Too bad but it's too sweet [Alice Green ft. Keithan S.Kahara]

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MessageSujet: Too bad but it's too sweet [Alice Green ft. Keithan S.Kahara] Jeu 17 Mai - 18:25

Alice Green Ft. Keithan S.Kahara





Too bad but it’s too sweet




« On sort difficilement des enfers : les dieux souterrains savent mieux saisir que rendre leur proie. » Eschyle


La tempête bat toujours son plein, le vent semant le vrombissement du moteur alors que tu roules à toute allure à travers Damned Town. Les pneus crissent et les virages sont raides sous la pluie battante. Tu conduis dangereusement, animée par ton seul désir de continuer à t’éloigner de la ligne rouge. Tu franchis les pas les uns après les autres vers ta déchéance et la rage qui t’habite ne semble pas vouloir se tarir pour ce soir. Tu apprécies la caresse des ténèbres et son invitation à t’étreindre un peu plus fort ne t’est jamais apparue aussi délicieuse. Le chemin montagneux vers le temple se dessine à présent et tu suis son appel sinueux avec détermination, sans jamais éprouver la moindre hésitation quant à ce que tu t’apprêtes à faire.

Le tonnerre gronde toujours même s’il commence à s’atténuer, l’orage s’effaçant pour laisser l’averse se déchaîner seule. Quelques éclairs illuminent le ciel sombre du début de soirée et la ville en contrebas sombre de plus en plus dans l’obscurité. Les cieux voilés ne révèlent aucune étoile et même la lune reste invisible aux yeux des vivants.

Au bout de plusieurs longues dizaines de minutes à inonder ta veste en cuir sur la route, le temple apparaît derrière les arbres. Dans ce paysage chaotique, il te semble plus intimidant que lors de ta première visite dans la brume du petit matin. Arrivée à bon port, tu freines et mets pied à terre pour observer la bâtisse avec intensité. Un vague sourire passe sur tes lèvres alors que tu enlèves ton casque. Le vent chasse tes cheveux qui s’emmêlent dans ton dos et fouettent ton visage. Ils collent bientôt à tes joues et ton front, la pluie faisant son œuvre en quelques secondes. Tu avises plusieurs arbres touffus et y laisses ta moto en espérant la mettre à l’abri de la tempête. Tu n’as pas d’autre choix que celui de l’abandonner avec comme seule protection les immenses branches. Tu laisses ton casque sur la selle, il risquerait de t’encombrer. Tu ignores quand tu partiras d’ici ni même si tu auras le droit à un billet de retour. Alors tu laisses ta bécane derrière toi sans vraiment t’en préoccuper davantage et avances à pas lents vers le temple.

Il te domine de sa hauteur, les grands toits allant se percher à des hauteurs vertigineuses. Ce genre d’architecture est vraiment impressionnant. Perdue dans les éléments qui se déchaînent toujours autour de toi, tu longes l’enceinte pour te rendre dans les bâtiments arrière, où vivent les moines. Et où se trouve le bureau de Dragon. Ta destination. Tu cherches à te protéger des bourrasques près des murs, mais la pluie chasse dans ta direction et tu grelottes à nouveau, frigorifiée par le trajet à moto. Ta halte chez toi n’a pas suffi à réchauffer ton corps fatigué par les événements et la fuite dans les ruelles de Damned Town pour échapper à la garde du palais.

Tu te retrouves face à la même grille que quelques jours auparavant, encore une fois fermée, les moines ne désirant pas accueillir les visiteurs dans leurs quartiers privés. Tu jettes un regard embêté à cet obstacle que tu as franchi sans grandes difficultés la dernière fois. Tu te demandes si ta côte déplacée te permettra d’accomplir à nouveau autant de pirouettes. Il n’y a pas trois mille façons de le savoir. Tu empoignes le fer froid et humide avant de te propulser vers le haut. Mais une douleur fulgurante perce dans ta cage thoracique et ton pied n’a pas le temps de se caler contre le mur, tu trébuches et manques de tomber en arrière. Tu te réceptionnes tant bien que mal en grimaçant, te tenant les côtes. Résolue à entrer par tous les moyens, tu n’es pas non plus idiote. Tu voudrais éviter de faire subir plus de dégâts à ton organisme, tes muscles ayant assez été violentés pour le moment. Tu fais volte-face et retournes sur tes pas.

