Rain falls from the clouds, lightning from the stars.

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MessageSujet: Rain falls from the clouds, lightning from the stars. Dim 2 Juil - 15:21


Rain falls from the clouds, lightning from the stars.  





Rain falls from the clouds,
Lightning from the stars.

Je hais cette ville. Je hais ses habitants. Je les HAIS, tous autant qu'ils sont.  Mère Nature semble des plus d'accord avec moi. La pluie frappe les carreaux avec une violence redoublée. C'est le déluge au dehors. J'aimerais pouvoir faire comme elle, laisser les larmes de rages s'écouler, venir lécher mon épiderme encore tremblotant de la douche froide que l'on m'a à nouveau si gentillement donnée. Mais je ne peux pas. Le feu qui me consume est bien trop important. Il sèche tout ce que je voudrais exprimer, me laisse frétillant de l'envie de le laisser parler, de venir tout consumer. Je sens mon sang qui bouillonne à mes temps, perçoit mes phalanges qui se recroquevillent et s'étirent, dans l'envie furieuse de venir cogner. Mes pupilles sont dilatées. On dirait mon état une fois que je me suis piqué. Mais pas cette fois, je veux rester maître de mes moyens, je veux ruminer en paix, savoir comment je vais aller leur faire payer, les détruire. Me détruire. Je suis prisonnier d'une ville que je n'ai jamais pu sacquer, entouré d'enfoirés que je ne demande qu'à rencontrer. Je me suis décidé à l'instant, il est temps des bonnes résolutions, je veux tout connaître de leur vie, tout discerner de leurs défauts, trouver leurs failles. Tendre le doigt pour appuyer là où cela fait mal, enclencher les rouages qui les feront plier. Je ne veux pas régner, pas encore, loin de moi telle idée. Je veux me venger. Me venger de tout ce que l'on me fait. De tout ce qu'ils m'ont fait. Dragon. Alice. Comment ais-je pu bêtement me laisser ensorceler par un tas de plumes immaculées ? Qui bat des cils et montre son corps à tout vent ? Je suis vraiment trop con. Est pris qui croyait prendre.. Ah oui, ça on peut se le dire, elle m'a bien baisé, et ce dans tous les sens que vous le voulez.

Je pourrais vous conter ma soirée sur le bout des doigts. J'avais été d'humeur maussade ce soir là, et pour cause, je venais de découvrir la trace de bétail que Dragon lui avait faîte. Forcément, sans avoir jamais vu son visage, je l'ai imaginé la toucher, ses doigts glissant le long de sa poitrine rebondie, venant se loger là où cela lui plairait. Sauf que.. il n'y avait que moi qui avait ce droit de propriété. Elle était à moi. Ses gémissements étaient à moi, ses fantasmes m'appartenaient. Son cœur aussi. Mais elle n'en avait pas. Sa déchéance n'aurait jamais du aller aussi loin, j'avais fait d'elle un monstre, tout droit sorti de la gueule de Lucifer. Ô, rassurez vous, il ne vous est pas dangereux, loin de là. Elle était devenue mon hydre, ma chimère. Putain. Je n'en reviens pas. Oui, après l'avoir couverte de baisers, avoir obtenu ce que je voulais, je me suis barré. D'accord, c'était peut-être pas le meilleur des comportements. J'aurais pu en profiter un peu plus, être là à son réveil, pouvoir la regarder dans le blanc des yeux, ma main caressant sa joue marquée par les traces de l'oreille. Mais j'suis pas comme ça moi. Pardonnez moi de ne pas être ce gentleman, je me suis enfui comme un voleur. Et c'est sans dire. La petite pièce de dentelle noire, je l'avais savamment glissée au beau milieu de mes affaires. Une trace de ma conquête. Au moins une nuit, elle m'aurait appartenu. Crétin…

Je me redressai subitement, quittant le pont sous lequel je m'étais réfugié. Les lèvres bousillées à force de les avoir mordues, faute d'autres victimes, je laissai les éléments du ciel venir me tremper, de la tête au pied, imprégnant mes cheveux dorés, les aplatissant, les domptant momentanément. Je serais bientôt collant, sentant le chien mouillé. Mais qu'importe. Elle m'avait oublié bordel. Vous vous demandez si je l'avais revue ? Bah bien sûr. Dans cette si petite ville, je ne pouvais pas ne pas la croiser. Faut dire que j'ai aussi un peu forcé le destin, le cœur battant à l'idée de revoir ma belle. Débile. Stupide. Abruti. Oui je l'avais revue. Mes yeux étaient revenus sur son délicieux minois, et le souvenir de nos ébats m'avait transcendé. Je ne demandais qu'à réitérer. Alors, je m'étais approché, l'avait embrassée, sans plus de formalité, lui lançant une petite pique que j'avais mûrement préparée. Et là. Ses sourcils s'étaient froncés, les plis de son visage contractés. Il n'en fallut pas plus pour me déstabiliser.

Alice ? Tu te rappelles ? Hier j'étais chez toi… Avec toi.


Rien. Le néant total. Elle avait nié en bloc. Ma mâchoire avait manqué de se décrocher, et je ne déconne pas. J'ai pas pu m'empêcher de la regarder, sans une once d'animosité au fond des iris, les muscles frémissants.

Si c'est une blague Alice Green, elle n'est pas drôle. Tu m'as invité dans ton lit.

Toujours rien. Foutage de gueule ! Si ça ne lui avait pas plu, elle n'avait qu'à le dire. Oui, j'avais déjà eu des ratés, notamment au vu de mes premières fois, mais plus depuis des lustres ! Et quand bien même je me serais foiré, mon ego en aurait pris un coup et j'aurais voulu me rattraper, voilà tout. Mais au vu de ce que de mon côté j'avais ressenti à le voir ainsi prendre son pied, j'étais loin d'avoir offert à ma nymphe la plus piètre de mes représentations. Mais peut-être après tout que mes prédécesseurs étaient des bêtes dans le domaine. Je n'en savais rien. Le doute plana, quelques instants, jusqu'à ce qu'à force, je comprenne que non, elle ne blaguait pas, n'en conservait vraiment aucun souvenir. Putain de rhum. Pourquoi fallait-il donc qu'il l'ait laissé boire comme ça ? A s'empiffrer de ces cochonneries. Ah elle était belle la jeunesse. Je crois que je n'ai même pas pris la peine de la saluer. J'ai tourné les talons, pour ne pas qu'elle aperçoive la lueur de souffrance qui avait embrasé mes prunelles glacées. A nouveau, j'avais fui, n'était pas demeuré là où j'aurais dû rester. Et me voilà maintenant encore à me lamenter.

Oui, je suis mouillé, trempé, imbibé. Me croyiez vous si je vous dis que je ne sens rien ? Hormis ce poison qui me bouffe, certes. Bah voilà. Moi qui pensais me retrouver, comme ça, entre ses bras, j'avais rechuté. Piètre destinée pour un démon que de s'en finir sous un pont. La vie était tellement injuste. Ah ça, elle s'en souvenait de sa rencontre avec Dragon, ça je peux vous l'assurer. Il suffisait de revoir sa mine désolée, toute attristée alors qu'elle dénonçait ce qu'il lui avait fait.. Et je l'avais crue bordel de merde ! Sa bouille angélique m'avait fait chavirer, j'étais tombé dans ses filets. Je suis sûre que cet enfoiré l'avait comblé, quoi qu'elle puisse en affirmer. D'ailleurs, parlons en de cet enculé. Je crois qu'il détenait la palme de celui que je haïssais le plus. J'avais envie de le déchirer. Venir moi-même discuter. Si j'attendais qu'il vienne à moi, j'en avais pour des lustres. Pourtant, ce dégonflé rassemblait ses troupes, cela ne faisait aucun doute, je le sentais. Dans notre quartier, les démons s'éveillaient, partaient souvent en groupe en direction du palais. Mais moi, bien sûr, j'étais toujours à la salle où dans mon canapé. Je n'avais pas bougé. Bah non, j'étais trop médiocre pour sa personne, bien évidemment. Oui, je souffrais de cet anonymat, oui, je ne supportais pas d'être relégué au rang d'assisté, à passer mes journées à tuer le temps plutôt qu'à servir ma caste. Attention, servir non pas comme un être assujetti, ne mélangeons pas tout. Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. Beau proverbe. Je ne comptais pas me laisser me dominer. S'il y avait bien un dominant, il s'agissait de moi. Mais il fallait dire que l'idée de servir les sombres desseins de Lucifer me faisaient vibrer. J'adorais répandre la peur, voir l'angoisse se refléter sur les faciès apeurés.

C'est peut-être ce qui me donna la motivation nécessaire pour me bouger. D'un pas déterminé, je repartis en la direction de mon chez-moi, la tête fièrement dressée sous le ciel assombri. J'aurais ta peau, foutu Dragon de mes deux. Et crois moi, je te l'arracherai lentement, à la force de mes ongles. Je baverai devant ton sang qui s'écoulera, et de tes yeux, je me ferais une petite pétanque. Pourquoi pas. J'irais prendre ceux d'Itsuke aussi au passage, histoire de pouvoir me constituer une équipe digne de ce nom. Ah.. j'oubliais. J'établirai mes quartiers chez toi, et je ferais ce que tu n'as toujours pas commencé. J'irais tuer la poule aux œufs d'ors, ces mauvaises herbes angéliques qui prolifèrent un tantinet trop dans ces contrées. Non parce qu'on a connu mieux niveau efficacité. La démence m'aveuglait, un rire satanique me secoua alors que je m'imaginai que je pourrais triompher. La dessus, je m'aveuglai, assurément. Mais je n'en avait cure. Exprimer toute la violence qui m'habitait me soignait. Je ne guérissais le mal que par le mal, et il était temps que je pense à moi. Ceux qui disent que je ne faisais déjà que cela, je les emmerde. Copieusement.

