Ressasser le passé est-il synonyme de vérité ? [Feat: Jake Ludefalsius & Linnéa Krämer]

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MessageSujet: Ressasser le passé est-il synonyme de vérité ? [Feat: Jake Ludefalsius & Linnéa Krämer] Dim 2 Juil - 20:19



Jake Ludefalsius & Linnéa Krämer






Ressasser le passé est-il synonyme de vérité ?







La fenêtre était ouverte, laissant passer un léger courant d’air dans la demeure de Jake. Si vous tendiez l’oreille, vous pourriez percevoir une mélodie se frottant et flottant au rythme de la brise du matin : vous l’aurez compris, le jeune homme était en train de composer. Fermant les yeux comme pour se concentrer, il pianotait instinctivement, laissant la musique parler pour lui. La veille, Jake fit un mauvais rêve. Enfin, son subconscient lui rappela plutôt son passé, sa vie antérieure, son vécu… Ses souvenirs sur sa famille, les conflits, la corruption, la manipulation, tout refit surface dans son petit esprit tordu… Il faut savoir que Jake, lorsqu’il se retrouve seul, est très lunatique sur les bords. Ce qui n’est quasiment jamais le cas quand il se met à aller faire un tour en ville. Surement le prendriez-vous pour le genre d’homme stéréotypé qui aurait comme façon de penser « Je sourie en toutes circonstances devant les autres, et me plains sur mon propre sort une fois seul » sauf qu’il n’en était rien. Au contraire, Jake aimait faire transparaître ses sentiments au travers de la musique. Il ne s’apitoyait pas mais les exprimait. Faîtes bien attention à cette nuance. Terminant son accord, il s’arrêta et remis bien en place une mèche rebelle venu l’embêter. Je vais prendre un bain, ça va me changer les idées… Faisant couler l’eau, il se dirigea ensuite en direction de la cuisine et y prépara un thé vert. Pendant que ce dernier chauffait, il retourna d’où il venait et « plongea » avec vivacité dans la baignoire. A peine eut-il le temps de prendre ses aises, qu’il poussa un soupir de soulagement, ses os, se décontractèrent au contact de l’eau tiède comme si le jeune vicomte était quelque peu tendu. Sa tête à moitié immergé dans l’eau, seule la partie haute de son visage demeurait visible. Il fixait l’eau, limpide, transparente. Soudainement, son regard changea, il arborait un air joueur. Gonflant ses joues, faisant mine de tirer la moue, il se mit à souffler provoquant des bulles allant se mélanger avec la mousse qui commençait à apparaitre. Cet acte quelque peu stupide et immature, le fit sourire et oublier tous ses petits tracas.

Un sifflement aigu l’extirpa de son amusement : il en vint à oublier le thé qu’il avait laissé sur le gaz ! Lâchant un juron, il saisit au passage une serviette, se la mit autour de sa taille et repartit de nouveau au pas de course en direction de la cuisine. Eteignant in-extremis la plaque, il s’assit pour souffler, rassuré. Pendant un cours laps de temps, le jeune démon eut des sueurs froides, de peur que la situation puisse empirer. Remontant et allant une énième et dernière fois en direction de la salle de bain, il termina de finir son « train-train quotidien » comme il le disait à savoir, se brosser les crocs, se coiffer s’habiller etc etc…

De bien meilleure humeur qu’auparavant, il s’installa au salon et se servit une tasse de thé, la vapeur d’eau venant chatouiller sa peau. Ouvrant la fenêtre du rez-de-chaussée, il prit appui avec ses coudes sur une rambarde et posa sa tête sur la paume de sa main droite, regardant le monde dehors affluer.

- « Bon, sortons prendre l’air. Rester chez soi, c’est bien, mais sortir c’est mieux !  »

Tout était dit. Sur un coup de tête, notre jeune Jake, prit son manteau, le vêtit, fredonna un petit air et sortit. Sauf que cette fois-ci, il ne voulait pas voir la ville. Il désirait en connaître les alentours. Ainsi, il partit en direction de l’extérieur de la citadelle. Ses oreilles se baladant un peu partout, il apprit qu’un magnifique lac se trouvait non loin de Damned Town. Marchant joyeusement vers sa nouvelle destination, quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il parvint à la trouver ! L’endroit était d’une beauté ! Le lac reflétait les rayons du Soleil éblouissant le jeune homme qui devait plisser les yeux afin d’y voir quelque chose. L’herbe était verdoyante, s’agitant au rythme du vent. Les sapins de l’autre côté de la rivière était tout aussi vert. En somme, c’était un endroit parfait pour pique-niquer. D’ailleurs, plus le jeune homme regardait ses arbres plus il voulait y grimper. Friand des hauteurs, il se disait que c’était un endroit parfait pour contempler ce beau paysage. Se dirigeant vers ce dernier, il ne put tout de même s’empêcher de se dire que la cité et ses alentours étaient parfaits. Mais, beaucoup trop parfaits. La faune et la flore s’harmonisant à merveille, personne ne manquait de rien, l’écologie y était respectée, les humains vaguaient à leurs diverses occupations, insouciants : non, forcément tout n’est pas beau, n’est pas rose. La preuve, lui, jeune démon avait débarqué ici. Damned Town ne pouvait pas être tel qu’il le voyait. Des choses se tramaient dans l’enceinte de la ville, c’était obligé.

