit rien, elle ne pourra pas lui apporter son aide. La confiance n'est pas innée, elle se construit : c'est par là que tout doit commencer. Il ne suffit pas d'être un bon médecin pour faire un bon diagnostic, il faut que le patient collabore et fasse confiance. Un bon médecin sait alors comment créer cette confiance, pas à pas, avec son premier collaborateur : le malade.  

Pour la première fois de sa carrière, le médecin eu peur de ne pas y arriver, de ne pas réussir à atteindre le frêle garçon devant elle. Elle ne pouvait pas se permettre d'échouer, sinon, ce serai la preuve de son incompétence et elle ne se le pardonnerait jamais. Alors, Ana se jura intérieurement de tout donner pour aider l'adolescent assis sur la chaise recouverte de tissus devant son bureau. Peut-être son côté asiatique lui parlait-elle plus spécifiquement? Peut-être les traits doux et fin lui évoquaient ceux qu'elle imaginait à son propre enfant ? Peut-être sa maigreur et sa pâleur, ainsi qu'une couleur de cheveux atypique lui rappelait un peu elle-même ? Tant de question sans réponse, mais qui avait fait naître en elle, une nouvelle détermination.

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MessageSujet: Re: How could it be ? - Ana × Ismaël Mer 25 Juil - 19:10

How could it be ?As any doctor can tell you, the most crucial step toward healing is having the right diagnosis. If the disease is precisely identified, a good resolution is far more likely. Conversely, a bad diagnosis usually means a bad outcome, no matter how skilled the practician. ( Atmosphere → California - Grimes )11h18. Un léger courant d’air se glisse entre les plis des vêtements du petit homme. Il provient de l’entrée, certainement un défaut d’isolation. Il ne frissonne pas, trop concentré sur l’impression laissée par la doctoresse. Sa gentillesse l’honore, et le jeune australien apprécie la douceur dont elle fait preuve envers lui. Sa voix claire et calme atténue en partie l’immense pression imposée par la blouse, attirail qu’Ismaël ne peut se résoudre à supporter. Un trop plein de mauvais souvenirs lui sont rappelés.

Docilement, il poursuit sur les pas de la dame, pour pénétrer dans la pièce attenante, certainement le cabinet de consultation. Il ne peut s’empêcher de sourire nerveusement devant la confidence : oui, la ville est si immense qu’il serait aisé de perdre sa route. Mais face à la beauté intemporelle des bâtiments, à la chaleur dégagée des habitants, et à la caresse du soleil sur les arrêtes des ruelles, le petit homme n’est pas inquiété. Au contraire, cet aspect labyrinthique procure en lui une impression d’infini grisante, à en faire tourner la tête.

Il pose un pied dans la salle suivante. Changement de pièce, changement d’atmosphère. Le contraste inattendu donne le vertige : l’équilibriste du haut de son fil tangue vers le sol. Le jeune australien plaque sa main contre le mur pour ne pas perdre pied. Rien n’est identique, ou presque. Dans cette deuxième assistance, il fait beaucoup plus chaud. Même choix de tapisserie, même choix de motif au sol, à une exception : un tout autre ressenti inonde le cabinet.

Ismaël avance de quelques centimètres, puis reste debout, observant de son regard indiscret et curieux les recoins de l’enceinte. Devant lui, un bureau en sapin, ou en hêtre il ne saurait dire, tient en équilibre sur quatre pieds. Ils sont inégaux, affabulés de scotch, de clous et de planches. La console occupe un volume important. Sur son côté droit, la pièce s’étend en longueur. Elle est peu meublée, afin de laisser un espace suffisant au passage de la doctoresse. Contre le mur prolongeant sa perspective, le petit homme découvre des rangées d’étagères alignées en procession. Sur une bibliothèque, quantité d’ouvrages se succèdent. Ismaël plisse les yeux : il parvient à déchiffrer un ou deux titres, dans une langue qu’il ne comprend pas. Les bibles médicales s’assemblent mais ne se ressemblent pas. Ses iris chocolat dessinent le pourtour des premières de couverture, admirant sans vergogne l’ancienneté religieuse des manuels. Ce doit être passionnant de feuilleter ces milliers de pages.