Mes pas se firent plus rapides sans que je ne m'en rendent compte, et bientôt, j'en fus réduit à courir. Dès que mes foulées se furent agrandies, je retrouvais avec plaisir ce que j'avais trop oublié. Le goût de la traque. Partout où je passais, mon regard se promenait, fouillant chaque recoins auxquels j'accédai, m’intéressant à toute personne que je croisais. Mes yeux se posaient sur leur adorable minois, les imaginant parfois tous de sans tâchés. Instinctivement, ma langue vint pourlécher mes babines retroussées. O que j'aimais ça. Au sein de mes narines, le fumet de ce délicieux nectar vermillon me parvenait, tandis que mes yeux se fermaient, le temps d'imaginer le goût âpre mais si bonifiant qu'il procurait. Pourquoi n'avais-je jamais chassé ? Armé d'un feu follet armé ? Bonne question. Je n'aimais pas cela. Pour moi, la lutte à mort était la plus noble. Elle permettait de démontrer de sa force, aspirer le respect à ceux qui y assistait, ou pourquoi pas les provoquer un tantinet pour que dans la même soirée, un peu plus de sang ne soit versé ? J'adorais l'adrénaline du danger. Le cœur emballé par le combat entamé, les coups qui pleuvaient, la riposte qui menaçait, et finalement l'ennemi qui s'écroulait, à tes pieds. Un dernier coup de couteau affirmant ma victoire, une signature laissée sur le cadavre qui déjà se refroidissait, et j'en étais fort comblé. Oui, il m'en fallait peu. C’est-à-dire que je poursuivait ? Mais ma vengeance voyons. Me voilà qui courrait après mon honneur que l'on avait balancé, que j'avais moi-même mis de côté.

Derrière moi, la porte claqua. Mes pas résonnèrent sur le plancher qui craquait, protestant face à toute cette eau polluée que je ramenais. Ta gueule. La serpillière serait passée, mais pas maintenant. Montant les marches lentement, je gagnai ma salle de bain, m'y douchant longuement. En ressortant, je pris soin de mon apparence. Séchant mes cheveux avec application, je les ébouriffais volontairement, m'aspergeant de déodorant et de parfum musqué. Tant pis pour ceux dont l'odorat était sensible, ils n'auraient qu'à changer de pièce. Sans me vêtir de ma serviette où de mon peignoir, je partis vers ma chambre, ignorant mon lit défait, me glissant au contraire rapidement dans mon dressing ordonné. De là, je ne fis pas compliqué. Un caleçon neutre d'une couleur mauve vint couvrir ce que je considérais comme l'un de mes plus grands atouts. A la vue de la couleur particulière, je retins un rire. Moment de gaieté passager qui me fit d'autant de bien qu'il relâcha mes muscles bandés par la nervosité. Il me faisait penser à Flora. La petite princesse… Je ne l'avais pas revue depuis notre escapade en mer. Il allait falloir que je la retrouve. Elle penserait sûrement que je la harcèle. Peut-être. Mais force était d’admettre que j'’aimais bien sa compagnie. Calme et pourtant tourmentée, comme mon océan bien aimé. Par contre, hors de question que je me munisse de ce bob ridicule. Le balançant au fond de mon étagère, j'en profitai pour attraper une chemise blanche et un jean noir. Sobrement, je m'habillai, déboutonnant deux ou trois attaches histoire de me la péter un peu. Bah oui, j'allais pas bosser tous les jours ce corps d’Apollon pour le masquer, fallait pas déconner. Une fois présentable, je redescendis et enfilais des souliers digne de l'un des plus grands banquier. Finalement, le parapluie à la main, je ressortis. Puisque Dragon se refusait à venir à moi, c'est moi qui irait à lui.

Prenant la direction du palais, du moins je pensais qu'elle était ainsi, je revins sur mes plans à peine esquissé. Mais je finis bien vite par les abandonner. Pas de stratégies, ça ne servait à rien. Et puis, il s'agissait d'une simple prise de contact non ? Courtois et civilisé, Hamilton. Tu rêves. Je ne lui ferais pas cette illusion. Gravissant les marches, je pénétrai dans l'enceinte, m'identifiant à la soit disant loge en faisant claquer mon aura dans les airs histoire de prouver que non je n'étais pas l'un de ses humains maigrelets ou pire encore, l'un de ces fanfreluches d'être ailés. Je ne pris ni la peine de my'arrêter, ni de regarder la pauvre démone en fonction, qui avait été placée là. Traversant les salles comme si je les connaissais et ce depuis des années, je fis abstraction de la décoration et de l'architecture des lieux, obsédés par la personne que je voulais rencontrer. Etait-il richement vêtu ? Etait-il bien bâti ? Menaçant ? Les cheveux grisonnants ? Jeune ? Gonflant ? Mes questions affluaient et une affirmation se différencia des autres : Je ne comptais pas quitter de si tôt ce palais. J'aurais donc tout le temps de me pencher sur ses caractéristiques, apprendre à le parcourir du bout des doigts. Pourtant, même en manquant de repères, je marchai d'un pas assuré, sans jamais hésiter. Certains me demanderont mon secret pour déambuler sans me tromper. Excellente question. Et bien.. quand vous avez la rage au ventre, que vous pénétrez face à l'un des sujets haut-placé de Satan, en général, son influence imprègne les lieux comme l'eau imbibait mes fringues ce matin. Vous voyez le truc ? Bien. Il me suffisait alors de  suivre les pièces où son aura soit disant maléfique régnait pour m'y retrouver. Bon, okay, elle l'était peut-être un tantinet. Au moins un bon point pour lui. C'était peut-être cette noirceur là qui avait séduit Alice. Pourquoi pas ? Elle l'avait sûrement jugé plus habile pour la faire passer de l'autre côté. Un haut le cœur me submergea alors que, une nouvelle fois pour pas changer, je les imaginais se caresser. Putain. Respire. Ne te dégonfle pas. Évite de te faire intercepter avant d'y arr..

« Et ! Vous là ! »

Accélérant, je continuai ma route, les sens en alerte. Dans mon dos, une paire de chaussure claqua sur le marbre souillé, bientôt rejointe par une seconde beaucoup plus agitée. Cela me confortait dans mes choix. Je me dirigeais bel et bien vers la tanière du Dragon. Roupillait-il encore à cette heure comme un ado fêtard ? Sans m'appesantir sur de telles pensée, je finis par pivoter sur moi-même pour me retrouver face à mes poursuivants. Oui, il fallait bien que je m'en débarrasse d'une quelconque façon. Suspicieux, ils m’interrogèrent. Immédiatement, je rappelai mon aura à mes pieds, lui sommant de se calmer. Ce qu'elle fit à regret. Je sentis son souffle et ses mains glacées venir caresser ma nuque, à l'image d'un petit singe qui viendrait s'agripper à moi, regardant par dessus mon épaule la suite des événements. Offrant un sourire rayonnant à ces chiens tout bons à partir direction la Chine, je leur expliquai que j'avais rendez-vous avec leur souverain, d'ici 5minutes à peine, et qu'étant déjà en retard, je ne désirais pas plus me faire attendre. Après quelques arguments copieusement étalés, l'un prit le parti d'aller se renseigner, sortant de la pièce pour gagner l'entrée et gagner la loge qui jamais ne m'avait attendu. Dès que son pas ne résonna plus, je me jetai sur l'autre, lui plaquant une main sur la bouche. Bien évidemment, comme je n'étais ni James Bond ni Tom Cruise, je chutait avec lui, me retrouvant au dessus de lui, l'écrasant copieusement de tout mon poids, De l'autre main, je vins lui cogner la tempe alors que sa bave mouillait celle qui le muselait. A force de répétitions, il finit par cesser de s'agiter. Trop facile. Il allait falloir revoir la sécurité de ce lieu. A moins que Dragon ne craigne vraiment personne et n'ait donc que cure de ceux qui venaient jusqu'à lui, tout autant que de leurs intentions. Tant mieux pour moi, j'avais envie de dire. Me relevant, je le laissait tranquillement roupiller, reprenant quant à moi le fil de mon avancée. Toutefois, j'esquissais une grimace écœurée en essuyant ma main pleine de bave sur l'une des tapisseries qui décorait.

Comme si le Palais m'avait toujours attendu, ce dont je doutais absolument fortement, je déboulai dans une petite pièce douillettement organisée. Sérieusement ? Une salle d'attente ? Mais j'allais pas chez le toubib. Ah pardon, c'est que le Dragon était famous, il devait y avoir de l'attente. Pardon, pardon. J'avais oublié à quel point il était génialissime cet homme. Face à moi, une porte se dressait, richement décorée. Forcément, on était pas dans la section des domestiques ici.. Ce fut vers elle que je me dirigeai sans tarder, actionnant la poignée avec une envie non dissimulée.  Tout mon corps tremblait d'excitation à l'idée d'enfin pouvoir aller me faire cogner. Quitte à terminer à moitié mort, l'envie de moi-même donner quelques coups me démangeait bien trop pour que je puisse me contenter d'une telle mise en garde. Je dus néanmoins contenir mes ardents désirs. La porte était verrouillée. Grondant de colère, je me jetai dessus, lui offrant en gage de petit présent un coup d'épaule qui me fit grimacer. Mais je ne renonçait pas pour autant, réitérant encore et encore. J'étais convaincu que j'y parviendrai.

Dragon, je sais que tu te caches là. Ouvre moi. A moins que tu ne te tapes encore un autre ange ? Oh.. Alice peut-être ? Une nouvelle fois ?



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MessageSujet: Re: Rain falls from the clouds, lightning from the stars. Lun 3 Juil - 9:08

Rain falls from the clouds, lightning from the starsDu chaos naît une étoile. Car c'est dans l'ombre que la lumière surgit. Une lueur dans le nuit sera plus brillant que tout les rayons du soleil en plein jour. La pluie.
C’est la rédemption du ciel. La pluie lave la terre, fait renaitre les plantes et les rivières, donnent de l’eau à toute les créatures vivantes, …
La pluie est un salut pour tous et je l’aime.

Pourquoi ? Aucune idée, j’aime c’est tout. J’aime l’eau qui ruisselle sur les bords de mon chapeau et le long de mon manteau. J’aime le froid qui me transperce pendant la tempête et le vent qui balaye mes cheveux humides. J’aime l’odeur de l’herbe mouillée et la boue. Galopé au milieu de la forêt malgré le risque de dérapage. Mon cheval trempé jusqu’aux os qui continue pourtant de grimper sur la montagne, les jambes tremblantes et les naseaux frémissants.

Cette tempête c’était déclaré quelques heures auparavant, alors que j’étais encore dans l’Observatoire. Une aubaine pour moi, car j’en avais besoin. La pluie m’aide à réfléchir et à faire le tri dans mes idées.

J’ai donc fait ni une, ni deux. Pris mon chapeau, ma veste et mon cheval, et je suis sortie.

