EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin)

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MessageSujet: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Ven 14 Avr - 13:11

EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent?
         Pas un bruit ne vient ébranler ma tranquillité. Le calme parfait dans un endroit aussi déserté. Enfin, le silence serait roi si seulement je n'était pas à ce point bourrin. Mes pas heurtent le sol sans une once indulgence. On en viendrait à croire que je n'ai pas envie d'y aller. Ils effleurent le sol avec une lenteur démesurée, comme si venir ici m'en coûtait. Je ne dirais pourtant pas que je traîne les pieds. Ce serait mensonge que d'affirmer telles paroles. Non, je suis contente d'être ici, d'avoir le sentiment de me rendre un peu utile. Pour peu que ce que l'on fasse soit utile, évidement. Séraphina, la conteuse, ou l'aventurière, je ne sais plus trop, m'a sommé de venir ici afin de l'aider. Soit. Je suis là. D'après ce que j'en ai compris, je devrais être accompagnée. Oh zut alors, Ly', tu es vraiment une tête en l'air. Grommelant de quelque peu, les yeux plissés sous l'effet des rayons solaires qui m'agressent, je poursuis de quelque peu ma route avant de m'arrêter une nouvelle fois. Mes mains viennent se positionner le long de mes hanches alors que je pousse un soupir agacé. Me contraignant à relire les instructions qui m'ont été données, je plonge ma fine main dans la poche qui me fait office de fourre-tout. J'en ressors un bout de papier soigneusement plié, où mon nom est encore distinctement lisible. Il était grand temps de me mémoriser une bonne fois pour toutes les instructions qui m'avez été données. J'imagine que tous les autres volontaires que j'avais pu entrevoir en avaient eu de semblables.

« Linnéa et Alexander, vous vous rendrez aux ruines et explorerez l'intérieur. Fouillez tout de fond en comble, peut-être que quelque chose m'a échappé. Faites de votre mieux et dénichez moi des indices. Apportez moi tout ce qui vous semble susceptible de faire avancer l'enquête. »

Une écriture féminine se découpe sous le bout de parchemin. Le support est vieux, à n'en pas douter. Mais la jeune demoiselle qui me l'a confiée ne semblait pas contre l'idée de travailler main dans la main avec le passé. J'avoue être tombée sur elle par hasard. A mon retour du temple, je me suis retrouvée sur cette place où tout le monde aboyait. Un curieux personnage déclamait quelque discours. J'étais prête à passer mon chemin, encore suffisamment perturbée pour ne pas vouloir me concentrer sur autre chose que sur mon démon. Mais des cris m'en avaient empêchés. Une longue silhouette gracile s'était alors découpée, prenant spontanément la place du jeune homme. Sans remords, la jeune femme s'était mise à s'exprimer, la voix encore légèrement haletante de celle qui est légèrement encore secouée. Je n'avais pas tout compris dès le début. De là où je me trouvais, de simple mots me parvenaient. Hâchés, bouffés, bref, signe d'une acoustique parfaite. Curieuse et comme aimantée par cette personnalité qui se découpait, je m'étais approchée. Et la fin de l'histoire m'était parvenue distinctement, sans aucun souci. Je dus toutefois embêter à plusieurs reprises mon voisin histoire de prendre pleine mesure de ce qu'il se passait, me refaisant rapidement le scénario du début de son discours, histoire de ne pas me retrouver à avoir un bout du message et non le tout dans sa globalité. Exploration, ruine, statuette, volée, chercher. Volontaire ? Sans que mes axones n'aient eut le loisir de se retrouver connectés uns à uns, ma main se leva. Mon inconscient trancha pour moi et me voilà qui me retrouvait volontaire à une chasse au trésor dans une ville que je ne connaissais pas. Et bien, quel sens de l'utilité. Ce n'est pas comme si connaître les lieux auraient pu m'aider… Immédiatement, mon esprit raisonnable vint doucement me chatouiller, m'avançant irréfutablement le fait que ma participation serait toujours cela de gagné. C'était toujours une paire de bras à prendre. Et puis, puisque tout me paraissait étranger ici, je pourrais porter un regard neuf sur tout ce que je trouverais, pourrait laisser ma raison galoper, les scénarios se multiplier. Oui, je me suis cru dans James Bond. Et alors ? Néanmoins, j'en perdrais en productivité et mon pauvre coéquipier allait sûrement regretter que l'on m'ait mise avec lui. Bah. Tu ne le connais même pas Ly'. On ne te demande pas de faire du copinage mais d'être efficace. Tant pis s'il réfute tes méthodes, l'important est que vous sachiez au moins communiquer entre vous histoire de faire en sorte que votre mésentente ne fasse pas tout foirer.

Un nouveau soupir mourut entre mes lèvres entrouvertes. J'y étais. Les ruines s'étalaient à mes pieds. Mais j'étais seule. Désespérément seule. Apparemment mon coéquipier n'était pas encore arrivé. Alexander, c'était ça ? Jetant un nouveau petit coup d’œil à ce qui me servait de consigne, je ne sus comment agir. Mes yeux oscillèrent des ruines au furtif bout de papier. Attendre ? Commencer ? Non. Attends au moins la personne avec laquelle tu es censée bosser. Que penserait-il sinon ? Que tu es une solitaire, une lionne  aigrie ? Non, non, c'est pas bon pour un premier aperçu. Je pris donc le parti de repenser aux paroles de l'aventurière, histoire de pouvoir déjà me conditionner. Qui était-elle déjà ? Ah oui, Séraphina la Fabuleuse. Pourquoi la Fabuleuse au fait ? Vantarde ? Orgueilleuse ? S'était-elle ainsi nommée où l'avait-on nommée ? Quels exploits avaient-elles à son palmarès ? Peu importe, Ly'. Ma voix intérieure se tut et de suite, je basculai sur le reste de ce qu'elle avait raconté. Ma mémoire visuelle me permit de revivre la scène. Laissant mes yeux vagabonder sur le paysage qui s'étalait à mes pieds, je la revis se mouvoir, gesticulant des bras, des lèvres, livrant ses paroles à fond le train comme si elle mourrait demain. Je n'avais pas saisi cette histoire de malédiction. S'agissait-il de superstition ? De quoi était-il réellement question ? Etait-on tombés dans un attrape-nigaud de première classe ? Avec face à nous une voleuse dont le butin s'était fait volé sous son nez ?

« Ohhh... »


Je me pris la tête entre les mains, laissant mes doigts venir s'entremêler dans mes cheveux nattés. J'allais me donner un mal de crâne pas possible si je me questionnais de la sorte. Mais il le fallait. Je ne connaissais rien de cette ville. Ni ses habitants, ni son plan. J'avais déjà mis la dose de temps pour venir jusqu'ici, avait pris sacrément le temps de me préparer, refaisant convenablement mon sac à dos. Ce que j'en avais ôté gisait patiemment au sein d'un buisson. Oui, j'étais actuellement à la rue. Fort heureusement pour moi, à mon réveil ce matin, face à ce temple qui me surplombait, j'étais tombé face à une nouvelle recrue. Un tout jeune moine tout juste entré dans les ordres. Il m'avait observée avec cet air condescendant de celui qui ne voudrait éprouver de la pitié mais qui ne peut s'empêcher de la ressentir. Il m'avait lorgnée. J'avais baissé les yeux et il dut apprécier puisqu'il se décida à ce moment là à me venir en aide. Grâce à lui, je pus refaire le plein de mes provisions, put prendre une douche ô combien appréciée. Mon attention se focalisa sans tarder sur mon odorat, et je me fis un plaisir de humer l'air qui m'entourait, imbibé de l'odeur du shampooing qui flottait. J'adorais ça. Je me sentais revitalisée. Prête à repartir. Pour aller où, aucune idée, il allait encore falloir qu'à la fin de cette histoire je me rende à la mairie. Oui non parce que je ne comptait pas aller traîner du côté du temple tous les jours histoire de m'attirer leurs bonnes faveurs. Je n'étais pas comme ça. Ma fierté m'aurait empêchée d'ainsi aller quémander cette aide qu'ils ne se lassaient jamais de donner. Et.. j'avoue que l'idée de braver les intempéries ne me tentait pas trop. Je n'étais pas courageuse. Pas du tout. Il allait falloir que je me débrouille pour me trouver de quoi dormir au sec, quitte à devoir pour cela aller me blottir contre quelque molosse. Des vrais hein. Je ne parle pas de métaphore ici, des fois que certains intéressés se soient demandés.

Ayant décidé d'attendre la personne censée m'accompagner de pied ferme, je me décidai à faire quelque pas afin de me décharger de ce sac à dos qui déjà me pesait. Le soleil, malgré l'heure matinale, était déjà haut dans le ciel et il était inutile que je m'épuise avant même d'avoir commencé à chercher. Chercher quoi ? Je n'en savais rien, mais il allait falloir fouiller toute la journée, ce qui induisait le fait que nous passerions au moins 8-10h le dos courbés, les yeux dans la poussière. Profitant du temps qu'il me restait, je refis le tour de mon paquetage, vérifiant que je possédais assez d'eau pour la journée, assez de manger pour pouvoir avoir une chance de survivre quelques jours si jamais malheur il nous arrivait. Il paraît qu'ici les éboulements étaient fréquents. Qui sait s'il n'y en aurait pas d'autre ? A l'image de celui qui avait déjà fait un blessé et que les habitants se chargeraient maintenant de cuisiner. Ma paranoïa aiguë pour tout ce qui est de l'ordre des choses à venir se fit un plaisir extrême de se charger de me divertir tandis que, un genou à terre, je poursuivi ma besogne. A force de l'entendre déclamer ses idées toutes plus pessimistes les unes que les autres, ma raison avait fini par savoir faire le tri dans tout ce blabla. Quelques minutes après, j'en avais terminé et avec mon sac, et avec mes idées noires, et tournant le dos à mon sac, je me laissai glisser contre celui-ci jusqu'à ce que mon fessier repose pleinement sur l'herbe verdoyante Il n'y avait plus qu'à attendre. Portant le regard sur le chemin d'où j'en étais venue, je supposais qu'Alexander ou peu importe de qui il s'agissait allait lui aussi venir de ce côté. Cela dit, la forêt était si dense qu'en réalité, je n'en avais aucune idée. J'avais déjà eu bien de la chance de ne pas m'être perdue en route, je n'allais pas non plus faire ma connaisseuse du dimanche.
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Ven 14 Avr - 17:45



Event ~ Dans les ruines...

Linnéa Krämer & Tao ShinLa forêt, les orties, les animaux... tout était sombre ici ! Tao se dépêchait, inexorablement, à franchir ces bois pour rejoindre quelqu'un. Que faisait-il là à cette heure ? N'avait-il pas autre chose à faire de sa journée, comme à prier au temple par exemple ? Non, parce qu'aujourd'hui, il était en mission. Une enquête très précisément. Et pour une fois qu'il avait la possibilité de se distinguer, pourquoi refuser ?

Alors qu'il essayait de s'orienter, le moine se rappelait les circonstances qui l'avaient poussé ici, à se prendre la tête. Il se baladait en ville, pour changer. Il avait besoin de vêtements et à son grand dam, il n'avait rien trouvé d'intéressant à se mettre. Il rentrait donc chez lui, les mains dans les poches, lunettes de Soleil sur le nez et la mine légèrement agacée, quand il entendit un brouhaha incessant non loin de sa position. D'un simple geste de la tête, il nota où se trouvait le bruit, mais n'y prêta pas attention. Il n'était pas du genre à se donner en spectacle, à moins que les circonstances l'exigent, mais ça n'était pas le cas. Alors il était passé outre ce rassemblement. Et puis, si Avalon s'y trouvait, il ne voulait pas la croiser. Il n'avait pas encore pris le temps de la revoir, et encore moins de la rappeler. Ce n'était pas le moment. La Bête qui le hantait n'était pas calmée, c'était dangereux de la pousser à la tentation en ces temps troublés. Il rentrait chez lui, tout simplement, pour quelques séances d'abdos bien méritées.

Mais quelques jours plus tard, le moine reçu un message étrange, écrit sur un vieux bout de parchemin. Il prit le temps de le lire attentivement, et se tapa le front en plissant les yeux. Finalement, il aurait dû s'arrêter à ce rassemblement. De ce qu'il avait compris, une certaine Séraphina Fabulosa cherchait quelques âmes charitables pour lui donner un coup de main dans une affaire de vol. Mais l'un des participants, un certain Alexander, n'était plus là pour des causes... quelques peu inconnues. Non mais quel crétin ! pensa t'il. A quoi bon se proposer si au final on se volatilise sans prévenir ? Sans se soucier de l'heure, il avait quitté son appartement pour revenir en ville, à l'endroit où cette femme s'était manifesté. A sa grande surprise, elle était là, et put en toute tranquillité lui annoncer son volontariat pour cette mission. Il avait écouté ses paroles avec attention :

Spoiler:
 

Alors voilà. Il n'avait pas prit le temps de se changer, ni même de prendre son sac à dos resté chez lui sur son lit. La tentation d'avoir le beau rôle avait pris le dessus sur tout le reste. Il était parti en courant, quittant la ville, et se plongeant en profondeur dans la forêt, où se cachaient les ruines de Damned Town. Il ne s'était même pas posé la bonne question : qui lui avait déposé ce bout de parchemin ? Le fameux Alexander qui sait ! Ou cette femme ? Aucun moyen de savoir, mais Tao s'en foutait complètement. Il se concentrait sur ce qu'il devait chercher. Des indices dans les ruines... La belle affaire. Quoi comme indice ? Il le verrait sur place. Et cette fille... Linnéa c'est ça ? Il se demandait à quoi elle pouvait ressembler, et si elle serait coopérative. Au moins, ça n'était pas Alizée... belle garce venimeuse ! Et si ça avait été Avalon, elle l'aurait enseveli de questions sur leur relation étroite et ça, il en était hors de question. Secouant la tête pour chasser ses pensées impures, il s'évertuait à prendre des points de repère pour ne pas se perdre. Qu'elle était grande cette forêt !

Enfin, au loin, une sorte de grotte se dessine dans la verdure. Tout de même ! s'écria t'il en accélérant la cadence. Mais où était la demoiselle ? Juste là, assise au sol, en train de l'attendre. Devait-il s'excuser de son retard ? Non. Après tout, il n'était pas prévu pour cette enquête, alors elle allait devoir prendre sur elle au cas où elle serait outrée d'avoir attendu. Quelque peu essoufflé, il se dirigea vers la jeune femme et prit un instant pour reprendre son souffle. Il l'observa un instant. Plutôt jolie à vrai dire ! Encore une blonde... Bref. Il ne voulait pas se lancer dans des spéculations à son sujet. Quand elle remarqua sa présence, il se décida à lui adresser quelques mots.

« Pfiou ! Quel bordel pour venir ici vous rejoindre. Les ruines ne sont vraiment pas accessibles... »

C'est tout ce qu'il avait de plus direct à lui dire, pour une première rencontre c'était réussi ! Tao manquait de tact parfois, mais il était direct avec les gens, et encore plus avec la gente féminine. Inutile de faire des ronds de jambe. Il n'en voyait pas l'intérêt. Pour se rattraper un peu et ne pas passer pour un rustre, il lui tendit ses mains pour l'aider à se relever.

« Je suis Tao. Je viens pour vous prêter main forte pour cette enquête. Un certain Alexander était prévu avec vous, mais il est indisposé, alors me voilà. Vous êtes Linnéa, si je ne m'abuse ? »
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Ven 14 Avr - 18:07



Indice...


Journal de bord de Séraphina Fabulosa :

L'entrée des ruines se dessinait devant nos deux explorateurs en herbe. L'intérieur sombre, humide, et poussiéreux les attendait paisiblement. Peut-être restèrent-ils quelques instants à l'extérieur, mais ils ne tardèrent pas à entrer. Et là, ils furent surpris par une odeur étrange qui envahit leurs narines. Ils n'arrivaient pas à mettre le nom dessus, dommage pour eux, peut-être cela leur reviendra-t-il plus tard ? Linnéa remarque en entrant, oublié sur le côté, ma lampe torche, que j'avais lâché dans la précipitation. Il faut bien observer le hall principal, avec ses peintures étranges à moitié effacées par le temps, ses écritures indéchiffrables et son sol recouvert de mousse. Qui sait... Dans tous les cas, j'espère qu'ils ne s'attarderont pas trop ici, les ruines sont profondes, et il ne vaut mieux pas trainer !
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Sam 15 Avr - 15:02

EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent?
          Un mouvement sur la droite me fit tourner la tête en cette direction. Les feuilles y frémissaient, les branches se balançant, mues par je ne sais quelle force qui se déplaçait. Quelqu’un ou quelque chose approchait, à n’en pas douter. Sous les pieds de l’intrus qui venait troubler le silence qui m’entourait, les cadavres de la flore craquaient. J’avais toujours apprécié ce petit côté champêtre qui permettait de toujours savoir où l’on en était. Il fallait apprendre à écouter pour être capable de tout détecter. Après de nombreuses nuits à avoir angoissé en forêt, je m’étais habituée à l’ambiance particulière qu’elle dégageait. Le calme qui y régnait ne m’effarouchait plus, les chuintements du bois au gré du vent ne me faisaient plus frémir, les courses de lièvres qui se mouvaient sans aucune délicatesse non plus. Habituée aux rituels des bois,  mon oreille s’était également peu à peu faîte aux éléments étrangers. Les pas plus lourds m’alertaient, ma vision s’était précisée, repérait les teintes un peu trop claires ou foncées. Plus aguerrie qu’à mon arrivée, j’avais appris à écouter l’esprit de la forêt qui désormais m’en disait bien plus que je n’aurais un jour pu l’imaginer. En l’occurrence, dans le cas des bruissements que je percevais, il s’agissait d’un être humain à en juger par le côté balourd qui s’en dégageait. Un cerf avait le pas plus gracile, un lièvre plus rapide. A moins qu’il ne s’agisse d’un ours… mais dans ce cas là, j’aurais dores et déjà pu apercevoir la fourrure qui le couvrait. Non, il devait s’agir d’un individu de la même espèce que moi. Forte de ce constat, je ne bougeai pas, dardant simplement le regard vers la zone d’où les bruits émergeaient. Evidemment, j’avais visé à côté, il n’arrivait pas du côté que j’avais supposé. Bien que mon ouïe et ma vision se soit toutes deux développées à force de temps passé à arpenter de telles forêts, mon analyse elle n’avait pas évolué et faisait toujours bien pitié.

°Pourvu que cela soit Alexander…° pensai-je, impatiente de pouvoir commencer à bouger.

Oui, je n’étais pas d’une nature très très persévérante  en ce qui concernait l’attente et puis la grotte qui me faisait face, sur la gauche, me donnait très très envie d’y pénétrer pour commencer à fouiller. Pourtant, je n’en voulais pas à mon partenaire. Au contraire, cette attente prolongée aurait au moins le bénéfice fort marqué de m’apprendre à patienter, vertu qui dans la vie servait. Je le savais. Alors, en attendant qu’il n’arrive, je m’étais murée dans la contemplation de l’endroit que nous aurions à visiter. Voilà déjà une quinzaine de minutes que je l’observais sous toutes ses coutures, enregistrant au fond de ma mémoire chacun des détails qui pouvaient le caractériser. Je ne parvenais jamais à imaginer ce que je ne connaissais pas, mais ressortir quelques souvenirs de lieux déjà connus ne me posaient en revanche aucun problème. Alors, je priai ma mémoire de bien vouloir retenir tout ce que mes yeux voyaient, afin que, par la suite, faire mon compte rendu en soit plus aisé, et moins altéré par le temps qui passait, effaçant lentement la justesse de tout ce qui avait pu être observé.

Quoi qu’il en soit, une ombre s’extirpa effectivement bien rapidement des buissons qui bordaient la petite clairière où je me trouvais. Un homme plutôt massif en sortit, la poitrine se soulevant à un rythme légèrement précipité. Avait-il couru pour venir jusqu’ici ? Ou manquait-il simplement d’endurance ? Je l’observai avec une curiosité non dissimulée, en même temps que je le vis balayer du regard le lieu dans lequel il venait de débouler. Ses yeux se posèrent bien évidemment en premier lieu sur les ruines qui occupaient la majeur partie de son champ de vision avant d’en venir jusqu’à moi. A ma manière, il m’examina, et nos jugements respectifs ne trompèrent personne. Nous nous scrutions dans le simple et unique but de tenter de déjà nous cerner un tantinet. Bien piètres essais mais noble cause avancée ! Puisqu’il allait falloir travailler ensemble, autant vouloir dès le début s’assurer de la fiabilité de notre coéquipier. De mon côté, je ne parvins à aucun conclusion hâtive, me contentant du physique de ce dernier. Des cheveux de jais qu’il avait soigneusement coiffés, une musculature impressionnante qui derrière quelques vêtements se dissimulait, et un regard curieux qui ne manquait pas de satisfaire sa soif de connaissance. Un temps durant, nous nous tûmes. Mais cela était sans compter sur le jeune homme qui ne tarde pas à entamer la discussion.