Quittant de vue les étagères, les prunelles de l’australien se concentrent sur la tapisserie parsemée de photographies. Des clichés uniques, témoins d’une vie entière. Quel âge peut avoir le docteur Malleby ? Elle semble si jeune, et pourtant si riche de souvenirs. Sans faire attention, la tête du jeune homme percute un bocal en plastique suspendu au plafond. Il porte sa main auprès de sa chevelure, constatant une absence d’hématome, puis lève les yeux. Le récipient contient des fleurs séchées, légèrement jaunies par le manque d’hydratation.

Ismaël déglutit, puis recroise l’expression de la professionnelle. Soudain il se souvient, et s’assoit sans attendre sur la chaise de gauche. Il inspire profondément. Des senteurs l’assaillent de toute part. Une fragrance boisée rafraîchissante se mêle à l’amertume de la colle et du cuir. En arrière-goût, un délicat arôme sylvestre titille les cornets. Le parfum final est chaleureux, bien qu’oppressant. Le cabinet de la doctoresse vit à travers lui, exprimant son entière singularité. Le petit homme se sent étranger. Il a la désagréable impression de souiller de sa présence un sanctuaire personnel d’harmonie.

Son anxiété se traduit au creux de ses poumons. Sa respiration incomplète et le parfum entêtant de la pièce lui donnent mal à la tête. Ne laissant rien paraître de son malaise, il écoute et retient la recommandation de la doctoresse. Pour lui, tutoyer un inconnu, bien que moins âgé, est une marque d’irrespect qu’il n’oserait sans permission. Enregistrant la volonté de familiarité, il efface de ses idées le pronom respectueux. Il ne faut plus se tromper. Le jeune australien observe sans un mot la dame venir emprunter pour siège la place à sa droite. D’un réflexe presque mécanique, il s’enfonce en direction du dossier, ajoutant un ou deux millimètres de distance avec elle.  

Je sais bien que cela n'est pas facile, mais avant même de faire un bilan très général de votre santé, j'aimerais que vous me parliez un peu de vous et de ce qui vous amène ici.

Un froissement échappe au jeune homme, de nature réservée. Parler de lui n’est pas naturel, il ne maîtrise pas l’art de l’autobiographie. Souvent, lorsqu’il s’agit de conter son quotidien ou ses passions, il se contente des plus grandes lignes, et d’une légère anecdote récente, pour détourner la conversation. Déjà au jardin d’enfant, ses tendances renfermées étaient de mise. Lorsque la maîtresse demandait à chacun de se décrire à son tour, le petit homme se hâtait d’expédier sa fiche de présentation orale pour retourner s’asseoir. Avec le temps, il se demande encore s’il ne sait pas quoi dire, ou bien s’il n’a rien à dire. Une des nombreuses questions sans réponses, flottant dans l’esprit brumeux d’Ismaël.

Sa main gauche vient soulever ses cheveux aurore pour les replacer sur son visage. Les pointes rosées chatouillent de leurs extrémités les longs cils du jeune homme. Il se sent à l’abri, derrière sa chevelure. Ses phalanges se referment, pour attraper et maintenir contre sa peau le tissus des manches. Puis à nouveau, il change de position sur son assise, courbant un peu son dos pour poser les genoux sur ses cuisses. S’il était seul, il ramènerait ses genoux à son visage, et s’installerait de travers. Que dirait la médecin devant tel comportement ? Il se contrôle, tout en se répétant la question posée trente secondes plus tôt. Il s’interroge, concernant la raison de sa venue en cette ville, remarque émise par la secrétaire à la mairie. Lui non plus, il n’en sait rien.

Devant l’impatience dissimulée de son interlocutrice, Ismaël hésite. Il déteste parler le premier, se confesser le premier. Malgré les années, l’impression de devenir une poupée de porcelaine pour des professionnels asentimentaux n’évolue pas. Il n’est pas à l’aise, il veut rentrer chez lui. Une envie dévorante de mentir lui ronge les lèvres. Que gagnerait-il ? Ses yeux nuageux se posent une dernière fois sur la blouse blanchâtre, puis sur le visage inquiet de la doctoresse. Il se fait attendre, il rend plus complexe une situation délicate. Prenant sur lui-même, il acquiesce enfin des yeux.