La tempête était encore plus importante que ce que je n’avais imaginé et j’ai hésité un instant à poursuivre ma promenade. Pourtant, Ourane semblait encore plus motivé que moi à aller courir sous la pluie. Définitivement, cet équidé est fait pour moi et ce depuis toujours.

J’ai grimpé en selle et est lancé Ourane sur la piste boueuse qui même aux crêtes. Il s’élance en se cabrant sur les galets.
Même à travers la selle je peux sentir ses muscles tendus. Le sol est si glissant que pour avancer il pousse de toute ses forces sur ses épaules et son encolure dans l’espoir de se hisser vers le haut. Moi je m’accroche. Je m’agrippe à sa crinière et sert mes jambes autour de ses flancs.

Le vent et la pluie fouettent mon visage, mes cheveux s’emmêlent et mes vêtements sont détrempés, mais j’aime ça. Le poil d’Ourane est plaqué contre sa peau grise et sa queue claque derrière lui.

Il glisse sur des pierres humides et nous manquons de chuter dans le ravin, mais il nous en faudrait plus pour nous tuer. Je souris et donne un nouveau coup de talon sur les flancs de mon étalon.
Il redouble d’effort pour nous emmener en haut. Et nous atteignons rapidement notre but, c’est-à-dire le sommet de la montagne. Wild ralentit un peu sa course, mais sans pour autant repasser au trot. Je lâche les rênes et écarte les bras. Une poussée d’adrénaline me secoue de la tête au pied.
J’hurle de plaisir et de joie sous cette pluie battante. L’eau m’aveugle et pénètre sous mon manteau. Je me sens bien. Je me sens pure et calme au milieu de la tempête.

La pluie, c’est la rédemption. Alors je ne pouvais pas rêver meilleure météo pour aujourd’hui.
Car aujourd’hui ce n’est pas n’importe quel jour. Cela fait des mois que je l’attends, que je le prépare minutieusement.
La pluie ne fait que renforcer le sentiment que l’ordre sera enfin rétabli de mes mains. Je reprends les rênes et fait ralentir mon étalon.

Nous nous arrêtons au bord d’une falaise. Le vent dans le dos, je regarde en bas. Je souris, de loin nous devons ressembler à ces cavaliers obscurs dans les contes terriens. Les crins de mon cheval flotte dans le vent ainsi que mes propres cheveux et les pans de ma veste.

Oui, le jour d’aller coller ma main dans la figure de cette saleté de Dragon est enfin arrivé. La rédemption des Démons va commencer.

Je sens Ourane qui tremble de tous ses membres sous ma selle, sa respiration est encore hachée et irrégulière, mais il semble heureux. C’est un cheval fabuleux. Mais je ne peux pas m’attarder ici, j’ai encore du boulot avant la fin de la journée.

Je fais faire demi-tour à Ourane et nous redescendons de notre montagne.

Je hais Dragon, et encore le mot est faible. Pourquoi ? Il ne m’a rien fait après tous. Mais son existence même constitue une bonne raison pour moi de le haïr.
Dragon possède un titre qu’il ne mérite en aucun cas. Celui de roi des démons. Ce despote s’est installé sur le trône sans avoir rien prouvé. Il a éjecté le roi légitime et est arrivé sans la moindre explication. Alors quelques soit le titre qu’on lui donne, il ne sera jamais MON roi. Juste un monstre à détruire avant qu’il ne nous détruise.
Je serai au service de la justice et je reprendrais le trône pour Luke. L'autre n’a rien à y faire. Il n’est rien et aucun démon ne devrait s’incliner devant lui. Je doute même qu’il soit un démon.

Je retrouve la ville. Les pavés sont couverts d’une pellicule d’H2O et nos pas résonnent contre les murs des rues vides. Qui sortirait par un temps pareil à part moi. Mais bizarrement, le claquement des sabots sur les dalles de la ville provoque des clapotis.
La ville est plongée dans l’obscurité totale à cause des nuages sombres. Et j’aime cet univers, le monde des ombres est le mien finalement.

Je continue donc de trottiner entre les ruelles de Damned Town. Le palais de démons n’est pas la porte à côté.
Je profite de ce moment de tranquillité pour imaginer un plan qui me permettrai de renvoyer ce minable dans les plaines du Paradis. Mais les idées se bousculent dans ma tête sans trouver de fil directeur. Comment réussir à en mettre une à l’autre abruti sans me prendre un coup en retour.
Avec Luke je pouvais jouer la carte de la séduction, mais avec Dragon, il en est hors de question. Jamais je ne m’abaisserai à cela avec cet usurpateur. Il n’a pas sa place sur le trône et il n’a pas sa place dans mon cœur.
Bientôt cette ville retrouvera sa splendeur et son véritable souverain. Les démons retrouveront l’intégralité de leurs forces et prendront l’ascendant sur ses pourritures d’anges. L’ordre naturel sera rétabli une fois que le Dragon aura quitter le trône et que Luke aura récupéré son pouvoir.

Je traverse la place publique au petit trop en sautant au-dessus de quelques buissons. Je ne sais pas si Ourane est trempée de transpiration ou bien à cause de la pluie. Il tremble, il est nerveux, il sent bien qu’aujourd’hui est un grand jour. Ce cheval est fabuleusement intelligent, bien plus que la plupart des humains.

Pour ma part, je suis affreusement sereine. Bizarre quand on s’apprête à aller faire un coup d’état. Je sais que j’ai bien peu de chance d’en réchapper indemne, mais à quoi bon vivre dans la sécurité d’un monde qui ne nous convient pas. Je vais me faire désintégrer très certainement, mais je préfère cela à une vie sous une dictature.
J’ai bien du mal à contenir l’énergie de mon compagnon, il ne cesse de se lever sur ses postérieurs et de m’embarquer dès qu’il en a la possibilité.

Nous arrivons devant le palais des démons. J’arrête Ourane à quelques mètres des escaliers, le temps de juger la hauteur du saut à faire et le nombre de garde qu’il y aura à dépasser.
J’avais l’habitude de me balader tranquillement dans le palais à cheval du temps de Luke, j’en ferai de même avec le despote.
Les gardes semblent avoir compris ce que je m’apprête à faire, car il se resserre et barre la porte avec leurs lances. Ils sont pitoyables, s’ils pensent qu’ils vont m’en empêcher. Je souris méchamment et sors mon épée. Je n’ai pas l’intention de m’en servir, c’est histoire de bien faire.

Ourane aussi à compris ce que j’attendais, il trépigne et souffle d’impatience. Intenable celui-là.
Je le fais galoper sur un petit cercle pendant deux ou trois tours et d’un coup je le lance comme un boulet de canon sur les marches du palais. Il les franchit d’un seul bon tandis que je pointe les gardes avec mon sabre.
L’un des deux, plus jeune, à la bonne idée de s’écarter. Mais le second, dans un excés de zèle, se dresse toujours devant l’entrée du palais. Et cette volonté de protéger un dictateur lui vaut de se faire renverser par mon étalon. Je n’ai aucune idée de si ce bonhomme est mort ou pas, en tout cas, si les sabots de mon étalon l’ont tué, ces derniers mots auront été des grands cris.
Ourane dérape sur le marbre sombre du palais. Mais il n’arrête pas sa course, on s’enfonce au galop dans le palais royal. Les domestiques hurlent sur notre passage, je zigzague entre eux sans ménagement, je traverse les couloirs sans la moindre hésitation, car je connais ce lieu comme ma poche.
Le couloir de Dragon ne doit plus être bien loin à présent. Deux virages et j’y serai. Je range mon épée et ajuste mon chapeau.
Je dois avoir une tenue affreuse, mes vêtements sont détrempés et mes cheveux dégoulinent. Tant pis, je ne suis pas là pour séduire le « roi ».

Nous déboulons dans la petite salle devant le bureau de Dragon, enfin petit, tout est relatif. Mais je ne suis apparemment pas la seule à demander audience et l’autre aussi à l’air d’en vouloir savoir aussi à Dragon à la vue des violents coups d’épaules qu’il met dans la porte du bureau du roi.
Je saute au bas de ma monture et observe celui qui tente d’enfoncer les lourds panneaux de bois.

« - Qu’est-ce que tu essaies de faire toi ? »

Je remet mon manteau, dévoilant une robe courte violette et observe l’homme devant moi, je le scrute de la tête au pied.
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MessageSujet: Re: Rain falls from the clouds, lightning from the stars. Lun 3 Juil - 22:35




   
Feat Alec Hamilton, Alizée Bluechele & Keithan S. Karahara

Rain falls from the clouds,

Lightning from the stars




Il existe de ces journées où jamais le monde ne peut se montrer plus cruel envers une seule et unique personne. Ces matins où le réveil rime avec l'expression maussade d'une nuit agitée. Ces journées où la faim se mêlent avec la nausée brûlante qui ronge des tripes jusqu'à la gorge. Ces journées où chaque instant est un moment non désiré, où la volonté de terminer cette journée vient à devenir aussi grande que celle de mettre fin à la vie d'un pitoyable chien de Célestia. Oui, dans ces moments où la colère du réveil au coucher est usitée, mise à l'épreuve, où le calme du plus calme des individus est tiraillé, maltraité, déchirés, écrabouillés, il suffit d'un rien, d'un tout petit et minuscule rien pour venir déchainer les foudres de l'Enfers. Soyons clair, ta journée a été un enchainement de mauvaises nouvelles, depuis ce matin, tu te retiens d'écraser chaque personne que tu croises sur ton chemin. De faire éclater en milles tâches grouillantes de viscères le moindre individu qui cette journée te montrerait le plus petit et ridicule manque de respect, qui oublierait ne serait-ce que par déficience mentale de reconnaitre ta hiérarchie. Voire pire, celui qui viendrait à t'ennuyer. Si cela n'était pas encore assez explicite, disons que ton humeur était des plus mauvaises possibles. Seul petit point positif dans cet Enfers : l’absence d'Hannah. Si elle avait été là, elle aurait exercée son exécrable talent pour la provocation pour faire lâcher tes nerfs solides. Tu te dis que tous ces individus dehors ont une chance immense que d'être protégés, car sinon, jamais de la vie tu ne te retiendrais tu venir les tuer un à un pour calmer ton esprit. Regarde tes muscles qui tremblent, tant l'envie de tuer enserre ton âme.