Tu franchis l’entrée principale du temple et tentes de distinguer un passage vers les bâtiments privés. Comme tu t’y attendais, il n’y a personne. Peu de visiteurs se rendent à la prière à l’heure du dîner, encore moins lorsqu’un orage a décidé de faire trembler la ville entière. L’espace est complètement désert. Tu feins tout de même la comédie, mimant une fidèle étrange qui arpente les alentours en faisant fi de la pluie qui s’infiltre dans les tissus de ses vêtements. Une fois derrière le temple, tu repères un passage menant vers le reste de la bâtisse, sûrement celui que les moines empruntent pour s’en retourner à leur quartier. Comme une ombre, tu suis le chemin et t’interroges sur la nécessité des acrobaties de ta première venue. Tu as toujours eu le don pour te rendre la tâche plus ardue qu’elle ne l’est en réalité. Ce simple constat te fait soupirer et tu accélères la cadence.

Tu n’as pas réfléchi à un plan pour entrer, l’idée est venue d’elle-même et ton itinéraire est déjà tout tracé. Ainsi, tu atterris devant la fenêtre que tu as brisée pour fuir Dragon. Comme tu l’espérais, les moines n’ont pas eu le temps de la réparer. Des planches de bois ont été grossièrement clouées pour obstruer l’ouverture et empêcher l’accès, l’humidité ronge déjà leurs rainures sombres. Il te suffit de puiser dans tes dernières réserves pour forcer le passage à l’aide de plusieurs coups de pieds bien placés. Deux des planches cèdent et c’est assez pour que tu puisses te faufiler à l’intérieur. Tu fais passer ton sac avant toi et fais un effort pour te glisser comme une anguille dans la chaufferie. Le rideau épais qui dissimule la vitre brisée balaye ta silhouette alors que tu te réceptionnes avec difficulté à l’aide de tes paumes, tes fesses restant coincées à l’extérieur. Tu ne t’es jamais sentie aussi minable qu’en cet instant précis. Tu forces un peu. Emportant une nouvelle planche dans ta chute, tu exécutes une roulade avant involontaire et ton dos vient heurter le sol. Allongée de tout ton long par terre, tu fixes le plafond dans un profond soupir. On est loin des compétences qu’Isabel te vantait encore quelques heures auparavant. Exténuée, tu te rends compte de tes propres limites, ton corps continuant de t’envoyer des messages urgents de cesser le feu. Tu ne cesses de l’ignorer mais force est de constater que si tu ne te décides pas à te reposer rapidement, tu finiras par y être contrainte.

Tu te redresses et vas récupérer ton sac. Le crépitement de la cheminée et le décor te rappellent immédiatement de mauvais souvenirs. Un frisson dégringole le long de ta colonne vertébrale et tu serres les poings. Sans t’attarder, tu te rues vers la sortie, refusant de rester une minute de plus dans cette atmosphère oppressante qui fait se réveiller la blessure sur ton omoplate. Dans tous les cas, ton arrivée est loin d’être discrète et le bruit risque d’alarmer les moines. Il faut que tu te dépêches. Une fois dans le couloir, tu te remémores ta course poursuite avec Dragon, tentant de te rappeler tes pas dans ce dédale infernal. Tu espères ne pas croiser de moines. Tu as assez blessé de monde pour aujourd’hui et tu voudrais éviter d’avoir à assommer un prêtre qui ferait des siennes.

Tu t’aventures dans le silence de la pierre, traversant les corridors discrètement. Tu entends des voix qui se rapprochent et te sers de l’ombre comme d’une cape dont tu te draperais pour être invisible. Tu te caches aux angles, attendant que les moines passent leur chemin pour poursuivre ton exploration. Tu finis par tomber sur un escalier et tu te souviens avoir chuté dans les marches en tentant d’échapper au démon. Tu grimpes rapidement et arrives au premier étage. Les images de ce long couloir obscur te reviennent en mémoire et tu avances à pas lent vers la porte en bois du fond. Une fois devant, tu remarques que le cadenas a été changé depuis ton effraction. Tu souris.

On protège son intimité Dragon à ce que je vois.