Je me nomme Ismaël, Ismaël Haneul Sylwette. Je viens d’avoir vingt et un ans. Je suis né en Australie. Aujourd’hui, j’habite dans cette ville, près de la plage. Je ne sais ni comment, ni pourquoi je suis arrivé ici.

Il marque une pause entre les propositions. Sa description est sommaire, c’est déjà beaucoup pour lui. Il est à noter que le petit homme prend soin de prononcer son acronyme coréen avec l’accent de Taegu, par hommage envers ses racines. Il retourne ensuite se réfugier dans le silence, scrutant de ses prunelles cacaotées le comportement de la dame. Très sensible aux émotions dégagées, il partage son anxiété avec elle. Une vague impression lui chatouille l’encéphale : pourvu qu’elle ne soit pas comme les autres. C’est la dernière chance qu’il s’accorde. Il ne fera plus confiance à aucun médecin après elle.
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MessageSujet: Re: How could it be ? - Ana × Ismaël Mar 7 Aoû - 18:23

How could it beIsmaël Sylvette & Ana. R Malleby


« Je me nomme Ismaël, Ismaël Haneul Sylwette. Je viens d’avoir vingt et un ans. Je suis né en Australie. Aujourd’hui, j’habite dans cette ville, près de la plage. Je ne sais ni comment, ni pourquoi je suis arrivé ici. »

Ana prend un note mentale sur ses informations qu’elle retranscrira plus tard sur papier, histoire de ne rien oublier et se retient d’expliquer la raison de l’arrivée du jeune homme...D’ailleurs, ce serai une bonne chose qu’elle le sache. Les humains sont là pour expier quelque chose de grave, mais lui, qu’a t-il fait ? Son visage innocent ne permet pas de l’imaginer commettre un meurtre, un vol,…
Peut importe, on ne juge pas un livre sur sa couverture.

La jeune femme tente de continuer la discussion. Des sujets banals, mais on ne rentre pas dans la vie d’un homme comme ça. Encore moins quand la personne en question ne semble pas vouloir ou plutôt se méfie ainsi.

« - L’Australie ? C’est un beau pays ? J’ai beau avoir vécu assez prés du continent, je n’y suis jamais allée. » 

C’est vrai en même temps, elle a vécu du côté de Shanghai pendant des années sans jamais bouger dans le Pacifique. Sans trop savoir pourquoi d’ailleurs. Avait-elle trop de travail ? Etait-ce par peur ou manque de curiosité? Aucune idée, cela la ferai presque rire.

La médecin écoute le jeune homme, toujours dans le calme et la patience. Elle ne concevait pas la relation avec les autres autrement. L’ange en profite pour discrètement l’observer.
C’est un garçon presque maigre et très pâle qui lui fait face, à vue de nez elle le dirait carencé. Mais ce qui attire son attention, ce qui la fait tiquer est la sensibilité du jeune homme. Il semble encaisser chaque émotion de son interlocuteur et reste sur la défensive. Il y a une tension en lui, une angoisse. Peut-être est ce là la raison de son envoie dans son cabinet.
C’est un peu déstabilisant, Ana n’est que médecin, les maladies mentales bien sûr qu’elle les connaît, mais ce n’est pas pour autant qu’elle va réussir à l’aider.

Le silence ce fait à nouveau.
Mais pas question de laisser le malaise entre eux. Ana se lève et se rend dans son laboratoire attenant au bureau tout en laissant la porte ouverte. Ainsi dans le champs de vision de son patient, elle récupère une théière sur le feu et deux tasses.
Il faut savoir prendre le temps et elle veut aider les langues à se délier.

Une fois revenue à sa place, elle se sert et propose à Ismaël une tasse. Il fera ce que bon lui semble, si il a soif, il pourra boire.
Ana commence à parler. La personne en face d’elle semble bien timide, elle doit donc elle pousser un peu la discussion à se faire.

La médecine se n’est pas que regarder le bon fonctionnement d’un corps, c’est aussi observer le bon fonctionnement de l’esprit pour comprendre la mécanique intime de chacun.
Il faut donc savoir à qui on a à faire et montrer qui l’on est.