« Pfiou ! Quelle bordel pour venir ici vous rejoindre. Les ruines ne sont vraiment pas accessibles... »

Sa remarque m’arracha un sourire tandis que je hochai vigoureusement la tête. En effet, le terrain était loin d’être aisé, mais le pire était de s’y retrouver à l’intérieur de ce bois damné. J’avais marché suffisamment longtemps pour commencer à m’énerver, avant de remarquer que j’avais tourné en rond. Il fallait dire que les lieux n’avaient rien pour nous aider. Tous de vert constitués, ils arboraient les mêmes arbres, partout, le même parterre, partout. Et plus vous vous énerviez à ne pas trouver, plus votre vision vous trompait, vous donnait le sentiment d’avoir parcouru le même sentier des milliers de fois. Les ruines n’étaient pas indiquées, et pour mon plus grand bonheur, j’avais toutefois fini par tomber dessus. Par pur hasard, je ne vous le cache pas. Depuis, je n’en avais plus bougé, de peur de me perdre à nouveau dans ce labyrinthe végétal.

« A qui le dite vous ! Je peux vous assurer que le retour risque d’être tout aussi amusant… » dis-je en laissant percer mon ironie.

« Il faudra que l’on veille à ne pas se remettre en route trop tard, sinon la nuit aura raison de nous. » crus-je bon d’ajouter.

Avec une politesse prononcée, l’inconnu me tendit une main amicale pour m’aider à me relever. J’appréciai. M’en emparant, je fus vite remis sur pied, formulant immédiatement une once de remerciement tout en lâchant la main chaleureuse qui m’avait extirpée de mon siège moelleux.

« Merci beaucoup, cher camarade !»

Sans me départir de mon sourire, j’époussetai légèrement mon jean pris d’assaut par quelques fuseaux d’herbes alors que mon attention se focalisait sur les informations dont il me renseignait.

« Je suis Tao. Je viens pour vous prêter main forte pour cette enquête. Un certain Alexander était prévu avec vous, mais il est indisposé, alors me voilà. Vous êtes Linnéa, si je ne m'abuse ? »

Alors que sa respiration s’en était calmée, sa voix se posa, retrouvant un timbre que je présumai lui était habituel. Et quel timbre.. Un froncement de sourcil vint étayer mon visage souriant. Cette voix me disait quelque chose.. Me concentrant pour revenir sur mes souvenirs, je fis abstraction des gestes qu’il put ensuite réaliser, des paroles qu’il put prononcer. Mes yeux vinrent se perdre dans le parterre tout de jade teinté alors que je m’énervais à tenter de me rappeler. Cette voix, cette voix.. Mais où ? Quand ? Comment ? Je n’avais pas mis les pieds à Damned Town depuis plus de trois jours, cela réduisait considérablement le champ de recherche. Tao était en effet un humain, mon aura m’en assurait. Je n’avais donc pas pu le croiser aux enfers. Mais alors où bordel ?! Mon impatience ressurgit alors que mon esprit s’échauffait. Ce n’était tout de même pas compliqué ! Je n’avais pu que le croiser du côté du Temple, j’avais traîné là bas tout mon temps durant avant de venir ici. Il avait donc du être aux abords de ce lieu réputé pour que j’aie pu le croiser. Mes yeux revinrent le scruter, à la recherche de quelconques indices qui auraient pu m’aider dans ma quête. Mais rien. J’eu beau sonder chacun de ses traits, entendre encore et encore l’écho de sa voix en mon for intérieur, la mémoire ne me revint pas. Un vague souvenir, une vague impression de déjà vu, de déjà entendu. J’allais aller loin avec ça. Un petit sourire déçu au coin des lèvres, je revins néanmoins à notre discussion présente, désireuse de ne pas me refermer sur moi-même et d’en oublier mes principes de courtoisie.

« Enchantée, Tao.  En effet, je devais retrouver un certain Alexander mais qu’importe, tant que notre recherche est fructueuse. Je vous remercie en tout cas d’être venue me prêter main forte. Après tout vous auriez pu refuser et il m’aurait alors fallu me démener seule. »

Mon regard  inquisiteur ne l’avait pas quitté et je tiquai soudainement en constatant qu’il ne portait pas de sac à dos. Inclinant légèrement la tête de côté, laissant mes cheveux venir balayer le vide qui côtoyait mes hanches, je le questionnai immédiatement :

« Mais ? Où sont vos affaires ? Vous n’avez pas pris d’eau pour vous ravitailler ? »

Ouvrant de grands yeux ronds, je m’indignai d’un côté de tant de curiosité de ma part, mais de l’autre, en tant que marcheuse et paranoïaque des ressources de première nécessité, cette découverte m’interpella grandement. Je me repris cependant aussitôt, me présentant à mon tour.

« Pardon, pour ces questions. Je suis effectivement Linnéa. Mais vous pouvez me tutoyer et m’appeler Ly’ si cela vous convient. Cela est moins froid comme dénomination je trouve et puis.. cela apportera un peu de chaleur humaine à l’intérieur de ces ruines qui semblent glacée, que de faire comme si l’on se connaissait. Je n’ai que 17 ans, alors inutile de me tenir tant de respect. »

Jetant un coup d’œil à la grotte qui m’appelait, je me tournai à nouveau vers Tao, avant de charger mon sac sur mes deux épaules.

« Cela vous dirait-il de continuer à discuter à l’intérieur ? Comme ça nous pourrions commencer à chercher. Je dois cependant avouer que je n’ai aucune idée de ce que nous poursuivons et que mon ignorance va bien au-delà de ces simples ruines. Je ne connais rien de Damned Town, et encore moins en ce qui concerne son histoire. Je vous préviens d’avance. »

Une petite moue désolée vint durcir mes traits avant que ces derniers ne soient rehaussés d’un sourire déterminé.

« Mais, ce n’est pas une raison pour ne pas se proposer. »

Justifiant au passage ma participation à cette active recherche, au cas où il se poserait la question, je me mis en marche, supposant qu’il suivrait. Je ne tardai donc pas à pénétrer au sein de l’édifice de pierre et immédiatement, l’air chargé de poussière et d’humidité secoua mes poumons d’une quinte de toux. Surprise, je me stoppai, levant mon bras pour venir le placer devant ma bouche encore agitée par la réaction de mon organisme face à l’air que j’avais respiré. Et bien. Cela démarrait bien. Conservant le bras replié vers moi pour bloquer le plus de particules possible, mes yeux s’habituèrent à l’obscurité ambiante et balayèrent la pièce dans lequel nous venions de débouler, une once de suspicion plantée dans le regard. Moi qui n’attendais que de me rendre à l’intérieur des ruines, mon envie venait d’être légèrement douchée et pour la première fois, ma méfiance se réveilla. Je m’appliquai donc à vérifier que rien ne clochait là ou nous étions arrivés quand mes yeux butèrent sur le relief d’un petit objet couché sur le sol. Sans tarder, je m’en approchai, m’accroupissant à ses côtés. Bien que suspicieuse, mes doigts vinrent caresser la peau métallique de l’outil, reconnaissant la carcasse d’une lampe-torche. Effectivement, nous n’étions pas les premiers à avoir mis les pieds ici, l’objet en témoignait. Levant les yeux vers Tao, j’eus le malheur de laisser retomber mon bras pour pouvoir lui parler. Immédiatement, une âpre odeur me parvint, emplissant mes narines de son fumet désagréable, ce qui m’arracha une grimace bien vite contrôlée. Relent de vieillesse ? Effluve d’un cadavre ? De quoi s’agissait-il ? Je ne pus le préciser, n’ayant pas assez d’expérience olfactive pour en discuter. Il fallait avouer que c’était la première fois que je me livrais à pareille investigation et j’espérais vraiment que mon inexpérience ne porterait pas préjudice à notre mission. Quoi qu’il en soit, je soutins le regard de mon coéquipier, m’enquérissant de son avis :

« Une lampe-torche oubliée. Peut-être appartient-elle à Séraphina. Ou peut-être à l’homme retrouvé sous l’éboulement. Ou alors nous ne sommes pas seuls ici. Je n’en sais rien. Que fait-on des indices trouvés ? »

Mes yeux oscillèrent entre l’objet et Tao, ne sachant trop s’ils devaient laisser mes doigts continuer à manipuler l’objet où si je devais justement m’en éloigner. Fort heureusement, j’avais été prévoyante avant de partir. N’en ayant pas de personnels, je m’étais débrouillée pour dénicher quelques gants de latex. D’un petit coup de rein, je débarrassai l’une de mes épaules de la lanière de mon sac, le faisant glisser sur le côté jusqu’à l’un de mes genoux. Délaissant ma piètre protection face à l’air chargé de ces molécules, je l’ouvris d’un geste sec et enfilai ma paire avant de me stopper. J’en revins alors à Tao, demandant entre deux toussotements :

« Tu en veux peut-être un ? »

Retirant celui de ma main gauche, je le lui tendis, m’habituant au passage lentement à l’atmosphère particulière des lieux. Mes poumons ne crièrent finalement plus à l’asphyxie et je pus bien vite respirer normalement, bien que ma gorge me piquât encore de temps à autres. Rougissant, je vis les yeux de Tao venir se poser sur le gant dans un réflexe d’incompréhension.

« Oui, je sais, nous n’enquêtons pas sur un meurtre, mais je me suis dit que.. peut-être.. il serait préférable de ne pas tout souiller de nos empreintes quand même. »

Légèrement gênée, je me redressai, replaçant mon sac comme il l’était. De ma main droite, celle couverte par le latex, je me saisis de la lampe et tentai de l’allumer. Par chance, les piles ne s’étaient pas encore vidées et le faisceau de lumière ne tarda pas à se refléter sur le mur du hall d’entrée. Nous pûmes alors brusquement y découvrir quantité de peintures s’apparentant à quelques écritures. Mon gant gauche toujours à la main, je fis un pas en direction de ce que je venais d’éclairer, levant de quelque peu la lampe au fur et à mesure que mes yeux découvraient ces petites pépites à moitié effacées. Je ne pus retenir un sifflement époustouflé :

« Waouh. Ça a l’air très ancien dis donc… ! »

Le murmure quitta mes lèvres comme à regret, s’évaporant dans les airs peu après. Je devais avouer que ces lieux me déconcertaient. La surprise d’avoir face à moi telle écriture mystérieuse me fit complètement oublier la méfiance que j’avais pu éprouver. Un pilleur aurait très bien pu se glisser derrière moi et tenter de m’égorger que je ne l’aurais pas senti  arriver.  Bien loin de moi étaient mes réflexes de survie, ceux que j’employais en forêt. Sous mes pieds roulèrent quelques pierres, sans un bruit. La mousse qui recouvrait le sol se chargeait de tout atténuer. Nos pas paraissaient feutrés à chaque foulée que l’on faisait et, quittant des yeux le mur qui nous faisait face, je me plus à l’observer.

« Hum.. L’humidité a fait son petit boulot  par ici… Si quelques petites signes se sont glissés entre ce tapis d’écume, m’est avis qu’on va galérer à les trouver. »

Pivotant sur mes talons, je me retournai face à Tao, la lampe suivant mon mouvement et venant dès lors éclairer les genoux de ce dernier. Dans mon champ de vision se découpèrent plusieurs accès adjacents, qui devaient sûrement conduire à quelques autres pièces toutes aussi surprenantes es unes que les autres. Inspirant lentement, je me mis à questionner Tao sur la façon dont nous allions nous organiser, le laissant au passage se familiariser avec les lieux qui nous entouraient. Depuis le début, j’avais laissé ma fougue et ma curiosité s’exprimer, n’avait bougé qu’en connaissance de ce que je voulais faire mais la vérité était que l’on se retrouvait en binôme. Il allait donc falloir que je me soucie de son avis et que je n’agisse pas comme à mon habitude, soit comme une tête de mule, butée et résignée. Réfrénant mon envie de m’aventurer dans les corridors qui se profilaient, je plongeai au contraire mon regard dans celui de Tao, attendant que nous mettions au point notre stratégie de recherche, si toutefois nous décidions d’en avoir une :

« Bon, comment vas t’on procéder ? Déjà, est-ce qu’on reste ensemble, ou alors on se sépare ? Se séparer signifierait que nous pourrions couvrir deux fois plus de terrain, avoir deux fois plus de chance de trouver nos indices. Mais en même temps, Seraphina nous a dit de nous méfier. Non… en fait elle ne l’a pas dit, mais si elle dit que des trésors ont été volés, il est probable que nous ne noyions pas les seuls ici. Et puis, on se donne combien de temps pour aujourd’hui ? »

Réfléchissant de quelque peu, je me rappelai soudainement que je n’avais pas cherché à savoir quand, où et comment je comptais retrouver l’aventurière pour tout lui retransmettre à la fin de notre petite expédition. Quel était le délai dont nous disposions ?

« On a combien de temps au fait ? »

Mon impatience se transforma en feu de questions, bombardant le jeune homme sans la moindre indulgence. Je sentais qu’il allait vite regretter d’avoir à coopérer avec une telle jeunette agitée. D’ailleurs quel âge avait-il ce cher Tao ? Allez, je lui donnerai peut-être la trentaine.
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Dim 16 Avr - 4:16



Event ~ Dans les ruines...

Linnéa Krämer & Tao ShinLa jeune femme ne se fit pas prier. Elle le remercia de son geste amical et s'apprêta à entrer dans la grotte. Elle ne perdait pas de temps ! Son comportement lui plaisait amplement. Elle s'était déjà distinguée, amusée par sa phrase d'accroche sur son arrivée compliquée. Avec un sourire narquois, il l'observa s'épousseter ses vêtements avant de se prononcer.

« Enchantée, Tao.  En effet, je devais retrouver un certain Alexander mais qu’importe, tant que notre recherche est fructueuse. Je vous remercie en tout cas d’être venue me prêter main forte. Après tout vous auriez pu refuser et il m’aurait alors fallu me démener seule. »

« Bien au contraire. Ne me remerciez pas, jeune fille. Ça me fait plaisir de vous donner un coup de main. »

Tao se réjouissait de faire équipe avec elle. Elle semblait disposée en tout cas. Soudain, elle lui fit remarquer qu'il n'avait pas pris d'eau pour le ravitailler. Le moine haussa les épaules. Et oui... il avait bel et bien oublié son sac, comme un débutant. Il s'en était rendu compte en chemin, mais il n'avait pas le temps de faire demi-tour. Son binôme attendait depuis un temps indéfini alors ! Et puis, il était plutôt robuste, manquer un repas ou deux ne lui ferait rien. Et au pire, s'il avait soif, il avait une tactique imparable pour se dénicher de l'eau en pleine nature. La jeune femme se ressaisit un instant, elle parlait beaucoup pour son âge.

« Pardon, pour ces questions. Je suis effectivement Linnéa. Mais vous pouvez me tutoyer et m’appeler Ly’ si cela vous convient. Cela est moins froid comme dénomination je trouve et puis.. cela apportera un peu de chaleur humaine à l’intérieur de ces ruines qui semblent glacée, que de faire comme si l’on se connaissait. Je n’ai que 17 ans, alors inutile de me tenir tant de respect. »

Un simple signe de tête suffisait à Tao pour lui donner son approbation. Seulement 17 ans ? Linnéa pourrait être sa sœur, tout comme Avalon d'ailleurs. Qu'avait-il donc à ne côtoyer que des jeunes ces temps-ci ? Sans perdre un instant, sa partenaire du moment jeta un bref coup d’œil à la grotte et s'empara de son sac à dos, prête pour l'enquête.

« Cela vous dirait-il de continuer à discuter à l’intérieur ? Comme ça nous pourrions commencer à chercher. Je dois cependant avouer que je n’ai aucune idée de ce que nous poursuivons et que mon ignorance va bien au-delà de ces simples ruines. Je ne connais rien de Damned Town, et encore moins en ce qui concerne son histoire. Je vous préviens d’avance. Mais, ce n’est pas une raison pour ne pas se proposer. »

« Je suis d'accord. Je n'ai rien contre cette forêt, mais je me suis lassé de la voir. Commençons les investigations ! »

Linnéa s'engagea la première dans la grotte. Le moine la suivait de près. A peine avaient-ils fait quelques pas que l'air devenait irrespirable. Le caractère ancien de ces ruines ne présageait rien de bon. Tao avait un peu de mal à respirer, tout comme elle d'ailleurs. Avec le recul, il se dit qu'il aurait mieux fallu récupérer son sac... Quel idiot ! Tant pis, c'était bien trop tard. Il ne pouvait pas la planter là tout de même. Alors il la suivait, dans un quasi noir où la lumière du jour avait du mal à percer. Soudain, un objet au sol vint piquer la curiosité de la jeune fille. Aux premiers abords, c'était une lampe torche. Elle la tenait du bout des doigts, et ne savait pas quoi faire.

« Une lampe-torche oubliée. Peut-être appartient-elle à Séraphina. Ou peut-être à l’homme retrouvé sous l’éboulement. Ou alors nous ne sommes pas seuls ici. Je n’en sais rien. Que fait-on des indices trouvés ? »

« J'ai mon cellulaire sous la main, avec appareil photo intégré. On pourrait prendre en photo ce que nous trouvons, puis débriefer à la fin. Je m'en veux de ne pas avoir pris mes affaires ! Mon sac aurait servi à trimballer les preuves... Bref. Mais pour la lampe torche, autant la garder. On y voit rien là dedans ! »

Le moine regarda la lampe d'un peu plus près. Nulle doute, du bon vieux métal bien sali par le mélange de poussière et de terre qui flottait dans l'air et tâchait le sol. Puis, Linnéa lui tendit une paire de gants en latex. Ingénieuse la demoiselle ! Pour ne pas avoir à laisser nos traces partout comme elle le supposa bien gentiment. Il en prit un qu'il déposa sur sa main gauche. Son binôme alluma avec succès la lampe torche, et ils s'enfoncèrent dans les ruines. Au mur, quelques fresques originales semblaient quasi intactes malgré les rouages du temps. Alors qu'elle s'extasiait devant l'une d'entre elle, Tao en profita pour prendre une photo. Ça pouvait toujours servir. Un peu plus loin, le chemin se séparait en diverses pièces. La tuile ! Il aurait bien voulu y jeter un œil, mais c'est elle qui avait la torche. Que faire ?

« Bon, comment vas t’on procéder ? Déjà, est-ce qu’on reste ensemble, ou alors on se sépare ? Se séparer signifierait que nous pourrions couvrir deux fois plus de terrain, avoir deux fois plus de chance de trouver nos indices. Mais en même temps, Seraphina nous a dit de nous méfier. Non… en fait elle ne l’a pas dit, mais si elle dit que des trésors ont été volés, il est probable que nous ne noyions pas les seuls ici. Et puis, on se donne combien de temps pour aujourd’hui ? On a combien de temps au fait ? »

Le moine rangea son cellulaire dans sa poche et posa ses mains sur les épaules de Linnéa. Cette jeune posait vraiment trop de questions ! Mais ça l'amusait au contraire de l'énerver... Elle n'avait rien à envier à Itsuke d'ailleurs, point de vue parlote en tout genre.

« Jeune fille, on se détend, okay ? C'est toi qui a la torche, et aux vues des bruits et suspicions en tout genre qui rôdent dans cette grotte, je ne pense pas que tu voudrais y aller seule, si ? »

Elle avait demandé à ce qu'il la tutoie, c'était chose faite. C'était plus simple, effectivement. Sans la lâcher, il pointa la pièce qui te trouvait derrière elle. Ses yeux crurent distinguer quelque chose de brillant au sol, très peu discernable avec ce noir.

« Regarde juste là, on dirait que la chance nous sourit. Vu la taille, je pense à une petite pierre précieuse, à moins que ça ne soit autre chose ? Allez, en avant ! Les autres pièces, on les verra après. Elles ne vont pas se volatiliser. »

Avec délicatesse, le moine s'empara de la lampe torche et attrapa Linnéa par la main, l'incitant à le suivre vers cette première pièce. En s'approchant d'un peu plus près, il remarqua que l'éclat devenait plus blanc, plus brillant. Il avait raison sur le volume de l'objet : une petite pierre. Était-elle précieuse ? Lâchant la main de sa partenaire, il se pencha et l'attrapa de sa main droite, avec le gant en latex. "Très joli !" pensa t'il, en lui montrant tout souriant. Il la déposa dans sa main, l'éclaira de la torche et la prit en photo, pour l'enquête.