Tu es réputé pour être l'homme le plus serein de la ville, et tu ne faillis pas à ta réputation. Ce n'est qu'une mauvaise journée, où toutes les mauvaises nouvelles du monde se sont décidées à venir faire bouillir le sang du grand Dragon. D'abord, cette histoire de mauvais acheminement, puis l'attaque du convoi d'armes par un souverain voisin, puis est arrivé la nouvelle de l'attaque des anges sur l'un de tes palais. Comme si cela n'avait pas été suffisant, s'était ajouté à la liste des problèmes à résoudre cette rumeur qui courrait, comme quoi un de tes fidèles copulait secrètement avec un créature du Paradis. Ô, tu oublies aussi la dernière trouvaille de ta rivale, qui s'est amusé à te mettre des bâtons dans les roues. Tout comme cette foutue histoire de statuette volée. Alors toute la matinée, enfermée dans ton bureau, tu as pris chacun des soucis à bras le corps, et tu les as tous réglés. Convoi récupéré des mains du seigneur un peu trop vantard, qui se fera une joie d'être jeté en pâture à des cabots affamés. Palais secondaire défendu, anges exécutés, et leurs corps découpés envoyés en cadeau de cessez-le-feu à tes chers ennemis du ciel, et concernant l'autre pestilence, tu as trouvé le moyen de la calmer pour un temps. Mais c'est sans compter ce maudit destin qui te colle à la peau ce jour, et qui semble particulièrement obstiné à te faire sortir de tes gonds. Tu avais enfin pu profiter d'une petite ballade dehors, pour te calmer un peu, et respirer. Profiter de l'air frais. Sauf que non, le climat lui aussi t'en voulait. Une pluie torrentielle s'était abattue sur toi, tandis que le tonnerre grondait au loin. En à peine quelques secondes, tu finis trempé, nageant dans tes vêtements habituellement agréable à porter. Et te voici, personnage principal de ce tableau ridiculement réel. Tu enlèves ton haut, l'essores. Tandis que des trombes d'eau s'échappent du tissus, tu le rabats sur ton épaule. Tu rabats tes cheveux en arrière et te remets en marche. Autant retourner au palais, puisque l'extérieur lui même ne semble pas t'apprécier aujourd'hui. Et tu as beau être un terrible souverain, tu ne peux malheureusement rien faire contre la Nature, même si actuellement, tu rêverais de lui faire manger ton poing.

Tu marches d'un pas cadencé, ni trop rapide, ni trop lent, en direction de ta demeure, qui saurait se montrer plus accueillante. Tu profiterais d'une bonne douche chaude, et tu retournerais à tes affaires, une fois tes muscles détendus. Alors que tu t'approches de ta résidence, tu vois des hommes affolés qui courent dans tous les sens. Déjà agacé, tu les ignore, mais bientôt tu n'as plus le choix de les considérer. Ce sont tes domestiques. Un t'aperçois, alors que tu n'es plus qu'à quelques mètres des marches du palais et fonce à ton encontre, le corps à moitié courbé et recroquevillé. Son visage transpire la peur et l'angoisse,.

   
Monsieur, je suis terriblement désolé, je suis vraiment vraiment désolé, nous avons fais tout notre possible pour les en empêcher, mais ils étaient plus forts, et nous avons eu peur pour notre vie, en plus, ils étaient armés, du moins surtout la femme. Je vous en prie je suis désolé, je promets avoir fais ce que je pouvais, je réparerai de mes mains les dégâts je vous le promets


   
Ferme là. Qu'est ce qui se passe ici ?


Ton ton est si autoritaire que la voix de l’homme se coupe à une vitesse quasi immédiate. Tu pourrais ressentir son cœur battre à rythme rompu contre sa poitrine. Il s'exécute, parlant d'une traite, d'une voix monotone, comme possédé par l'effroi. Tes yeux s'écarquillent, tu pousses un soupir bref, et fais craquer chacune de tes phalanges.

   
Dans deux minutes, je veux tout le personnel dehors, et toutes les issues condamnées. Que personne ne puisse entrer ni sortir du palais sans ma permission directe. Si je trouve un seul de mes employés dans ma maison, je le tue, est-ce que je suis clair ?


Deux secondes, c'est le temps qu'il fallut à l'homme pour déguerpir et avertir ses collègues de tes ordres. La foule grouillante de domestiques devint cercle ordonné, et en à peine une minute, tous avaient filés. Tu montas les marches, une à une, chaque mouvement de pieds laissant éclater la fureur qui commençait à monter en toi. Tu pénètres dans le hall, et referme la porte d'entrée immense de deux coups de poings. Le fracas de la fermeture se répand dans tout le bâtiment comme un écho sinistre, suivit d'un cliquetis discret, marquant le verrouillage du loquet derrière toi. Tes yeux sont plantés dans la direction du couloir. Tu attrapes un autre haut, mis à disposition par une ménagère effrayé et l'enfile, retroussant les manches, avant de marcher d'un pas lent vers ton bureau secondaire. Tes pas claque dans tous l'édifice, et chacun d'entre eux semble exprimer toute la colère que tu peux ressentir en ce moment. Non seulement ta journée a été véritable pourriture, mais en plus, deux misérables saloperies décident de s'incruster chez toi, dans ta maison, dans ton intimité, dans ton cercle vital, pour régler des comptes avec toi ? Tu pourrais rire jaune à gorge déployée, si tu possédais autre chose qu'un cœur de pierre. Le rythme de ton avancée n'accélère pas pour un pouce, au contraire, ta marche est de moins en moins rapide, mais de plus en plus effrayante. Sans que tu ne le veuilles, ton aura se déploie dans toute la zone autour de toi, noire, sombre, abominable. Un cobra immense et majestueux, emplis d'un venin plus mortel encore que la lame de ton épée, s'enroulant de toute sa longueur autour du palais, comme cherchant à écraser de son corps le pauvre tas de pierres. Son corps écailleux glisse le long des murs, sa langue sonnante se lèche les babines, ses yeux énormes de jade scrutent chacune des pièces à la recherche des deux vulgaires intrus. Repérés. Ils ont infiltré ton, bureau, ils ont réussi à enfoncer la porte fermée à clé. Le cobra accentue sa constriction, resserrant sa douce étreinte mortelle sur les occupants de ta pièce de réception. Tu les as dans ton viseur, maintenant, tu vas leur faire regretter à vie d'avoir osé refaire jaillir ta colère.   

Il ne te faut que peu de temps au final pour arriver sur les lieux du crime. Tu entres dans ton bureau. Premier pas dans la pièce; tu sens deux auras venir agresser la tienne, immédiatement, tels des vautours. Le hurlement glacial des deux âmes noires ne te fait même pas tressaillir. Les deux créatures d'ombres au pelage de charbon tourne autour de toi, crocs menaçants, yeux d'or agressif, queue levée, prêts à attaquer. Pitoyable. second pas dans la pièce; le cobra, ouvre ses lèvres courbées, et crache un fleuve de venin en leur direction, et les deux loups retournent au panier sans demander leur reste, têtes baissées. Troisième pas dans la pièce, tes bras se lèvent, et referment dans ton dos en un violent fracas les ouvertures de ton bureau. Le choc est si brutale que les pans de bois s'encastrent l'un dans l'autre et scellent l'accès à la pièce. Terrain de chasse clos. Tes prunelles agate se posent d'abord sur le démon à droite. Grand, finement musclé, blondinet, expression bestiale, vêtements de cuirs de qualité moyenne, aura de force moyenne. Puis sur la femme à gauche. Chapeau, cornes, tenues de pirate trempée par la pluie, sabre à la ceinture, taille moyenne, musculature ridicule, aura de force importante. A droite, un démon de puissance normale, bien que sa colère soit perceptible dans son aura, et gauche, une catin de Luke. Et c'est avec cela qu'ils comptaient mener une mutinerie ? Deux morveux excités comme des moucherons autour de la moisissure d'un trognon de pomme laissé par la larve du moustique ?  Ta colère est sur le point d'éclater. Même si c'est une blague, c'est déjà trop tard, ils ont atteint le point de non retour en choisissant de t'importuner le jour où il ne fallait absolument pas le faire. Tes poings se serrent, ta mâchoire s'ouvre, laissant entrevoir tes dents de carnivore. Et ta voix, telle celle d'un Dragon sur le point de cracher ses flammes, s'exprime sur un ton des plus violents et mauvais.

   
Soit vous êtes stupides, soit vous êtes suicidaires. Je n'ai strictement rien à faire de la raison de votre venue, vous avez désobéi à mes règles. A genoux, et n'espérez même pas aller contre mes ordres.


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Pas de nouvelles d'Hannah depuis un temps, je m'en porte bien mieux ♪
Si tu veux me connaitre, va par ici ~



Merci Hélène pour ce kit sublime ♥️
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MessageSujet: Re: Rain falls from the clouds, lightning from the stars. Dim 23 Juil - 8:20


Rain falls from the clouds, lightning from the stars.




Un bon point pour le palais, le bois qui constituait la porte était d’une qualité incontestable au vu de la résistance qu’il m’opposa. Sa rugosité venait à chaque instant chatouiller le dessous de ma chemise et heureusement pour elle, le vernis qui la faisait briller était sec depuis des lustres sinon elle en aurait pris pour son grade, arborant rapidement la couleur brunâtre dont la porte était au préalable maquillée. Oui, je n’avais rien d’autre à foutre qu’estimer la matière dans laquelle la résidence avait été réalisée. On était plus à ça près j’ai envie de vous dire. Mais bientôt, un raffut pas possible se fit entendre au niveau de l’entrée. Immédiatement, je m’arrêtai, et si ma morphologie me l’avait permis, j’en aurais dressé les oreilles d’intérêt. Avaient-ils découvert le corps assoupi de mon « geôlier » ? Assurément pas. Un hennissement strident retentit au contraire dans ce que je jugeais être le hall tandis que des hurlements perçants accompagnaient ce cri bestial. Des pas et encore des pas tambourinaient le sol tapissé, le bruit de fer d’épées qui s’entrechoquent écorchant ma fine ouïe. Que se passait-il ? Dragon arrivait-il déjà ? Sa calèche venait de s’arrêter ou quoi ? Pris de panique à l’idée d’être rejoint par cette enflure alors même que je n’avais pas passé le bout boisé contre lequel je m’échinais, je redoublai d’énergie. Il fallait passer cette barrière et voir après ce qu’il en était. Qu’aurait pensé ma fierté et mon orgueil si je m’étais poliment assis là à patienter que sa Majesté ne daigne montrer le bout de son nez crotté ? Et bien.. pas grand-chose si vous voulez mon avis. Dans mon dos, des bruits de sabots se firent entendre tandis qu’une odeur affreusement âpre et.. fermière me prit aux narines. Ne me dîtes pas qu’il se baladait à cheval dans son propre palais ? Sans délaisser ma besogne, j’étendis mon aura au plus que je le pouvais, dans le but de venir m’enquérir de la teneur en noirceur de celle qui arrivait. Ouf… Dragon n’était pas encore là. Il ne devait s’agir que l’un de ses bêtes sujets. Pour pas changer. Me concentrant sur mon objectif de base, je fus néanmoins interrompu par la voix désagréable de cette même personne, qui en plus avait ramené son équidé. Celui-ci soufflait comme un bœuf, d’une respiration longue et puissante qui n’avait absolument rien d’humain.