Se positionnant sur une branche d’arbre solide, Jake y étendit ses jambes afin d’y prendre ses aises. Sortant son éternel montre à gousset en or, seul souvenir de sa famille il l’ouvrit, non pas pour regarder l’heure, mais juste pour apprécier la mélodie qui en sortait. C’était lui qui l’avait composé, et l’avait offert pour l’anniversaire de sa défunte mère. L’enfant qu’il était se souvint de ses dernières paroles : « Je suis fier de toi mon petit Jake, je mets beaucoup d’espoir en ton avenir ; je sais que tu accompliras de belles choses quand tu seras grand. »

Refermant la montre, la mélodie s’estompa. Malgré ses efforts, une larme finit par couler sur la joue de notre jeune démon… Le passé hein ?...





HRP:
 

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MessageSujet: Re: Ressasser le passé est-il synonyme de vérité ? [Feat: Jake Ludefalsius & Linnéa Krämer] Dim 2 Juil - 23:14

Ressasser le passé est-il synonyme de vérité ?
J’avais beau aimer la nature et ses dérivés, je ne pouvais m’habituer à la dureté de mes nuits. Cela faisait quatre jours, jours pour jours que Tao et moi nous étions acquittés de notre mission aux ruines. Depuis, je n’avais plus eu de nouvelles, chacun s’en étant allé de son côté. Certes, nous avions évoqué la possibilité de nous revoir, sans avoir à se confronter à la poussière et aux secrets. Mais allions nous vraiment un jour nous recroiser ? Pas aujourd’hui, je l’espérais fort. Mon arrivée à Damned Town avait été ce qui m’était arrivé de plus beau depuis des lustres mais je n’avais pas pensé à la difficulté de l’administration qui l’organisait. Il allait me falloir encore un peu de temps avant de réunir tous les papiers en vue de mon futur logement. En attendant, je sommeillais là, sous quelque peuplier reculé. Chaque début de crépuscule incluait le rituel : il me fallait jouer à cache cache avec le gardien, et jusque là, je me débrouillais plutôt bien. Une fois qu’il s’était assuré que la quasi-totalité du monde s’était éclipsé, il fermait les lourdes grilles qui quadrillaient le parc que je squattais, revenant de temps à autres de son pas lourdaud, pour s’assurer que rien ne bougeait. Silencieusement, j’allais me planquer derrière quelques buissons à proximité, et attendais, sans bouger, échappant aux faisceaux d’une lampe aveuglante. Le souci avec cette façon de procéder, c’est que mes cycles étaient entrecoupés de réveils ponctuels. Je ne dormais pas assez, ne pouvant m’endormir que très tard, quand il se décidait à fermer et était réveillé dès l’aurore par ce même personnage. M’enfin. Au moins, je pouvais dormir et rien ni personne hormis lui n’étaient jusque là venus me tourmenter. L’avantage du gardien.. Cela m’avait évité de voir ma précieuse lame dérobée. Oui, cela faisait quatre jours, mais je ne m’en étais pas lassée, elle me fascinait toujours autant. Quand je craignais qu’une silhouette ne surgisse dans la pénombre obscure, quand un bruit me paraissait plus que suspect, c’est elle que je tirai à moi, dans la piètre illusion qu’elle me protégerait. Bon, j’avais peut-être oublié que c’est moi qui la maniais. Le dernier petit bémol était qu’à chaque fois que je m’assoupissais, l’image d’un inconnu se glissait sournoisement derrière mes paupières baissées. Cheveux noirs, traits tirés, sa figure équanime me hantait. Son aura glissait perfidement autour de moi, tentant de venir mordiller la mienne recroquevillée à la manière d’un chien qui se voudrait de me tenter à revenir jouer. Sa voix suave venait m’ensorceler en même temps que son regard m’hypnotisait. Soudain, il m’attrapait par les cheveux, me forçait à m’agenouiller, et de là me faisait la morale, me reprochant d’avoir tourné le dos aux miens. Nous avions connu plus terrifiants comme rêves angoissants, mais à chaque fois, je me réveillai le cœur battant, et mettait de longues minutes avant de retrouver Morphée. Qui était-il, pourquoi rêvais-je de lui sans l’avoir rencontré ? Oui, j’avais abandonné l’idée qu’un tel mirage ait pu un jour avoir lieu. C’était impensable. Si la route d’un démon j’avais croisée, il m’aurait illico presto renvoyée d’où je venais. Ou m’aurait tuée. Il ne m’aurait pas affabulé de récits en tout genre, avec le maigre espoir de me voir replonger. C’était impensable.

