When you drink the water, remember the spring [ft. Casey Williams]

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MessageSujet: When you drink the water, remember the spring [ft. Casey Williams] Mer 30 Mai - 7:28


When you drink the water, remember the spring





L’entretien groupé avec Dragon et Alizée n’avait sans surprise rien donné. Alec n’en ressortait que plus humilié, sans plus savoir dans quelle direction mettre les pieds. A quoi bon persister ? Je vous le demandais bien. Ni Dragon, ni Alice ne voulaient de lui : partout le sort paraissait s’acharner. Quel joli caliméro, vous ne trouvez pas ? Vous avez parfois envie de le baffer, de lui hurler d’arrêter de s’pitoyer sur son sort ? Vous avez raison, mais en un unique sens seulement. Déjà car hurler ne ferait rien avancer mais aurait en plus le don de l’échauffer, chose qui clôturerait tout débat à peine entamé. Mais en plus, essayez de comprendre, vous qui partagez peut être la même situation. On vous fait monter dans une ville qu’aucune carte n’a jamais indiquée, en mentionnant le fait que votre aide est requise. Soit, aucun problème. Si le démon pouvait rendre service aux siens tout en satisfaisant son intérêt, que demandait le peuple ? Mais en fait, tout n’était que foutaises. Ils se passaient très bien de lui, lui donnant le même sentiment d’utilité qu’une fourchette au Moyen-Âge, c’est pour dire. Et quand même il tentait de prendre les devants, les reproches pleuvaient, aussi bien du côté de Dragon que des anti-dragons, aka Alizée.

Exaspéré par cette situation qui tournait en rond, il avait quitté la salle, refusant de perdre encore une fois de son temps. Pas que son agenda soit plein à craquer, mais quand même, il y avait toujours mieux à faire que d’écouter une guignole qui s’égosillait. Il allait désormais devoir attendre un tantinet pour obtenir une nouvelle entrevue avec Dragon. Autant avancer de son côté. Si cette tentative de négociation s’était révélée être un échec phénoménal, elle avait au moins permis de comprendre au jeune démon où se situeraient ses intérêts si la guerre était déclarée. Et ça, ça méritait d’être exploité. Chose qu’il s’apprêtait à faire. Pourquoi maintenant alors que tout le prédestinait à un petit moment de déprime ? Parce qu’il en avait plus qu’assez d’attendre que l’on vienne le chercher. S’ils ne voulaient pas de ses services, qu’ils aillent se faire foutre. Tous autant qu’ils étaient, et Dragon en premier. C’était à la quête de ses propres intérêts qu’il partait désormais.

En sortant du Palais, et en se baladant dans les artères du centre ville, ses yeux s’étaient posés sur le curieux tableau qui faisait jaser la ville. Au cours de ses promenades, il avait déjà pu le détailler, mais depuis le temps, de nouvelles dépositions avaient été effectuées.

« Il semblerait que l’aigle se laisse tenter par les doux vents de l’Est, le péché de la chair est une sombre tentation que l’on peut donner en toute mesure, ou le chevaucher en s’y abandonnant allègrement, et l’aigle semble préférer la deuxième solution, est-ce bien raisonnable en tant que maître des cieux ? »

Oh mais purée, il fallait bac +12 pour la déchiffrer cette rumeur là ou quoi ? Le démon abandonna rapidement l’idée d’en comprendre les enjeux, terminant par la dernière rumeur en date. Un peu plus aisée et moins imagée, elle lui fit néanmoins froid dans le dos par l’avertissement qu’elle véhiculait. Et si ce ramassis de conneries se basait sur un fond de vérité ? Se pouvait-il que sa liaison avec Alice soit connue de certains ? Et ses propos injurieux et haineux à l’égard du Dragon ? Etait-ce pour cela qu’il était toujours sur la touche ? Ses propres actes l’avaient-ils condamnés ?

Rester comme un idiot fini face au mur des rumeurs n’allait pas lui apporter la réponse d’un claquement de doigts. Et puis, si ça se trouve, il était déjà parti trop loin dans sa paranoïa. Ayant la sombre envie de se saouler, il prit le chemin du seul bar de la ville, prenant le parti d’y mettre enfin les pieds. Il aurait tout le temps de revenir sur le sujet, un bon verre de whisky à la main. C’est avec toute sa détermination de pessimiste qu’il poussa la porte du Holy Fire, le regard rivé droit devant lui. Il ne voulait pas se confronter au regard des ivrognes qu’une nouvelle tête ne manquerait pas d’attirer. Leurs avis de pd, ils pouvaient se les mettre là où le démon pensait. Et en même temps, il savait qu’un simple coup d’oeil déplacé aurait suffit pour qu’il ne saute à la gorge du pauvre malheureux qui l’aurait lancé.