Je commençai par me figer, le nez toujours tourné vers la porte qui me toisait, me narguant de toute ma hauteur. Courbant la nuque, je pivotais lentement pour faire face à la femme qui m’interrompait. Nouveau contrôle ? Il allait à nouveau falloir que je montre patte blanche ? Que je me débrouille pour échapper à ses griffes avant qu’elle n’alerte tout le palais ?

« - Qu’es-ce que tu essaies de faire toi ? » me demanda t-elle une fois qu’elle eut mis pied à terre.

Mon regard se fit glacial, un froid polaire venant envahir les vibrations de mon ton.

« Premièrement, nous ne sommes pas en train de bavasser de ce que tu vas faire de ta journée alors tu vas commencer par me vouvoyer. Et ensuite, j’ai oublié mes clés, tu vois bien que j’essaie de rentrer. » répondis-je d’un ton nonchalant, faisant mine de relâcher mes épaules tendues.

Tout mon corps respirait de l’envie de me détourner et de la laisser. Vaquer aux corvées qu’elle avait sûrement à faire. Mais mes sens me rappelèrent bien vite la désagréable présence de son poney. Me bouchant le nez tant bien que mal, je pestai allégrement, râlant sans son consentement :

« Vire donc moi ça ! Il pue la mort ton truc ! »

L’étalon, ou la jument, qu’en savais-je ?, dut sentir l’animosité que j’avais à son égard puisque l’animal renâcla violemment, son sabot venant grattouiller le sol comme s’il testait le terrain avant de se rouler. Oui, oui, fais le malin tant que tu es encore sur tes quatre membres toi ! Lui tournant le dos, je jouais ma carte de bonne gueule, ressassant une nouvelle fois le bobard que je venais de me confectionner.

« Maintenant, excuse moi, mais j’aimerais bien regagner mes quartiers, du boulot m’attend. »

Elle ne me laissa pas le temps de recommencer à me jeter sur la porte comme un demeuré, me prenant de court. S’approchant de l’obstacle en question qui me séparait de mes « quartiers », elle défit de ses cheveux une pince qui éveilla mon intérêt et ni une, ni deux, la porte s’ouvrit lentement, crochetée par la jeune femme qui observait ma réaction, une lueur arrogante brillant au fond de ses prunelles. Grondant de mécontentement, je ne pris la peine de la remercier, la réprimant même vivement.

« J’aurais très bien pu le faire tout seul. Juste, pas de cheval ici. »

Faisait un pas dans la pièce, je constatai bien rapidement qu’il s’agissait d’un bureau et mon dieu, pas de n’importe lequel. Rien que la superficie avait de quoi étonner. Bah tiens, ils auraient sans soucis pu y construire une écurie. Maaais… Cela ne changeait rien, le canasson devait déguerpir. Pour le bien de mon odorat, cette décision était sans appel. Il n’empêche que mes yeux de corrompus par le luxe ne purent s’empêcher de s’extasier face à pareil décor, tant et si bien que j’en laissai dévier ma pensée. Pour la première fois, elle dériva de Dragon pour en revenir à des choses plus… matérielles. Pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître étant donné le rang prestigieux de son propriétaire, la pièce avait été organisée dans un style épuré, bien loin de tout le baroque que certaines pièces pouvaient ostentatoirement exhiber. De longues et grandes bibliothèques tapissaient les murs, recouvrant chaque parcelle de paroi dénudée qu’elles pouvaient trouver. Au centre, un bureau trônait, côtoyant des tapis violacées à la vue de laquelle, je ne pus m’empêcher de grimacer. Ça par contre, c’était de mauvais goût. De part et d’autres de l’entrée, des armoiries couleur rouge sang montraient un dragon qui se voulait terrifiant, s’apprêtant à prendre un envol sans précédent. Et en plus, il était vachement modeste comme type.

Avec un délice sans nom, je me laissai glisser dans le fauteuil qui jouxtait le bureau, où je songeai que le fessier délicat et sûrement très ferme de Dragon avait sans nul doute du se reposer à de nombreuses reprises. Un sourire étira la commissure de mes lèvres, alors que je relevai les yeux en la direction de la jeune femme. Ma bonne humeur venait d’en être retrouvée. Comme quoi, il en fallait vraiment très peu pour être heureux. En l’occurrence un peu de corruption marchande, et le tour était joué. Croisant les bras derrière ma nuque, je ne me lassai pas de contempler ce que je « possédais »… Ah oui, il me fallait faire croire que tout m’appartenait. Mais au vu de la mine sceptique de la jeune femme, je sus derechef que mon mensonge n’avait berné personne, surtout après que je me sois extasié de la sorte face au décor de la pièce. Soupirant, je me rectifiai avant qu’elle n’ait la bonne idée de m’étrangler.

« Bon, okay, c’est peut-être pas mon bureau.. Je suis venu voir Dragon. Au vu du fait que tu m’aies aidé à ouvrir la porte quand bien même tu savais pertinemment que je mentais, je présume que tu veux lui aussi le voir et qu’en plus de toute cela tu connais le palais ? »

Posant mes jambes sur le bureau, je me calai bien au fond de mon trône d’ébène, laissant mes yeux glisser sur la démone qui me faisait face. Il faut dire que j’étais si désireux de pénétrer dans l’une des pièces du grand Dragon que la mater ne m’avait même pas effleuré l’esprit. Pas plus que maintenant d’ailleurs. Mon regard se contenta de l’observer, histoire de pouvoir situer le type de personne que je côtoyais. Jusque là, elle n’avait démontré aucun signe d’agressivité et si elle m’avait voulu du mal ou se révélait être à la solde de ce chien, elle me serait déjà tombée dessus, rien que pour être entré en effraction. Mais comme elle y avait participé.. Soit elle voulait me tester, soit elle était comme moi et avait quelques réclamations.

« Tu es ici pour quoi ? Plainte ? Supplication ? Revendications peut-être ? »

Toute trace d’incivilité m’avait quittée, mon ton en étant désormais guilleret et peu pressé. Oh Dragon pouvait bien attendre un peu, je me plaisais, ainsi assis à sa place. Baillant la bouche grande ouverte, ma nuque bascula de quelque peu en arrière, aussi loin que mon dossier me le permettait. Levant les yeux au plafond, je continuai de lui parler, ayant vu qu’elle m’écoutait. Son aura vacillait, avançant, reculant sans arrêt. Une indécise et pourtant une butée, plus que jamais. Il fallait voir comment ses ténèbres venaient à l’encontre de mon aura, la testant sans ménagement. Oh non, cette femme n’était pas une douillette et ne faisait vraisemblablement pas dans la douceur. Cela me plaisait. Au moins une diablotine à la hauteur de son rang. D’ailleurs, en y repensant, cette inconnue à l’accoutrement singulier était la première démone que je rencontrais. Moi qui pensais qu’il s’agissait d’une espèce disparue… Tournant la tête vers elle, je la détaillai un peu plus, ne me braquant pas au regard inquisiteur qu’elle darda sur moi. Vêtue d’un long manteau noir, ses cheveux de jais étaient surmontés de deux petites cornes qui me firent rire. Pas que je me moquai de sa manière d’être, mais l’avertissement que celles-ci avançaient la rendait si particulière.. En voilà une qui n’avait pas froid au yeux et le montrait ouvertement. La robe courte dont la couture caressait ses cuisses à chaque mouvement ne pouvait en démontrer le contraire. Et en plus, elle avait le sens de l’esthétique. Bien, bien… La curiosité imprégnant mes prunelles bleutées, j’aurais bien voulu poursuivre mon interrogatoire, en apprendre un peu plus sur elle mais étrangement, au même moment, le palais se tu, semblant retenir en haleine une respiration qui avait jusque là était des plus bruyantes. Ce soudain silence m’inquiéta et je me redressai immédiatement sur ma chaise, m’aidant de mes paumes qui vinrent se poser de part et d’autre de mon siège. La mort.. La mort paraissait avoir envahi tous les couloirs de cette immensité, et la chaleur que les radiateurs avaient pu auparavant se tuer à créer disparut en un claquement de doigts, remplacée par une fraîcheur à vous glacer le sang. Un long frisson me parcourut. Pas que je sois effrayé, loin de là, mais l’excitation me prit aux tripes, et je ne pus que la laisser venir m’habiter, tant ma fièvre grimpait. Dragon, ici, dans sa maison. Un second rire m’échappa tandis que je me laissai tomber dans mon dossier, retrouvant ma position nonchalante du départ, les mains enlacées au niveau de ma nuque, les pieds posés sur les dossiers que le bureau soutenait. I’m wainting you mon bichon...

Le souffle de la faucheuse approchait, l’aura du souverain claquant sans ménagement. Oh bien sûr qu’elle cherchait les intrus. Un traqueur ne sait que trop bien reconnaître les autres de sa caste et quand bien même la distance qui les séparait était encore suffisamment grande, la fureur que l’aura de Dragon extériorisait en indiquait long sur ses intentions. Quel crétin. Il nous recherchait. Tant mieux. Viens nous rejoindre, on est bien installés et en plus on n’attend plus que toi. Bien que le rire eut cessé de me secouer, un rictus demeura ancré au coin de mes lèvres. Savait-on jamais, je sentais qu’il allait falloir un peu plus que ma belle gueule pour l’amadouer. Ou le tuer. A voir. Quoi qu’il en soit, nous entendîmes bien trop lentement ses pas qui heurtaient le marbre des escaliers. A pas lents, il s’approchait, vicieux peu silencieux. Contre ma poitrine, mon cœur rebondissait, s’agitant en tous sens comme s’il voulait s’en échapper. Une bouffée de chaleur me prit et un vertige vint engourdir mes sens avant que je ne me reprenne, au moment où il apparut dans l’encadrement de la porte.