A l’aube de ma cinquième journée, je me levai en grimaçant, tout mon dos me lançant. N’y voyez rien d’inhabituel, il me fallait toujours une bonne dizaine de minutes avant de me remettre de ce sommier fort peu travaillé. M’étirant à demi-souplement, je fis craquer nombre de mes articulation, avant de me lever. Sur mon crâne, mes cheveux ébouriffés avaient à nouveau quelques invités. Des filaments d’herbes avaient entrepris de venir les orner. S’ils avaient été un peu mieux ordonnés et de quelques peu fleuris, je me serais plu à imaginer là quelques couronne florale. Malheureusement, j’étais loin de ressembler à une personnalité de rang élevé. Baillant sans m’y attarder, je tournai les yeux vers le soleil qui se levait, le saluant muettement. Au moins, ce qui était bien avec cette manière de fonctionner, c’est que je ne perdais pas une miette de ma matinée. Il fallait toujours positiver, surtout quand un rien pouvait nous inciter à pleurer. Après avoir terminé ma petite séance d’étirement, déliant mes muscles contracturés, je me rassis, attaquant de bon train le pain que je m’étais procuré. Malheureusement les provisions si généreusement procurées par les moines avaient fondues comme neige au soleil mais la ville pullulait de commerces en tout genre qui m’avait heureusement permis de me remettre à flot. Seule l’administration et leurs centaines de prérogatives me posaient toujours problème, il me manquait vraiment que cela. Je secouai la tête en imaginant la réaction de Radja s’il me voyait comme ça. Oh, il rirait, à coup sûr, se moquant de cette tignasse emmêlée qu’il allait falloir que je traite patiemment sous peine de devenir chauve à jamais. Ceci fait, il viendrait partager les rations, observant silencieusement ce qui nous entourait. Et là, de son sourire rayonnant, il me demanderait tout doucement si l’envie de me promener me prenait. Oh que oui. Mes jambes fourmillaient de l’envie d’aller marcher. Mon petit-déjeuner englouti, je me levai sans tarder, levant le camp sans plus m’éterniser. Avant toute chose, j’allais une fois de plus me rendre aux douches communes, histoire de me faire un brin de toilettes. Je voulais bien passer mes nuits à côtoyer le vent frais, mais sacrifier mon hygiène, ça, jamais. Une fois là bas, je rattrapai cette chevelure indomptée, la coiffant soigneusement. Douchée, prête à y aller, je partis sans attendre, me demandant bien où j’allais pouvoir aller me promener. La forêt, le temple et le lac étaient mes lieux favoris. Ils étaient peu fréquentés ! Mais aujourd’hui, la pureté de l’eau m’attirait. Soit, c’est là bas que je me rendrais. Un sourire aux lèvres, je me mis en route, la pelle ramassée lors de notre fouille avec Tao, me battant le bas du dos sans ménagement.