« - Je viens de Shanghai ou du moins j’ai étudié là bas longtemps. Vous y êtes déjà allé ? C’est une belle ville, grande et active. »

Elle prend le temps de prendre une nouvelle gorgée de thé et passe sur le regard lunaire d’Ismaël. Ce jeune homme semble être hors du temps et de l’espace. Un bout de vie qui ne répond pas au loi de la gravité terrestre, il est loin, il est seul, mais il a l’air de ne pas vouloir en revenir.  

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MessageSujet: Re: How could it be ? - Ana × Ismaël Lun 27 Aoû - 17:55

How could it be ?As any doctor can tell you, the most crucial step toward healing is having the right diagnosis. If the disease is precisely identified, a good resolution is far more likely. Conversely, a bad diagnosis usually means a bad outcome, no matter how skilled the practician. ( Atmosphere → California - Grimes )11h25. Au dehors, des gazouillis marquent le passage d’oiseaux au plus proche du cabinet. Comme une famille, avec une mère protectrice, et des enfants oisillons devant tout apprendre de la vie. L’atmosphère se réchauffe, le soleil approche de son zénith, il va bientôt être midi. Le petit homme donnerait tout pour observer ces volatiles, ou juste pour contempler le trajet des rayons lumineux depuis l’extérieur. Il manque à ce cabinet de consultation une fenêtre, une porte vers ailleurs. Ismaël se sent piégé, enfermé là où il ne désire déjà plus rester. Il rêve d’un tout petit coin de ciel, pour y perdre son regard, et rejoindre les nuages en secret. Mais il ne peut plus se défiler, il doit intérioriser une fois de plus ses angoisses et ses peurs, juste pour qu’un autre professionnel porte sur lui le terrible jugement médical.

D’ailleurs, en déviant le regard, il la remarque. La doctoresse Malleby le détaille sous toutes ses coutures. Il se sent mis à nu. Petit enfant pudique, la sensation d’être scruté et d’en chercher ses défaillances le met mal à l’aise. Tel un artiste de spectacle sans représentation. Seul, au milieu de la scène, projecteurs braqués sur lui. Le jeune australien reste immobile, et continue de parcourir le cabinet de son regard praliné. Il n’avait pas remarqué cette étagère en bois fin, juste au fond de la pièce. Que peut-elle abriter ? Instruments de diagnostic, produits magiques ou encore livres ésotériques. Une part de lui préfère ne pas savoir. Les outils de torture sont bien mieux cachés loin des patients.

L’Australie ? C’est un beau pays ? J’ai beau avoir vécu assez prés du continent, je n’y suis jamais allée.

Un sourire nerveux crispe ses lèvres, comme une tentative désespérée de son esprit pour le détendre. Le médecin engage la conversation, avant tout pour rassurer le jeune homme. S’intéresse-t-elle vraiment à ses réponses, ou bien cherche-t-elle à meubler un silence pesant ? Il les connaît bien, les experts de la rhétorique, qui n’écoutent que d’une oreille le dialogue et effectuent simultanément des gestes devenus mécaniques. Avec le temps, c’est comme si les cliniciens perdaient leur sens du contact. Le travail rend-il à ce point fou ?  

La question posée auparavant est restée sans réponse de la part du petit homme. Il mordille ses lèvres, pour s’empêcher de s’arracher la peau de ses doigts. Intérieurement, il n’est pas serein. Il retourne dans sa tête plusieurs fois sa réponse, cherchant la meilleure combinaison de mots possible à offrir à son interlocutrice. L’Australie, le berceau de sa jeunesse. Là où il a grandis, là où vivait aussi Eliakim. Un instant, une vague de nostalgie le porte. Des images de son enfance se mêlent à ses souvenirs, et reparaissent devant ses yeux. Après tout, il n’est plus de son monde depuis seulement deux jours, son « ancienne » vie, comme il se doit de la qualifier, n’est point éloignée derrière lui. Tout est encore frais, autant les odeurs de lessive de sa mère, que les traits du visage de son meilleur ami.