Il croisa néanmoins le regard d’une jeune femme derrière le bar. Enfin le regard.. Disons qu’il put admirer les carreaux de ses lunettes teintées. De petite taille, il la salua d’un hochement de tête, ne pouvant s’empêcher de se dire que pour un peu, le comptoir la masquait. A moins qu’elle ne soit assise bien bas ? Qu’importe. Se dirigeant droit vers elle, il s’assit sur l’une de ses chaises hautes, s’accoudant prestement pour pouvoir bloquer son menton de ses paumes. N’ayant pas le moins du monde oublié la raison de sa visite, il s’empressa d’exprimer sa requête quand la tête de la jeune femme pivota en sa direction :

« Un Famous Grouse Finest si vous avez. »

Sa main délaissa sa conjointe pour venir machinalement pianoter le bois vernis contre lequel il s’était appuyé. A défaut de pouvoir déjà enserrer son verre.. il fallait bien s’occuper. Ce qu’il fit sans tarder, revenant sur ces simples mots gravés qui l’avaient marqué. Au point qu’il pouvait vous les réciter :

« Si vous croyiez qu’à Damned Town vos secrets seraient bien gardés, permettez moi d’en douter. Il paraîtrait en effet que la ville abrite l’une de ces créatures divines que la distance n’a pu priver de la possibilité d’observer, de scruter. Ce vil hominidé sait tout de vous, de ceux que vous côtoyez sans même vous avoir rencontrés. Alors ? Ça fait quoi de se sentir dénudé ? Raerran »

Est-ce qu’on pouvait en parler, aussi de ces peusdos à la cons qui accompagnait chaque déclaration ? Et.. ça fait quoi.. ça fait quoi.. tu t’imagines quoi ? Un vrai plaisir que de s’imaginer un connard se rincer l’oeil à chaque rapport que vous avez. Est-ce qu’au moins il tenait un registre du nom de toutes les femmes qu’Alec avait cotoyées ? Et la date à laquelle il avait pu les glisser dans son lit? Cela aurait au moins l’avantage de lui faire un sacré carnet de bord dont le démon ne serait pas peu fier.

Je n’arrive pas à croire que le grand Hamilton, risée de sa propre caste en vienne à dévier et s’interroger sur de telles débilités, emplies de superstitions. Mais les faits étaient là, témoins inconditionnels de la pente savonneuse sur laquelle s’était le démon était engagé. Allez savoir ce qui traversa dès lors le crâne buté du blondinet, mais plus le suédois y songeait, moins d’inconvénients il y trouvait, venant presque à espérer que cette foutue rumeur soit vraie. Après tout, qu’avait-il, lui, à cacher ? Pas grand-chose en fait. Mais et les autres ? N’avaient-ils pas encore prie à enterrer ? Alec allait devoir mettre la main sur cette « créature ». Elle avait tellement à lui apporter.

La cadence de ses doigts s’accéléra, en proie à la joie que ce nouveau défi lui inspirait. Bien qu’il ne sache à quel type « d’hominidé » il allait devoir se frotter, le jeu en valait sûrement la chandelle. Se penchant du haut de son tabouret géant, le démon tapota l’épaule du buveau d’à côté.

« Eh, t’as pas une carte de la ville par hasard ? »

Sérieusement.. qui se baladait avec une carte sur lui ? Certainement pas son voisin en tout cas. Alec soupira. Il n’allait quand même pas devoir partir en quête de l’office de tourisme, si ? Il n’était même pas sûr qu’il y en ait un. Bon. Peut-être qu’il irait la réaliser lui-même sa carte, quitte à y passer des mois et des mois. Au moins cela l’occuperait. Reposant les deux fesses, il prit le verre que la jeune femme lui apportait enfin, la remerciant au passage.

« Merci bien. »



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MessageSujet: Re: When you drink the water, remember the spring [ft. Casey Williams] Lun 4 Juin - 6:16



 


When you drink the water, remember the spring [ft. Alec Hamilton]


Le ville grondait de rage, les démons s'agitaient, les anges désertaient, et pourtant même si j'appréciais cet aspect spectateur qui m'allait si bien, je ne pouvais m'empécher de me sentir laissée un peu de côté, et impossible de chercher réconfort vers Shisoka, il n'était jamais, je me demandais si il y avait quoi que ce soit entre nous finalement, puisqu'il n'a jamais été vraiment présent. Comme d'habitude, je tenais son bar en son absence, mais je songeais de plus en plus à ouvrir le mien, après tout je commençais à être douée pour ça avec la pratique et au moins cela me permettra de vivre sans passer par la pègre de la ville, voilà que ne pouvais pas me faire mal. Le bar était presque vide, on était en milleu d'après-midi, seul quelques habitués étaient là, toujours les même avec toujours les même histoire comme un vinyle rayé qui se répète en boucle. Je soupirrais un long moment en nettoyant mes verres, hantée par le démon de l'ennui, je n'avais même plus envie de jouer avec les émotions des gens, simplement me sentir vivante, m'amuser pour une fois. Je n'avais plus envie de scruter les actions des souverains pour ne rien trouver, je ne voulais plus observer les même shémas d'intrigues que j'avais vu, revus et corrigés. J'ai fais de Damned Town mon terrain de jeu, mais je n'avais aucun moyen de jouer en dehors des moucherons qui s'échouaient sur ma toile, mais ces moucherons ne m'amusent plus. J'avais besoin d'adrénaline, d'une proie plus grosse ou d'un autre chasseur sur mon terrain. J'avais besoin de changement et j'étais bloquée là dérrière un bar, à nettoyer des verre et à servir des sac à vins...Super...