Du parc où je « logeais », je mis une quinzaine de minutes tout au plus, de ma démarche soutenue, à gagner les bords de la perle bleutée. Une fois arrivée, je m’arrêtai, profitant des rayons nouvellement nés qui se reflétaient sur la surface tranquille du géant qui sommeillait. Des joggeurs avaient déjà entamé leur entraînement, certains se boostant au son de quelques rythmes endiablés, d’autres ne pouvant s’empêcher de s’arrêter pour venir tremper les pieds. En voilà une idée qu’elle était bonne ! Je plagiai allégrement la petite rousse qui venait de le faire, et vint m’asseoir sur un rocher. De là, j’entamai une petite séance de méditation, les mains posées à plat sur mes cuisses immobiles. Ne vous attendez pas à ce que je vous dise que j’étais habituée à ce type de procédé. Cela serait mentir. A la vérité, je ne m’y étais mise qu’à mon arrivée. L’ambiance du temple, la simplicité de ceux qui y vivaient m’avaient frappée. Là bas, pas de précipitation, pas de frustration. Tout le monde prenait son temps, réfléchissait à ce qu’il faisait. Cela m’avait considérablement détendue. Depuis, je m’appliquai, tous les matins à rechercher cette sérénité qui m’avait habitée. Cela était si.. reposant. Inspirant et expirant longuement, je finis par rouvrir les yeux. Constatant que le soleil s’était déjà bien élevé, je me décidai à faire le tour du lac, profitant du fait que les enfants tumultueux n’étaient pas encore de sorties. Ce n’est pas qu’ils m’horripilaient, mais disons qu’en ce moment, l’introspection était de mise. J’avais besoin de trouver des réponses aux questions qui me titillaient, de remettre un peu d’ordre dans ma vie chamboulée. Mais pour l’instant, l’heure n’était pas à se chercher, mais plutôt à se promener. M’engageant sur le sentier principal, je me retrouvai rapidement au travers du petit bois. Une douce musique y régnait. Elle me mit du baume au cœur. Mon sourire n’en fut que plus grand, lui qui illuminait déjà mes traits fatigués. Il en aurait presque pu effacer mes cernes violacés. Mais il ne fallait pas non plus trop lui en demander vous savez, il faisait déjà ce qu’il pouvait. Règle numéro une pour ne pas flancher, toujours positiver. En écoutant le rythme qui en découlait, je me surpris à ne pas reconnaître les notes qui s’alignaient, en parfaite harmonie. Zut alors ! Tournant la tête de gauche à droite, je ne vis nul musicien. Personne d’ailleurs dont la présence aurait pu expliquer la symphonie qui me chatouillait. Hum.. Avait-on oublié sa boîte à musique dans le coin ? Intriguée, je m’arrêtai au point où le volume était à son paroxysme et pourtant, je ne pus localiser son origine. Un simple claquement clôtura le morceau. Dommage.. Ma jambe frémis alors que mon muscle s’apprêtait à me remettre en branle.

Ploc.

Oh non… ne me dîtes pas que les pigeons… Grimaçant par avance, je passai une main au niveau de ma tempe, essuyant la substance inconnue qui venait de me couler dessus. Hésitant à regarder, je fis tout de même un effort, quitte à me retrouver nez à nez avec quelque fiente. Quel ne fut pas mon étonnement de voir.. de l’eau ? Sans comprendre, je regardai la surface du lac. Aussi lisse que possible. Avait-il plu récemment ? Levant les yeux vers la cime des arbres, je vis ce à quoi je m’attendais le moins, : une paire de botte au subtil mélange noir et blanc. Hum.. Les pigeons avaient bien changé dis donc. Bourré d’OGM ? Nullement. Il s’agissait là seulement d’un sacripant qui s’essayait à faire le singe. Rassurée, je me décalai sur le côté, histoire de ne pas être sur le trajet de ses bottes si elles en venaient à tomber.

« C’est confortable là haut ? »

Les yeux tournés vers l’inconnu qui était tranquillement installé, je pris la peine d’essayer de discerner les traits dont il était constitué. Malgré les feuillages qui couvraient les branches, il demeurait en grande partie à contre jour si bien que je ne pus que constater la coupe étrange des vêtements qu’il portait. Il ne s’habillait pas au coin de la rue celui là. Où celle là ? Je ne savais à vrai dire pas. Une longue natte se balançait au rythme du vent, semant le doute dans mon raisonnement.


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MessageSujet: Re: Ressasser le passé est-il synonyme de vérité ? [Feat: Jake Ludefalsius & Linnéa Krämer] Mar 11 Juil - 16:27



Jake Ludefalsius & Linnéa Krämer






Ressasser le passé est-il synonyme de vérité ?







Regard perdu dans le vide, transcendant sa montre, Jake devait donner une bien piètre impression autour de lui. Vous connaissez ces moments où l’on a qu’une envie, c’est d’être tranquille ? Et bien là, c’était pareil pour lui. C’est vraiment le moment de réagir comme ça, il n’y pas à dire ! Seulement, les sentiments sont une chose qui ne se contrôle pas. De plus, à certains sujets, notre jeune démon est très sensible. Même en le niant avec brio aux yeux de tous, une fois seul avec sa conscience, c’est une autre paire de manche…

Depuis sa branche, ses yeux émeraude se portèrent vers le lac scintillant. Les oiseaux y chantaient ; ils étaient porteurs de bonheurs comme disait sa mère. Esquissant un sourire en repensant à elle, il fut rapidement extirpé de ses pensées par une voix féminine.

- « C’est confortable là haut ? »


Pris de surprise, Jake sursauta, glissa, se heurta, et finit par tomber de l’arbre par lequel il était suspendu. Il plissa d’abord des yeux, se frottant la tête dû au coup qu’il avait reçu. J’ai bien entendu quelqu’un, je n’ai pas rêvé ? Grognant à cause de la douleur ressentie, il se retint toutefois de vociférer quelques injures avant de ré-ouvrir une de ses paupières et de découvrir une présence à ses côtés.