Il était là, devant moi. Mes yeux se plissèrent alors que ni la grande diablesse ni moi ne soufflions mot, tous deux perdus dans cette attente ralentie. Heureusement pour nous, elle venait de prendre fin. Quelques secondes auparavant, la lourde porte du hall s’en était refermée, en moult bruits et grincement assourdissants. Le fracas avait fait vriller mon étrier, au moment où je réalisais que ce geste nous bloquait. Nous voulait-il prisonniers ? Mais je t’en prie mon bichon, fais comme chez toi.. Alors qu’il déboula dans la pièce comme un prince efflanqué de sa garde, je ne me lassai pas de sourire, mes yeux étincelants face à la vue qu’il me tendait. Je me suis trompé. Ce n’est ni un vieux, ni un gros. Il est plutôt beau garçon même. Je comprends qu’Alice ait pu succomber, au moins elle avait de bons goûts, je devrais m’en sentir flatté. Mais je ne peux pas. Je suis d’un côté hypnotisé par cette personne qui vient de faire son entrée. N’y voyez pas là une stupide admiration comme les gosses ont à l’égard de leur patriarche ou de leur frère. Non mais... son charisme me plût. Sa démarche, droite et fière, déterminée comme jamais n’avait rien de saccadé. Il savait dans quels pas il marchait, devait sûrement porter un masque pour l’éternité. Tout donnait le sentiment d’être déjà déterminé mais les dés n’avaient pourtant pas été jetés !

Si au début je me retins de broncher, me contentant de le laisser approcher, qu’il puisse constater mon attitude désinvolte, je laissai bien rapidement mon aura venir chatouiller la sienne, moitié agressive, moitié curieuse mais cette dernère n’eut d’autre politesse que de lui cracher à la figure. Enfoiré. Je rappelai donc sagement la mienne. Je l’aurais bien caressé pour la calmer, qu’elle ne commette pas d’imprudences mais voilà, ce mot ainsi que ce sens m’échappaient, la prudence… C’est qu’il aimait le spectacle ce chien en plus. Sa voix caverneuse retentit dans l’espace, ricochant contre les murs et leurs attributs.

« Soit vous êtes stupides, soit vous êtes suicidaires. Je n’ai strictement rien à faire de la raison de votre venue, vous avez désobéi à mes règles. A genoux, et n’espérez même pas aller contre mes ordres. »

Levant les mains comme pour lui intimer de se calmer, je lui souris, lui répondant poliment, peut-être avec une pointe d’arrogance. Oups..

« Paix à votre âme mon ami. Peut-être bien que je suis un peu stupide. C’est même fort probable mais techniquement, nous étions là avant vous.. Donc là, c’est vous qui nous rendez visite, on a pas demandé à ce que vous veniez que je sache. Vous êtes venus de vous même. »

Faisant une petite pause, j’avalai tranquillement ma salive. Il nous testait, me laissait parler. Pourquoi, aucune idée, mais tant mieux, cela m’arrangeait.

« Ensuite, désolé, j’ignorais qu’il y avait un règlement. Pardon, à croire que j’ai malencontreusement omis de lire mon carnet de correspondance... »

Une lueur narquoise alluma mon regard alors que je le laissai venir observer mes ongles, ma seconde main toujours perchée du côté de mes cervicales.

« Faut dire qu’on a pas eu beaucoup de nouvelles de vous. Je conçois que vous soyez si fort, au point de pouvoir gérer cette ville à vous tout seul, mais on m’a bien envoyé ici en me précisant que je serais contacté par mes supérieurs. Or… voyez vous, ça va faire trois semaines et… toujours rien. Auriez vous peur de vos propres sujets ? »

Mes yeux dérivèrent de ma paume pour venir détailler tranquillement les siens. Ma mâchoire en vint à se contracter involontairement, sujette au grondement qui commençait à grandir en moi.

« Alors voilà. Puisque vous nous laissez errer comme ces crétins d’anges, nous voilà qui venons revendiquer nos droits. Oh pardon.. je vous offense peut-être en vous traitant d’incapable ? J’ai entendu dire que cela fait mumuse avec Célestia dans les rues pendant que nous.. ? On décrépit au fond des rues. Pas de stratégie, pas de plans, pas de rassemblements. J’avoue que je suis déçu. Déçu de voir la propre impuissance de notre caste dans si petite ville. Si Lucifer nous voyait.. Je pense qu’il penserait autant que moi, qu’en dîtes vous ? Oh.. vous avez peut-être pactisé avec votre tendre amie ? Vous cherchez la paix peut-être ? Voilà qui est digne d’un démon. Ça discutaille avec un ange, et ça veut soumettre ses démons. On croirait rêver. Et croyais moi, on a connu plus joli comme cauchemar. »

Sa bête avait craché son venin et bien que le mien soit nettement moins agressif, nettement plus puéril, je l’imitais, sachant pertinemment qu’il n’y aurait qu’une occasion pour parler. L’autre frémissait déjà de l’envie de l’étrangler à côté, et m’est avis qu’une fois qu’elle l’aurait ouverte, je ne pourrais plus en placer une.



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MessageSujet: Re: Rain falls from the clouds, lightning from the stars. Dim 23 Juil - 22:36

Rain falls from the clouds, lightning from the starsDu chaos naît une étoile. Car c'est dans l'ombre que la lumière surgit. Une lueur dans le nuit sera plus brillant que tout les rayons du soleil en plein jour. Il est plutôt jolie garçon je dois dire, même s’il est complétement ridicule à s’acharner ainsi contre la porte. Même si je fonçais dessus avec mon cheval, je ne parierais pas sur mes chances de l’ouvrir. Il faut utiliser plus de subtilité.

Dans tous les cas, ce jeune homme est plutôt mignon je dois dire. Grand et musclé, avec des cheveux blonds, il a tout du prince charmant dans les contes de fée. Un héros, alors que je déteste les héros, mais celui-là semble tellement en difficulté qu’il me prend l’envie de l’aider.
Enfin Alizée tu t’es complètement ramollie depuis quelques décennies, tu ferais mieux de rester sur tes gardes.
Je ne sais absolument rien de lui, mais mon petit-doigt me dit que nous avons au moins une chose en commun. Nous voulons pénétrer le sanctuaire du Dragon et quelques soit ce qu’il y recherche, j’ai tout intérêt à l’aider.

Il daigne répondre à ma question avec acidité. Quel beau mensonge. Qui marcherai avec n’importe qui, mais pas avec moi. Je sais qui vit ici et il n’est pas le Dragon, bien qu’il ait l’allure d’un prince, ce n’est pas le roi des démons.
Je souris devant son subterfuge et fait abstraction de son irritabilité. Tout doux mon mignon, tu vas défaire ton brushing à t’énerver comme ça. Je m’avance lentement, tandis qu’Ourane reste en retrait.
Il y a longtemps, j’ai compris que je n’aurais jamais la force pour vaincre par la force seule. Néanmoins, les muscles ne sont pas la seule façon d’obtenir ce que l’on veut. Il y a des armes naturelles et d’autres à se forger. Et si mon épée me permet de me défendre contre tout le monde, ma fidèle broche me permet de forcer toute les portes. Les vols commandités par Luke m’ont permis de développer ce talent un peu spécial pour le crochetage des serrures. Mon esprit divague un instant, mais je me reconcentre rapidement sur ma tâche. Je ne voudrais pas que le petit blondinet s’abîme.

Oh, ce n’est pas par gentillesse ! Loin de là, mais je veux me confronter à cette saleté de reptile, alors il pourra m’être utile. J’ai le cerveau et lui, les muscles.

Je fais voler le verrou du bout des doigts et la porte massive se dérobe pour laisser apparaître les quartiers du maître lieu. Je me redresse assez fière de moi, ce tour fait toujours son petit effet, mais c’est aussi une qualité plus que pratique quand on oublie ses clés. Enfin même si cela demande de faire changer la serrure toutes les deux semaines.

Il doit être vexé dans le plus profond de son être car il ne me remercie même pas de lui avoir dégagé le passage et s’insurge. Mais seul un sourire sur mes lèvres lui répond, après tout, je fais ça dans mon intérêt, pas dans le sien, je n’attends pas son approbation. Surtout que je ne sais même pas qui il est.

Ourane m’appelle du bout des naseaux, je lui adresse un signe de main pour le faire patienter. Nous communiquons beaucoup par les gestes, un apprentissage qui a été long, mais qui porte ses fruits aujourd’hui car je peux tout lui demander juste en levant un doigt. Il me fait confiance et je lui confierai ma vie sans hésiter. Il se tourne donc vers la porte pour me surveiller et intervenir en cas de besoin, mais ne pénètre pas dans le bureau de Dragon avec moi, nous laissant seul dans ce lieu sacré.

Je suis frappée d’effroi quand je vois ce qu’il a fait de cet endroit. L’ancien bureau de Luke, devenu aujourd’hui celui de l’imposteur a fait peau neuve. Et c’est hideux. Je ne reconnais rien de l’endroit, il a complètement redécoré l’endroit et y a posé sa griffe (si je puis m’exprimer ainsi).
Ce lieu transpire le luxe. Les armories du despote sont partout autour de nous, il s’impose même dans son absence. Aurait-il besoin de se donner une légitimité ? C’est une question rhétorique car oui, il n’est qu’un dictateur qui s’est imposé à nous autres par la force. Et je lui ferai payer son imposture ainsi que son manque de gout pour la nouvelle apparence du bureau de mon Roi.
Je reste au milieu de la pièce un moment à contempler les lieux en réprimant une nausée. Puis mon regard se pose à nouveau sur le blondinet.

C’est un démon, à n’en point douter et son aura est impressionnante, il pourrait presque me mettre mal à l’aise, mais je ne m’abaisserai jamais devant qui que ce soit. Il s’est assis dans le fauteuil du maître des lieux et profite avec un délice apparent de ce dernier. Ce verrait-il déjà roi ? Je chasse cette image de ma tête rapidement, le seul roi se prénomme Luke et pour le moment d’autres affaires le retiennent ailleurs.
Je continue de le fixer et mon regard dois le mettre bien mal à l’aise car il finit par avouer son petit mensonge. Je savais bien qu’il n’était en aucun cas le propriétaire du trône et que sa venue ici doit avoir une raison similaire à la mienne. Il m’interroge sur ma connaissance du palais.