Le tintement de la cloche sonna à mes oreilles, l'aura du divins venait lécher les pattes de mon araignée, pourtant bien calme et sage depuis le début de la journée, elle commence à s'agiter au contact de cet étranger si indélicat qui vient la déranger pendant son sommeil, en revanche l'intrus semble en avoir cure, il est plongée dans ses pensée et son aura est aussi végétative que la sève d'un arbre en Hiver. C'était le premier évènement intéressant depuis le début de la journée et j'avais bien l'intention d'en profiter, il était temps de plonger dans les tourments qui agitent ce divin. Alec Hamilton, démons, blond, yeux bleus, se sent délaissé et abandonné par tout le monde, à couché avec une ange, je vois que monsieur se permet beaucoup mais n'assume pas les conséquence, allais-je l'aider comme il le souhaite, ou comme je le voulais, la tentation était forte, je sentais Aranea s'agiter, elle aussi frétilais d'impatience, ce n'étais pas un simple insecte mais une force de la nature, un frelon sauvage et indomptés qui a tout de même finis pas faiblir au point de s'échouer dans la toile de Casey Williams. J'optais finalement pour un mélange des deux, j'allais m'amuser avec lui mais cela lui permettras d'y voir plus clair.

Un Famous Grouse Finest si vous avez.

Sa voix était brisée, mais on pouvait deviner toute la profondeur qui pouvait s'en dégager, je n'avais aucun mal à penser qu'il devait dégager un certain charisme à son état naturel, raison de plus pour voir jusqu'ou j'allais pouvoir pousser le bouchon. Mais l'heure n'y étais pas, pas encore, d'abord, il fallait que je fasse miroiter le désirs dans ses yeux, l'envie, l'orgueil, le laisser croire qu'il maîtrise cet environnement avant de faire s'écrouler ses propres certitudes.

Tout de suite chef.

Il n'y avait ni energie, ni conviction dans cet aquiècement, seulement la morosité d'un automatisme acquis avec la pratique de ce poste qui me parraissais sur le moment si dérisoire. J'allais dans la réserve, du côté des whisky, pour trouver le scotch désiré par ce suédois déboussolé. Une fois celui-ci trouvé, je retournais du côté du bar ou j'étais censée me trouver. J"attrapais machinalement un verre à whisky et je versais quelques doigts dans le verre. Pendant ce temps j'entendais Alec demander une carte à un habitant de la ville, je savais qu'il me cherchait, je voyais ce qu'il avait en tête, je connaissais la dernière rumeur mais je ne savais qui en était l'auteur et si je le savais il m'entendrais et pas qu'un peu, j'avais horreur qu'on me solicite pour mes pouvoirs, et là qu'on me fasse une publicité aussi impunément me dérangeait hautement, mais je ne pouvais rien y faire et utiliser mes pouvoir pour le retrouver me demanderai trop d'energie. Ainsi Alec Hamilton espérait trouver des réponse auprès de la voyante qui parcours les rues de cette ville...Quelle heureuse surprise, cela ne pouvais que me rendre service, et dans cet étât, il est maléable, je n'ai pas à prendre de gant ou presque. Je me servais alors un verre de whisky à mon tour avant de reboucher la bouteille et de retourner la ranger à sa place, dans le cellier. Je prenais les deux verres et je les amenais au blondinet accoudé à mon bar. Un grand sourire sur les lèvres, il me cherchait il m'avait trouvé, il voulait des réponses, il allait les avoir. Je posais son verre devant lui et m'acoudait au comptoir en face de lui, séparé par le bar, la partie s'annonçait plus intéressante que ce à quoi j'étais habituée, et Aranea s'en régalait déjà et commençais à titiller de ses pattes chitineuse l'aura de ce démon en perdition.

Alec Hamilton, inutile de te démener autant pour faire une carte voyons, pour avoir les réponses que l'on recherche, il suffit de s'adresser aux bonnes personnes, et cela tombe bien  c'est ton jour de chance car je suis la meilleure, mais malheureusement pour toi, je suis aussi la pire. J'ai les réponses à chacunes de tes question mais il faudra y mettre un certain prix, tu le définis et je juge s'il vaut la réponse que tu cherche, et si tu doute de mes capacité parce que ce ne sont que superstitions et sornettes laisse moi te convaincre du contraire grâce à ceci.

Je me penchais alors pour sussurer à son oreille ces doux mots que lui seul pouvait comprendre.

Non je comprends pas. Ça sert à rien de me le balancer, je ne cesserai de douter. Tu as très bien pu tomber, t'attacher, si avant tu te satisfaisais de la vie que tu avais, tu peux très bien y retourner, comme ça, brutalement. Et ça fait très égoïste, mais je m'en fous. Je ne te laisserai pas repartir Alice, Ange ou pas Ange, tu restes avec moi. 

Je me redressais le sourire au lèvre, c'était un 50/50 soit il marchait les yeux fermés dans le piège, soit il se braquait et partais, mais je savais qu'il reviendrai, c'est le problème de la curiosité, on en a jamais assez.

Qu'il est mignon notre démon quand même...Alors? Prêt à relever ce défi?