Il ne pouvait distinctement la cerner, le choc le faisait voir légèrement flou. Cependant,  il put distinguer que cette fameuse présence semblait regretter son acte. Percevant tant bien que mal ses gestes, Jake vit qu’elle semblait s’agiter dans tous les sens tout en lui parlant.

Trouvant sa position des plus inconfortables, le démon s’empressa de se lever : bien trop vite évidemment. Il tituba, voulant reprendre ses repères.

-  « Aïe aïe aïe, même petit je ne tombais jamais des arbres… »


Dépoussiérant les éventuelles saletés présentes sur ses habits, une chose tilta chez le jeune homme. Mes gants, je ne retrouve plus mes gants !
Heureusement pour lui, il les retrouva bien vite. Une dernière formalité avant de s’assurer que tout allait bien pour lui, il mit une de ses mains dans ses poches afin de vérifier si sa montre y était. Se trouvant bel et bien à cet endroit, rassuré, il finit par pivoter sur lui-même afin de se retrouver nez-à-nez avec cette mystérieuse voix, daignant enfin lui consacrer de l’attention.

- « Oui c’était confortable, jusqu’à ce que l’on décide de me faire perdre mon équilibre. »

Bizarrement, Jake lui dit cela d’un ton froid. Elle n’y était pour rien. La nature appartient à tout le monde et il n’est surement pas le seul à aimer s’y repaître. Elle était juste là au mauvais moment.

Recouvrant la vue, il la scruta, plongeant ses yeux dans les siens. Marrons, enfin, châtains. S’accordant avec ses cheveux, la jeune femme semblait passer de mauvaises nuits depuis quelques temps au vu des cernes qu’elle avait.
Malgré cette brève description, la nature de notre démon refit surface. Il ressentit une aura du moins une sorte de distinction. La personne se tenant devant elle n’était rien d’autre qu’un démon déchu… De ce que Jake entendit aux enfers, ses semblables et lui-même ne sont-ils pas censés traquer ces êtres et les exterminer ? Voilà déjà une chose que je n’aime pas ici. De toutes manières, il n’était pas ici pour s’amuser à jouer à l’ours voulant chasser une proie.

Assez bavassé avec ma conscience, il est temps de faire les éternelles présentations et courtoisies envers les nouveaux visages, tel le veut la coutume.

- « Toi aussi, tu aimes regarder la nature opérer et admirer ce qu’elle devient ? »


Ce n’était pas du tout des présentations, mais Jake s’en fichait. Après tout, faire la connaissance d’une personne en de telles circonstances est peu commun alors pourquoi ne pas aller jusqu’au bout dans l’absurdité ?




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MessageSujet: Re: Ressasser le passé est-il synonyme de vérité ? [Feat: Jake Ludefalsius & Linnéa Krämer] Lun 24 Juil - 14:05

Ressasser le passé est-il synonyme de vérité ?
J’avais mis quelques minutes avant d’éclaircir ma voix et de l’aborder, histoire de cerner plus ou moins le type de personne qu’il était. Mieux valait cela que de partir tête baissée et risquer de se faire remballer. Pas que le fait de me faire agresser verbalement ne m’effraie. C’est pas comme si l’on s’adressait à moi comme une moins que rien seulement de temps en temps. J’avais en effet la malchance de ne côtoyer depuis le début dans cette ville que de mes « congénères » et dieu seul savait à quel point ma présence les excédait. Ils détestaient les individus comme moi, les « traîtres », ceux qui faisaient honneurs à leurs rangs. Ils avaient beau ne pas le dire clairement, à chaque fois qu’ils venaient me sonder, je sentais clairement le frémissement dégoûté de leur aura, le changement sans précédent qui les secouait. Je les répugnais, et j’avoue que ce sentiment était délicieux. Cela signifiait que je me rapprochais de la caste immaculée que je visais. D’autant plus que de base, je n’en demeurais pas moins de sang-pur. Raison encore plus grande de me haïr et de vouloir me faire la peau. Mais il n’est pas encore né celui qui me fera plier, encore moins celle qui pourra me tuer. Je le savais en plus, que je ne devais pas aller me frotter aux démons. Je les détestais autant que eux me rabaissais, la froideur qui m’habitait encore légèrement les tenait responsable de ce que j’avais enduré et l’envie tenace de me venger ne m’avait jamais quittée, entachant mes desseins que je voulais lumineux et généreux. Ils n’avaient pas fini de me compliquer la vie, m’ayant pourri le coeur de cette promesse de violence contre eux. J’aurais du m’estimer heureuse d’être capable de prendre du recul sur ma caste au point de les condamner, mais ce n’était pas forcément très altruiste et bienveillant que de vouloir les faire souffrir, leur faire endurer en retour ce qu’ils m’avaient fait vivre. Et pour cette impureté que je portais en moi, je savais que les portes du Paradis me demeureraient fermées. Mon sang de démone y jouant en plus de cela beaucoup. Jamais ils ne m’accepteraient vraiment, je le savais pertinemment. Mais cela ne tarissait pas mon envie de les rejoindre. Le monde était tellement beau, pourquoi ces enflures de chiens de Satan prenaient-ils le parti de le dégrader, de s’attaquer à la bonté humaine, de la détraquer ? Insensé. Et pourtant on ne peut plus vrai. C’est pourquoi il fallait le changer, quitte à ne jamais vraiment trouver sa place en retour. C’était un prix à payer pour voir son idéal triompher et j’étais prête à m’y résoudre. De toute façon, le plus dur avait été de me dire que je serais sans famille. Maintenant que je m’étais sevrée, je pouvais bien vivre quelques années de plus accompagnée de ma solitude non ?