« - J’ai des affaires à régler avec le reptile et je connais ce palais comme mon placard à chaussette. Du moins avant qu’il refasse la déco… »

Je jette un nouveau regard à notre environnement. Comment peut-on faire un bureau aussi laid ?

Je sens son regard sur mon corps. Mais je le laisse faire. J’ai l’habitude qu’on me reluque. Que ce soit pour mon look décalé ou bien mon corps plus que bien fait, les hommes et les femmes se sont toujours retournés sur mon passage. Reste encore à savoir de quel groupe tu fais partie gamin, les voyeurs ou bien les saint-nitouche ?
Sa voix est moins acerbe que quelques minutes auparavant, il a compris que nous sommes dans le même bateau. Je sens même une pointe d’excitation à l’idée que quelqu’un puisse penser comme lui.

« - Tu es ici pour quoi ? Plaintes ? Supplications ? Revendications peut-être ? »

Je laisse s’échapper un rire presque moqueur. Il est là pour ça lui ? Je prends néanmoins la peine de lui répondre.

« - Je suis là pour faire tomber l’imposture et découvrir le visage de celui qui se prétend mon maître. »

Mon sourire au début presque gentil, se transforme peu à peu en un rictus mauvais. Je vais éclater la gueule de ce petit c** qui ose monter sur le trône de Luke et le fait que notre rencontre soit imminente me fait bouillonner de l’intérieur.  
Il écoute ma réponse avachie dans son fauteuil tandis que j’entreprends une étude approfondie du spécimen devant moi. Il ne me semble pas l’avoir déjà croisé. Serait-il un petit nouveau ? Je n’ai pas entendu parler d’une arrivée de démon récente. Étonnant. Et dans ce cas pourquoi est-il ici ? Il ne doit pas avoir connu Luke.

Il semble fort, il impressionne juste par son physique. Même si je trouve qu’une chemise et un pantalon ne seront pas particulièrement adapté en cas de combat, je ne peux pas nier qu’il en jette. Il ferait un parfait leader pour une révolution avec sa tignasse blonde en pagaille. Bien que tout ça reste banale, il dégage quelque chose de puissant.

Je m’apprête à lui demander ce qu’il peut bien faire ici à se vautrer dans le fauteuil du roi, mais un voile s’abat sur le palais. Dragon n’est pas loin.

Le silence est total et le froid se fait ressentir, il est plus que puissant, mais je n’ai pas peur pour moi. En revanche pour mon cheval…
Je tourne vivement les talons et revient dans l’ambassadeur de la porte. Ourane est nerveux, il a senti quelque chose mais n’ose pas bouger sans moi. Je détache ses rênes pour qu’il ne s’emmêle pas dedans, l’apaise d’une caresse sur le museau et d’un signe de la main, je lui ordonne de fuir.
Il ne lui en faut pas plus et je le vois décamper vers les jardins du palais, j’ai bonne espoir qu’il s’en sorte, nous connaissons cet endroit par cœur.

Je reviens un peu moins nerveuse dans le sanctuaire du Dragon, les lanières en cuir dans la poche et j’attends.
Une attente qui se fait insoutenable, longue. Je ne ressens aucune crainte, juste de l’impatience. Je vais enfin pouvoir venger mon roi. Voir se despote. Et gifler cet imposteur. Enfin. Ma vie pourrait s’arrêter là que je m’en ficherai. J’aurais accompli mon devoir jusqu’au bout, je me serai battu, aucun regret n’entreverra ma mémoire.
Il s’approche inexorablement de nous.

Le souffle glacial du Dragon nous saisit et me fait bouillonner un peu plus à chaque minute. Je suis au bord de l’explosion quand enfin ce petit bout d’homme apparaît enfin.

Le silence entre lui et nous s’est encore épaissit. Ça devient lourd à la fin, mais je préfère rester là à le scruter. Il est grand, fin et musclé. Une chevelure brune en pagaille, des yeux foncées et des tatouages qui lui grimpent sur le bras. Mais il est moins impressionnant que ce à quoi je m’attendais au final.

« - Sois-vous êtes stupides, soit vous êtes suicidaires. Je n’ai strictement rien à faire de la raison de votre venue, vous avez désobéi à mes règles. A genoux, et n’espérez même pas aller contre mes ordres. »

Je souris, s’il pense qu’il va me soumettre…Je me mettrai à genoux quand tu me les auras brisées Dragon et pour cela il faudrait que tu puisses me toucher gamin.

Je laisse le blondinet parler en premier. Et dès qu’il ouvre la bouche, mes yeux roulent dans leurs orbites. Il a adopté un ton plus poli et fais des manières devant cet imposteur. Je m’étais planté alors, c’est un lèche-botte.

Je ne dis rien, je ne bouge pas bien que je sois exaspérée par la scène devant moi. Enfin, il finit par être un peu narcissique. Hallelujia tout n’est pas perdu. Il deviendrait presque méchant finalement, c’est un cobra qui est entrée dans le bureau pour cracher son venin sur ce chien.

Son monologue m’arrache un sourire narquois, mais le mutisme du Dragon est légèrement inquiétant. Enfin pas de quoi s’alarmer outre mesure, ce n’est qu’un idiot qui veut faire son petit prince.

Quand l’autre intrus finit de s’expliquer, je comprends que c’est à mon tour de donner la raison de ma présence ici. Mais il faut l’avouer, je n’aime pas parler sans raison et là, il n’y a aucune raison.

J’affiche un visage fière et orgueilleux en m’avançant vers le Dragon, je m’approche de lui. Je me place à une vingtaine de centimètre de lui, si près que je peux sentir son souffle chaud et son agacement. Mon sourire s’étire un peu plus : ça t’énerve et ça te gêne ? Parfait Dragon.
J’empiète complètement son espace vitale et fais le tour du « Roi ». Je le regarde sous toutes ses coutures, je l’encercle comme une panthère encercle sa proie, prête à lui bondir dessus, mais je prends garde à ne pas l’effleurer. Par moment, je me rapproche un peu plus, puis je recule. Je m'arrête et je penche la tête.
Et même si il ne sera jamais mon roi, je dois au moins lui concéder qu'il est plutôt pas mal. Enfin n'allez pas vous imaginer que j'ai envie de me le faire. Je préférerais encore être marier à la reine des anges que de devoir passer une nuit avec lui. Brrrr, j'en ai un frisson rien que d'y penser. Mais je pense que d'autres seront ravis de toucher ce corps. Est-ce comme ça que tu es monté sur le trône? En soudoyant des jeunes femmes et hommes avec tes pectoraux bombés?

Ce petit manège dure une petite minute puis je me redécale sans le perdre de vue pour aller m’assoir dans un fauteuil. Je pose mes bras sur les accoudoirs et croise les jambes dévoilant un peu plus mes cuisses et l’épée à mon côté.

« - C’est quoi ton petit-nom ? »

Je lui lance un sourire carnassier. Aller Dragon. Parle.
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MessageSujet: Re: Rain falls from the clouds, lightning from the stars. Mar 8 Aoû - 23:57




   
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Avant de reprendre toute la description de ta colère, il serait important de raconter un épisode qui manque à cette chronologie. Non parce que, cela pourrait être intéressant de le savoir. Juste après ton entrée fracassante dans le palais, juste après t’être rhabillé pour ne pas tout de suite les effrayer de ta musculature, juste après avoir parcouru le chemin menant jusqu’à ton bureau de réception d’un pas martelant le sol telle la pierre frapperait le visage d’un condamné à lapider, tu as entendu un étrange bruit venant d’un coin sombre. Suivis d’un souffle fort, et d’un claquement de sabot. Pas loin de toi, une stupide bestiole patientait. Un cheval. Alors tu as fait ce que tout bon haïsseur de bestioles aurait exécuté dans un moment pareil. Tu as attrapé le museau de la bête pour l’empêcher de hennir, serrant du plus fort que tu pouvais pour le calmer. Si bien que le maudit canasson n’osait même pas gémir tant il avait peur. Tu l’as trainé dans une autre salle, un peu plus loin, et tu l’as poussé à l’intérieur. Suffisamment fort pour qu’il s’effondre contre les meubles. Puis tu as claqué la porte derrière lui. Oui tu es un sans-cœur, une saleté de monstre qui ne supporte pas être dérangé. Et tu l’assumes. Le pire, c’est que tu as apprécié la faire souffrir cette bête. Heureusement qu’il n’existe pas de foutue association pour la protection des animaux dans cette ville, car tu n’aurais pas supporté devoir leur coller ta main dans la gueule pour qu’ils arrêtent de te huer.

Maintenant, tu es face à ces deux emmerdeurs, qui partent dans des monologues que tu n’as même pas envie de suivre tant la colère aveugle tes sens. Au départ, tu aurais pu leur accorder du crédit, les écouter, entendre leurs demandes. Mais après leurs petits numéros, tu n’as plus envie. Des crétins, des imbéciles, des putains de merdeux capricieux. C’est tout ce qu’ils sont, et ils ne méritent pas plus dans ton estime. Entre un gamin en manque d’attention qui ne doit certainement penser qu’à sa libido, et une catin qui croit que les films de piraterie peuvent se jouer avec des vrais acteurs, tu n’es pas sauvé. Pitoyable, ridicule surtout. Tu te demandes bien comment leurs instincts ont pu les pousser à entrer par effraction dans ton bureau, tant leurs esprits réduits semble vides de plans. Ils viennent comme des fleurs fanées, la tête pleine de conneries, et parlent sans rien savoir. Que l’envie de les réduire en bouillie fait trembler tes bras. Il suffirait que tu les regardes encore une fois pour que des pulsions meurtrières incontrôlables se déclenchent.

Alors voilà. Puisque vous nous laissez errer comme ces crétins d’anges, nous voilà qui venons revendiquer nos droits. Oh pardon... je vous offense peut-être en vous traitant d’incapable ? J’ai entendu dire que cela fait mumuse avec Célestia dans les rues pendant que nous… ? On décrépit au fond des rues. Pas de stratégie, pas de plans, pas de rassemblements. J’avoue que je suis déçu. Déçu de voir la propre impuissance de notre caste dans si petite ville. Si Lucifer nous voyait... Je pense qu’il penserait autant que moi, qu’en dîtes vous ? Oh... vous avez peut-être pactisé avec votre tendre amie ? Vous cherchez la paix peut-être ? Voilà qui est digne d’un démon. Ça discutaille avec un ange, et ça veut soumettre ses démons. On croirait rêver. Et croyais moi, on a connu plus joli comme cauchemar.