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MessageSujet: Re: When you drink the water, remember the spring [ft. Casey Williams] Mar 5 Juin - 17:59


When you drink the water, remember the spring





La morosité avait coupé toute capacité à détecter les fumets des auras de ceux qui l’entouraient. Celle de la serveuse lui passa littéralement au dessus-de la tête. Qu’elle soit ce qu’elle voulait être, il s’en contre foutait. Avait-il seulement besoin de connaître les desseins d’une femme qui servait des whiskys, des cafés, des bières toute la journée ? Certainement pas. De là.. ciao l’envie de s’y intéresser. Dans son champs de vision, ses sens de traqueurs la sentirent tout de même s’agiter, répondant à la demande qu’il avait formulée. Un automate qui pivotait, se rendait dans le cellier, dévissait, servait, revenait. Un pion sur l’échiquier. Comme lui. Son regard azuré vint scruter cette demoiselle dont la manière de se comporter faisait écho à la sienne. Dénuée d’intérêts, mue par des réflexes bien ancrés.

Un triste sourire éleva les commissures de ses lèvres, alors qu’il s’emparait de son verre, le portant sans tarder à ces mêmes athlètes qui travaillaient. La vie était bien joueuse… Faut croire qu’on en fait tous les deux les frais. Un gorgée à peine liquidée, des paroles prononcées.

« Alec Hamilton, inutile de te démener autant pour faire une carte voyons, pour avoir les réponses que l'on recherche, il suffit de s'adresser aux bonnes personnes, et cela tombe bien c'est ton jour de chance car je suis la meilleure, mais malheureusement pour toi, je suis aussi la pire. J'ai les réponses à chacune de tes question mais il faudra y mettre un certain prix, tu le définis et je juge s'il vaut la réponse que tu cherche, et si tu doute de mes capacité parce que ce ne sont que superstitions et sornettes laisse moi te convaincre du contraire grâce à ceci. »

Le démon se figea, le verre au niveau du menton. Abaissant les yeux pour les plonger dans les verres teintés de celle qui lui parlait, il demeura muet. La stupéfaction qui le saisit se manifesta par deux sourcils qui se rejoignaient, passant la frontière invisible de l’arrête de son nez. Venait-elle bien de l’appeler par son nom, prénom ? Les ourlets de sa bouche se pincèrent sèchement, alors que la curiosité commençait à monter. Serait-il possible que.. que ce soit-elle ?

Inconsciemment, son corps se courba un peu plus vers le plateau du comptoir contre lequel ses coudes étaient appuyés. L’intrigue venait d’être déroulée, qu’en était-il du sommaire désormais ?

« Non je comprends pas. Ça sert à rien de me le balancer, je ne cesserai de douter. Tu as très bien pu tomber, t'attacher, si avant tu te satisfaisais de la vie que tu avais, tu peux très bien y retourner, comme ça, brutalement. Et ça fait très égoïste, mais je m'en fous. Je ne te laisserai pas repartir Alice, Ange ou pas Ange, tu restes avec moi. »

Cette citation.. Bordel, il savait qu’il l’avait déjà entendue. Mais où ? L’écho des mots résonna longuement dans la cavité céphalée qu’il portait. Jusqu’à ce qu’elle ne retrouve le pallier de sa propre maisonnée. Bien sûr. Quel con. A chercher qui de son entourage avait pu tenir ce genre d’affirmations, il en avait oublié que c’était lui qui les avaient alignés ces putains de mots. Entre ses doigts, le verre se sentit plus oppressé, les gouttes se mettant à perler. Avant de commettre l’irrécupérable, il vida ses deux derniers centilitres de whisky, sans réagir.

Savourant cette adorable gustation, il laissa son regard se perdre quelques instants dans la profondeur sans fond de son récipient. Dépité était le mot qu’il cherchait. Pourquoi on en revenait toujours à ce sujet là ?

°Bordel de merde. Je viens ici pour me saouler, pas pour qu’on me saoule avec des faits passés. Pigé?!°

Face à lui, la pseudo voyante offrait un sourire rayonnant, au point que cela en vint à chatouiller son derme kératinisé. Un peu perdu, Alec ne savait derrière quel parti se ranger. Devait-il s’énerver qu’elle en sache sur cette soirée ? Au contraire marcher en sa direction pour obtenir réponses à ses questions ? Et puis d’ailleurs, c’était quoi ses interrogations ? En avait-il vraiment ?
Il ne la connaissait ni d’Eve, ni d’Adam, et elle lui parlait de prix, d’offre comme s’il était venu signer pour acquérir son cabanon de jardin. A quel moment ?

« Qu'il est mignon notre démon quand même...Alors? Prêt à relever ce défi? »

«Mais ferme la bordel de merde ! »

Le démon perdit de son calme apparent, balançant le verre en direction de Casey. Sans vouloir la blesser, il préféra l’avertir de ne pas trop approcher, avec sa langue acérée. Le verre la frôla à peine, se contentant de venir se briser sur le miroir en arrière plan, sectionnant net le brouahaha du pub. Tous les regards se tournèrent lentement vers le trouble-fête. Les habitués avaient par définition coutume d’être interrompu dans leurs petites discussions. Mais pas si tôt dans la journée.

Se refusant néanmoins à se donner en spectacle pour ne pas faire fuir celle qui se prétendait devineresse, Alec serra les dents, offrant son dos aux yeux curieux qui vinrent le détailler. Murmurant à peine, il formula sa seconde réquisition.