Il pense, et rejoue un moment immortalisé. Il surgit de son encéphale tel un vieux démon, venant d’on ne sait où, et qui sera oublié dans à peine un instant :
Ismaël est assis dans un siège, il tient la main à son ami. Sa maman est présente, et lui caresse les cheveux. A gauche, une infirmière équipe sa seringue d’une mèche fine et s’approche. Une prise de sang de routine. Aïe, ça pique un peu. Un petit pansement bleu ciel sur la plaie, et une brique de jus d’orange plus tard, il peut repartir jouer dehors.

Pourquoi maintenant ? Un frisson parcourt son corps. Comme le temps s’écoule vite. Replongeant ses prunelles chocolatées dans celles argentées de la doctoresse, il avale sa salive, puis se pousse enfin à dire quelque chose.

Là d’où je viens, trois fois par an, la plage brille de milles éclats. On raconte que des anges invisibles viennent festoyer au bord de l’eau, et que la blancheur de leurs ailes se reflète dans les grains de sable. Pour moi, la plage de Newcastle est la plus belle du monde.

Il ne sait pas vraiment ce qui lui prend de raconter cette vieille légende. C’est une histoire à dormir debout, issue des nombreuses que lui racontait Eliakim le samedi soir. Les inventait-il ? Il n’aura probablement jamais la réponse. Mais parler de son passé, et ouvrir son cœur le temps d’une réplique lui fait du bien.

Un silence respectueux s’installe, quand soudain la généraliste se lève, pour quitter la pièce. Elle s’engouffre dans une autre, oubliant de refermer la porte derrière-elle. Ismaël se penche, et un sifflement aigu lui parvient. Un parfum d’herbes séchées mélangées envahit le cabinet. Il reconnaît à travers l’encadrement de la porte des plantes en pagaille, disposées où la place le permet encore. Quelque chose de féerique se dégage de cette troisième salle. Et la tendance curieuse du petit homme lui donne envie d’aller explorer. Trop tard, la médecin est de retour, deux tasses de thé à la main. Ismaël se repositionne droit sur sa chaise, ne voulant donner l’image d’un voyeur indiscret. Et suit du regard le récipient de porcelaine venir se poser sur le bureau proche de lui. Deux tasses, une est pour lui ? Il remercie, et attrape du bout des phalanges l’anse pour tirer à lui la boisson. Une douce fragrance florale pénètre ses narines, et la chaleur de la vapeur le réchauffe. C’est apaisant. Dommage qu’il ne puisse rien avaler, la décoction semble délicieuse. Il n’aime pas le thé de toute façon, mais il se serait forcé pour ne pas décevoir son hôte. Hôte envers laquelle il éprouve désormais un début de respect. Sa gentille attention le touche, elle s’intéresse peut-être vraiment à lui ?

Je viens de Shanghai ou du moins j’ai étudié là bas longtemps. Vous y êtes déjà allé ? C’est une belle ville, grande et active.

Être vouvoyé, une surprise qui laisse encore le petit homme confus. Il n’est pas habitué à une telle marque de respect venant de professionnels de santé. En général, il se faisait tutoyer. Peut-être que maintenant devenu adulte, le passage est naturel. Ou bien est-ce un traitement réservé aux nouveaux clients. Peu importe, ce n’est que détail. Il se remémore les dires de la clinicienne. Shanghai, grande ville chinoise s’il ne se trompe pas. Non, il n’est jamais allé la visiter. Il ne connaît d’Asie que la terre de ses ancêtres. Le pays du matin calme, proche de l’empire du milieu. Des voisins paisibles pourtant si différents. En regardant à nouveau le docteur Malleby, Ismaël comprend mieux les traits qui parsèment son minois. Et puis, une question s’impose. Si la dame vient elle aussi de son monde, comment s’est-elle retrouvée ici ? Curiosité, curiosité, quand tu nous tiens.

Non, jamais. Je ne connais la ville que de nom. Combien de temps avez-vous passé à étudier dans cette ville ?

Le regard lunaire du petit homme plane déjà loin. Il est attentif au moindre son pouvant stimuler ses tympans, mais son encéphale tourne à plein régime. Qu’imagine-t-il ? Ô, de nombreuses aventures qu’il serait difficile de conter, mettant en scène la doctoresse, en tenue étudiante au sein d’un amphithéâtre. Des histoires fabuleuses temporaires, avant d’en ajouter les contours au pinceau d’argent.  