« Je serais bien tenté de la prendre avec nous, pour la rendre à Séraphina. Qu'en penses-tu ? »
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Dim 16 Avr - 23:02



Indice...


Journal de bord de Séraphina Fabulosa :

Au fil de l'avancée dans les ruines, la lumière devint de plus en plus rare. Les deux explorateurs traversèrent tranquillement la seconde salle, puis la troisième, pour pénétrer dans une quatrième salle, immense. Une odeur de souffre leur prit les narines, en braquant la lampe torche aux murs, ils purent découvrir d'anciennes torches encore fumantes, et des symboles inscrits à la craie, bien trop contemporains pour être d'époque : un œil, un os et une flamme. Étrange non ? Les murs étaient tapis d'une immense fresque, racontant une histoire. A certains endroits, la peinture antique s'était effacée. Et les symboles étaient justement placés dans ces interstices créées par le temps. La fresque était donc séparée en trois parties : au début, juxtaposant l'entrée, il était possible d'observer une foule de gens, réunis autour d'un unique feu. Le début d'une montagne un peu plus loin, mais coupée au milieu par du vide. La fresque reprenait plus loin, avec une autre foule, et des bâtiments, beaucoup de lumière sur la scène, et à l'écart, un homme, mieux représenté que les autres, tenant dans sa main un sceptre. Il pointait du bout de son arme un autre vide. Quel vicieux ce temps ! Enfin, en continuant à suivre le tableau géant, il était possible de constater des bâtiments en feux, des gens se battant par les armes. L'homme mieux représenté occupait le centre du tableau, mais il volait dans le ciel, les bras grands ouverts vers l'espace. Au dessus de lui devait se tenir quelque chose, mais il était malheureusement impossible de discerner quoi, du fait de grands traits de peinture gâchant la vision. De l'autre coté de l'entrée, le vide à nouveau. Les deux aventuriers devaient se sentir petits face à cette trace antique, indéchiffrable.

Un unique chemin s'ouvrait désormais à eux, celui de traverser la pièce, et d'emprunter la sortie en face de l'entrée. A partir de cet instant, les aventuriers n'auraient plus qu'une unique voie à suivre, le choix du chemin s'étant effectué dès la première salle des ruines.
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Jeu 20 Avr - 14:08

EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent?
▬ « Bien au contraire. Ne me remerciez pas, jeune fille. Ça me fait plaisir de vous donner un coup de main. »

Cette phrase avait été balancée si simplement.. Tao paraissait être de la trempe de ceux qui se contentent de peu et qui vivent heureux. Son sourire éclairait les lieux comme pas deux et suffisait amplement pour ce qui s’agissait de me rassurer. Ni les ténèbres ni l’ambiance hostile qui régnaient ne m’effrayaient. Ma hantise résidait tout bonnement en la primitive idée d’échouer. Qui certifiait que nous trouverions ce que nous cherchions ? Et qu’avait-on à chercher d’ailleurs? Nous ne savions pas, du moins dans mon cas. Je ne connaissais pas les techniques de recherches, d’inspection, de recueil. Bref, angoissée à l’idée de décevoir l’aventurière, je ne risquais pas aujourd’hui de mourir d’un trop plein de confiance en moi. Quoi qu’il en soit, j’étais déterminée à tout donner, espérant seulement que nous n’en viendrons pas à rentrer bredouille, les bras chargés de l’air que nous aurions brassés.  Alors qu’intérieurement, je commençais à me questionner, Tao s’exprima, donnant une seconde bonne nouvelle :

▬ « J'ai mon cellulaire sous la main, avec appareil photo intégré. On pourrait prendre en photo ce que nous trouvons, puis débriefer à la fin. Je m'en veux de ne pas avoir pris mes affaires ! Mon sac aurait servi à trimballer les preuves... Bref. Mais pour la lampe torche, autant la garder. On y voit rien là dedans ! »

Après la lampe que nous venions de débusquer, cette perspective me donna un peu plus envie de mettre mon cœur à l’ouvrage. J’avoue que je n’avais pas pensé à me munir de la sorte. Heureusement que le moine avait pensé à cela pour le coup là. Nous pouvions sans peine mettre en commun nos forces pour avancer et progresser. Je possédais sur moi le ravitaillement, posaient les questions qui s’interposaient. Tao quant à lui réfléchissait et donnait les solutions qui s’imposaient. Bon, il est vrai que sur ce plan là, j’aurais aimé l’aider, mais dans la mesure où j’étais encore à la fois excitée à l’idée de me lancer dans telle aventure, et apeurée d’y perdre pieds… Mon jeune âge me faisait passer d’un ressenti à l’autre en une fraction de seconde et intérieurement, je bouillonnais. Mes pensées déstructurées dansaient tandis que j’observais, entendais, ressentais.  Un joyeux bordel intellectuel s’était mis en branle, qui serait, sans tarder, je le savais, accompagné d’un petit supplément de fatigue physique et musculaire. Après tout, nous étions partis pour la journée.
Le moine évoqua soudainement l’absence de son paquetage. Je m’empressai alors de le rassurer en lui rappelant que tout n’était pas perdu, il restait le mien. C’était déjà ça niveau confort. Après, pour ce qui s’agissait du transport des preuves, ils avaient toujours de quoi porter. Au pire, je pourrais toujours enlever mon pull et en faire une sorte de baluchon. Néanmoins, mon maigre t-shirt ne me protégerait alors plus des nombreux courants d’airs qui s’amusaient, passant de pièces en pièces sans broncher. Et dans le but d’éviter une mort stupide par simple coup de froid, nous prierons pour rentabiliser nos heures passées devant Tétris et ainsi les mettre en pratique.

« Excellente idée pour ton téléphone ! Comme ça même si on ne peut pas tout ramener, on aura déjà de quoi commenter. Et pour la lampe, rassure toi, je ne comptais pas la lâcher. »

Le moine ne se fit pas prier, et dès qu’ils se retrouvèrent face aux fresques de la première pièce, il s’empara de son arme de prédilection et se mit à photographier ce qu’ils voyaient. Face au chasseur d’images qu’il était, je ne pus m’empêcher de sourire, déviant très légèrement mon attention de ce qui l’accaparait. Là-dessus, je pouvais compter sur lui et si son téléphone ne rendait pas l’âme entre temps, m’est avis que nous aurions des clichés à tomber. Alors que je commençais à m’exciter, en parlant de tous les côtés, l’homme revint vers moi, après avoir jeté quelques coups d’œil dans le noir des pièces adjacentes. Peut-être exténué par tout ce que je débitais, que sais-je. Fort justement, ses mains vinrent se saisirent de mes épaules, dans la même ambiance amicale qu’il s’était appliqué à instaurer dès son arrivée.

▬ « Jeune fille, on se détend, okay ? C'est toi qui a la torche, et aux vues des bruits et suspicions en tout genre qui rôdent dans cette grotte, je ne pense pas que tu voudrais y aller seule, si ? »

Mes yeux se baissèrent d’eux-mêmes vers la torche alors que je la tendais soudainement vers Tao, constatant seulement que peut-être il désirait lui aussi pouvoir observer ce qui l’intéressait. En redressant la tête pour croiser à nouveau son regard apaisant, je constatais avec grand plaisir qu’il s’était mis à me tutoyer. Le contact en serait facilité. A sa dernière question, qui d’ailleurs était fort pertinente, je hochai la tête brièvement. Effectivement, je préférais de loin que nous restions à deux. Des fois qu’il arrive malheur à l’un de nous. Ou au contraire pour nous enrichir mutuellement de nos succès et les vivre ensemble. Cela faisait d’ailleurs trop longtemps que je n’avais pas retrouvé de vie sociale bien stable, et je devais bien avouer que la chaleur humaine qui se dégageait me faisait un bien fou. Un frisson de satisfaction longea ma colonne.  Je m’en repaissais comme si dès la fin de notre mission, je devrais à nouveau m’en passer. Je ne le souhaitais évidemment pas, mais il fallait y songer. Finalement, Tao ne s’empara pas de la torche, me laissant la manier. Il préférait sûrement avoir ses deux mains de libres pour manier son portable. Soit. Je ferrais l’éclaireuse, sans mauvais jeu de mot.

« Effectivement, j’avoue que je préférerais que nous ne nous sépario… »

▬ « Regarde juste là, on dirait que la chance nous sourit. Vu la taille, je pense à une petite pierre précieuse, à moins que ça ne soit autre chose ? Allez, en avant ! Les autres pièces, on les verra après. Elles ne vont pas se volatiliser. »

Je me tus aussitôt, portant ma concentration sur ce qu’il me désignait. Décidément, malgré nos quelques années de différences, Tao avait une pêche d’enfer, et se posait nettement moins de questions que moi. Soit. Alors que je me préparais à le suivre, sa main quitta l’une de mes épaules pour venir s’emparer de ma main. Je reculai subitement, la lâchant précipitamment, soudain nerveuse. Je m’en voulus aussitôt de réagir aussi sauvagement, mais il fallait me comprendre. Je n’avais pas vu âme qui vive depuis bien trop longtemps et en deux jours à peine, des mains se mettaient à m’approcher. Par pur instinct, je reculais, des fois qu’elle ne me veuille plus de mal que de bien. Je me mordis néanmoins la lèvre en me rappelant qu’il ne s’agissait pas d’un démon. Que pouvait-il y avoir de pire qu’un chien de Satan ? Tao semblait qui plus est inoffensif, du moins tant que nous ne le chauffions pas. De moi-même, je laissai donc mes doigts revenir enlacer les siens. Après tout, cela n’était qu’une façon de ne pas se perdre l’un l’autre dans ce dédale de pierre.

« Certes mais le temps nous est lui compté, alors autant ne pas trop traîner. »

Alors que mes yeux se mirent à observer avec curiosité ce qu’il me désignait, mon regard se perdit dans les rainures de la pierre. Qu’elle soit précieuse ou pas, cela ne m’atteignait pas. Cela restait avant tout un caillou, issu de formations géologiques plus ou moins complexes. Alors que je laissais mon esprit à nouveau divaguer sur le pourquoi du comment de la formation de ce type de roches, essayant de songer au métamorphisme qu’elle avait pu subir, Tao me lâcha à nouveau, déposant la lampe à ses pieds pour pouvoir photographier sa petite trouvaille.

▬ « Je serais bien tenté de la prendre avec nous, pour la rendre à Séraphina. Qu'en penses-tu ? »

Étant donné la taille de l’échantillon, cela ne me posait aucun souci. Ce n’est pas ce petit bout de Terre qui en viendrait à nous gêner ou nous retarder.

« Pas de soucis, elle sera sûrement nous en dire plus la dessus. »

L’intérêt que portait le moine à si petit morceau m’étonna, mais je ne fis aucun commentaire. Il avait de l’expérience derrière lui, savait sûrement de quoi il parlait. Je profitais de sa question pour me retourner, me mettant dos à lui. A l’aveugle, je me mis soudainement à présenter les différents compartiments du sac que je portais.

« Tant qu’on y est. Jette juste un petit coup d’œil, que tu sois au courant de l’organisation. »

Désignant tour à tour les différentes pochettes, je lui expliquai brièvement de quoi il en retournait.

« Ici, tout ce qui concerne la bouffe. Si tu as un petit creux, tu viens te servir. Juste à côté ? C’est l’eau. J’espère que tu n’es pas nareux car je n’ai qu’une gourde. Il faudra partager. En haut, là, c’est le strict minimum au cas où l’un de nous deux en pâtît. Il doit y avoir des bandelettes, un reste de désinfectant et quelques médicaments vite fait type anti-inflammatoire. Rien de très poussé. Et enfin, ici, c’est encore un peu vide. On a un peu de stockage en mémoire. »

Je me retournai dès que j’eu fini de m’exprimer, reportant mon regard sur la pierre que tenait Tao. Sans l’avertir, je repris possession de notre seule source lumineuse, exception faîte de nos génies respectifs ( :p ). Il fallait tout de même que nous progressions. Je pris donc les devants, ouvrant la voie en éclairant ce que je pouvais. Cela laisserait le champ  libre  à mon coéquipier pour examiner tout ce qui lui paraîtrait digne d’intérêt. Sans m’attarder dans la pièce que nous venions d’aborder, je passais dans la seconde. Au fur et à mesure que nous nous enfoncions dans le repaire glacé, la lumière se raréfiait, nous abandonnant peu à peu au profit de ténèbres aromatisés. La poussière était à partir de là accompagnée d’une forte odeur de souffre qui aurait pu en gêner plus d’un. Toussant à nouveau légèrement, je ne laissai cette fois pas les éléments venir me titiller, et portai immédiatement le regard sur ce qui nous attendait. Aux quatre coins de la pièce fumaient les restes de torches savamment installées. Nous n’étions pas seuls. Du moins ce lieu avait été visité encore récemment. Impossible qu’il en soit autrement. Ce premier détail m’interpella. A première vue néanmoins, je ne décelais que cette énormité. Pourtant, avant de m’en approcher, je jetai tout de même un nouveau regard à la fresque qui s’étalait. D’une taille monumentale, elle occupait la majeure partie de la pièce, voire dans sa globalité, ornant les alcôves murales de jolies couleurs, bien qu’à nouveau altérées par le temps qui passait. Rapidement, et ce sans m’attarder, je parcourais la fresque, commençant à un bout qui me parut le plus enclin à représenter le début, et suivit peu à peu l’évolution de la situation, jusqu’à en venir à une représentation de guerre. Curieuse, je me tournai lentement vers Tao qui arrivait, trafiquant je ne sais quoi avec ses nouvelles pierres trouvées.

« Tao ! Regarde voir un peu. Tu penses que ça retrace l’histoire de Damned Town ? »

Sans attendre une quelconque réponse, ou si, en attendant son point de vue plus exactement, je me replongeai dans le récit pictural qu’il m’était donné de contempler. Le temps ayant frappée, des pans entiers de fresque manquaient à l’appel, empêchant quiconque de prendre conscience de l’entièreté de ce qui y était représenté. Un soupire nostalgique de ma part traversa l’air pollué alors que je m’avançai. Levant la torche au fur et à mesure que mes yeux se levaient, je fus tentée de suivre le jalon des techniques qui avaient été utilisées du bout des doigts mais je me tins en retrait, par respect, pour ne pas tout dégrader. Bien que les interstices ou les représentations manquaient soient majoritairement… vides, certaines arboraient tout de même de curieux graphitis, fraîchement ajoutés à en juger par la teinte éclatante qui les caractérisait. Fronçant les sourcils, je vins les examiner. D’une époque à n’en pas douter très ancienne, nous touchions ici à du contemporain. Preuve de plus que tout ceci était visité. Et ce n’était pas Séraphia qui se permettraient d’ainsi compléter ce qu’il n’y avait pas à compléter. Même sans la connaître, j’aurais mis ma main à couper qu’elle ne se serait pas abaissée à de telles dégradations alors que son métier même était de découvrir, classer, supposer sans tout casser. Cela n’avait aucun sens. D’autant plus que, ce qui avait été ajouté aurait pu être dans la continuité de ce qui avait été dessiné en premier. Mais ici.. pas du tout ! A croire que les pans de la fresque qui manquaient avaient été effacés pour être remplacés. Un œil, un os, une flamme. Hum.. Activant mes méninges, je ne parvins tout de même pas à observer le pourquoi du comment, me contentant d’enregistrer ces détails. Je me tournai néanmoins à nouveau vers mon coéquipier, pour l’avertir de nos nouvelles trouvailles.

« Va peut-être falloir prendre les torches et les bout de fresques remixés en photo. M’est avis que Séraphina n’est pas l’auteure de tout cela. Je ne sais pas de quand cela date. Soyons juste prudents. Je ne tiens pas à tomber dans quelques guet-appens.  Mais.. Qu’est-ce que tu fais donc ? »

Alors que je lui parlais, il jetait par delà son épaule toutes les petites pierres qu’il recueillait, alliant à notre trajet la technique du petit Poucet. Je ne pus m’empêcher de rire en constatant ce qu’il faisait. Pas que cela soit niais ou mal approprié, mais c’était tellement bien trouvé que je ne pus l’éviter. Un sourire rayonnant s’empara de mon minois alors que je le rejoignais, éclairant ce qu’il était en train de nous dégoter.

« Mais c’est pas mal dis donc. Quoique dans mes souvenirs, le Petit Poucet n’était pas une baraque à muscle comme tu l’es.. »

Amusée, je lui souris encore légèrement avant de lui désigner la fresque, tout de même impatiente de continuer.

« Regarde ! »

On aurait pu me sentir surexcitée, mais ce n’était pas le cas. Ce côté rajouté de la fresque me perturbait. Qui ? Quand ? Pourquoi ? Et quel était le but initial de cette fresque ? Je m’avançai soudain vers elle, me mettant à inspecter chaque mètre carré. Le maître qui l’avait réalisée n’avait-il pas laissé de sa marque quelque part ? Un pseudo, son nom ? De quoi dater et situer ? Déterminée, je poursuivis ma quête, en attendant que Tao ait pu tout passer en format numérique. Du coin de l’œil, en passant à côté, je constatai que nous n’avions désormais plus qu’un chemin à suivre. Du moins, à première vue. Plus aucune porte ne nous été proposée hormis celle que je contournais. Soit. J’espérais secrètement qu’il en serait de même  pour toutes les pièces à venir. Cela simplifierait grandement notre avancée. Ma quête fut pourtant veine, je discernai bien un bout de patte d’oie dans un coin, mais l’altération avait joué son petit rôle et seul un léger trait subsistait.

« Putain ! »

Grommelant dans ma barbe d’imberbe, je me redressai, quittant la position agenouillée que j’avais pu arborer pour dénicher ce qu’il n’y avait déjà plus à regarder.

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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Jeu 20 Avr - 19:48



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Linnéa Krämer & Tao ShinLinnéa était d'accord pour la pierre, une bonne chose de faite. Elle profita de cet instant pour se retourner et chécker ce quelle avait dans son sac à dos. Se tournant à nouveau vers lui, elle se permit de lui donner l'inventaire de tout ce qu'elle avait apporté avec elle. Tao tiqua subitement. Il se trouvait bien con d'avoir oublié son propre sac...

« Tant qu’on y est. Jette juste un petit coup d’œil, que tu sois au courant de l’organisation. Ici, tout ce qui concerne la bouffe. Si tu as un petit creux, tu viens te servir. Juste à côté ? C’est l’eau. J’espère que tu n’es pas nareux car je n’ai qu’une gourde. Il faudra partager. En haut, là, c’est le strict minimum au cas où l’un de nous deux en pâtît. Il doit y avoir des bandelettes, un reste de désinfectant et quelques médicaments vite fait type anti-inflammatoire. Rien de très poussé. Et enfin, ici, c’est encore un peu vide. On a un peu de stockage en mémoire. »

« Et bien ! Quel équipement. Merci à toi de partager ton arsenal de vie avec moi. Je tâcherai de ne pas me casser la figure à répétition. »

La jeune fille récupéra la lampe torche et reprit la tête du cortège, se rendant dans la seconde salle. Tao déposa la pierre dans sa poche, et reprit son appareil photo. Le duo était déterminé à avancer dans cette enquête. Mais à part ce caillou, quelques fresques et cette odeur de souffre, il n'y avait pas de quoi flamber. Au fur et à mesure qu'ils avançaient, l'air se raréfiait, l'ombre s'épaississait et cette odeur d’œufs pourris embaumait davantage. Tao, qui inspectait partout à la suite de sa partenaire, remarqua un autre petit objet brillant au sol. Linnéa ne l'avait pas vu. Il se dirigea vers lui, se pencha et le ramassa. Encore une pierre précieuse ? Il sortit celle qui venait de ranger plus tôt et les compara. Exactement les mêmes, sans nul doute. Tao se concentra sur le sol et remarqua juste derrière lui qu'il en avait raté une. Étrange... il eut un pressentiment tout à coup. Et si c'était volontaire ? Et si les voleurs l'avaient fait exprès pour revenir plus tard ? Le moine devait prendre une décision. Il regarda rapidement autour de lui, scrutant les débris de ses yeux vifs, et trouva un tas de cailloux, quasiment de la même grosseur que les pierres. Avec finesse, il s'en alla déposer trois de ces cailloux aux endroits précis où se trouvaient les pierres, avant qu'il ne les ramasse. Une sorte de subterfuge, au cas où. Tout en se dépêchant, il rejoignit Linnéa qui s'extasiait devant une fresque haute, dans la quatrième salle.