« Un endroit calme, toi, moi et ton foutu don seulement. »

Un coup d’oeil circulaire lui permit de constater que chacun en était déjà revenu à ses moutons. Néanmoins, le suédois ne voulait pas prendre de risque. Il savait voix portante quand il s’y mettait et ne désirait que très peu se ridiculiser. Face à des saletés d’humains en plus. Impensable.

Au moment où ses yeux vinrent se heurter aux verres de la serveuse, il tenta de laisser passer son regard au travers, sans succès. L’aura de cette dernière réagit à cette petite attaque en se rapprochant dangereusement, le laissant humer le goût de déchéance qui s’en dégageait. Une aura pourrie et corrompue par de petites touches de lumière, une fâcheuse tendance à vouloir faire sienne les nouveautés. Il constituait une nouveauté, du moins physiquement parlant. De ce fait laissa t-il l’aura se déployer pas à pas, le détailler. Il presque aurait pu sentir de fines pattes velues venir parcourir les poils de ses bras. Lentement, perfidement. Corrompue par la lumière, certes, mais habitée par de vilaines pensées. Voilà ce qu’elle lui inspirait. Au contact de cette métissée, Alec ne se sentait vraiment pas à son aise, ne sachant toujours sur quel pied danser. Il pressentait par ailleurs que ce n’était rien comparé à ce qui risquait de l’attendre, si son intimité elle lui accordait.

Alea jacta est.


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MessageSujet: Re: When you drink the water, remember the spring [ft. Casey Williams] Sam 23 Juin - 5:13



 


When you drink the water, remember the spring [ft. Alec Hamilton]


La partie n'avait même pas encore commencée que le jeune démon perdait déjà son sang froid, il ne m'avait suffit que de le titiller un peu pour lui faire perdre les pédale, déjà un premier verre avait fusé sur le côté de ma tête pour aller s'écraser derrière moi contre le mur. Cela ne faisait qu'agrandir le sourire que j'avais sur le visage, ce sourire à la fois triomphant, victorieux et malsain, il affichait toute mon assurance et toute ma perversion pour ces petits jeux sordides qui me plaisaient tant. Comment résister au parfum enivrant de fragilité qui s'échappait du suédois, comment un prédateur pourrait il résister à l'odeur du sang d'une proie qui s'écoule d'une plaie infectée. J'en avais des frissons à imaginer tout le potentiel d'Alec, tout ce que je pouvais faire de lui, le construire, le détruire, l'élever ou le traîner dans la boue, l'enrichir ou le ruiner, le tout, sans même y mettre d'effort en le laissant tout faire tout seul comme un grand en l'orientant juste dans la bonne direction. Encore un insecte pris dans la toile de l'araignée, il pensait encore pouvoir s'en sortir, il allait se débattre sans même se rendre compte qu'il s’emmêlait un peu plus dans les fils et que la véritable menace n'attend que de le cueillir épuisé et à bout de force. Pauvre petit, tu ne le sais pas encore mais tu es déjà mort.

Un endroit calme, toi, moi et ton foutu don seulement.

Mon sourire ne diminuait point et même si son regard tentait de percer mes verre, rien ne pouvait déchiffrer ces yeux là. En réponse à cette légère insolence, je libérais Aranea qui piaffais d’excitation au doux fumet de ce démon cuit à point. Mais il fallait user de patience petite arachné, pour l'instant il était impératif se contenter de le humer, il aurait été dommage de voir la prise paniquer et s'enfuir, non non non, il fallait le déguster lentement, sinon on n'allait pas pouvoir en profiter pleinement. Je répondais au suédois qui essayait de cerner son environnement et les pattes velues qui parcouraient son échine, je répondais d'une voix assez basse pour qu'il m'entende.

Très bien, qu'il en soit ainsi.Et je saisissais ma canne pour taper d'un coup sec et retentissant sur le comptoir et d'annoncer d'une voix forte.On ferme pour le reste de la journée et peut être ce soir. Je veux rien entendre est ce bien clair?

C'est avec quelques grognements de protestation qu'une étrange procession d'ivrogne s’exécutait, une fois certaine que tout le monde à part Alec avait décampé, je me dirigeais doucement vers la sortie, pour aller fermer le verrou et retourner la pancarte qui annonçait "fermé" en lettre capitale. Une fois ceci fait je retournais vers le démon pour enlacer, je passais une main dessous son épaule gauche et l'autre par dessus celle de droite et je faisais rejoindre mes mains. Et je murmurais à l'oreille du démon pour parler à ses désirs les plus profonds, ce que lui même refuse de voir ou de s'avouer, le jeu avait commencé, et je m'amusait comme peu dernièrement. Ma voix était aussi douce que du miel, je me plaçais comme la conscience qu'il cherchait, comme la voix qui allait le guider, j'étais la petite voix dans sa tête qui lui dictais la marche à suivre, il était Pinocchio, j'étais Jiminy Cricket.