Tu tentes tout de même d’entrer, histoire d’être certaine que l’accès est bien impossible. De toute évidence, le roi des démons n’est pas là. Tu aurais ressenti son aura depuis les escaliers si tel avait été le cas. Son absence ne te freine pas pour autant. Avec ou sans lui, tu es décidée à entrer. Plissant les yeux dans l’obscurité, tu observes le cadenas. Il arrêtera bon nombre de visiteurs indésirables mais ne fera pas peur aux plus futés d’entre eux. Par chance, tu fais partie de la deuxième catégorie. Tu fouilles dans les poches de ta veste et en sort un petit outil métallique. Un bon espion ne se déplace jamais sans ce genre d’attirail obligatoire. Un genre de crochet qui permet de se débarrasser des serrures facilement. Il suffit d’avoir le coup de main et de s’armer d’un peu de patience. Mais tu n’en n’es pas à ton premier forçage. Une dizaine de seconde plus tard, tu sens le mécanisme céder sous tes doigts et tu esquisses un sourire satisfait. Ce genre d’instant a toujours été grisant pour toi. Quand le cadenas s’ouvre, son cliquetis résonne comme la mélodie d’un méfait accompli. Un interdit bravé de plus.

Tu ouvres la porte qui roule sur ses gonds pour dévoiler l’antre de Dragon. Un courant d’air froid s’échappe de l’intérieur et t’arrache un frisson. Dans l’obscurité, tu cherches des repères, les yeux grands ouverts et les mains prêtes à prévenir toute chute potentielle. La faible lumière du couloir, que tu trouvais déjà sombre, t’aide à distinguer les formes des meubles de la pièce. Tu avances vers le bureau et repères plusieurs bougies dans des photophores. Te cognant à plusieurs reprises contre les pieds de la chaise, tu fouilles à la recherche de quelque chose pour les allumer. Tu tentes d’ouvrir le premier tiroir mais il résiste, semblant demander un nouveau crochetage pour révéler ses secrets. Tu lâches un juron et t’attaque au deuxième compartiment que tu retournes dans tous les sens, reconnaissant la caresse du papier sous tes doigts et le son de plusieurs petits récipients qui s’entrechoquent. Tu passes au suivant qui se trouve être complètement vide. Tu lèves les yeux au ciel en ouvrant le dernier tiroir. Il semble scindé en plusieurs parties. Tu finis par reconnaître une boîte d’allumettes et la brandis avec triomphe.

Y’a pas de petite victoire, okay ?

Tu en sors une et bientôt une étincelle embrase le petit bâton, une jolie flamme venant illuminer le bout de tes doigts. Tu attrapes un des photophores à ta gauche et entreprends d’allumer la bougie à l’intérieur. Tu répètes l’opération pour les autres chandelles présentes sur le bureau jusqu’à ce la pièce soit timidement illuminée d’une lueur orangée. Tu souffles sur ton allumette et retournes à l’entrée. Tu récupères ton sac laissé à l’extérieur et en te relevant, ton regard croise celui d’un moine à l’autre bout du couloir qui semblait prêt à faire demi-tour. Il croyait sûrement voir Dragon apparaître dans l’entrebâillure et ta silhouette féminine l’a stoppé dans sa démarche de fuite. Il fronce les sourcils et te dévisage d’un air méfiant. Tu restes immobile quelques secondes, le temps de comprendre qu’il n’est pas décidé à chercher les ennuis. Tu ne t’attardes pas davantage et refermes la porte. Le silence fait bourdonner tes oreilles. Tu poses ton front contre le bois en respirant profondément.

Tu y es finalement parvenue. Tu es dans le bureau privé du roi des démons. Ici, tu es sûre que personne ne viendra t’emmerder pour quoi que ce soit. Le seul qui puisse venir perturber l’environnement de ta cachette temporaire en est le légitime propriétaire. Mais pour l’instant, Dragon n’est pas là. Tu ne renonces cependant pas à ton idée de départ et tu es prête à l’attendre autant de temps qu’il le faudra. Tu es décidée à avoir une discussion avec lui. Tu aurais pu te rendre au palais. Mais décidément, il faut croire que suivre un quelconque protocole n’a jamais été pour toi. Des règles ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Tu as préféré revenir ici. Dans cet univers familier où tu t’es confronté à lui pour la première et unique fois depuis ce soir de tempête.