« Regarde voir un peu. Tu penses que ça retrace l’histoire de Damned Town ? »

« Ça se pourrait. Je ne suis pas un expert en dessin pictural, mais je vais prendre tout ceci en photo, ça va nous servir. »

Une scène de guerre, à moitié ravagée par le temps. Voilà ce dont Tao en déduisait. Les illustrations ne l'importaient plus trop en ce moment-même. Il était obnubilé par la piste des pierres précieuses laissées au sol. D'ailleurs, un peu plus loin en avant, il en repéra une autre. Alors que sa partenaire tentait de déchiffrer et d'en comprendre les rudiments, il partit la récupérer et plaça un caillou à la place. Il n'attendait qu'une chose, c'était de repartir dans la pièce suivant pour s'assurer de la véracité de ses idées. Pour semer le doute, il revint sur ses pas et déposa le double de cailloux sur le chemin, histoire de pousser la farce plus loin.

« Va peut-être falloir prendre les torches et les bout de fresques remixés en photo. M’est avis que Séraphina n’est pas l’auteure de tout cela. Je ne sais pas de quand cela date. Soyons juste prudents. Je ne tiens pas à tomber dans quelques guet-apens.  Mais.. Qu’est-ce que tu fais donc ? »

Entendre Linnéa s'interroger sur ce qu'il faisait lui donna un léger sursaut. Il se l'avoua, mais l'espace d'un instant, il avait mis sa présence de côté pour se concentrer. Il allait devoir lui fournir une explication, mais pas tout de suite. Au lieu de ça, il y esquissa un sourire malicieux.

« Mais c’est pas mal dis donc. Quoique dans mes souvenirs, le Petit Poucet n’était pas une baraque à muscle comme tu l’es. »

Le moine éclata de rire. Lui ? Le Petit Poucet ? Manquant de lâcher au sol les cailloux, il les garda en main et fourra sans sa poche droite les pierres précieuses, adressant un clin d’œil furtif à sa partenaire. Alors qu'elle se retourna vers la fresque, elle lui demanda de venir regarder. Il dégaina son appareil photo et en prit plusieurs. A un endroit de la fresque, on pouvait voit que quelque chose avait été rajouté, mais quoi que ça pouvait être, le temps s'en était chargé. Linnéa ne put contenir sa frustration par un sublime mot vulgaire. Elle s'était accroupie juste pour voir un petit détail troublant, mais qui au final ne menait à rien. Voyant qu'elle désespérait face à l'évidence, Il l'aida une nouvelle fois à se relever et lui indiqua la pièce suivante.

« Linnéa, on ne peut rien faire pour cette fresque. J'ai pris suffisamment de clichés pour mieux les regarder quand on sera dehors, à la lumière du jour. Viens, il y a une salle là-bas. »

Continuant leurs investigations, le moine resta proche de la source lumineuse que tenait la jeune fille fermement dans sa main. Quelques pierres précieuses avaient encore été disséminées. Il continua son petit manège, remplaçant les pierres par ses cailloux. Alors que Linnéa que posait de plus en plus de questions sur ses manières, il se redressa et lui exposa son idée.

« Tu n'as pas fait attention au sol, mais il y a bien un Petit Poucet qui a semé des pierres sur tout le trajet. Je suis la piste depuis l'entrée de la grotte. J'ignore où cela va nous conduire... peut-être à une planque que Séraphina n'aurait pas remarqué ? Ou à un autre indice ? »

Le moine avait quand même un sentiment partagé... du fait de la piste qu'il s'acharnait à suivre. Si ça se trouvait, il l'avait prise à l'envers. Peut-être que les voleurs avaient commencé à les semer depuis le fond de la grotte ? Il n'y avait qu'un moyen de le savoir, c'était d'avancer. La cinquième salle ne montrait pas de signes particuliers, hormis l'odeur de souffre qui avait l'air de se renforcer à chacun de leur pas vers le fond. Combien y'avait t'il de salles encore ? Tao regarda sa montre. Voilà presque deux heures qu'ils crapahutaient dans ces ruines, et tout ce qu'ils avaient réussi à glaner, c'était une torche, des pierres et des fresques abimées par le temps. Il n'y avait pas de quoi flamber pour le moment. Rien de ce qu'ils avaient à portée ne pouvait les aider à résoudre l'enquête. Il fallait pousser plus loin, bien plus loin. Tao ne se découragea pas pour autant. Alors qu'ils se rendaient vers la sixième salle, un détail vint frapper nos deux explorateurs.
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Sam 29 Avr - 22:36



Indice...


Journal de bord de Séraphina Fabulosa :

Les deux aventuriers entrèrent dans une nouvelle salle, entièrement obscure où cette fois, l'odeur de souffre n'envahissait pas l'air. Au contraire, une douce odeur se propageait en son sein, et provenait du fond. Il fallait éclairer à la lampe torche les environs pour distinguer trois issues possibles, menant toutes trois à de nouvelles salles. Il fallait donc se décider. Les murs étaient simples, ornés de motifs tribaux et anciens, rappelant un peu ceux du début des ruines. Rien de nouveau donc. Cependant, il suffisait de se concentrer pour percevoir un cliquetis anormal, comme un petit son parasite qui sonnait au loin. Impossible de connaitre son origine malheureusement.

Au centre de la pièce, un objet trônait. Quel pauvre Tao, qui en l'éclairant fut ébloui par la lumière qu'il renvoya. Mais rien de grave évidemment. L'objet lui rappelait quelque chose, mais il ne savait plus quoi, une sorte de figurine qu'il avait déjà vu quelque part. Linnéa de son côté n'était à vrai dire pas forcément dans son état normal. Elle ressentit avant Tao une espèce de présence invisible, quelque chose qui rendait cette salle terriblement oppressante, angoissante, terrifiante ! Cette même sensation émanait de la sortie de gauche. Des deux autres sorties, rien de particulier ne se détachait. Qu'allait-il choisir ?
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Dim 14 Mai - 18:33

EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent?
Tao ne me donna pas immédiatement les raisons de son manège, mais qu'importe, j'étais tout autant occupée à observer, réfléchir sur ce que je pouvais bien admirer. Pourtant, rien ne me venait à l'esprit. Je n'aurais ni su dater ni expliquer ce sur quoi mes yeux passaient, ce que ma mémoire enregistrait. La frustration qui en découlait était palpable tant et si bien que le Petit Poucet qui m'accompagnait finit par relever le nez de ces pierres scintillantes pour me rappeler gentiment des clichés dont il venait de s'emparer. Effectivement, je n'avais pas tant besoin de m'acharner à ce point… De là où je me trouvais, pivotant légèrement du talon, j'adressai un sourire à Tao, le remerciant de me remettre les pieds sur Terre. Au même moment, le moine coula un regard curieux à la montre qu'il arborait et la sentence finit par tomber. Deux longues heures que nous nous étions volontairement privés de la lumière naturelle pour venir respirer cet air pollué de ces effluves de souffre qui me faisaient régulièrement tousser, moi qui croyait m'y être habituée. Faux, tout faux ma petite Ly. Le fumet âpre venait me chatouiller la gorge à chaque inspiration et de temps à autre la sensation était telle que mon organisme réagissait instantanément, évacuant ce trop plein d'impuretés. Là dessus, Tao tenait bien plus que moi. Quelle chance. Entre deux quintes, je le regardai d'ailleurs s'exécuter, ramassant chaque petite perle comme je me plaisais à les nommer pour les remplacer par de quelconques cailloux ramassés à la va vite et qui ferait office de leurre vraisemblablement, à ce que j'en avais compris. Soit. Lorsqu'il eut terminé de recenser toutes les pétillantes petites gemmes, je m'empressai de me relever, faisant crisser quelques pierres sous mon pied. Tao venait de prendre les devants, se tenant tout de même assez proche de moi dans le but de profiter des rayons lumineux bienfaisant que notre luminaire pouvait diffuser. Dodelinant de la tête de droite à gauche pour observer les chemins que nous empruntions, je finis toutefois par buter contre Tao qui venait de se stopper. Nous venions de pénétrer dans une nouvelle section des ruines qui depuis le début nous accueillaient bien sagement.

« Oups ! Excuse moi ! »

Gênée, je fis un pas en arrière, qui n'eut pas la possibilité de réaliser une pleine amplitude comme je l'avais désiré. A peine les muscles de mes jambes sollicités, je me figeai, déglutissant soudainement. Un long frisson vint secouer mon échine alors que mes yeux se plissaient, balayant les lieux rapidement. Nerveuse, je jetai fréquemment de petits coups d’œils à mon partenaire, m'assurant qu'il était toujours là, avec moi. Doucement Ly', doucement. Je tentai de calmer mon souffle qui s'accélérait mais rien n'y fit. Ma poitrine se souleva de plus en plus rapidement, mon rythme cardiaque s'accélérant sensiblement. Déglutissant fréquemment, je lâchai un cri muet alors que ma main droite vint masser la tempe que j'arborai du même côté. Fermant les yeux à la manière d'une alitée que l'on aurait décidé de titiller à coups de spasmes de manière à la violenter, je revins rapidement au cauchemar que je ne cessai de ressasser, inconsciemment, presque instinctivement. Le même cobra m'entourait, sifflant à mes oreilles l'avertissement qui n'arrêtait pas d'y vriller. Son venin menaçait de venir me piquer, mais ce n'est pas le sien qui m'atteignit enfin. Ce fut celui du Dragon qui l'accompagnait. Les ténèbres dansaient au pieds de leur maître qu'elles idolâtraient, venant me frôler, titiller mon âme qui demeurait entachée de leur poison sublimé. Ma terre d'origine m'appelait, il me tentait. Essayait de corrompre mon aura qui commençait à se réveiller, à trouver la voie qui lui était destinée. Contre ma peau glacée par la peur qui m'étripai, je senti à nouveau ses doigts glisser sur moi, soulevant toujours plus de frisson à chaque centimètres qu'il ajoutait à cette balade improvisée. Sa noirceur me tenait, je ne pouvais lui échapper, mes jambes avaient pliées, je m'étais effondrée. Aussi résistance qu'une poupée de chiffe. J'avais ployé comme une enfant, n’avais pas cherché à me relever, faible que j'étais. Et ce qui me restait ? Cette peur glaciale de rechuter. Une part de mon cœur battait encore à l’unisson de ce monde qui m'avait accueilli et que je m'évertuais à vouloir quitter. La colère qui balayaient parfois mon esprit tourmenté en était la preuve formelle. Il avait lâché l'une des cordes qu'il tenait à son arc, et celle-ci était venue me piquer. La blessure était béante. Je n'étais pas décidée à sombrer, retrouver ce pour lequel j'avais tant fourni d'énergie pour ne jamais plus le retrouver. Mais son souvenir me hantait, venait envahir le derrière de mes paupières à chaque fois que ces dernières se fermaient, dans le vain espoir de laisser à mon corps et mon esprit les quelques heures nécessaires à se reposer. Les prémices des longues cernes qui allaient plus tard venir me vêtir étaient déjà établies. Morphée venait de me condamner à des nuits à me tourner et me retourner, Dragon s'étant fait une place dans mes songes à la manière d'un prince qui revendique son trône. Avec détermination, ambition. Un prince qui ne supporte pas la rébellion de ses sujets. Un prince bien décidé à les mater, à leur montrer le commandant qu'il est. Et le pire dans tout cela, c'est que je ne l'avais pas rencontré. Deux jours que je vivais dans le souvenir de quelqu'un que je n'avais jamais côtoyé, qui ne m'étais jamais apparu. La faim, la soif et la marche m'avaient fait halluciner et ces mirages ne me quittaient plus. Je vivais dans l'illusion d'avoir vécu telles sensations et bien que le tout transpire de réalité et de vérité, je n'en demeurais pas moins décidée à m'en détacher. Il ne s'agissait que de mauvais-tours, d'un esprit qui n'avait pas supporté le changement que venir à Damned Town avait impliqué. Je pensais avoir su m'y préparer, mais tant d'événements m'avaient marqués depuis ma fuite que j'en étais passée à côté. Pas assez mature, pas assez résistante, il allait peut-être me falloir un temps d'adaptation plus long.

Au fond de ce trou, l'odeur s'était calmée, ma gorge ne se rebellant plus à chaque respiration. Mais le souvenir de Dragon lui s'était infiltré et honnêtement, entre les deux, le cancer des poumons me tentait nettement plus que cette peste brune qui ne demandait qu'à me tenir enserrée entre les bras qu'elle avait déployée pour venir me repêcher. Les lieux regorgeaient d'une présence malfaisante, d'une essence nauséabonde qui puait à vingts kilomètres à la ronde. Mes narines tentaient vainement de s'y soustraire mais là à nouveau, j'étais si forte que je ne pus m'y soustraire, subissant une fois de plus ce que je cataloguais aussitôt comme l'une des attaques perfides des êtres que j'avais pu fréquenter. Pourtant, rien ne m'assurait qu'effectivement, il s'agissait bien de l’œuvre de l'un des chiens de Satan. En réalité, je n'en savais rien. Mais mon jugement était altéré, le mal avait un nom, une résonance dans mon cœur, et chaque fois que je le croisais, c'est cette derrière dénomination qui ressurgissait. Inéluctablement. Paniquant rapidement, je laissais mes talons pivoter sur moi-même, éclairant tour à tour tout ce qui pouvait se dressait à notre proximité. Je fis à ce point bien mon travail, que la lampe ne tarda pas à venir se refléter sur je ne sais quelle nouvelle babiole, réfléchissant sans tarder ce que je venais impunément de lui envoyer. Si j'étais déjà passée à autre choses, Tao lui n'eut pas cette chance, et ses rétines durent affronter les attaques répétées des radiations que je lui avais indirectement délégués. Je ne m'en rendis néanmoins pas compte, absorbée par l'angoisse qui me tenaillait. Et puis ce bruit ! Ce bourdonnement assourdissant prenait de plus en plus d'ampleur face à mon esprit qui déjà tombait, se repliant sur soi-même dans une tentative désespérée de se protéger. Je finis par lâcher la lampe que je tenais, mes deux mains venant se plaquer sur mes oreilles qui souffraient de ces attaques répétées. Le tambourinement de mon cœur avait atteint son paroxysme et mon corps se mettait déjà à transpirer, de ces sueurs froides qui ne sont pas décidées à vous quitter, qui traduisent de votre mal-être, vous trahissant allégrement. La présence de Tao me devenait de plus en plus futile, comme un détail qui s'éloignait alors que le plus raisonnable aurait été de m'y accrocher. Oui, l'enfant que j'étais aurait du se cramponner à l'adulte qui l'accompagnait, mais je n'en avais pas les capacités. Seul cette aura qui me torturait ne comptait. Même les yeux fermés, elle savait pertinemment comment se faire comprendre, venir me piquer de toutes parts, corrompant mes perceptions aussi bien que mes sensations. Mes jambes flageolantes finirent par s'actionner, à force de volonté pour que je puisse enfin reculer, m'éloignant le plus possible de la sortie qui me déformait les traits. Un long rictus souffrant barra mon visage quelques instants auparavant encore souriant alors que des larmes refoulées vinrent mouiller mes cils accolés par les yeux plissés que j'arborai. Deux jours que j'arpentai cette ville, et déjà cette dernière me mettait à rude épreuve malgré les efforts que je faisait pour m'intégrer, le dernier en date étant d'aider ses habitants. Quelle reconnaissance !

Mon dos finit par se voir délicatement stopper par le mur qui entourait la pièce. Ne s'opposant pas le moins du monde à cette résistance qu'on lui exerçait, ce dernier s'y laissa aller, tandis que je me laissai moi-même glisser au sol, petit animal blessé qui se repliait. L'une de mes mains fut si ancrée que mes ongles s'enfoncèrent au niveau de mon crâne, m’égratignant de quelque peu. Pour un peu, je me serais adonnée à m'arracher les cheveux. Mais bon dieu ! Qu'est-ce qui traînait par ici ? Un long gémissement plaintif s'échappa de mes lèvres entrouvertes.

°Je vous en supplie, arrêtez...°

Ma prière demeura sans réponse. Quand tout ce cirque allait-il donc enfin prendre fin ?! Cela se stoppa, soudainement, sans que je n'ai plus à exprimer la souffrance qui me bouffait de l'intérieur. La pression de mes doigts retomba, ma respiration conservant néanmoins la tournure haletante qu'elle avait prise, les battements de mon coeur suivant encore également cette cadence effrénée quelques temps. Pourtant, une vague de calme me tranquillisa, peu à peu alors que le vacarme cessait. Le bruit lui demeurait toujours, inlassablement, semblant provenir de toutes les directions. Mais les attaques cessèrent, le malaise me quittant peu à peu, mon corps et mon esprit se calmant lentement. Aussi rapidement que cela m'avait prise, je retrouvai mes acquis, demeurant néanmoins encore quelques minutes à terre, les yeux fermés, le front barré par les traits soucieux qui demeuraient, se méfiant de ce qui pouvait se passer. Je n'osais plus ouvrir les yeux, croiser le regard de totale incompréhension du moine qui m'accompagnait. Quel spectacle de moi-même avais-je du donner ? A gémir comme une demeurée, sujette à une angoisse qui n'avait certainement pas eu lieu d'être. M'étais-je encore laissée avoir par quelques hallucinations grotesques ? Je n'en savais rien. Je m'en foutais. Mais le monde me le payerait. Non. Pardon d'avoir pu penser cela. Je corrigerai cette tendance à sombrer en quelques minutes dans quelques songes non vérifiés, à me laisser aller à des perceptions corrompues, réagissant au quart de tour au lieu d'évaluer ce qui me traversait. Au bout d'une dizaine de minutes, je ne tremblais plus, mes mains retombant brutalement sur le sol tapissé de terre et de mousse. J'ouvris lentement les yeux, me redressant tout aussi rapidement pour venir m'adosser au mur que je n'avais pas quitté. La froideur de la pierre vint contraster avec ma peau échauffée, et je ne tardais pas à me retourner, collant mon front brûlant à ce refroidissement bienveillant. Sans atteindre que Tao n'ouvre le premier la bouche, pour me blâmer ou me demander quelques explications méritées, je raclai ma gorge pour faire revenir à moi ma voix qui m'avait au début de quelque peu abandonnée.

« Je ne sais pas pourquoi. J'en sais rien. En tout cas, on va à gauche. »

Les syllabes se découpèrent distinctement dans le silence environnant alors que le courage reprenait possession de mes membres. Oui j'avais peur, oui, cette foutue sortie me donnait envie de me barrer pour ne pas subir à nouveau ce que je venais de traverser. Mais le courage, c'est d'être mort de trouille et d'y aller quand même. Sur trois f*cking sorties, il y en avait une, et une seule qui me terrifiait. Cela ne devait pas être un hasard. Sinon, Tao aurait pu lui aussi avoir été soumis à quelque influence provenant de l'un ou de l'autre des passages qui se profilaient. Mais… ! Si ça se trouve lui aussi avait mal vécu ces quinze dernières minutes. Je n'en savais rien, m'étant égoïstement recroquevillée sur ma souffrance qui s'était subitement déclenchée. Forte de ce constat, je me relevai précipitamment, ignorant les vertiges qui me rappelèrent furieusement que la lenteur existait, et que j'aurais pu prendre un peu plus de temps pour me remettre sur pieds. Mes pupilles dilatées vinrent s'encquérirent de l'état du moine qui me dévisageait. Je le bombardai aussitôt de question, faisant un pas vers lui sans tarder.

« Tao ? Toi ça va ? Tu as ressenti ça ? »

Une voix un tantinet plus aiguë qu'habituellement, trahissant une inquiétude sans précédent s'éleva de ma gorge dénouée.
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Lun 15 Mai - 18:44



Event ~ Dans les ruines...

Linnéa Krämer & Tao ShinDans la salle suivante, l'odeur du souffre s'était comme estompée. L'air y était bien plus respirable subitement. Tao en profita pour se gonfler les poumons, quitte à tousser pour recracher les particules malsaines qu'il avait avalé depuis ces deux heures. Linnéa, qui avait gardé la torche, continuait d'éclairer devant elle. Sans le faire exprès, elle bouscula le moine qui s'était arrêté sans prévenir. Lâchant un « Oups ! Excuses-moi. » elle se dégagea de ses pattes et s'écarta de sa position. Tao lui sourit et observa la salle. Les murs regorgeaient de peintures et de fresques. Toujours les même... grommela t'il dans sa barbe. Il prit néanmoins deux photos, histoire de dire qu'il a fait son job. Au centre de la pièce, il fut ébloui par un objet qui trônait là. Sa coéquipière ne l'avait pas fait exprès, bien entendu. Le moine dégaina son cellulaire et le pris en photo sous plusieurs angles. Un regard agacé se métamorphosa sur son visage. Cet objet, qui avait l'apparence d'une figurine atypique... Pourquoi avait-il la curieuse impression de l'avoir déjà vu quelque part ? Et ce fichu cliquetis... Il l'entendait depuis un moment, sans en déterminer l'origine, et ça ne faisait qu'amplifier son agacement.