Tu es perdu, ton souverain ne te donne pas satisfaction, l'ange que tu courtise ne semble pas t'estimer à la hauteur des tes attentes. Comme n'importe qui, qui se perd, tu as des questions, ou plutôt des interrogation, est ce qu'elle t'aime vraiment? Après tout elle ne semble pas vouloir de toi? Et les arguments avancés par Dragon ne t'ont pas convaincu, tu es perdu, tu ne sais ni quoi faire ni ou aller. Mais je te connais, tes désirs, tes conviction, de la plante de tes pieds jusqu'au moindre épis sur ta tête, je te connais surement même mieux que tu ne le fera jamais, alors je t'en prie dis moi, qu'est ce qui parcours les pensées tortueuse de cet homme qui a perdu ses repères? Quelles formes prennent tes démons? Tout ceci je le sais avant même que tu ne le dise, mais plus important, je connais aussi la suite, mais qu'es tu prêt à donner pour que je te montre le chemin qui te fait défaut? Qu'est tu prêt à sacrifier pour trouver un sens à ta vie?

A ce moment précis, je défait mon étreinte autour du suédois pour me diriger lentement derrière mon comptoir et reprendre place en face à face avec ma proie, les "yeux" dans les yeux. Je retirais même mes lunettes pour le laisser fixer l'insondable profondeur écarlate des mes yeux, sans pupilles ni iris, frappés par une cécité aussi surnaturelle que mes dons de voyances.

Car c'est bien cela que tu recherche, un but, tu voulais te dévouer corps et âme à une ange qui ne te le rend pas et tu es venu pour servir un souverain que tu ne comprend pas. Que reste-t-il d'un démon qui ne sait plus quelle calamité commettre?

Je sortais la bouteille de Whisky que je lui avait servis un peu plus tôt en laissant son verre.

Tu vas en avoir besoin, je vais débarrasser les tables, préviens moi quand tu auras déjà remué un peu toutes les méandres de ton esprit, et trouvé les premiers fantômes qui te tourmentent, alors on pourra commencer à discuter du prix.
 

Je me dirigeais donc là ou étaient les anciens clients et je commençait à ramasser les verres et les coupelles qui contenait encore quelques contenant, que ce soit boisson ou gâteaux apéritifs. Je me contentais de tout rassembler sur un plateau et de tout mettre dans l'évier de la cuisine, les boissons partaient dans le siphon et les gâteaux dans une poubelle, laissant le restes aux éboueurs et aux chats errants. Je faisais ainsi des allées et venues dans la pièces ou se trouvait le démons en attendant ses premières réactions.


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MessageSujet: Re: When you drink the water, remember the spring [ft. Casey Williams] Mar 24 Juil - 11:51


When you drink the water, remember the spring





Il haït ce petit sourire qu’elle lui tendait. Pourtant, il ne manqua pas de rester sur le faciès de celle qui manifestement ne désirait qu’une chose, le surplomber. L’arrogance et l’assurance qui se dégageaient d’un si petit être l’horripilaient. Comment en venir à être aussi imbue de soi-même? Okay, elle manifestait vraisemblablement quelques dons saugrenus, que dans sa courte vie, il n’aurait jamais eus. Mais quand même. Pas exactement de quoi en faire tout un foin. L’observant allégrement, il poursuivit dans sa réflexion d’enfant. Des bras maigrelets la constituaient. Une silhouette peu musclée, un peu rondouillette sur certains bords. Physiquement parlant, son corps n’était pas repoussant mais elle aurait à coup sûr perdu face à un athlète. Le démon aurait pu n’en faire qu’une bouchée. Alors à quoi bon jouer à la conquérante ? Il ne s’attarda pas sur ce constat, puisque de toute façon, il ne comptait rien lui faire sans avoir eu de réponses. Enfin, sans avoir été éclairé sur les points qu’il désirait dépoussiérer.

On ferme pour le reste de la journée et peut être ce soir. Je veux rien entendre est ce bien clair?

La voix autoritaire su trouver son public. Tout ce petit peuple se leva bien gentiment, obéissant à la reine mère. Ils sortirent tour à tour, faisant sonner le petit carillon, agaçant à souhait. Le démon les suivit du regard, soutenant ceux un peu rancuniers des êtres qui auraient voulu rester. Il en profita pour analyser la typologie des friands de café et autres boissons qu’ils pouvaient s’acheter. Beaucoup s’inscrivaient dans le cliché même de la population que l’on pouvait y trouver. Mais globalement, une certaine diversité régnait. Des jeunes qui se réunissaient pour s’entretenir, que cela soit amicalement, ou galamment. Des petits rencards pour pouvoir se bouffer des yeux, ou entamer le petit jeu de la soirée. Faire monter le potentiel et évaluer la proie que l’on a visée. A l’inverse, de vieux croûtons à la panse pendante étaient aussi à dénombrer. Eux, c’est surtout la bière qui les intéressaient, voire le café quand la tête commençait à trop tourner. Sage décision. Et puis, certains costards, venus évacuer le stress de toute une journée. Comme si ce genre de sentiments pouvaient être noyés dans le fond d’un glaçon. Le démon secoua la tête de gauche à droite, en réalisant qu’il était venu les imiter. Et après il venait critiquer ? Quel gosse décidément bien trop mal élevé.