Ton regard repère une petite table ronde vide à ta gauche, tu viens y poser ton sac. Tu enlèves ta veste en cuir trempée et viens la pendre au porte-manteau de l’autre côté de l’entrée. Tu laisses tes yeux détailler le repaire privé du roi des démons. Il n’y a pas de fenêtres et les bougies peinent à éclairer l’entièreté de la pièce, pourtant pas très grande. Tes prunelles sont attirées par un tableau accroché au mur, une peinture dont tu distingues mal les détails à la lumière dansante qui s’échappe des photophores. Tu repères tout de même la montagne enneigée sous un ciel d’orage, la foudre fendant les cieux de la même manière que lors de ton entrevue avec Isabel l’après-midi même. Tu repousses tes cheveux dans ton dos, ta tignasse trempée laissant échapper des gouttes glacées qui coulent le long de ton dos et chatouillent ton épiderme. Tu te frictionnes tant bien que mal mais ce n’est pas le bureau du démon qui pourra pallier ton manque de chaleur corporelle. Les murs de pierres semblent en effet renfermer les morsures du froid comme un trésor précieux. Le haut blanc d’Alec que tu as enfilé est complètement imbibé de pluie et colle à ta peau, laissant clairement voir ton soutien-gorge par transparence. Au concours de miss t-shirt mouillé, tu gagnerais haut la main, ça ne fait aucun doute.

Tu retournes près des bougies, seule source de chaleur potentielle. Tu t’assois sur la chaise de bois sombre dont l’assise et le dossier sont recouverts de cuir. Mis à part quelques livres rangés sur le côté et du matériel d’écriture, le bureau d’ébène est vide. Tu caresses le bord de la table d’un air distrait, imaginant Dragon installé à ta place, plume à la main, en train de rédiger divers rapports. Tu étires les muscles de ton dos et tes vertèbres émettent plusieurs craquements. Tu jures quand la douleur de ta côte point le long de ton buste. Tu te poses plus confortablement dans le siège en soupirant d’aise. Après tant de rebondissements et de jours agités, un moment de calme te fait le plus grand bien. A ta grande surprise, malgré le froid et l’obscurité, tu trouves l’endroit apaisant. Le silence est presque assourdissant. Pour sûr, Dragon doit être tranquille ici. Tu comprends sans peine qu’il puisse venir dans ce bureau reculé de tout pour travailler. Au-delà de l’odeur du bois, de la pierre et des flammes qui embrasent les bougies, un parfum discret à la fois floral et boisé vient surplomber l’atmosphère. Une fragrance subtile et légèrement sucrée qui ne te parvient que lorsque tu inspires profondément. Tu songes à ton tête à tête avec la reine des anges. Chez Dragon, on est loin du salon victorien au riche mobilier, avec tapisserie brodée de roses et effluves de thé au jasmin. Ton esprit t’affiche à nouveau l’air satisfait d’Isabel qui t’annonce que tu es désormais apatride. Tu te relèves instantanément pour penser à autre chose. Revoir son visage réveille en toi une certaine violence. Tu la chasses de tes réflexions pour l’empêcher de nuire à la sérénité qui s’était enfin fait une place dans ta soirée.

Sur l’autre mur, en face du tableau, tu y lis une phrase inscrite dans la pierre dans une langue que tu ne comprends pas. Ton regard balaye à nouveau le bureau et s’attarde sur les rayonnages de la bibliothèque qui recouvre la totalité du fond de la pièce. Tu souris en te remémorant Dragon qui t’étrangles contre les étagères. Votre rencontre toute en courtoisie s’est faite juste ici, entre les ouvrages philosophiques et les grandes œuvres classiques de l’antiquité. Son regard doré et ses traits sévères s’impriment en toi et tu te demandes si ta seconde intrusion sera traitée aussi rudement que la première. Tu ignores combien de temps tu vas rester entre ces quatre murs à attendre sa venue. Tu sais que ta patience aura ses limites mais ton entêtement t’aidera sûrement à faire face à ton empressement.