Alors qu'il sentait ses poils se hérisser, il remarqua le la lumière de la torche éclairait partout à la fois. Il se retourna vers Linnéa, qui ne se sentait pas bien. Elle transpirait, son corps s'était comme raidi et son visage avait blanchi. Qu'avait-elle donc ? Elle lâcha la torche et se prit la tête dans les mains. Ses ongles voulaient s'enfoncer dans la peau tellement ce qu'elle devait subir faisait mal. Tao s'empara de la torche et resta près d'elle. Mais elle ne le voyait pas, comme si son esprit se retrouvait bloqué ailleurs. « Je vous en supplie, arrêtez... » disait-elle. Tao se concentra donc à son tour pour essayer de déterminer où pouvait se trouver le problème. Derrière lui s'affichaient trois autres salles. Il posa sa torche au sol, pleine lumière sur les embouchures et s'approcha de chacune d'entre elle. Celle de droite ne présenta rien de particulier, tout comme celle du milieu. Mais à gauche... Quelque chose ne collait pas. Au sol, Tao remarqua que sa piste de pierres partait vers cette direction. Il les ramassa et posa des leurres à la place. Puis, il se tourna à nouveau vers cette salle et ferma les yeux. Il tenta de mettre de côté le cliquetis infernal et fit le vide en lui. Quelques minutes plus tard, il rouvrit les yeux, sous le choc. Une ombre se baladait dans cette pièce, il en était certain. Ses séances de méditation lui donnaient une sorte de sixième sens dont il pensait ne jamais pouvoir obtenir... Il se trompait. Cette salle devait leur donner la solution.

Il se retourna et revint vers Linnéa, qui venait de reprendre ses esprits. Elle avait récupéré la torche. Tao ne comprenait pas ce qu'il venait de lui arriver. Il comptait lui demander, mais elle le devança, sur la défensive.

« Je ne sais pas pourquoi. J'en sais rien. En tout cas, on va à gauche. »

Bonne réponse ! pensa t'il. Elle aussi avait dû repérer le danger émaner de cette salle, au détriment des deux autres qui semblaient vides de sens. Tao regarda à nouveau la statuette du centre de la pièce qu'ils s'apprêtaient à quitter. Il n'y avait rien à faire, il ne s'en rappelait pas. Avec de la chance, la mémoire lui reviendrait plus tard. Au pire, il avait les photos. Linnéa se rapprocha de lui. Elle était inquiète.

« Tao ? Toi ça va ? Tu as ressenti ça ? »

« Oui, je l'ai ressenti. Je ne sais pas ce qui se trame dans cette pièce, mais ça annonce rien de bon. »

Le moine s'approcha de sa coéquipière et posa sa main sur son front. Elle avait eu de la fièvre, il pouvait le sentir. Il plaça ensuite ses mains sur ses épaules et l'obligea à faire un exercice de respiration, pour qu'elle retrouve son calme. Il ne pouvait pas la laisser continuer l'enquête dans son état. Il ignorait si ça aurait un impact sur elle...

« Voilà... inspire, et expire fort. Je ne sais pas ce qui s'est passé, et je ne compte pas te le demander. Ce que j'ai pu voir, c’est que ça t'a affecté bien plus que moi. Je peux dire merci à mes séances de méditation ! »

Le moine laissa Linnéa procéder pendant deux bonnes minutes, avant de lui dire de stopper. Ils pouvaient reprendre les recherches. Aucun des deux ne pouvait prédire ce qu'ils allaient trouver, mais la tentation était trop forte pour lui. Pour elle, ac devait se rapprocher de la peur qu'autre chose, mais ils étaient d'accord.

« Ma piste de pierres vient de la gauche... ainsi que le "mal" que j'ai pu ressentir. Tu est prête à y aller ? »

Par précaution, il lui reprit la torche, lui prit la main et l'entraîna sur la gauche, en vue de la salle suivante. Tao s'arrêta devant l'entrée de cette dernière. Ce qu'il avait ressenti tantôt refaisait surface. Il n'allait quand même pas s'enfuir et faire demi-tour non ? Secouant la tête pour se chasser cette idée ridicule, il franchit le seuil de la pièce et éclaira le sol poussiéreux. Sa piste de pierres reprenait un peu plus loin. Il pouvait en discerner quelques unes, presque à égale distance. Les murs, quant à eux, ne présentaient aucune inscription, ni aucun dessin quelconque. La blague ! Avaient-ils été rongés par le temps ? Il en doutait. Plus on s'enfonce et plus les dessins restent en état ? Ce détail n'était rien face à ce qu'il venait de voir, dans le fond de la pièce.
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Mar 16 Mai - 7:52



Indice...


Journal de bord de Séraphina Fabulosa :

La prochaine salle semblait ridiculement étroite et petite. Un instant, les deux aventuriers eurent l'impression qu'elle leur donnerait des réponses mais... rien ne fit, la salle était vide. Les murs étaient des plus banaux, aucune inscription, rien qui ne puisse les aider en quelconque manière. Il ne s'attardèrent pas dans cette pièce, et avancèrent. Il franchirent une ouverture, qui donnait sur un immense couloir droit et très très sombre. Pas une seule once de lumière n'émanait de l'horizon. L'horrible sensation s'intensifiait au fil de leur pas dans ce tunnel d'ombre, bien que le cliquetis lui se dissipait. Sur les murs, il fallait utiliser la lampe torche pour distinguer des lignes sans interruptions de mots, écrits dans une langue ancienne. Cependant, la forme particulière, l'absence de ponctuation, et les couleurs employées, un rouge écarlate encore flamboyant et un vert éclatant, rappelèrent à Tao les prières inscrites sur les enceintes des temples bouddhistes.  

Le tunnel était immense, et plus les deux enquêteurs s'enfonçaient, plus la lumière se faisait rare. Si bien qu'un instant plus tard, elle disparut complètement. Seule l'ombre régnait en maitre, et avec elle, la sensation inconfortable, semblable à l'étreinte d'un serpent gigantesque. Leur pas se faisaient lourds, leur respiration difficile. Le chemin se resserrait de plus en plus, et l'oxygène devenait denrée rare. Je crains que les deux adultes ne durent retenir leur respiration par alternance, pour économiser ce petit filet du pureté. Les Ténèbres étaient tels qu'ils semblaient aspirer la force, les émotions, la vie de Tao et Linnéa.

La sensation atteint son paroxysme tandis qu'ils marchaient. Une minuscule lueur apparut au loin devant eux, semblable à un ridicule point rouge sur un tableau immense. Au loin, ce devait être tellement mieux. Là où la sensation devenait insupportable, et où un homme faible d'esprit aurait pu se donner la mort, de grands cercles mauves entouraient les parois, comme une série de bracelets ornant le bras d'une demoiselle fortunée. Sept cercles, avant de retourner aux lignes d'écritures, et au tunnel. Chaque mouvement les écartant des cercles leur rendit de l'oxygène, de la force, du courage, pour avancer et rejoindre la flamme qui brillait au loin. Là, se trouverait une pièce spectaculaire et merveilleuse, abritant un trésor immense que je décrirais d'ici quelques lignes.
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Mar 23 Mai - 13:46

EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent?
▬ « Oui, je l'ai ressenti. Je ne sais pas ce qui se trame dans cette pièce, mais ça annonce rien de bon. »

Nous étions d'accord sur ce point, j'en étais rassurée. Sans trop savoir ce qu'il entendait faire, je vis le moine se rapprocher à pas lent, un air soucieux placardé sur son visage devenu trop sérieux. Sa main fraîche vint se poser sur mon front surchauffé et j'esquissai une grimace non maîtrisée, peu habituée à ce que l'on se rapproche autant de moi. Ma fugue m'avait rendu de quelque peu plus farouche, et la proximité ne me seyait guère. Je préférai que chacun garea ses distances. Sauf qu'ici… il s'agissait de Tao. Alors certes, cela ne faisait pas des lunes et des lunes que je le connaissais, mais étant donné le noirceur de la chose qui arpentait les pièces entubées,  m'est avis que mon allié était tout choisi. Je ne reculai donc pas, le laissant estimer à sa guise de ma température corporelle. Les moines étaient-ils médecins maintenant ? Malgré mes bonnes résolutions, je retins un commentaire toutefois amer, me civilisant aussitôt. La sauvageonne n'était plus, j'étais au contraire de retour au contact de population. Il me fallait m'y habituer, agir comme tel et non pas bêtement me cantonner aux instincts primaires qui me restaient de ma cavale terminée.

 ▬ « Voilà... inspire, et expire fort. Je ne sais pas ce qui s'est passé, et je ne compte pas te le demander. Ce que j'ai pu voir, c’est que ça t'a affecté bien plus que moi. Je peux dire merci à mes séances de méditation ! »

Guidée par la voix calme et tranquille de Tao, je m'exécutai. Pour ne pas me laisser perturber par son regard qui me scrutait, je fermai mes paupières fatiguées et inspirai lentement, me concentrant pour délier mes muscles devenus subitement noueux. Le bruit que je faisais pour me calmer, expirant brutalement résonna plusieurs fois dans la pièce que nous occupions, mais je n'en avais cure, désirant réellement retrouver un état de stabilité, pour ne pas à nouveau me laisser perturber. Cela n'aidait ni la mission, ni Tao, je le savais pertinemment. Ce constat écrasant ne me rendis que plus appliquée sur ce que je faisais et bientôt, ma cage thoracique se souleva à nouveau à un rythme régulier, calme et mesuré. Un sourire triomphant aux lèvres, je rouvrai les yeux, adressant ce joli sourire au professeur qu'il était. Détournant les yeux et me déportant de côté, je le remerciai simplement, sans m'attarder pour ne pas plus devenir gênée.

« Merci. »

J'étais reconnaissante de l'aide apportée, mais il aurait été des plus convenables qu'il n'ait eu nul besoin de me venir en aide justement. Qu'en aurais pensé Séraphina ? Une enfant qui tombe à genou une fois face au noir le plus complet. A l'effigie de la gamine qui s'endort avec sa veilleuse. Sauf.. que la gamine avait 17 ans. Quelle dignité. Désireuse de ne plus me laisser démonter, j’acquiesçai aux paroles qu'il prononça, mes doigts venant enserrer les siens. Déterminée. Il le fallait.

 ▬ « Ma piste de pierres vient de la gauche... ainsi que le "mal" que j'ai pu ressentir. Tu est prête à y aller ? »

Envieuse de venir à bout de ce qui avait tenté de me bouffer, je lui souris à nouveau, une lueur pétillante de vitalité dans le regard.

« A qui le demandes-tu...? »

Narquoise, je m'élançai en premier vers la gauche, lui laissant volontiers le contrôle de la lampe. Les ténèbres et moi avions quelques comptes à régler. La torche ne me serait d'aucune utilité pour en venir à bout.

°Satan, Satan, tu t'en mordras les doigts. Mais ne t'en fais pas, des portes du Paradis, je finirais par te faire un petit coucou. Histoire de te monter que je ne t'ai pas oublié. °


Et…histoire de te narguer aussi un peu, ne nous mentons pas.

Tao n'avait toutefois pas dit son dernier mot et repris les devants au moment de franchir l'encadrement qui menait à la pièce qui suivait. A sa suite, j'observai avec lui ce qu'il éclairait, constatant pertinemment que rien, vraiment rien ne se trouvait là. Quatre murs, un sol, un toit. J'avais connu plus accueillant comme décoration. Frustrée, je voulus m'y attarder, fouiller,  essayer de trouver le moindre petit sobriquet qui aurait pu donner à cette pièce une fonctionnalité. Mais non. Au bout de quelques secondes, Tao se remit en marche. Mon bras fut de lui même entraîné, et je le suivis, jetant un dernier regard vers cette pièce étroite et renfermée. Étrange quand même.

Pour la suite de la visite, les ruines leur concoctèrent une longue traversée. Un corridor s'étendait à leur pieds, plongé dans une extrême obscurité. Tous deux s'arrêtèrent, tentant de discerner les contours indiquant une quelconque fin de couloir. Comme le sobriquet de la pièce précédente, il ne virent rien du tout, préférant alors continuer. Ils verraient bien où cela les mèneraient. Les bras fort entraînés de Tao furent mis à rude épreuve tandis qu'ils circulaient, côte à côte, cernés de barricades toutes de pierres constituées. Heureusement que ni l'un ni l'autre n'étaient claustrophobe parce que là… cela aurait été la panique assurée.

Sur les murs se distinguaient clairement de nombreuses et étranges inscriptions. Je me demandai immédiatement s'il s'agissait de sang. La couleur vermeille ne m'indiquait rien de bon. Je ne pouvais d'ailleurs passer sans m'en assurer. M'approchant des murs peinturlurés, je laissai mon doigt coulisser sur la bordure d'une lettre, d'un dessin, que sais-je, le humant ensuite patiemment. Sauf si l'odeur du sang avait changé entre temps, réagissant avec l'air qui l'entourait, cela n'en était absolument pas. Inconsciemment, j'en fus soulagée. Je ne me sentais pas prête à trébucher sur quelque boîte crânienne fraîchement dépecée, sur quelque corps décomposé et j'imaginai qu'il en était de même pour Tao. Du moins si je ne m'étais pas trompée et que mon coéquipier n'était effectivement pas un détraqué. Je voulus faire part de mes observations à Tao, mais ce dernier paraissait bien trop occupé. Il tentait de déchiffrer ce que ses yeux voyaient, se concentrant violemment. Ses pupilles agressées par la lumière qu'il portait bien trop près, il avait le corps penché vers l'avant, totalement concerné par ce qu'il parcourait. Pour ma part, je n'y comprenais absolument rien. Je me sentais des plus inutiles. Sentiment insupportable.

Lâchant sans plus d'explication la main du moine, et la lui laissant pour plus de liberté de mouvement, je m'avançai à pas lents, essayant de ne pas trop m'éloigner de la lumière. Ce cliquetis perdurait, et j'avais la désagréable impression qu'il diminuait. Son niveau sonore allait en descendant et je pestai. Quel paradoxe ! Alors que je m'en plaignais il y a quelques minutes de cela. Et oui, mais si quelque chose de vivant était à l'origine de ce cliquetis, cela signifiait qu'elle s'éloignait et ça… c'était bon et pas bon à la fois. Bon pour mon moral, qui s'en portait plutôt bien. Mais mon envie de mettre la main sur ce que nous cherchions était plus forte. Je continuai à avancer, ayant largement dépassé le cercle lumineux bienveillant qui vacillait sur le sol poussiéreux. Les ténèbres me happèrent sans plus demander leur reste et mon pas silencieux se fondit dans le calme ambiant. Je me stoppai néanmoins le temps de laisser mes iris s'adapter à cette lueur éteinte, ces dernières se dilatant immédiatement, répondant à mon envie de voir plus loin que le bout de mon nez. Je pus rapidement distinguer mes pieds, du moins tant que je ne me tournai pas vers la lumière que tenait Tao, cette dernière ruinant alors en un rien de temps mes efforts de chat recalé. Forte de m'être adaptée, je lâchai tout de même une petite phrase histoire d'avertir la personne que j'accompagnais, ou qui m'accompagnait, dans le sens que vous le souhaitez.

« Tao, je continue. De toute façon il ne semble pas y avoir d'issues pour le moment, si tu ne m'entends plus, marche tout droit et m'est avis que tu tomberas sur moi. Sans mauvais jeu de mot.»

Plaisantant de moitié, je ne m'imaginais pas un instant que cela aurait pu se passer. Pourtant, au moment même ou mes poumons se serrèrent, indiquant un manque incontestable d'O2, mon pied heurta un obstacle imprévu. Je faillis me rétamer. Pourtant mes mains, agrippant le mur que je longeais, se raccrochèrent à une encoche dans la roche qui m'épargna la chute. Sous mes ongles, une substance visqueuse se fit sentir tant et si bien que je retirai précipitamment mes mains, lâchant sans même savoir de quoi il s'agissait, une petite remarque écœurée :

« Eurrrk ! »

Retirant les mains subitement, je tentai de me débarrasser de cette crème inconnue, faisant de grands gestes dans l'air qui m'entourait. Puisqu'elle donnait le sentiment de ne pas vouloir me quitter, je finis par m'essuyer les mains comme une enfant sur ces pierres qui venaient de m'aider. Désolée… Puis, raisonnablement, je rebroussai chemin, rejoignant Tao qui déjà arrivait.

« Tu as réussi à déchiffrer ? »

Aveuglée par la lumière qu'il levait en ma direction, je détournai le visage, levant une main qui se voulait protectrice devant mes yeux attaqués. Au bout de mes doigts subsistaient toujours cette substance collante et dégoûtante, pareille au vert de jade dont les murs avaient été barbouillés. Alors que son regard glissait vers ce détail que j'avais déjà oublié, je précisai ce que je venais de « trouver » :

« Euh par contre, on va avoir un petit souci. Non seulement, le chemin se resserre, des pierres morcellent le chemin mais en plus, j'ai l'impression qu'ils connaissent pas l'air au bout du chemin. On continue quand même ? »

M'habituant au faisceau qui vacillait, je pus à nouveau discerner les traits de Tao sans que mes paupières ne viennent me censurer. Bien évidemment, la réponse que j'attendais fusa. Un oui affirmatif. Résigné. Comme je l'étais.

« Soit. »

Sans plus attendre, je l'invitai à me suivre, reprenant le sens de ce chemin que je venais à peine d'arpenter. Nous fûmes bien vite au niveau de ce passage qui posait problème. Une nouvelle fois, je sentis ma cage thoracique se resserrer, en proie à un début de pénurie. Discrètement, je coulai un regard curieux à Tao, me demandant s'il ressentait ce curieux phénomène. Vraisemblablement, il le percevait lui aussi. Pour m'y arracher, je fis un pas en arrière, les sourcils froncés. Je ne savais point qu'à Damned Town il existait des sorciers. Ricanant légèrement, cela n'atteint pas mon envie de continuer. Sans lui demander son avis, sachant pertinemment qu'il saurait s'adapter, sinon je ne me le serai jamais permis. Pas si je doutais de lui. Je repris donc de droit sa main resserrée,

« Inspire, on y va ! »

Quand je vis que sa gorge était gonflée à bloc, je me mis en marche, mes foulées s'agrandissant subitement.  Étonnant…  Le début du trajet ne nous fut pas compliqué. De concert, nous nous sommes organisés, respirant successivement de sorte que nous ne nous battions pas pour happer les petites réserves d'oxygène disséminées ci et là. Toutefois, le pire était à venir. Il vint un moment où nous posâmes le pied entre deux murs violacés. De larges cercles les recouvraient, brillant de leur halo flamboyant. Je ne me méfiais pas plus que cela, me jetant corps et âme vers l'avant, dans le but de continuer. Au loin, j'avais aperçu une petite lueur qui m'avait redonné cette force d'avancer. Erreur tragique petite aventurière… A peine eus-je dépassé le premier cercle que je me courbai sur moi-même, en proie à un malaise grandissant. Oubliant notre stratégie, je respirai plus rapidement, ignorant l'asphyxie générale dans laquelle j'étais en train de m'embarquer. Je m'étais arrêtée. Pas bon. Quand je me rendis compte de mon erreur, je m'empressai de continuer, ne remarquant pas que je ne tenais plus Tao. Je ne le perçut que lorsque j’aperçus les courbures de son dos, devant moi. Il progressait, savait que je suivais et prenaitc de ce fait la la tête de notre convoi. Serrant les dents, le regard tourné vers l'avant, je laissai l'envie furieuse d'envoyer balader toutes ces enfoirées de tentatives de nous faire plier et me raccrochai à la vision réduite de Tao qui se mouvait. Cela suffisait. Je n'avais pas besoin de plus pour me convaincre de rester là, âme damnée que j'étais. Sans lui pour me motiver, je me serais laissée tomber, glissant contre ce mur accueillant, avant de très certainement me coucher à jamais. Je n'avais pas honte de le dévoiler. Fort heureusement pour moi, ce ne fut pas le cas. La lueur grandissait au fur et à mesure que j'avançai, mais je ne sus dire à quel moment je fus débarrassée de cette atmosphère angoissante. Au bout d'un petit moment, mon pas se fit plus léger, les difficultés que j'avais pour respirer me quittant lentement. Soulagée, je me laissai aller contre le mur à nouveau recouvert d'écritures mystiques. Fermant les yeux, je repris mon souffle, consciente qu'il ne suffisait malheureusement pas juste d'arriver là. Il faudrait s'en retourner très certainement par là. Et qui sait s'ils n'allaient pas ressortir chargés ? Leur progression serait alors considérablement ralentie, la moindre seconde les éternisant tels deux être suffocants risquant de leur être fatal à vie. Enfin.. ils étaient passés.