Quand le dernier eut franchi la limite, la voyante s’empressa d’aller faire pivoter le verrou, s’attardant sur les banalités du quotidien de la commerçante qu’elle était. Les protocoles étaient obligés, sinon les locaux seraient rapidement vandalisés voire pillés. Surtout si Damned Town était le foyer d’un rassemblement de démons. Pour cela, elle avait déjà eu bien du courage d’ouvrir son petit bar. Sûrement l’arrogance qui lui avait permis de ne pas plier. Le suédois ne connaissait pas du tout les lieux. Il ignorait donc que le commerce appartenait en fait tout bonnement à son cher et tendre et qu’elle, elle ne faisait qu’y figurer, en l’absence de son homme. Quelle âme serviable.

Lui qui était tourné vers la porte d’entrée, il la regarda ensuite s’approcher de sa petite personne. Les yeux emplis d’une certaine tranquilité, il savait désormais qu’il n’avait plus rien à perdre. Sa seule volonté avait été de ne pas avoir à se donner en spectacle et elle avait été savamment respectée. Au moins, la diseuse de bonnes aventures respectait un minimum les envies d’autrui. Dès lors, il était dans de bonnes conditions pour négocier. Par contre, quand les mains velues de la voyante se glissèrent sur son torse, il eut par réflexe un mouvement de recul. Fort peu efficace puisqu’il s’en retrouva collé à la voyante, au niveau de son épaule gauche. Se ravançant prestement, il fut bien content quand elle s’éloigna de lui, regagnant le comptoir. Ses paroles résonnaient encore au creux de son pavillon :

Tu es perdu, ton souverain ne te donne pas satisfaction, l'ange que tu courtise ne semble pas t'estimer à la hauteur des tes attentes. Comme n'importe qui, qui se perd, tu as des questions, ou plutôt des interrogation, est ce qu'elle t'aime vraiment? Après tout elle ne semble pas vouloir de toi? Et les arguments avancés par Dragon ne t'ont pas convaincu, tu es perdu, tu ne sais ni quoi faire ni ou aller. Mais je te connais, tes désirs, tes conviction, de la plante de tes pieds jusqu'au moindre épis sur ta tête, je te connais surement même mieux que tu ne le fera jamais, alors je t'en prie dis moi, qu'est ce qui parcours les pensées tortueuse de cet homme qui a perdu ses repères? Quelles formes prennent tes démons? Tout ceci je le sais avant même que tu ne le dise, mais plus important, je connais aussi la suite, mais qu'es tu prêt à donner pour que je te montre le chemin qui te fait défaut? Qu'est tu prêt à sacrifier pour trouver un sens à ta vie?

Sur le coup, il ne comprit pas bien pourquoi elle lui demandait de lui parler de ce qui le tracassait puisque justement, comme elle-même le soulignait, il n’avait rien à lui apprendre là dessus. Balayant donc de sa mémoire ce passage là, il étendit sa concentration à la fin de sa petite réplique, à ce moment fort inconfortable où elle se mit à lui parler de prix. Justement, c’est là qu’était l’os. Il n’avait rien à lui proposer étant donné que, de un, hormis son appartement, il ne possédait rien, et de deux, il n’était personne. Le démon avait autant de valeur que l’un des galets de la plage, soit, pas énormément. Il voyait alors mal comment il allait pouvoir la contenter. M’enfin. De ça, ils avait encore le temps d’en discuter. A l’inverse, le temps de réflexion fut derechef entrecoupé de nouveaux mots :

Car c'est bien cela que tu recherche, un but, tu voulais te dévouer corps et âme à une ange qui ne te le rend pas et tu es venu pour servir un souverain que tu ne comprend pas. Que reste-t-il d'un démon qui ne sait plus quelle calamité commettre?


Cette fois-ci, il ne prit pas la peine de revenir y réfléchir, préférant plonger ses yeux azurés dans ceux sans vie de la voyante. Tentait-elle de l’effrayer avec son regard mort, fauché par la cécité ? Le démon en eut un rictus. Au moins dans son cas, pas de jolies répliques toutes faites pour draguer. Car non, e lle n’avait pas de beaux yeux. Ils en étaient même carrément repoussants et d’un rouge vif à glacer le sang. Mais celui du démon ne subit pas de variations, demeurant aussi chaud qu’il l’était à l’accoutumée. Il détailla ces orbites macabres, s’attardant sur les contours de ces dernières. Etait-elle capable de pleurer, un œil aveugle pouvant-il encore s’exprimer ? Et quand elle avait des poussières dans l’oeil, en souffrait-elle ? D’existentielles interrogations vinrent le titiller. Questions qui se poursuivirent au travers de son esprit, même après qu’elle l’eut laissé colmater, son verre de whisky à nouveau bien servi.

Dans son dos, des tintements se faisaient entendre, fruit de l’entrechoc des verres que la commerçante rassemblaient. Alec se demanda d’ailleurs comment elle faisait pour les dénicher. Avec le regard qu’elle venait de lui lancer, il était clair que de la vue, elle était privée. Et cela, jusque là il l’ignorait. De là, il ne comprenait pas comment elle faisait pour tenir son échoppe. Comment retrouver les bouteilles dans le cellier ? Comment savoir où le sol fut sali ? Comment reconnaître les habitués si l’on ne peut détailler leurs traits ? A la voix ? Et si en face il s’agissait d’un sourd muet ? Il ne trouva pas la réponse. Alors il préféra reprendre une petite gorgée, laissant le liquide venir chatouiller les papilles de sa langue. D’un léger moulinet du poignet, son verre tournoyait tandis qu’il réfléchissait.