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MessageSujet: Re: How could it be ? - Ana × Ismaël Mer 12 Sep - 17:16

How could it beIsmaël Sylvette & Ana. R Malleby


« Là d’où je viens, trois fois par an, la plage brille de milles éclats. On raconte que des anges invisibles viennent festoyer au bord de l’eau, et que la blancheur de leurs ailes se reflète dans les grains de sable. Pour moi, la plage de Newcastle est la plus belle du monde. »

Quelle belle légende !La jeune femme serai presque déçue de ne l’avoir entendu plutôt, elle aurait aimé voir un tel spectacle. Ainsi, elle aurait prit le temps de voyager avec Bai, au lieu de foncer tête baisser dans le travail.

Un sourire tendre s’étire sur ses lèvres tandis qu’elle imagine cette plage fabuleuse, refuge prétendue des anges.
Mais Ana sent que cette petite légende coûte à son patient. Il y a derrière cette histoire quelques choses de plus profond dans l’histoire du garçon. Il faudrait creuser, mais pas pour le moment.
Ismaël est un garçon tellement sensible et fragile qu’elle ne veut pas le brusquer.

Ana ne peut pas s’empêcher de remarquer que le jeune garçon ne touche pas à sa tasse de thé. Peut-être n’aime t-il pas, elle aurait du lui poser la question avant. Elle se fait une énième note mentale mais salut sa politesse.
Elle lui sourit un nouveau tranquillement et cherche à le laisser parler, mais il est retombée dans son mutisme suite à cette courte histoire.

L’ange pensait avoir perdue pour de bon, que sa tentative pour lancer le dialogue avait échouée définitivement. Mais une lueur d’espoir s’alluma dans son regard quand le jeune homme ouvrit à nouveau la bouche pour lui poser une question. La petite flamme du médecin se ralluma, il lui restait encore une chance pour construire ce lien de confiance avec Ismaël : un lien qui a terme pourrait lui permettre de l’aider à trouver de quoi souffre le jeune homme.

« -Non, jamais. Je ne connais la ville que de nom. Combien de temps avez-vous passé à étudier dans cette ville ? »

La jeune femme aurait aimé lui crier que la ville sans être belle recèle de secret merveilleux. Bien sur, sur le plan architectural, Shanghai est magnifique. Mais...C’était surtout là bas qu’elle l’avait rencontré...Elle aurait aimé pouvoir lui parler de ce conte là : celui de la vie. Mais les contes doivent bien se finir, ce n’était pas le cas ici.
Alors Ana allait se contenter d’une réponse...disons précise à la question posée : les études, rien que les études.

« - J’y suis restée huit ans après avoir changé de cursus au bout d’une année. Ce fut facile dans une grande ville comme Shanghai, toutes les universités sont concentrées dans un même endroit et il doit y avoir un bon milliard de cursus proposés. »

Un petit rire s’échappe de sa bouche tandis qu’elle porte la tasse chaude à ses lèvres.
L’heure tourne, mais cela n’a aucune importance pour l’ange : elle n’est pas payé à l’heure, n’a pas d’autres patients. C’est plus lui qui pourrait se retrouver bloquer.

Ses yeux d’argents se posent à nouveau sur le garçon.
La tasse est pleine, devant lui, il est poli et n’a pas osé dire qu’il n’aimait pas le thé. Ana ne s’y attarde pas pour ne pas le gêner et me relève de ma chaise.

« - Et vous Ismaël, vous avez entamé des études ? »

Elle l’invite à la rejoindre vers la table d’osculation en cuir.
Et déroule un drap blanc par dessus pour la protéger un peu et éviter au garçon de se retrouver avec du cuir qui s’écaille sur le dos. Pourquoi un drap ? Parce qu’ Ana hait le papier d’hôpital et es un médecin libre de ses choix, qu’importe l’avis des soi disant spécialistes.

La médecin le laisse s’asseoir en face d’elle. Pour le moment, elle ne le touche pas. Elle veut juste l’observer encore un peu avant de poser mes mains sur lui : c’est un garçon sensible et observateur. Il est tendu elle le sens, il appréhende ce que l’ange vais faire, ce qu’elle va dire de lui alors...ne brusquons rien.

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