Adressant un regard conciliant à mon coéquipier qui comme moi se remettait, je me redressai, sortant de la poche de mon sac une gourde bien méritée. Poliment, j'en proposai au moine, ce qu'il s'empressa d'accepter. A mon tour, je pus me repaître de quelques goulées qui surent se faire apprécier. Après tout, s'hydrater, c'était le pied. Ce n'est qu'en sentant le liquide frais dévaler mon œsophage que je perçus la sueur dont j'étais maculée. Certaines de mes mèches me collaient désagréablement à la nuque. Agacée, je passais une main au niveau de ma gourde, m'aspergeant la nuque d'une eau propre et froide. Frissonnant brièvement, je souris de contentement avant de ranger le tout.

« Et bien, on a connu plus agréable comme petite balade. Il faudra qu'on s'en refasse une, une fois à l'air libre j'entends. Ne pas rester là dessus. »

Riant légèrement,je suivis le mouvement alors que nous décidions conjointement de continuer. Maintenant que nous étions passés par ce… passage, nous étions envieux de découvrir la petite lueur qui nous avait guidés. De ce fait, nous entrâmes dans une énième pièce qui… du être suffisamment magnifique ou affreuse, au choix, pour que Tao se stoppa dès l'entrée. De par la largeur considérable de son dos, je ne pus voir ce que cela cachait mais ma question suffit à soulever les interrogations qui me taraudaient :

« Tao ? »

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Démone déchue
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Dim 28 Mai - 22:01



Event ~ Dans les ruines...

Linnéa Krämer & Tao ShinTao entraînait toujours Linnéa à sa suite. Cette salle manquait profondément d'intérêt... Mais dans quel but ? Il n'avait ni le temps, ni la volonté de s'y attarder. Un long couloir sombre les attendait. Au passage, il avait récupéré les pierres, mais sans laisser le moindre leurre. La farce avait assez duré. Il sentait sa poche devenir lourde maintenant. Bref. Les partenaires observèrent longuement le seul passage qui leur tendait les bras. Cette noirceur ne faisait ni chaud ni froid au moine, qui en avait vu d'autres. Et pas moyen d'en voir le bout ! Et comme il était hors de question de renoncer, ils s'engouffrèrent ensemble dans ce passage. Heureusement qu'ils n'étaient pas gros et encore moins claustrophobes... la traversée aurait été longue et pénible, et Tao ne supportait pas les jérémiades. Malgré sa musculature, il tâcha de ne pas prendre trop de place pour laisser un peu d'air à la jeune. Avec sa torche, il éclairait au mieux les murs étroits. Des peintures rouges et vertes flashaient dans l'obscurité. Tao crût reconnaître certains symboles bouddhistes, comme des prières inscrites là. Étrange sensation... N'y penses pas et avance ! bougonna t'il.

Alors que sa curiosité l'emportait sur sa volonté de continuer, il sentit sa partenaire lâcher sa main. Encore une fois, il n'avait pas fait attention à ce qu'elle trafiquait dans son coin. Il profita de sa main valide pour toucher la peinture. Le flot de lumière se concentrait sur le mur et non sur le fond du couloir, si tenté qu'il y en avait un. Quand à Linnéa, elle décida d'avancer à allure réduite, sans lui reprendre la seule source de lumière disponible. Avait-elle perdu la tête ? Elle stoppa un instant et repartit de plus belle, lui laissant une consigne au passage.

« Tao, je continue. De toute façon il ne semble pas y avoir d'issues pour le moment, si tu ne m'entends plus, marche tout droit et m'est avis que tu tomberas sur moi. Sans mauvais jeu de mot. »

Subtile blague. Tao voulut éclater de rire, mais il n'en fit rien. Il la laissa donc arpenter les murs sans lui, le temps de faire un bref point sur ce qu'il regardait inlassablement depuis quelques minutes. Au final, il ne pouvait pas déchiffrer ce bazar coloré. Son esprit s'était un court instant perdu dans sa Chine natale. Tout était fait pour lui faire perdre ses moyens ou quoi ? Jamais de la vie ! Au loin, il entendit un léger bruit, puis une expression de dégoût. Qu'est-ce qu'elle fichait donc ? Se tapant le front avec sa main, il se décolla des symboles et partit la rejoindre. Heureusement, elle avait fait demi-tour pour l'attendre. Et ce cliquetis qui diminuait à présent... D'où pouvait-il donc provenir ? D'une des autre salle finalement ? Ca n’annonçait rien de bon pour lui. Les paroles de Linnéa le ramenèrent à la réalité. "Tu as réussi à déchiffrer ?" lança t'elle par curiosité. Tao lui fit un non de la tête, gardant un léger sourire aux lèvres. Il venait de voir ce qui avait provoqué ce cri plus tôt. Ses ongles arboraient une jolie couche visqueuse inconnue. Ah les femmes... pensa t'il. La lumière aveuglait la jeune sans qu'il ne le veuille. La pénombre faisait plus de mal que prévu. Voyant qu'il s'était fait griller, elle détourna la conversation.

« Euh par contre, on va avoir un petit soucis. Non seulement, le chemin se resserre, des pierres morcellent le chemin mais en plus, j'ai l'impression qu'ils connaissent pas l'air au bout du chemin. On continue quand même? »

La réponse fut rapide, sans équivoque. Oui ! Elle n'en attendait pas moins de lui. Pensait-elle vraiment être tombée sur une mauviette ? Jamais. Le moine avait tellement à prouver dans le fond... Mais elle n'avait pas besoin de le savoir. Suivi d'un « Soit » approbateur, ils reprirent leur route. L'oxygène se faisait rare à partir de là. Les partenaires se regardèrent du coin de l’œil. Comment allaient-ils gérer ça ? Reprenant sa main fermement, elle lui lança une autre consigne. « Inspire, on y va ! »

« Ça va le faire. On arrivera bien à se partager le peu d'oxygène. Allez ! Je commence à en avoir marre de ce couloir sans fond ! Traversons-le et finissons-en. »

Chacun prit une grande inspiration et ils s'élancèrent dans les ténèbres. Les murs semblaient se rapprocher, ou était-il en train de délirer ? Et puis il ne distinguait plus aucune source de lumière hormis la sienne. Depuis quand d'ailleurs ? Impossible à dire. Les partenaires calaient leur pas ainsi que leur respiration, se partageant ainsi le peu d'oxygène qui semblait se volatiliser petit à petit. Ils marchaient l'un derrière l'autre à présent, Tao en tête. Tout se passait à peu près bien, jusqu'à ce qu'ils approchent d'un nouveau jet de lumière. Une succession de cercles se profilaient, et tout au bout, ils crurent apercevoir un point de lumière rouge. Enfin la sortie ? C'est ce qu'il espérait.

Le moine se sentait de plus en plus mal au fil de ses pas. Sa cage thoracique avait du mal à garder le rythme imposé. Il marchait moins vite subitement. Première erreur. Il ne sentait plus sa partenaire. Deuxième erreur. Avait-elle fait un malaise ? Il semblait que non, il entendait de faibles pas à l'arrière, mais il l'avait lâché, ou était-ce elle ? Qu'importe. Alors qu'il passait un premier cercle violet, il sentit un léger regain d'énergie. Le point semblait se rapprocher à présent. Avance, ne t'arrête plus ! hurla t'il dans sa tête alors qu'il semblait se convulser par manque d'oxygène. Il regardait droit devant lui, sans pour autant compter le nombre de cercles qu'il traversait, mais à chaque fois qu'il en passait un, son corps semblait lui obéir un peu plus. Il avait mal, c'était certain. Sa force vitale s'était comme éteinte un bon laps de temps. Sentant que la torture prenait fin, il accéléra une bonne fois te parcourut le peu de distance, le cœur plus léger. Linnéa le suivait toujours, elle n'avait pas abandonné non plus.

S'arrêtant à la limite de la salle suivante, ils reprirent leur souffle, chacun contre un pan de mur. Maudit couloir ! Maudits cercles ! Et maudite enquête ! Tao respirait très fort, au point d'en cracher ses poumons. Il n'avait pas subi ce genre de torture depuis des lustres. Sa fierté en prenait un sérieux coup, mais tant pis. Elle ne comptait pas le dénigrer pour si peu. Au lieu de ça, elle sortit une bouteille d'eau de son sac et la partagea avec lui avec plaisir. Le moine s'en empara en la remerciant et avala quelques gorgées par intermittence, avant de la lui rendre. Il se sentait mieux. Mais quel crétin d'avoir oublié son sac, mais vraiment ! Il pestait une nouvelle fois sur sa négligence, tandis que la jeune refit un brin d'humour.

« Et bien, on a connu plus agréable comme petite balade. Il faudra qu'on s'en refasse une, une fois à l'air libre j'entends. Ne pas rester là dessus. »

« Avec plaisir, jeune fille. Ce qui me fait peur, c'est qu'il va probablement falloir ressortir par ce même tunnel et... Ô nous verrons bien. »

Enfin, ils quittèrent cet horrible corridor et firent quelques pas vers la nouvelle salle qui n'attendait que leur venue. Toujours l'un derrière l'autre, les partenaires s'empressèrent d'aller voir de plus près ce qui se manigançait et... Tao stoppa net l'allure. L'entrée n'étant que réduite, Linnéa ne pouvait voir ce que lui percevait, et en cet instant il n'en revenait pas. Elle l'appela une première fois. Pas de réponse. Le moine en avait le souffle coupé. Devant ses yeux se trouvait un trésor des plus incroyables, comme il n'en avait jamais vu et encore moins rêvé.

Face de Tao devant le trésor:
 

Se rendant compte que sa partenaire s'impatientait à l'arrière, il s’avança dans la salle et la laissa contempler le décor. Un amoncellement de merveilles toutes aussi brillantes les unes que les autres s'empilaient ici et là, ne sachant où se donner de la tête. Tao en avait les yeux qui brillent, comme un enfant devant un arbre de Noël. Il comprenait mieux pourquoi les pilleurs étaient venus ! Détournant avec fermeté le regard du trésor, il éteignit la torche et regarda les murs de la salle. Tous remplis de nouvelles fresques et symboles. Il se saisit de son cellulaire et prit autant de photos que possible. Sa batterie avait encore de quoi tenir pour une bonne heure au moins, il ne fallait pas traîner. Non loin de sa position, il remarqua un coffre posé par terre, bien ouvert d'où il pouvait voir que son contenu venait d'être vidé. Il s'en approcha et esquissa un rire. Dans le fond du dit coffre restaient quelques pierres précieuses, en tout point similaires à celles qu'il avait récupéré sur tout le trajet. « Et bien voilà ! » s'exclama t'il. Elles venaient donc de là ces foutues pierres... Et donc sa théorie s'avérait juste. Il avait pris la piste à l'envers. Heureusement qu'il avait déposé des leurres ! Il pourrait vite reprendre la piste dans le bon sens une fois dehors. Le moine arrêta de s'extasier tout à coup. Ils avaient à faire.

« Bon, nous avons trouvé le trésor. On doit se mettre au travail. Séraphina a loupé quelque chose. A nous de chercher ! »

Une multitude de tâches vinrent percuter le cerveau du moine. Il fallait vérifier les traces de pas, des marques de sang, essayer de décrypter les fresques, rechercher tout intrus n'ayant aucun rapport avec les lieux, et aussi déceler si d'autres objets avaient été déplacés ou volés... comme les pierres qu'il avait en poche et qui restaient, selon lui, le meilleur indice.
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Mer 31 Mai - 19:17



Indice...


Journal de bord de Séraphina Fabulosa :

Le trésor qui apparaissait devant leurs yeux ébahis dépassait les imaginations les plus fertiles. Des richesses incroyables couvraient chaque recoin de la salle,et le tout brillaient en une seule lumière. Comment toute cette clarté avait pu ne pas être visible depuis le Couloir ? Peu importe, enfin arrivés, les deux explorateurs purent constater un piédestal vide au centre de la pièce. Le piédestal de pierre, poussiéreux sauf en son centre, était rongé pas des inscriptions étranges, les mêmes que celles visibles dans le Couloir. Tao à nouveau, fut pris d'un souvenir étrange, et sentit une menace puissante à travers ces paroles, comme s'il s'agissait d'avertissement.

La salle du trésor, en elle même, bien que regorgeant de pierres précieuses, ne semblait rien contenir de particulier, hormis peut-être au niveau de l'entrée. Le sol possédait une étrange rainure, et la porte semblait bien plus grande et arrondie que les autres déjà franchies. Les deux enquêteurs pouvaient observer la pièce s'ils le souhaitaient...

Tao décida d'examiner le côté gauche de la salle, observant chaque recoin avec une attention toute particulière. Au fil de son avancée, un sentiment particulier commençait à l'enivrer, comme si la perspective de trouver une preuve ou quelque chose s'imposait à son esprit. Bientôt, il atteignit un couloir, plus loin, qu'il se décida d'explorer. Couloir sombre, très sombre, si sombre qu'il était difficile de voir à plus de quelques mètres. Très vite, ses pas rencontrèrent une pente, quelques peu glissante, se soldant par des marches de pierre. Toujours dans le noir, il descendit petit à petit les marches. Un étrange souffle lui caressa l'échine, le faisant se retourner. Derrière lui, la lumière de l'autre pièce était éteinte : il était enfermé dans le noir. Il ne pouvait plus qu'avancer.

De son côté, Linnéa décida de porter son attention sur la partie droite de la salle. Elle avança au travers des merveilles qui parsemaient la pièce, profitant de temps en temps pour les admirer, sans pour autant perdre de vue son objectif. Dans le fond, plus à l'arrière, se situait un passage, une entrée banale, simple arche de pierre sculptée. Intriguée, elle entra dans la partie adjacente et une vapeur poussiéreuse l’accueillit. Toux et yeux douloureux étaient de mise, la salle semblait immense, mais un éboulement proche de l'entré la séparait. En observant attentivement le sol, il pouvait être aisé de distinguer des petites tâches de sang.
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Sam 10 Juin - 16:42

EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent?
       
 Punaise mais Tao… bouge !

Mon impatience grandissait au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient. D'autant plus que j'avais cette désagréable impression que cela faisait des heures et des heures que je m'efforçais à couler un regard sur ce que Tao admirait. Oui, au vu de son immobilité, dépourvue de frissons ou de de questions, il ne s'agissait, à première vue, pas d'une angoissante découverte. Bien au contraire ! Le seul élément que je pouvais percevoir, de ma position désavantageuse était la clarté qui s'échappait de cette pièce si bien illuminée. Ah ouais ? Ils avaient l'électricité ici...? Pour mon plus grand bonheur, à la plus grande satisfaction de ma curiosité exacerbée, le moine finit par se rappeler que j'existais et se mit de côté. Excitée comme une puce, je le remerciais avec un grand sourire.

« Merci ! »

Demeurant toutefois à ses côtés, ne désirant pas de suite mettre les pieds dans la pièce qui se profilait, j'aperçus en son sein un ensemble de petites perles, rivalisant toutes plus d'opulence les unes que les autres. Ce serait à qui brillerait le plus, à qui réussirait le mieux à accaparer le regard des curieux tout heureux qui auraient le bonheur de repaître leurs pupilles de leur luxurieuse luisance. Car oui, se retrouver face à pareil trésor ne laissait personne de marbre. Assurément. Néanmoins, mon enfance avait été savamment cultivée. Je me rappelais du canapé dans lequel je me lovais, devant quelques histoires Disney. Un jeune voleur s'aventurant dans les entrailles de la terre dans le but de ramener une pièce précise qui lui avait été quémandée. Interdiction formelle de toucher à quoi que ce soit d'autre, hormis à ce qui lui avait été demandé, sous peine de se voir enfermé à jamais, enseveli et sans vie. Par méfiance, en se rappelant de ce conte qui avait bercé son enfance, Ly' choisit de faire elle aussi son prudent petit Aladin et ne s'approcha de rien pendant un long moment. Seuls ses yeux eurent le courage de déambuler parmi les pièces entassées.
Il y avait de tout. Des vases pharamineux, des coupes dont les bords brillants invitaient à porter les lèvres, profitant de quelques liquides improvisés. S'arrachant le peu d'espace libre qu'il restait, des parures, qui auraient à coup sûr rendues Néfertiti et Cléopâtre réunies jalouses de l'aisance financière qu'elles auraient pu procurer, s'étalaient comme désireuses de coloniser les restes de pierres qui demeuraient découverts. Mais avant de coûter des millions et des millions, cela restait tout de même sacrément beau à observer. Dans mes iris se succédèrent admiration, et.. envie titanesque de venir plonger les mains au niveau de ces trésors à peine découverts. Néanmoins, je me fis violence pour ne pas laisser mes intérêts apparents venir remplacer celui authentique que je menais. Je ne vivais pas pour la richesse, le luxe et tout ce qui s'ensuivait. Je respirais de l'envie de donner à ce monde la bonté que je pouvais posséder, lui qui avait cruellement tendance à en manquer. De plus, je n'étais pas là pour me satisfaire, profiter des magnifiques paysages que je pouvais dénicher mais pour retrouver la statuette que Séraphina recherchait. Pas par satisfaction personnelle d'avoir pu triompher lors d'une chasse au trésor, d'une course d'orientation. Loin de là. Par simple nécessité d'aider. Il y a parfois des circonstances qui font que les autres passent avant nous. Je m'étais à peine installée à Damned Town, avait passé les premiers jours à errer dans l'illusion d'avoir eu affaire à mes vieux démons, et voilà que sans même avoir trouvé un toit pour me reposer, sans avoir vraiment pris le temps de prendre mes marques dans ce milieu inconnu que je comptais bien occuper, j'étais repartie, en quête de l'histoire d'une ville qui ne me faisait encore ni chaud ni froid. Voilà maintenant des heures et des heures que je me baladais dans d'interminables corridors avec Tao, sans vraiment savoir ce que je cherchais. Mais la satisfaction de savoir que mes efforts pouvaient rendre Séraphina et les quelques habitants de Damned Town à qui toute cette histoire tenait à cœur, quelques bénéfices n'avait pas de prix.

C'est ce qui me décida à me bouger un peu. Après tout, je n'avais rien à perdre. Je n'agissais pas pour moi, mais pour eux. D'une main au début légèrement timide et tremblotante, je vins effleurer du bout des doigts la surface lisse et dorée des pans de la pièce qui l'enrichissaient. La froideur qui s'en dégageait me fit frissonner. Toutefois, ce ne fut pas ce qui m'arrêta. Continuant pendant quelques instants, je constatai bien rapidement que mes doigts affairés se couvraient à vue d’œil de poussières, peluches grisâtres dont je me débarrassais bien vite en agitant la main. Décidément, elles en auraient testé des textures étranges ces pauvres paumes qui me servaient pourtant avec tant de dévouement. Je remarquai bien vite que certaines pièces étaient des plus poussiéreuses, recouvertes par les aléas du temps. Mais d'autres, curieusement, semblaient en avoir été épargnées. Reluisantes de propreté, elles donnaient le sentiment d'avoir été, il y a peu, manipulées. Cela confirma ce que Séraphina disait. D'autres personnes s'étaient rendues par ce côté-ci des ruines. A moins que cela n'était Séraphina elle-même, ce qui m'étonnais tout de même fort. Elle n'aurait pas pris à pleine mains ces objets soigneusement conservés. Quoique ? Avec des gants ? Devaient-ils tenter de voir si des empreintes avaient été laissées ? Cela valait le coup d'essayer, quitte à ne rien trouver. Mais comment procéder ?
L'idée me vint de revenir avec du scotch ou quelque matière collante qui permettrait aux empreintes de se révéler. Mais d'ici là, les miennes auraient déjà aisément remplacé celles qui avaient pu subsister. Je retirais donc mes mains de là, choisissant de toucher le moins possible ce que je trouvais, des fois que..
Me redressant lentement alors que je m'étais accroupie, j'entendis mes genoux craquer sourdement, mais cela ne m'empêcha pas de me tourner vers Tao, souriant de toutes mes dents.