Tu te saisis d’un titre un peu au hasard et le feuillettes. Il est vraisemblablement écrit dans la même langue que les lettres qui ornent le mur de pierre. Son sens t’échappe. Tu le ranges aussitôt, prenant soin de le remettre à la bonne place. Soudain prise d’un élan de respect, comme si tu prenais conscience que tu venais briser la quiétude d’un endroit secret qui ne t’appartient pas, tu fais attention à ne pas faire s’abattre ton désordre légendaire dans le bureau. Tu fais balader tes doigts un peu plus loin sur l’étagère et déloges un nouveau livre, moins épais. Cette fois, il est parfaitement intelligible. Enfin, la langue usitée n’en reste pas moins alambiquée et encline à te donner la migraine mais ça devrait suffire à te distraire un moment. Tu observes la couverture et pouffes en découvrant que le titre constitue à lui-même une énigme. Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique. Cet Emmanuel Kant, qui qu’il soit, avait un sens du divertissement pour le moins douteux.  

Tu t’installes une nouvelle fois sur la chaise en face du bureau sur lequel tu y poses l’ouvrage. Tu remarques alors la présence au sol d’un grand tapis aux nuances orangées, orné de motifs élégants et sobres à la fois. Tu décides alors d’enlever tes bottes que tu laisses un peu plus loin. Tes chaussettes aussi sont humides. Décidément, encore quelques minutes de plus à l’extérieur et la pluie finissait par s’infiltrer sous ta peau pour venir diluer le sang de tes veines. Ta lèvre inférieure tremblote comme pour te donner raison et tu la mordilles par réflexe. Tu te frictionnes à nouveau, bras nus dans ce bureau glacé. Tu aurais bien un pull à enfiler dans ton sac mais tu ne veux pas commencer à élire domicile dans l’antre du Dragon. De toute façon, vu l’état de tes vêtements et de tes cheveux, il aurait tôt fait d’être lui aussi humide et ne t’aiderait pas vraiment à te réchauffer. D’ailleurs, tu aurais aussi besoin de changer de pantalon. Et de sous-vêtements. En bref, tu es trempée jusqu’aux os. Jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas un endroit où improviser une cabine d’essayage. Le roi des démons pourrait arriver à tout moment et quelle ne serait pas sa surprise de te découvrir à moitié nue, en train de te débattre avec jean au beau milieu de son bureau. Tu n’es déjà pas censée être là, tu préfères éviter d’aggraver ton cas.

Les talons calés contre tes fesses, tu poses ton menton sur tes genoux, t’installant pour commencer à lire, un peu au hasard, sans jamais vraiment comprendre le sens des mots qui défilent sous tes yeux. Ton esprit est fatigué et divague en luttant contre le sommeil, évitant de songer à l’univers du dehors. Tu te refuses à penser à Alec. Ce n’est absolument pas le moment pour se demander comment il vit les événements et ton ramassis de mensonge de la veille. Ce n’est pas non plus l’endroit adéquat pour s’interroger sur des regrets possibles de son côté après votre nuit ensemble. Et ce n’est toujours pas un contexte approprié pour se questionner sur vos futures retrouvailles. Alors tu t’efforces d’écarter Alec de tes songes pour te focaliser sur Dragon. Tu ignores s’il sera déjà au courant des événements de l’après-midi avec Isabel. En ton for intérieur, tu l’espères, comptant là-dessus pour obtenir un minimum d’indulgence de sa part quant à ta venue intrusive au temple. Une inquiétude subsiste cependant parmi cet amas de réflexions. Et si ta partie sur l’échiquier se terminait ? Si tu n’étais pas une cavalière, ni une folle mais un pion, avançant dans une stratégie bien précise, qui ne vient pas de mettre en échec la reine sur son propre camp, mais qui s’est fait prendre volontairement pour pouvoir faire mat ? Si tu n’étais qu’un sacrifice et que ton rôle s’était achevé avec ta fuite du palais ? Alors, probablement que ce rendez-vous improvisé avec Dragon serait le dernier.

Ton esprit se brouille peu à peu, se noyant dans le fourmillement de questions qui te taraudent et les essais infructueux de compréhension de ta lecture. Les événements ont fait de toi une vraie loque qui a besoin de dormir. Ton corps s’emplit de la quiétude de la pièce pour se détendre. Et Kant agit comme un véritable somnifère. C’est ainsi que vers vingt-deux heures, le sommeil finit par t’emporter. Ton corps bascule peu à peu en avant, tes jambes se relâchent sous la chaise et ta tête s’affaisse entre tes bras sur le bois d’ébène. Tu t’endors, assise à la place du roi des démons. Attendant la venue du loup, tel un petit chaperon noir trop naïf.

HRPG:
 


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