Mais alors, si je tenais à l’égard de mes confrères tant de haine, pourquoi m’étais-je adressée à celui là ? Bonne question, très bonne question. Mais de loin, son aura m’avait déjà intriguée. Noire comme celle des autres démons, elle était toutefois assez… déroutante. Une pointe de nostalgie la blanchissait, et je la sentais vibrer, pleine d’une émotion que je ne retrouvais pas forcément chez les autres. Méfions nous de l’eau qui dort comme on dit, mais en l’occurrence, la seule eau tranquille qui me semblait digne de s’exciter, c’était celle du lac dont la surface était des plus lissées. Donc.. aucun danger. Et puis, au vu de l’air absent qu’il prenait, il s’était absenté. Il mettrait donc à coups sûrs quelques temps à revenir à ses esprits, suffisamment pour que je puisse filer si en fait agressif comme tout il se montrait. Sur ce point, j’avais raison. Ma voix vint écourter sa contemplation, le perturbant suffisamment pour qu’il en vienne à basculer. Comprenant les risques que cela entraînait, je poussai un cri.

« Attention ! »

Cela dut encore plus jouer sur ce qui ne manqua pas de se dérouler, il chuta, sa tête venant heurter le sol avec un trop plein de violence qui me poussèrent à m’approcher. Exit la prudence, je fis de grandes enjambées jusqu’à le rejoindre, affolée.

« Monsieur ? Monsieur ? Ça va ? »

Je ne le touchai cependant pas, ne m’accroupis pas, me contentant de rester debout, le surplombant sans ménagement. Il ne dut pas trop apprécier, au vu de la tentative de redressement qu’il esquiva. Bien sûr, au vu du coup que le bas de son crâne venait de se prendre, cela entraîna des vertiges qu’il ne put contrôler, au point qu’il en vint à tituber. Par réflexe, je tendis le bras gauche pour m’emparer du sien et ainsi l’empêcher de retomber, tandis que ma droite vint se placer au niveau de son dos. A peine sentis-je qu’il se stabilisait à nouveau, il se dégagea violemment, me lâchant d’un ton froid.

« Oui, c’était confortable, jusqu’à ce que l’on décide de me faire perdre mon équilibre. »

Reculant, je me renfrognais, n’en croyant pas mes oreilles. Comme si j’avais voulu qu’il se casse la figure ! Non mais. C’était pas de ma faute si c’était un piètre équilibriste quand même ! En plus, il se plaignit en faisant le beau. Oui mais mon coco, tu n’es plus enfant, à toi de savoir faire face aux aléas. Bien évidemment, je ne pipais mot, le visage encore fermé face aux vibrations glaciales que sa voix avaient prises. A quoi je m’attendais de la part d’un démon ? Qu’il me salue gentillement ? Trop bête Linnéa. La connerie humaine semble avoir un certain penchant avec toi, ma petite. Quand te rentreras-tu dans le crâne que jamais, oh grand jamais tu ne dois te laisser avoir parce que les gens te montrent d’eux ? Jamais je crois.. J’avais toujours eu foi en tout le monde. Oui, le paradoxe. Je me méfiais de tout, tout le temps, mais en même temps je ne pouvais m’empêcher d’espérer que les gens puissent changer. Mon rêve était d’adoucir Satan lui-même. Une infiltrée dans l’âme qui se voulait distributrice de bonnes volontés. Ridicule. On aurait dit une enfant qui espérait vainement devenir présidente ou encore chanteuse alors qu’elle ne sait pas chanter. Quelles illusions.. Au moins, cela relevait de jolies chimères. C’était déjà ça, on ne pouvait me reprocher d’être pessimiste.