« J'crois que comme tu as pu le constater, on est pas les premiers. On cherche chacun de notre côté tout indice qu'on pourrait trouver ? »

Le détaillant rapidement, je vis avec soulagement qu'il s'était remis de notre traversée laborieuse. Sa cage thoracique ne se soulevait plus avec l'extrême difficulté dont elle avait fait preuve lors de notre asphyxie avancée. Il avait reprit ses esprits, ses joues se colorant à nouveau peu à peu et son regard vif était surtout de retour, bien qu'il soit encore pour le moment fort emprunt de la surprise qu'un tel spectacle lui prodiguait. A l'évidence, il ne s'y attendait pas. Chose que je pouvais tout à fait concevoir, ayant moi même eu besoin de quelques secondes d'adaptation. Les ruines avaient, depuis le début de notre progression semblé, des plus abandonnées, comme réellement délabrées. Mais en fin de compte, au fond de leurs entrailles sommeillaient des richesses insoupçonnés que seuls les plus persévérants pouvaient contempler. Il suffisait de voir le passage périlleux que nous venions de traverser pour s'en douter. Mais avaient-ils réellement vécu telle difficulté ?
Depuis qu'elle doutait de son arrivée à Damned Town, ayant cru avoir rencontré le roi des démons lui-même, Linnéa avait beaucoup de mal à se fier aux moments qu'elle traversait. Sa plus grande hantise résidait en le fait d'avoir le sentiment d'évoluer dans un milieu qui en réalité n'avait pas lieu d'être, d'avoir cette impression de vivre quelques événements dans le vent. Doutant en permanence de ce qu'elle voyait, ressentait, il lui était difficile d'affirmer avec certitude ce dont elle était témoin, chose bien handicapante pour quelqu'un qui allait devoir témoigner de ce qu'elle avait pu voir au fin fond des ruines justement. Heureusement pour elle, elle n'était pas seule. Tao serait toujours là pour la contredire ou l'appuyer, en fonction des mots qu'elle pourrait employer. En revanche elle.. de son côté ne se sentait pas le courage de le couper pour le corriger, n'étant pas sûre de ce qu'elle avançait. Une fois sortie de ces foutues ruines, il allait tout de même qu'elle prenne le temps de creuser ce qui lui était arrivé. De vérifier si ce Dragon existait, retourner au temple voir si des traces de dentifrice ou de cire écoulée il restait. Pour l'honneur. Histoire de ne pas de suite sombrer dans la folie. Quand même…

Constatant que mon coéquipier se portait assez bien, je reportai mon attention sur ce que nous observions, depuis de longues minutes déjà sans réellement avoir progressé. Je savais néanmoins que Tao s'empresserait de tout photographier, de sorte que je ne pris pas l'initiative de déplacer quoi que ce soit. Je le laissai d'abord prendre tous les clichés qu'il désirait avant de venir tout déranger. En attendant que sa mission soit accomplie, je fis le rapide tour de la pièce, prenant soin de ne rien écraser. Mon sac me pesait alors que je déambulais sur la pointe des pieds. Je finis donc par revenir sur mes pas, allant le déposer contre l'encadrement de la porte. Me redressant pour repartir d'où je venais, mes yeux parcoururent pourtant le sol que je foulais, suivant une étrange rainure, telle une fissure. Sans trop savoir ce que je faisais et surtout pourquoi je le faisais, je m’accroupis à nouveau m’intéressant de prêt à ce que je venais de constater. Une manière de m'occuper pendant que Tao s'exécutait. Malgré cela, je n'en menais pas large et abandonnai bien rapidement ce petit élément bien futile comparé à la tâche qui nous attendait. Balayant la pièce du regard, je repérai deux sombres alvéoles de part et d'autres. Intriguée, je plissai immédiatement les yeux afin de tenter d'y discerner une quelconque possibilité de deviner ce dont il s'agissait. Malheureusement mon acuité visuelle n'était pas à ce point développée et je dus bien rapidement essuyer un cuisant échec de ce côté. Désireuse cependant de ne pas me laisser abattre, je partis d'un pas déterminé en la direction que j'avais repéré. La droite… Mais avant, il me fallait dépasser toutes ces richesses qui abondaient. En déplaçant plus d'une en me mouvant au travers, je rejoignis la zone tant convoitée, et victorieuse de ce succès, je me tournai vers Tao qui m'observait, sans comprendre.

« Y'a un truc de ce côté là. Je vais voir. Je reviens de suite, je jette juste un petit coup d'oeil ! »

Lui souriant une dernière fois, je m'avançai vers l'arche rocheux qui me surplombait, passant sans sourciller dans la pièce d'à côté. De là où j'étais, j'entendais le bruit régulier du flash de Tao qui se déployait. Je devais me calquer sur ce bruit là et ne pas le quitter. Pas un instant. Cela me rassurait. Dès que mes yeux se furent habitués à l'obscurité ambiante qui s'y était logée, je pus discerner le milieu qui m'entourait. Mais déjà, une vapeur âpre vint me chatouiller les narines alors que la poussière ambiante dansait dans l'air face à mes yeux hébétés, venant rapidement se loger dans mes bronches épurées. Ce qui devait arriver arriva, je me repris à tousser, comme lorsque nous étions entrés dans les ruines. Décidément. Soit j'étais vraiment une faible à ce niveau là, soit ce lieu n'était vraiment pas sain. En tout les cas, je fis un pas immédiat en arrière, retournant dans l'atmosphère moins agressive de la pièce d'où je venais. En y entrant, je constatai que Tao n'était plus là. Tournant la tête de gauche à droite, je perdis de quelque peu mon sourire confiant, me demandant bien où il avait pu filer. D'une voix inquisitrice, je demandai timidement :

« Tao ? »

Le silence me répondit, chose qui m'angoissa au plus haut point. Fermant une bouche que j'avais laissé grande ouverte, je focalisai immédiatement mon attention sur mon sac qui sommeillait toujours là où je l'avais déposé. Personne n'y avait touché. Rapidement, et à grande enjambée, je ne pris aucune pincette pour rejoindre le côté que je cherchai à attendre, déplaçant violemment les bricoles qui se trouvaient sur ma route. Sourcils froncés, une barre soucieuse vint rider mon front plissé par la concentration. Mes méninges s'activaient. Il n'avait quand même pas pris l'initiative de repartir tout seul ? Me laissant ainsi dans les ruines ? Non, il m'aurait prévenue… Et si je ne l'avais pas attendue ? Il aurait attendu une réponse de ma part. Putain ! Ayant remis mon sac sur les épaules, je fis un tour sur moi même. Une fois, deux fois, trois fois. Il ne réapparut pas par magie.

« Tao.. »

Ma voix faiblissant, je me passais une main nerveuse dans les cheveux. Quelqu'un était-il entré à notre suite et l'avait embarqué ? Impossible. Le moine était ultra baraqué, il y aurait eu lutte et qui dit lutte au milieu de tout ce joyeux bordel dis justement joyeux bordel. A l'extérieur on aurait entendue leur chamaillerie. Soit. Alors où était-il passé maintenant ? Puisque je réfutais une à une les suggestions que mon esprit me soufflait, l'inspiration commençait à me manquer. Immobile, je finis toutefois par venir m’asseoir dans un coin de la pièce, une parure entre les doigts. Nonchalamment, je me mis à attendre qu'un quelconque indice me soit donné, que je ne sais pas… qu'il revienne. Les minutes s'écoulèrent, et pourtant… rien. Néant. Ma patience n'en fut pas altérée, elle continua de perdurer. Il était mon coéquipier, je me devais de m'assurer que rien ne lui soit arrivé. Et si je partais sans avoir pu mettre les choses au clair, il nous serait encore plus compliqué de nous retrouver. Alors à quoi bon prendre les devants et s'en aller ? Je patientai donc sagement, mon joujou doré entre les mains, passant de l'une à l'autre, le regard tourmenté de celle qui ne sait pas le temps que sa tergiversation allait emprunter. M'enfin. Si d'ici 10 minutes il n'était pas de retour, je me relèverais et repasserais dans la salle d'à côté. C'était ma seule piste. A moins que… était-il partit sur la gauche ? Comme je m'était aventurée sur la droite ? C'était une possibilité à envisager mais rien pour la certifier. Désireuse d'en savoir plus, je vins explorer le côté gauche mais malheureusement, rien ne put m'aiguiller. Un simple pan de mur maculait le fond de la pièce et rien d'autre qui aurait pu le laisser passer. Mais Tao ? Où étais-tu donc passé ??

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Démone déchue
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Dim 11 Juin - 1:28



Event ~ Dans les ruines...

Linnéa Krämer & Tao ShinTao était fin prêt à mener les investigations aux mieux, tout comme Linnéa qui s'était empressée de regarder ces monticules de pièces d'or et autres bijoux magnifiques. Il comprenait mieux pourquoi les voleurs étaient passés par là. Qui ne se rendrait pas malade face à toutes ces richesses ? Le moine ne voulait pas se disperser dans ces enfantillages. Son cerveau carburait vitesse Grand V à présent. Le manque d'oxygène dans le précédent couloir avait eut raison de lui dans un sens, au point d'envoyer la surdose dans son organisme. Sa coéquipière, qui s'était entre temps accroupie, se releva un peu difficilement et arbora un sourire à son encontre. Avait-elle hâte de commencer la fouille aux indices ?

« J'crois que comme tu as pu le constater, on est pas les premiers. On cherche chacun de notre côté tout indice qu'on pourrait trouver ? »

« Excellente idée jeune fille. Si ça ne te fait rien, je prendrai le côté gauche. Mais avant de te lancer, j'aimerai photographier les lieux, on ne sait jamais. »

Le temps de dégainer son cellulaire, il s'orienta vers la droite et bombarda de clichés tout ce qui l'entourait. A première vue, il n'y avait rien de particulier, mais il savait qu'il pouvait compter sur Linnéa pour dégoter le moindre indice susceptible de les faire avancer un peu. Parce qu'à part sa piste de cailloux et certaines fresques... Il n'y avait rien de bien probant à se mettre sous la dent. Quelques minutes plus tard, le temps de survoler la moitié donnée à sa partenaire, il voulut lui faire signe qu'elle pouvait s'y mettre. Inutile. Elle s'était à nouveau accroupie au sol. Avait-elle déjà remarqué un détail ? Certainement. Se retournant vers l'entrée de la pièce, il repéra son sac à dos déposé là, sûrement lui faisait-il mal à force de l'avoir porté sans interruption depuis l'entrée des ruines.

Tao se concentra par la suite sur le piédestal central. Il semblait bien vide sans l'objet qu'il devait arborer... Sûrement dérobé par les voleurs ? A vérifier auprès de Séraphina. En l'inspectant d'un peu plus près, il pouvait apercevoir de la poussière recouvrir la pierre sauf au centre, et des inscriptions rongées par le temps. Ces symboles... Comme dans le couloir qu'ils avaient traversé... Tao sentit à nouveau un malêtre le submerger, comme s'il s'agissait d'un avertissement. Une malédiction ? Tout de même ! Il n'était pas assez fou. Sa logique implacable l'interdisait de croire à ce genre d'évènements paranormaux. Mais ces écritures lui rappelaient une fois encore quelque chose, sans pouvoir mettre la main dessus. Par précaution, il les prit en photo, comme le piédestal en tant que tel, et il passa à autre chose. Du coin de l’œil, il remarqua Linnéa à quatre pattes, tentant de se frayer un chemin parmi les piécettes vers une zone particulière. Surpris, il la dévisagea, sourire en coin.

« Y'a un truc de ce côté là. Je vais voir. Je reviens de suite, je jette juste un petit coup d’œil ! »

Elle lui sourit et s'empressa de rejoindre le point d'arrivée qu'elle convoitait. Le moine la laissa dans son investigation et se lança dans la sienne. Il millimétra chaque recoin, chaque pan de mur dans l'espoir de détecter la moindre graine d'indice susceptible de les aider. Il se sentait comme enivrer par un besoin insoutenable de trouver quelque chose, n'importe quoi de crédible, une faim insaisissable d'avoir des réponses à toutes ces questions. Sa piste de pierres précieuses le taraudait beaucoup trop. Et à force de longer le mur de gauche, il arriva malgré lui en face d'un couloir bien sombre... Même trop sombre. D'où sortait-il celui-là ? Il ne l'avait pas remarqué depuis l'entrée de la pièce. La tentation se s'y engouffrer le submergea tout à coup. Était-ce une bonne idée ? Il jeta un rapide coup d’œil en arrière où il avait vu Linnéa pour la dernière fois. Aucune trace d'elle. Le moine se sentait mal de la laisser seule ici. Il éprouvait ce besoin inconditionnel d'avancer. "Pardon Ly'".

Tao prit une bonne bouffée d'oxygène et se lança à corps perdu dans le couloir. A première vue, il n'y avait rien sur les parois, mais il devait rester vigilant, d'autant plus qu'il n'y voyait pas à deux mètres tellement l'obscurité régnait. Il avançait à pas moyens, histoire de ne pas se casser la figure sur un quelconque caillou ou autre obstacle qui pourrait surgir sans prévenir. Ses yeux peinaient à se frayer dans ce noir. Il sentit sur son passage une inclinaison du sentier, une pente assez glissante de surcroit. "Super"... Il prit le risque de la prendre en accélérant le pas. Mauvaise idée. Le bas de la pente se solda par des marches qu'il manqua de justesse. Le moine retomba sur le cul, assis sur de la pierre. Il s'en était manqué de peu ! Il se releva avec précaution et descendit les marches à tâtons, freinant l'allure de peur de glisser à nouveau. Un souffle étrange vint le percuter de plein fouet au visage. Dans le doute, il se retourna pour guetter ses arrières. Au loin, il ne discernait plus la lumière de la salle qu'il venait de quitter, et il n'avait pas garder la torche avec lui. Il ne se rappelait même plus qui l'avait eu en dernier... Grossière erreur.

« Tao... Dans quelle merde t'es-tu fourré cette fois ? Tu pensais vraiment t'en sortir sans la torche ? Tu ne peux plus faire demi-tour en plus. C'est malin. Tu as laissé cette gamine toute seule là-haut... »

Le moine avait beau se sermonner, il ne comptait pas revenir en arrière pour autant. Il avait manqué de vigilance en se lançant tout seul sans elle. En silence, il espérait qu'elle puisse le rejoindre rapidement. Mais pour l'heure, il devait continuer sa route. Les marches se succédaient depuis plusieurs minutes maintenant. Les ruines étaient-elles aussi profondes que ça ? Non loin de sa position, un détail vint le frapper de plein fouet. Une faible lueur émanait du couloir, et il avait atteint la dernière marche. Un profond ressentiment refit surface. Il avait l'impression de s'être retrouvé au début du couloir précédent, et même si l'air y était moins rare, il ne voulait pas se ressentir mal à nouveau. Se tapant l'épaule pour se donner du courage et ne pas succomber une fois encore, il avança en direction de ce point lumineux, priant en silence de ne pas tomber dans un piège..
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Mer 14 Juin - 10:49



Indice...


Journal de bord de Séraphina Fabulosa :

Nos deux enquêteurs se situaient en position délicate. Séparés l'un de l'autre, ils devaient tous deux évoluer par leurs propres moyens.

D'un côté, Tao semblait moins affecté par la situation, bien que des sentiments d'agacement pouvaient peut-être bouillonner en lui. Là où il marchait, aucun son n'était audible. Il ne faisait pas sombre, mais tous les bruits extérieurs étaient absorbés, et plus aucune fraicheur ne traversait le couloir, comme si ni vent, ni ne pouvaient pénétrer en ces lieux. Les murs étaient vierges d'inscription, et le sol fut si poussiéreux que les pas de Tao laissèrent des traces. L'homme avança longtemps, jusqu'à apercevoir une petite lumière. Une salle s'ouvrit à lui, mais une salle bien étrange. L'intérieur était sombre, et contrastait avec le reste des ruines, il semblait bien moins ancien dans le temps, mais pas si moderne tout de même. La pièce était de taille moyenne, et la seule entrée possible était plus au loin, menant à un autre grand couloir. Au sol, le moine put trouver une petite pierre précieuse brillante, qui immédiatement invoqua en lui des souvenirs brutaux. Il s'agissait d'une pierre, qui ressemblait étrangement à celles trouvables dans des lieux sacrés, incrustées au creux des idoles d'or du passé. Dans la pièce, sur les murs, étaient dessinés des pommes, dans un rouge si sombre qu'il semblait noir. Une certitude, ce n'était pas du sang. Tao ne voulut pas s'attarder ici, à cause de Linnéa, et continua dans le couloir, mais cette pièce ne le laissa pas indifférent...

De l'autre côté, Linnéa, encore sous le choc, reprit lentement ses esprits. La pièce devant elle regorgeait d'objets, peut-être pourrait-elle trouver quelque chose pour l'aider ? Deux possibilités s'ouvraient à elle : retourner en arrière, en repassant par le couloir, ou trouver une solution pour avancer. Qu'allait-elle choisir ?
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Mer 14 Juin - 15:59

EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent?
       
Dans ce moment de panique, je n'ai peur que de ceux qui ont peur.


Une si vieille citation… Inspirant lentement, je fermai les yeux en revoyant avec nostalgie la découverte de cette petite perle. Affalé sur le lit de sa cellule, Radja lisait, l'air concentré. Un livre entre les mains, encore une nouvelle prise qu'il avait pu chiper à la bibliothèque du coin, pas un de ses muscles ne se frémissait. Pour la demoiselle que j'étais, assise au loin, à l'observer, il me donnait le sentiment de posséder la carrure de ces romains de l'Antiquité. Un Platon cultivé qui n'avait de cesse de se documenter. Esquissant un sourire bienveillant, je m'étais levée silencieusement, pour ne pas le détourner de ce qu'il faisait. Venant chercher sa chaleur, m'accoler à mon frère tant estimé, je vins m'asseoir derrière lui, laissant mes yeux parcourir les lignes qu'il dévorait. C'est là que je l'avais vue. Victor Hugo s'exprimait, et il venait de me toucher, alors que cela faisait à peine cinq secondes que je le lisais. Décidément, Radja avait de l’œil pour dénicher les petits trésors de la littérature, bien qu'il considérât, et à raison, Hugo comme l'un des géants. Alors que je paniquais clairement, je repensai à ce petit détail qui pourtant était de taille. Mon sourire chaleureux revint. Il ne s'en était jamais allé, s'était simplement laisser camoufler. Je n'ai peur que de ceux qui ont peur… J'avais peur, donc je me faisais peur. La boucle infini que cela créait était débarrassée de tous secrets. Il fallait se calmer. Resserrant les sangles de mon sac pour qu'il soit plus solidement amarré à mon dos lacéré, je rouvris les yeux, laissant mes sereines prunelles revenir à l'instant présent. A quoi servait-il de courir ? Personne n'avait dit que j'allais m'en aller sans mon cher Tao. Personne n'avait dit que j'allais me lancer à corps perdus dans ses traces.

Je retrouvai par le biais de son absence la solitude qu'avait induit ma cavalcade. Comme quoi, on en revient toujours aux sources. Après toutes ces journées à ne compter que sur moi-même, à me demander de quoi demain serait constitué, une simple salle emplie de trésors allait me rebuter ? Certainement pas. En plus, il y avait possibilité que je m'en mette plein les poches. Cela compenserait… Retrouvant mon petit côté taquin, je me forçai à sourire de quelque peu. Il fallait positiver ! J'allais pouvoir chanter sans offenser ses oreilles adorées. Ce que je m'empressai d'ailleurs de faire. Essayez de fredonner avec les traits de visage crispés, vous verrez ce que cela fait. Un simple gargouillis inintelligible. Pas très très agréable. De ce fait, ma bonne humeur fut rapidement retrouvée, nécessaire pour les fouilles que je devais mener. Pour trouver ce que nous avions à rechercher, il fallait en effet logiquement commencer par chercher. Et pas Tao, qui plus est. La statuette, avant tout. Il était débrouillard, il saurait se réorienter comme un grand. Il en était de même de mon côté.

And now we've outstayed our welcome and it's closing time


Ahah pas faux. Il était temps de se remettre au boulot. En plus, la mauvaise inspectrice que j'étais avait tourné le dos à la scène de crime qu'elle avait à ausculter. Mais quel sérieux vraiment… Revenant sur mes pas avec un tantinet plus de douceur que lors de mon accès de folie, je retournai là où je m'étais mise à tousser. Sitôt l'arche dépassé, la même sensation désagréable vint me piquer la gorge, mais je n'y fis que très peu attention, déterminée par la volonté de combler le silence qui m'entourait. Délaissant Ed pour en venir à Billie, je continuai sur ma lancée, me vivifiant au passage également.

Does it take your breath away
And you feel yourself suffocating
Does the pain weigh out the pride?


Il est vrai, la fumée me gênait, mais à quoi bon se plaindre quand de toute façon on va y rester ? Tout était une question de mental, alors je m'adaptai. Non, je n'étais pas gênée, non je n'étais pas forcée de tousser. Mais de voir où je mettais les pieds, nettement plus. Allumant la lampe que j'avais conservée, je vins faire l'état des lieux. Hum… A première vue, ce que je pouvais observer à mes pieds avait été le travail d'un chamboulement total, complet. Un amoncellement de pierres occupait le milieu de la pièce, donnant le sentiment d'avoir envie de conquérir peu à peu les salles, qui derrière Linnéa n'avaient pas bougé. En somme, un éboulement s'était ici produit. Le côté malsain de l'atmosphère avait du être largement accentué lorsque toute la poussière avait été soulevée. Je plaignis brièvement les possibles personnes qui avaient pu se trouver là durant ce moment fatidique. Elles avaient du se faire une de ses frayeurs… A moins que cela n'ait eu lieu après leur visite ou bien avant, les ruines ayant déjà piqué leur petit caprice rocailleux. Savait-on jamais.