Cette fois, ce n’était plus au sujet de la voyante qu’il tergiversait, mais bel et bien à propos des questions qu’elle avait formuléee. Effectivement, il était là, en quête de but, pour trouver sa voie. Mais il était également assis là, son verre à la main pour tromper l’ennui. Découvrir de nouvelles possibilités d’exploitation de la ville, qui, il l’ésperait, n’aurait pas le don d’à nouveau l’amener à une énième déception. Quant à ses démons, il pensait les avoir réglés. Les choses étaient plutôt simple et limpide. Alice s’était arrangée pour lui glisser un subtil ciao, condamnant toute évolution à leur relation. D’un coup de massue, elle l’avait enterrée. De ça, il ne restait plus qu’un homme endeuillé. Les choses étaient donc plutôt simple. Il n’avait qu’à accepter, puis se relever. Premier problème réglé. Dans le cas de Dragon, les choses étaient tout aussi enfantine. L’aura du souverain lui avait fait comprendre qu’il n’était qu’un chien. Hors, un canidé au palais, le démon doutait qu’il n’y en ait eu la nécessité. Keithan n’avait pas besoin de lui. Autre souci réglé, le suédois n’avait pas sa place au palais.

Vous voyez ? Plus de vieux démons. Il avait eu des réponses, avait compris les messages de tout un chacun. Il ne lui restait plus qu’à savoir dans quelle direction ses sentiments allaient le mener. Sa dernière déception amoureuse remontait à quelques années, et dans l’affaire, il y avait eu un cadavre. Alec se tâtait désormais à réitérer, quitte à être ensuite poursuivi. Le statut de l’ange qu’il avait souillée était en effet bien flou. Le Paradis le traquerait-il pour avoir tué l’un des leurs où seraient-ils soulagés que le camp de Lucifer lui-même ne donne exemple aux anges tentés de déserter ? A ça, il n’avait pas la réponse. Après, il réfléchissait, bien confortablement assis sur son tabouret. Mais face à elle, il savait qu’il ne pourrait résister. Sa fierté le ferait une nouvelle fois plier, mettre pied à terre. Il ne devait donc simplement plus la croiser. Et une fois l’ensorcellement rompu, il pourrait se permettre de planifier. En attendant, il n’en était qu’à la première partie, le sevrage. Bien.

Donc, s’il l’on en revenait au pourquoi du comment il se retrouvait là, à s’interroger, nous pourrions rappeler que l’unique présence du démon n’avait d’attrait que pour ce qui allait venir, l’avenir. Gigotant légèrement sur la surface boisée, il émergea de ses pensées, avant d’y replonger, se concentrant désormais sur cette foutue notion de prix. Comment pouvait-il parler à son intérêt ? Il ne savait pas même ce qu’elle était. De sa première impression, il semblait qu’il avait affaire à une déchue, mais comment savoir pour quel côté elle penchait ? Il ne pouvait lui promettre de bonnes actions si c’était les Enfers qui lui faisaient envie. A l’inverse, il n’allait pas lui promettre milles et unes sales besognes si la Lumière la charmait. Il allait donc lui falloir déterminer le bord que la voyante appréciait. Et ça, c’était pas gagné.

Terminant son apéro, il posa les yeux sur la patronne, qui depuis tout ce temps n’avait cessé de s’activer. Gardant le silence pendant un moment, il jaugea la précision de ses gestes, réellement curieux. Il ne comprenait toujours pas la manière dont elle pouvait se repérer. Pour les trajets habituels, il n’avait pas besoin de savoir, tout était ancré et ça, il ne pouvait que l’accepter. Mais les gens ne posaient pas toujours le verre au même endroit. Le hasard dans tout ça, n’était-ce pas parfois un brin handicapant ? Quand il n’y tint plus et qu’il voulut démarrer l’entretien, il l’interpella néanmoins:

« Dis moi, l’estropiée.. - D’ailleurs si ça te dérange que je t’appelle comme ça, dis le moi, je te trouverais un autre sobriquet - à quelle partie de toi dois-je m’adresser ? »

Se levant pour poser sa carcasse en verre de l’autre côté, à deux pas de l’évier, il poursuivit :

« Car si tu me parles de prix, alors que ton âme est tâchée et trouée, je crains avoir peur de me tromper. Serais-tu plutôt du genre à réclamer vengeance, ou à vouloir mettre au goût du jour la vérité ?
Les mercenaires coulent à foison dans le coin. Si tu avais besoin de force et de charger quelqu’un du sale boulot, tu n’aurais que l’embarras du choix. Je ne peux donc te proposer ceci. Si tu avais besoin de transmettre un message à l’un des souverains, tu saurais te débrouiller, sachant pertinemment où ils se trouveraient. Tu sais que je n’ai pas ma place au Palais, je ne peux donc être un infiltré, et puis d’ailleurs, tu n’as même pas besoin de te déplacer pour ceci. Je ne voudrais pas faire preuve de mauvaise foi, mais négocier avec toi risque de s’avérer un brin compliqué. A moins que tu n’aies besoin d’un commis, mais ça j’en doute fort. »




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