Mon mutisme s’aggrava alors que je sentis ses yeux glisser sur moi. Serrant les dents, je constatai avec soulagement qu’il se contentai de mon visage, butant sûrement sur ces maudites cernes qui me marquaient. Baissant les yeux, je ne reculai pas. S’il pensait vouloir m’effrayer en venant me sonder, c’était loupé. Il n’avait qu’à me reprocher ma nature, me cracher sur les pieds si cela lui chantait, je ne lui ferais pas le plaisir de le laisser en paix, et ainsi repartir la queue entre les pattes. Son aura ne respirait plus la douceur que j’y avais précédemment décelée. Ayant retrouvé tout son potentiel, elle me fit frissonner. Pas qu’elle soit des plus démoniaques, mais même. Je n’étais plus habituée à telle noirceur. Surtout que depuis mon cauchemar au temple, je me braquai aux moindres ténèbres qui m’approchaient. Et dire que là c’était moi qui m’étais aventurée…

Après de longues secondes d’un examen méticuleux, il finit par se calmer, toute animosité ayant quitté sa manière de s’exprimer. Surprise, je relevai les yeux, ne comprenant pas tout de suite le baragouinage qu’il me servit.

« Toi aussi tu aimes regarder la nature opérer et admirer ce qu’elle devient ? »

Quoi ? Je chassai cet air ahuri qui m’abrutissait, plissant les yeux en tentant de savoir si j’avais bien compris. Au vu du silence que je lui offris en réponse, il tourna la tête vers moi, le regard inquisiteur. Hum… Voilà qui n’était pas courant comme entrée en la matière surtout que je m’attendais à tout sauf à cela. Une part de moi eu envie de ne jamais lui répondre, de continuer ma route puisque j’étais maintenant assurée qu’il allait bien, mais de l’autre.. se pourrait-il que je sois tombée sur un démon… gentil ? Mes oreilles n’en croyaient pas un mot, c’était comme manger du pain sans farine, mettre des lunettes sans verre, etc. Un démon gentil, c’était.. bizarre ? C’est ce doute qui m’incita à rester. Les différences devaient être conservées, non condamnées et puis je n’avais rien à faire de ma journée, devais seulement attendre que le soleil ne se couche. Alors bon.. Autant tenter de voir si ce démon avait quelque chose de particulier où si déjà je me faisais leurrer. Prenant le parti de me tourner vers le lac, je croisais mes bras contre ma poitrine, plissant les yeux face aux rayons qui se reflétaient sur la surface bleutée.

« A croire. J’aime surtout l’imaginer reprendre enfin ses droits sur cette espèce qui cherche tant à la parquer. »

Me taisant un peu, je finis par m’asseoir, désormais sourde quant à mon instinct qui me dictait de ne surtout pas faire cela. Mon sac à dois toujours vissé sur les épaules, retombant le long de ma colonne vertébrale, je repliai les jambes vers moi, posant mon avant-bras droit sur le sommet de mes genoux.

« C’est reposant, bien loin de l’agitation incessante de la ville et de ses habitants. »

Souriant doucement, je replaçai l’une de mes mèches que le vent était venu déloger, avant de relever les yeux vers lui, grande perche qu’il était.

« Et toi ? Tu fuis aussi la ville ? »

Maintenant que je pouvais l’observer sans y perdre une rétine, je constatai qu’il paraissait débarquer tout droit du siècle dernier, voire bien avant. Étrange.. Je fronçai les sourcils de manière imperceptible alors que je le questionnai immédiatement :

« Mon petit doigt me dit que le brouahaha persistant qui y règne doit te peser non ? Ou... justement, tu découvres ? »

Ça y est, ma curiosité venait de s’activer. Mon choix était fait, je voulais en apprendre un peu plus sur ce type particulier qui se démarquait de l’ensemble de la populace. Rien qu’à voir la longue tresse qu’il abordait ! Un rire léger me secoua tandis que je continuai à le détailler, sans toutefois insister, réellement curieuse. Grand, blond, les traits du visage d’une finesse sans égale, ses yeux verts émeraudes s’accordaient avec la veste qu’il portait, son pantalon étant quant à lui plus blanc que blanc. A ses pieds, des bottes elles aussi fort peu habituelles. Partisan du passé ? Envie de se démarquer ? C’est sûr que mon style à moi devait bien contraster à côté.. M’enfin. Ni lui ni moi n’avions à nous justifier. Je le laissai donc tranquille, reportant mes deux prunelles sur les abords du lacs qui scintillaient encore de la petite rosée qui était tombée.

« Pardonnez, vous préférez que je vous vouvoie ? »

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MessageSujet: Re: Ressasser le passé est-il synonyme de vérité ? [Feat: Jake Ludefalsius & Linnéa Krämer] Mar 25 Juil - 20:58



Jake Ludefalsius & Linnéa Krämer






Ressasser le passé est-il synonyme de vérité ?