Parce qu’il se croit malin ce démon au look de fils à papa ? Tu te dis que son discours ne tient pas debout, que son ignorance en serait presque attendrissante. Ses paroles n’ont tellement aucun sens que si ton cœur n’était pas de marbre, tu offrirais à ce pauvre enfant une sucette pour le réconforter. Les mioches de tes jours, ne savent plus que chialer et piquer des crises, ce n’est pas pour rien que tu détestes les enfants. Oui, tu devrais faire une liste une fois de ce que tu n’aimes pas, histoire d’aider ceux qui se posent la question. Au moins, les mots « anges », « Célestia », « morveux » et « bestioles » figureraient en capitales d’imprimerie. Et le premier qui viendrait t’embêter, tu lui agraferais la liste sur le front, et sans anesthésiant. Il se croit puissant, assis dans ton siège, tournant sur lui-même comme un demeuré. Ses dires sont rodés, il a travaillé son texte. Tel l’acteur de théâtre se préparant pour sa première représentation, il est plus que prêt. Il semble attendre ce moment depuis longtemps, au vu des étincelles de jouissances qui clairsement ses prunelles océans. Enfin en scène, il déploie tous les talents de comédien qu’il a durement exercé. Il monopolise la parole, essayant de donner à sa tirade un effet grandiose. Il imite Phèdre, déclarant son amour incestueux dans un immense et lancinant monologue haletant, décrivant peines, douleurs, souffrances, se maudissant avant de maudire le monde entier. Quelle magnifique interprétation du rôle. Néanmoins tu aimerais lui rappeler un détail. A la fin, elle se suicide, incapable de porter son crime, rongée par la culpabilité. Désolé pour le spoiler.

Toute l’arrogance usitée pour démontrer sa maestria te fascine. Il met une énergie qui dépasse ton entendement, à chercher à te faire coupable de sa passivité. Comme si tu étais responsable de sa paresse. Nombreux les démons à être venus à ton encontre pour te demander des ordres. Lui, il n’est rien, rien d’autre qu’un prétentieux qui veut se faire une place dans cette ville immense et pourtant si petite. Et cela te plait. Tu sens du potentiel, tu sens qu’il n’est pas perdu. Il suffirait de savoir jouer avec sa colère, afin de le maitriser. Ses intonations fluctuantes, sa gestuelle, les expressions de son visage ; toutes tendent à t’amener sur un point : il marche à la violence. Et la violence, tu as à en revendre. Dommge qu’il ne soit pas venu seul.

C’est quoi ton petit-nom ?


Puis vient le tour de l’autre, qui se met à tourner autour de toi, comme autour du pot. Elle te scrute, elle croit t’impressionner, jouer avec tes nerfs, te faire lâcher. Sauf que cela ne marche pas. Toi tu es libre, elle est en cage. Le poussin, lorsqu’il entre dans le nid du serpent, ne se rend pas compte immédiatement de sa maladresse. C’est lorsque son corps déplumé subit la dégradation des sucs gastriques du reptile qu’il constate de son erreur. Elle se trompe. Rien ne peut te faire craquer, encore moins cette femme qui croit que Luke pourra un jour revenir sur le trône. Des illusions, rien que de vulgaires illusions qui seront brisées. Si elle savait ce que son idole traficotait en Enfers, et les rumeurs qui courraient sur elle, elle ferait moins la maligne. Mais puisque ses yeux sont imbibés par l’admiration, elle ne voit pas ce qu’elle devrait voir, elle reste aveugle à la réalité. Douce réalité pour elle qui se fonde autour d’une unique personne. Oui, tu la connais mieux qu’elle ne te connait. Encore pour le blondinet, tu pourrais te tromper, mais pour elle, tu sais que tes sources sont fiables, et tes connaissances solides. Elle n’a pas supporté le départ de son bien-aimé gamin, le traduit la couleur des vêtements dépassant son manteau sinistrement sombre. Violet, comme le tapis. Les deux vont bien ensemble. Tu te poses la question un instant, de savoir si transformer cette démone en tapisserie ou en rideau serait mieux pour cette pièce, jusqu’à te rappeler que tu n’aimes pas cette couleur. Tiens, un élément à ajouter à la liste. La nuance des femmelettes, que seuls ceux qui ont un grave problème d’identité se borne à apprécier esthétiquement parlant. Avec le rose et le blanc, elle forme la palette des faibles. Un jour tu banniras les gens portant ce genre d’horrible couleur de ton palais, et tu interdiras les usines de produire des vêtements de la sorte. Tu oublies peut-être que tu ne peux pas faire cela, ce serait dommage de détruire une économie pour un problème de mauvais gout. Et puis, pourquoi ne pas profiter de la faiblesse d’une poignée d’idiots pour vendre des articles dégradants ? Certains sont prêt à tout acheter en le nom de la mode, alors pourquoi se soucier.

Finalement, tes poings se desserrent. Un comédien brisé, une femme éplorée. Ta journée a été mauvaise, mais pas autant que n’est misérable leurs deux vies. Ils ne valent pas la peine que ta colère éclate. Ils cherchent à laisser les flammes jaillir de ta gorge. Ils veulent que tu brises tes gonds, que tu les frappes, les piétinent. Ils le veulent pour se faire du bien. Toi, tu ne leur accorderais tout de même pas ce plaisir ? Alors tu baisses ta tension d’un cran, il serait dommage d’avoir plus tard des désagréments cardiaques pour si peu. Ce ne sont que des gamins, que tu te dois d’éduquer. D’où provient cette tendance paternelle ? Tu ne saurais dire. Mais il te semble important pour toi te rendre les démons meilleurs. Pas question de jouer les papa poules cependant. Au contraire, le meilleur moyen d’apprendre à quelqu’un, c’est d’utiliser la peur. Parce que la terreur est la meilleure des éducations. Tu inspires lentement, et ton aura s’assombrit. Tu plonges chercher en toi l’obscuris anima que chaque être démoniaque possède en lui. La profondeur des Ténèbres, là où chaos règne, et où la lumière n’ose s’aventurer, de peur de se faire dévorer. Ton sang noir pulse dans tes veines, tes artères se gonflent, et se dessinent le long de tes bras. Ton dragon d’encre, grâce aux contractions répétées de ton plasma se cognant contre les parois des vaisseaux sanguins, respire. Il s’anime, s’éveillant par l’appât offert par son maitre. Il se lèche les babines, se délecte du sang fraichement versé en sa gueule. Ses crocs étincelles, et il suffirait de le fixer pour le voir bouger et s’étirer le long de ton bras, comme après un long sommeil. Et la noirceur de te ton hémoglobine nourrit ton aura. Le grand serpent entend l’appel du dragon. Kâ sifflote à nouveau, et son visage reptilien pénètre dans la salle par la fenêtre, observant de ses grands yeux de jadéite les deux individus suspects se tenant face à toi. Son corps immense se meut, resserrant toujours son étreinte contre le palais. Juste un peu, pour que la langue affutée de ton beau compagnon puisse venir lécher les deux démons. Gouter leur aura délicieusement sombre et mauvaise. Les deux loups aux prunelles d’or grognent, tu peux entendre leur bave gargouiller dans leur gorge. Ils s’apprêtent à mordre, mais ils ne passent pas à l’acte. Ils connaissent les conséquences. Une patte posée trop loin, et c’est la morsure. Et personne ne survit jamais à une morsure du cobra royal. Kâ se tourne vers toi, les yeux emplis d’amour envers son dresseur adoré, et glisse entre les carrures des deux compagnons. Reniflant leur odeur sucrée, il vient se poser en sentinelle, à tes pieds.

Mon nom est Dragon, et je suis le seigneur des démons en cette ville. Que cela vous plaise ou non. Vous espériez quoi, à entrer par effraction chez moi, que j’écoute et cède à vos caprices ? Il n’en est pas question.


Ta voix ressemble à celle des commandants sur un champ de bataille. Tu retrouves cette puissance et ce charisme que tu arborais, lorsque qu’au côté d’Hannathème, tu affrontais les souverains des Enfers pour récupérer ton titre. Combien d’hommes sont tombés de ta main ? Le Dragon porta jadis un autre surnom en Enfers, lorsqu’il revint dans sa patrie. Il fut nommé le « Tueur de démons », car le sang qu’il fit jaillir au cours de sa vie, fut plus démoniaque qu’il ne fut angélique, et dieu sait à quel points les anges qui périrent de sa lame ou de ses poings furent nombreux. Cela ne te fait pas peur de tuer des semblables. Lorsqu’ils sont perdus par exemple, n’est-ce pas le meilleur moment ? Mieux vaut la mort que le déshonneur. Après une petite seconde, tu reprends la parole, toujours armé de cette voix intimidante, qui fait de toi ce que tu es, qui fait de toi le maître de ces lieux. Au diable la vanité, elle n’est pas nécessaire.

Depuis quand un démon doit-il attendre d’être docilement cueillis avant de se manifester ? La passivité n’est pas un adjectif qu’il convient d’attribuer aux vrais démons. Depuis que j’ai posé le pied dans cette ville, les choses ont changé. Et ce n’est pas près de s’arrêter. Dites-moi, avez-vous déjà vécu la Guerre ? Car en cas où vous l’auriez oublié, ici, c’est la guerre. Et un soldat ne doit jamais baisser sa garde. L’un comme l’autre, vous venez en mon palais, me déranger pour des futilités, alors que vous devriez vous battre. Alors retournez sur le champ de bataille. Dehors, cette chienne de Célestia gagne du terrain, et j’ai d’autres choses à faire que de m’occuper de deux ménestrels. Alors si vous voulez vous rendre utile, allez calmer ces anges qui se prennent pour des Dieux.


Tu sais que le message ne va pas passer. Qu’il ne va pas plaire. Sauf que c’est le but. Tu sens que le blondinet n’en aura pas fini, qu’il va se mettre en colère, ou qu’il va t’attaquer de sa langue fourchue. Et l’autre démone, elle, ne sera pas satisfaite. Tu sais que ce que tu viens de dire passera dans l’oreille d’un sourd. Pour le moment, tu décides de t’en tenir à la méthode douce, espérant vainement que ce sera suffisant. Ce ne sera pas suffisant, il faudra faire appel à plus de peur. Il faudra invoquer la Violence

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