A première vue, la jeune démone qui s’était dressée devant moi semblait vouloir entamer la discussion
Pourquoi ? Que recherchait-elle ? Je ne pouvais me fier qu’aux propos des autres de mes congénères aux enfers. Il paraitrait que certains aimeraient retourner aux enfers. Mais pour cela, ils doivent affronter de terribles « démons tueurs » en espérant à ce qu’un autre démon puissant le prenne sous son aile. Sans mauvais jeux de mots.
Me considérait-elle comme un de ses énergumènes au vu de mon accoutrement ? Certes j’étais puissant et influant mais, dans une vie antérieure. Désormais je suis un banal démon qui ne fait que vagabonder dans Damned Town.
Pas de conclusions hâtives. Ne jamais confondre rapidité et précipitation comme je le disais.
En parlant de flâner, il semblerait que je ne sois pas le seul :

- « C’est reposant, bien loin de l’agitation incessante de la ville et de ses habitants. Et toi ? Tu fuis aussi la ville ? »  

A peine m’étais-je relevé qu’elle me posa des questions. La petite brunette me semblait bien entreprenante. J’aimais bien découvrir la cité, toutefois, ces environs m’attiraient davantage. Il faut dire que je semblais être comme elle :

- « Mon petit doigt me dit que le brouhaha persistant qui y règne doit te peser non ? Ou... justement, tu découvres ? »


Instinctivement, je me mis à  penser aux parcs d’attractions avec Zora. Le lac était l’exact opposé ; Calme, apaisant.

-  « Oui, j’aime les endroits tranquille, on s’y sent bien, ce sont des endroits parfait pour relativiser et réfléchir. J’aime m’y repaître et y passer du bon temps. C’est un peu comme ma seconde tanière si je puis dire.»

Qu’est ce qui me prenait de lui dire ça ? Je n’en avais pas la moindre idée. Toujours est-il que ce qui est dit, est dit.
De plus, elle m’intriguait. J’aimais beaucoup la nature est tout ce qui s’y rapportait et voilà qu’elle me sort aimer la regarder reprendre ses doigts ? En parlant de Dame Nature, si un jour vous venez à me demander qu’elle serait ma fleur préférée, je vous répondrai la rose. Diverses couleurs, diverses significations. Toutes ayant un but précis. J’étais friand de ce genre de subtilités. De plus, leurs parfums étaient exaltants, envoutants…

- « Pardonnez, vous préférez que je vous vouvoie ? »


Sa prise de parole, finit pat m’extirper de mes pensées. S’il y avait bien une chose dont j’avais horreur, c’était les formalités. Mis à part pour notre supérieur hiérarchique, pas de vouvoiement entre nous, nous sommes tous égaux. Peut-être que j’agissais mal en tant que démon et que je devrai la considérer comme une moins que rien, mais, mes principes avant tout. De plus, tant que je n’en apprenais pas plus sur elle, je ne pouvais pas prendre certaines initiatives.

-  « Je n’apprécie guère ce genres de procédés. Restons-en au tutoiement, tu veux bien ? »


Un bref silence s’instaura avant que je reprenne :

-  « J’en viens même à oublier les bonnes manières : je me nomme Jake Ludefalsius. Tu l’auras senti, je suis un démon, jeune déchue »

Ces dernières paroles, avaient pour but de voir sa réaction. Nous admirait-elle ? Ou au contraire, elle n’avait qu’une idée en tête nous renier jusqu’au dernier pour tenter de se repentir vers nos « ennemis » de toujours ?
Je ne pris pas la peine de lui demander son nom. Si elle voulait m’en faire part, elle le ferait. Je ne voyais pas les choses sous le même angle que les « communs des mortels » si je peux me permettre d'utiliser cette appellation. Faire connaissance avec quelqu’un, ça doit être mutuel. Nullement besoin d’insister en disant des choses telles que « Je m’appelle Jake et toi ? » Il faut laisser le temps faire avancer les choses : telle était ma façon d’agir.

La regardant dans les yeux, je finis tout de même par lui poser cette question :

-  « Et toi ? Pourquoi être venue ici ? »

Une légère brise se leva faisant flotter ma longue natte blonde et mes vêtements. Ce léger vent était-il synonyme de prise de distance, de méfiance ? Ou au contraire, de bonne fortune ?




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MessageSujet: Re: Ressasser le passé est-il synonyme de vérité ? [Feat: Jake Ludefalsius & Linnéa Krämer]

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Ressasser le passé est-il synonyme de vérité ? [Feat: Jake Ludefalsius & Linnéa Krämer]
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