Bon et sinon, hormis de la pierre ? Non parce qu'ils se trouvaient tout de même dans des ruines. Il était des plus normal d'être entouré de… roches, de pierres et… de cailloux. Jusque là, rien d'extraordinaire, l'éboulement pouvant être tout naturellement mis sur le compte de l'écoulement du temps. Après tout, la nature était autorisée à reprendre ses droits non ? L'homme avait délaissé ce petit coin enterré, elle n'avait plus qu'a ré emménager des terres qui lui avaient été transformées, enlevées, mutilées. Frottant mes yeux douloureux, et pour cause, la poussière les agressait, je soupirai brièvement. Et s'il y avait un passage derrière tout cela ? Un nouveau corridor vers je ne sais pas moi.. La sortie ? Évaluant mes chances de triompher quant à l'hypothèse supposée, j'observai l'amas qui me surplombait. M'approchant à pas lents, je pus constater en grattant légèrement que la pierre était friable, se cassait facilement. Sans se faire prier, ce que je délogeai tombait à mes pieds, venant parfois chatouiller mes chevilles dénudées. Heureusement que nous ne portions pas de tongs n'est-ce pas ? Bonjour le vernis écaillé. Riant brièvement, je me fis un constat indicible : Je me fatiguais moi-même, à n'en pas douter.

Bon et bien, j'avais plu qu'à me trouver de quoi tenter de me frayer un passage.. Déposant la lampe à mes pieds, soit au centre de la pièce de sorte que ses faisceaux couvrent la plus grande surface possible, je regagnai une nouvelle fois la pièce précédente. Les mains sur les hanches, j'évaluai les possibilités d’outils qui se présentaient à moi. Pas sûre qu'avec une coupe je puisse avoir suffisamment de quoi évider. Du moins sans y passer ma journée. Non, il me fallait aller un peu plus vite, trouver autre chose qui puisse substituer. Le mieux du mieux aurait été que je trouve une pelle ou bien même une pioche, quitte à ce que mon pied prenne ensuite le relais, dégageant les blocs cassés. Mon dos en souffrait déjà rien qu'à y songer.. Allez, allez, courage, pas de place pour les faibles ! Sans attendre qu'un miracle se produise et que ce dont je nécessitais me saute dans les mains, je me mis en quête de l'objet parfait. Bon, déjà, on pouvait aussi éliminer parures et autres subterfuges. M'avançant parmi ce torrent doré, je finis par gagner le socle central qui, dépouillé, ne pouvait rien m'apporter. Autour de ce dernier, la quantité de pièces entassées était décuplée, maigre petits gardiens se voulant de protéger la statuette qui, je supposais, avait du avoir son trône pas très très loin. M'enfin. La cour était inutile, il me fallait gagner la périphérie de de chantier platiné. Ce ne fut que là bas, que mon saint-Graal fut trouvé. La, une mini-pelle avait été laissée. Besoin urgent de fuir ou petit acte empli de pitié pour les successeurs ? Je pressentais bien que ce gadget ne datait pas de la dernière pluie, il avait sans l'ombre d'un doute été volontairement, ou non, laissé là. Leurs prédécesseurs avaient bien préparé leur mission au vu du matériel trouvé. Peut-être qu'elle appartenait même à Séraphina… Qu'importe, elle se retrouvait maintenant entre mes mains. Me penchant pour la récupérer, je me pris au passage les mains dans une toile d'araignée ce qui me fit instinctivement frissonner. Pas que les araignées me donnent envie de me terrer mais disons que la texture de leur toile était... des plus singulière. Me redressant, je repris ma route, victorieuse. Enjambant tout ce qui voulait m'empêcher de regagner l'arche de l'autre côté, je laissai mes yeux venir farfouiller cette pièce que je ne cessais d'arpenter. Des fois qu'un petit quelque chose ait pu m'échapper. Comme une pioche par exemple ? Il ne fallait toutefois pas chatouiller la Providence, et je me contentais donc déjà de ma superbe pelle qui me préservait d'heures et d'heures à gratter, à la seule force de mes mains.

Mon QG retrouvé, je me délaissai à nouveau de mon sac à dos, en profitant pour venir boire de quelque peu. Mon organisme allait en avoir besoin, tout comme de quoi le sustenter. Je sortis l'un des casse-croûte qu'un des moines du Temple avait bien voulu me confectionner et y mordis à pleine dents. Mon ventre saisit l'occasion qui s'offrait à lui pour grogner, appréciant pleinement la décision que je venais de prendre. Une fois un peu plus rassasiée, je rangeai mon attirail comme cela était avant de tout venir déranger et me retournait vers la montagne rocheuse qui m'attendait. De quoi me décourager avant même d'avoir commencé. Le mur de pierre était plus grand que moi, et quoi ? Je me lançai à aller creuser alors que je ne savais même pas si ma théorie correspondait à la réalité ? Bon, elle était déjà valide, c'était déjà ça. Mon regard glissa tout de même, dépité, vers le bas de cette muraille de Chine improvisée, se perdant dans la contemplation de petites tâches artistiques qui décoraient le sol poudreux. Soudain mon esprit se réveilla. Mais punaise Ly' ! Je m'avançai immédiatement sur cette anomalie que je venais de déceler, m'accroupissant rapidement. Plusieurs de ces minuscules flaques se laissaient observer, si bien que mon doigt vint s'écraser contre l'une d'elle en vue de tenter d'identifier ce que cela était. La couleur vermeille adhéra partiellement
à mon index, imprégnant la couche superficielle de mon épiderme. Avant de condamner ce que je présageai, je laissai mon odorat venir se renseigner et fronçant les sourcils, je ne pus que légèrement m'inquiéter.

« Sérieusement ? Du sang ? »

Pivotant sur moi-même, j'observai plus attentivement la manière dont les tâches étaient disposés et la taille qu'elles arboraient. Un léger saignement. Le sang avait du goutter lentement. Et comme seule la pièce là en contenait, c'est que soit la personne était toujours dans les ruines, ensevelies sous cet amas de pierre par exemple, soit elle avait réussi à passer de l'autre côté avant que l'éboulement n'ait eu lieu soit encore, elle avait trouvé de quoi éponger sa plaie. Quel panel de propositions… Dans tous les cas, j'étais impuissante. Je ne savais même pas comment prélever ce sang légèrement séché. Parviendrait-on à retrouver son propriétaire si je le récupérai sur un simple petit bout de papier ? Pas sûr mais c'était à ce moment précis la seule solution qui se présentait à mes yeux fatigués. Me relevant, je vins prendre le bout de tissu convoité et m'attelai à faire ce à quoi j'avais songé. Je maculai le mouchoir de tout le sang possible, venant le tapoter avec énergie sur chaque petite tâche qui salissait le sol. Des fois qu'ils aient été plusieurs à s'être vus blessés.. Rangeant ensuite délicatement mon petit échantillon sanguin tout de précarité constitué, je constatai que j'étais revenue à mon point de départ. Il allait falloir se mettre à creuser.. Mais les perspectives qu'il y ait deux chances sur trois de découvrir un petit quelque chose, un second passage ou même une personne, me convainquirent rapidement de la nécessité de se faire souffrir un petit peu. Et puis au pire, je pouvais toujours m'arrêter quand j'en avais marre. Les ressources étaient, après tout, demeurées avec moi. C'est Tao qui allait plus devoir s'en soucier.  Rha.. voilà que mes pensées dérivaient à nouveau vers mon coéquipier jusque là toujours porté disparu. Ça n'allait pas te le ramener, Ly', tu le sais.. Oui, oui, je le savais pertinemment mais bon, ses bras baraqués auraient été les bienvenus pour venir m'aider. Comme quoi, ce n'est pas toujours l'homme qui vient se taper les travaux physiques, contrairement à ce que l'on pourrait penser. Prenant ma pelle miniature, et omettant le côté légèrement ridicule que la scène prenait, je commençai par taper chaque gros bloc de roche qui se présentait à mes mains affairées. Rapidement, les roches que j’effritai perdirent de leur taille aberrantes, se fragmentant brièvement. Armée de ma truelle improvisée, je les prenais alors pour les balancer sur la droite, le coin le plus éloigné de l'arche. Je n'allais ni plus, ni moins que déménager le tas, puisque celui-ci me gênait.

Je me félicitai au passage de ne pas avoir eu la géniallissime idée de balancer mes fragments poussiéreux du mauvais côté, me piégeant inutilement, la porte se retrouvant de quelque peu obstruée. Absorbée par le travail que je m'étais donnée, je passai un long moment ainsi courbée, à frapper, cueillir puis lancer. Mais mon dos se rappela au bout d'une vingtaine de minutes à mon bon souvenir. Je l'avais trop arqué, faisant le dos rond. Il protestait désormais, et avec énergie. M'étirant souplement, je lâchai la pelle quelques instants, baillant au passage profondément. Me tournant vers mes affaires, je constatai que je ne savais pas viser. Des débris de roches avaient atteint mon sac, ayant accessoirement seulement dévié d'un bon mètre. Levant les yeux au ciel, je lâchai un petit rire avant de repasser m'aérer dans la pièce d'à côté. Je m'étais habituée à l'air pollué que je respirais depuis de longues minutes déjà, mais la prudence m'incitait à ne tout de même pas en jouer. Savait-on jamais… Inspirant fortement, je retournai néanmoins à ma tâche, en profitant pour passer du côté de mon sac pour le débarrasser et accessoirement encore le décaler d'un chouïa. Adossé à l'arche, il fut rapidement mis en sécurité, et je retournai donc à ma besogne l'esprit tranquillisé. La routine reprit alors. Casser, cueillir, balancer, encore et encore. Le faire quelques minutes n'aurait posé de problème à personne, mais plus le temps s'écoulait, plus les muscles déjà courbaturés de ma cavalcade à peine terminée, finirent bien vite par me lancer. Chose à laquelle je choisis de ne pas prêter la moindre attention. Plus longtemps je continuerais, plus vite j'aurais terminé.

40min : Je me maintiens encore. J'ai rectifié ma position dorsale de sorte à ce que je ne sente presque plus mes cervicales protester ainsi que mes trapèzes. Bon, ils grimacent, je le sais mais pour le moment, ils tiennent la route.
45min : Je retire. Ils me détestent. Et accessoirement, moi aussi. On a pas idée de faire souffrir sa propriétaire de la sorte..
50min : Allez plus que dix minutes et je me fais une pause !
55min : C'est toujours dans ces moments là que le temps passe ultra lentement…. Aidez moi !
60min : Yeeeeeeeeeeeeeeeeeeah !

Sans attendre, je balançai ma pelle de côté avec une joie redoublée. Bon, ne vous imaginez pas que la pièce ait entièrement été débarrassée. Vous vous tromperiez. Cela dit, cela aurait au moins fait une heureuse. Mais malheureusement, tel n'était pas l'heureux cas. La moitié de l'espace avait néanmoins été bien décalée, principalement sur le fond. J'aurais pu, il est vrai, par flemme, arrêter de me tourner pour mettre les agrégats de côté, de sorte à ne dégager une allée principale mais personne ne m'avait assuré que ce que je trouverais, si il y avait quelque chose à trouver, précisons le bien, se trouverait être parfaitement au milieu de la pièce. Dans le doute.. je préférais tout bouger, quitte à me crever. Je pourrais toujours dormir en revenant.

Et voilà, voilà ! Le temps que je fasse mon résumé et je dois déjà y retourner. Punaise, respect énorme et sec à ceux qui font cela toute leur journée.. –-'

Sans s'attarder, bien qu'elle râla considérablement, Linnéa remit le pied à l'étrier, consciente que dans tous les cas, elle n'avait pas le choix. Et mine de rien, elle préférait largement faire sa port.. (non okay j'arrête de suite) souffrir un peu de ce côté, se fatiguant musculairement parlant que de reprendre le corridor en sens inverse avec toutes les sensations désagréable que ce dernier procurait. Au moins la décision était prise.
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Démone déchue
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Jeu 15 Juin - 20:42



Event ~ Dans les ruines...

Linnéa Krämer & Tao ShinLe couloir qu'arpentait Tao paraissait interminable... Depuis quand se trouvait-il là comme un con, à longer ces murs vides ? Au moins, il n'y avait pas ces cercles violacés à faire peur, et même s'il faisait chaud, il arrivait quand même à se déplacer. Le point lumineux au loin ne grossissait pas assez vite à son goût, et il ne se sentait pas d'attaque pour accélérer le mouvement. Il n'avait pas d'eau, ni de lumière, et encore moins son foutu sac à dos... Il se torturait l'esprit pour rien. Il l'avait oublié comme un débutant, pressé de se lancer dans cette chasse aux indices. Ça lui apprendra ! De temps à autre, le moine regardait son cellulaire, qui ne captait rien bien évidemment, histoire de jeter un coup d’œil au temps passé. Au final, quatre bonnes heures s'étaient écoulées depuis leur entrée dans les ruines. Remettant son cellulaire en poche, il remarqua un peu tard que le sol était fort poussiéreux, et que des traces de pas se formaient très nettement. Étrangement, il n'y avait que les siennes. Une interrogation lui vint à l'esprit : et si les voleurs n'étaient pas passés par ce couloir ? Ou alors l'avaient-ils fait mais en effaçant leurs traces après leur passage ? Difficile à dire, et même si la pénombre s'était quelque peu levée, il n'avait aucun moyen de vérifier ce détail. Tao ne se prit pas la tête plus que ça. Il garda en tête son hypothèse première : ils ne sont jamais passés à cet endroit, point final.

Et merde ! J'en ai assez. Le moine s'impatientait de plus à plus. Foutue lumière ! Quand se déciderait-elle à se matérialiser ? Soupirant profondément, il donna un léger coup de poing contre le mur et attaqua un sprint. Au moins, il pouvait entendre le bruit de sa course, car à part sa propre respiration, il ne captait rien, comme si les sons se retrouvaient absorbés par la roche. Le bruit de l'eau de sa plage lui manquait en cet instant. Il avait pris l'habitude d'avoir les vagues en guise de musique apaisante, et il donnerait n'importe quoi pour les revoir. N'importe quoi. Il s'accrocha à cette pensée avant de débouler à toute pompe dans une nouvelle salle. Il s'arrêta net, posant une main contre l'embouchure de l'entrée. Ce petit excès de colère lui redonna un peu de force finalement. Le temps de reprendre sa respiration, il tenta de comprendre l'endroit où il se trouvait. Étrange... Cette pièce paraissait moins ancienne comparée aux autres salles traversées. Au final, elle n'éclairait pas davantage que le couloir, mais Tao arrivait à y voir. Un peu plus loin, un autre couloir se dessinait. J'en ai ma claque des couloirs ! grommela t'il en serrant les poings. Le moine regarda un pan de mur, tâchant de se calmer un peu. Il regorgeait de pommes... Pourquoi donc un fruit serait-il tracé au mur ? Il s'approcha de plus près, constatant que ce rouge semblait plus noir qu'autre chose. Il colla son nez à même la peinture. A première vue, ça n'était pas du sang. Il se retourna et remarqua que les autres murs étaient identiques à celui-ci. Qui avait eu la sublime idée de reproduire des pommes partout ? Son esprit bifurqua sur le mythe de Adam et Eve, mais ni l'un ni l'autre apparaissaient, ça n'avait donc aucun rapport.

Tao délaissa le mur et se positionna au centre de la pièce, en quête d'un quelconque objet. Se retrouver dans une salle vide ne lui posait aucun problème, c'est juste que le contexte ne correspondait en rien avec l'aspect ancien des ruines. Il voulut se pencher sur la question, mais un éclat brillant vint le déranger dans sa réflexion. Il s'approcha à pas de loup et discerna une petite pierre précieuse brillante, seule entre ces quatre murs. Il s'en saisit et l'observa en plissant les yeux. Sa forme et ses incrustations d'or ne le laissèrent pas indifférent. Un souvenir douloureux lui revint en mémoire tout à coup. Cette pierre... vestige d'un passé lointain, convoitée des brigands et privatisée des lieux de culte. Sa mère en avait une de ce genre, qu'elle portait en permanence. Un cadeau de son père pour leur fiançailles, qu'elle arborait fièrement jour après jour. Cette pierre... que Tao avait eu en main à de maintes reprises, y compris le jour où il était devenu orphelin. Cette pierre... qu'il voulait garder à tout prix, pour honorer la mémoire de ses parents à tout jamais. Mais il ne l'avait plus. Quelqu'un s'en était emparée une nuit, entrant de façon subreptice dans sa paillote alors qu'il dormait profondément. Il avait tenté par tous les moyens de la retrouver... Sans grand succès. Il en avait pleuré pendant des heures, se reprochant de ne pas avoir été assez vigilant. Et vu que le souvenir était encore douloureux, Tao laissa échapper une larme, qu'il essuya d'un revers de manche aussi vite. Pas question de montrer le moindre signe de faiblesse ! Il serra la pierre dans sa main et la rangea dans sa poche avec les autres qu'il avait récupéré tout au long de la traversée. Avec le recul, il aurait pu remettre ces petits cailloux avec ses congénères dans le coffret, mais il avait fort à faire. Peut-être le fera t'il s'il retrouve son chemin. Son regard se perdit dans le vide, mais une petite voix intérieure le ramena à la raison.

« Inutile de rester ici plus longtemps. Il n'y a rien à voir, à part ces foutues pommes. Linnéa doit s'inquiéter pour de bon, je dois continuer. »

Le moine se dirigea vers le couloir suivant, faisant la moue. Quelle plaie... S'il avait en face des yeux l'homme responsable de toute cette mascarade, il lui mettrait son poing dans la figure. Prenant une bouffée d'air poussiéreux, il se lança dans le couloir d'un pas soutenu. Pas question de lambiner ! Le moine guettait absolument partout, de peur de tomber sur un quelconque cadavre ou autre surprise du même genre. Il contrôlait sa respiration au mieux, sans se préoccuper du reste. Après quelques bonnes foulées, il remarqua que le couloir semblait bifurquer vers la droite. La lumière peinait à se frayer un chemin, mais ce détail n'était pas invisible tout de même. Le moine regarda ses pieds, qui laissaient des traces dans la poussière, comme dans le couloir précédent. Il n'y avait que les siennes, ce qui laissait vraiment supposer que les pillards ne soient jamais passés par ici. Il reprit cette réflexion et tenta de s'en convaincre au mieux. Il fallait être vraiment con pour effacer son passage pendant des heures, et ce même si ça vole la poussière ! Non, Tao devait arrêter de se galérer et se mettre à l'évidence pour de bon : personne n'était passé par là, point final. Longeant inlassablement le corridor, il se grattait des cheveux de temps à autre. Il commençait à se sentir poisseux mine de rien. Une bonne douche lui ferait le plus grand bien, mais ce n'était pas vraiment le moment.

Pour sa plus grande joie, le virage emprunté le conduisit rapidement vers une autre salle. Il jeta un bref coup d’œil dans ce qui semblait être... Rien. Une vulgaire salle toute petite et dépourvue d'inscriptions. D'ailleurs, depuis le début de son escapade avec Linnéa, il se demanda si cette pièce n'était pas la plus petite à traverser, sans compter ces foutus couloirs bien entendu. Il sonda le sol rocailleux, il ne présenta rien non plus. Que pouvait-il y avoir eu ici ? Si tenté que quelqu'un y ait un jour déposé le moindre objet de valeur ou non. Bref... Tao n'avait pas que ça à faire non plus. Retourner auprès de sa coéquipière trônait en tête de la liste, et Dieu sait ce qu'elle pouvait endurer là-haut. Le moine tournait le dos depuis le début à ce qui semblait ressembler à deux arches, similaires à celle qu'il croyait avoir aperçue dans la salle au trésor, et où semblait se diriger Linnéa... Wow ! Sa mémoire lui jouait-elle des tours ? Il devait se ressaisir, ce comportement était indigne de lui. Son regard se perdit sur ce qui se cachait derrière chacune des arches. Des couloirs ! Mais merde à la fin ! Le moine poussa à nouveau une flopée de jurons qui ne résonnèrent même pas, sauf dans ses oreilles. Une nouvelle montée d'adrénaline le submergea. Il devait prendre une décision, à nouveau : gauche ou droite ? La dernière fois, Linnéa et lui avaient pris à gauche, sentant le mal provenir de là, mais le fameux cliquetis s'était dissipé. Dans la salle au trésor, il avait suivi la gauche, pour se retrouver dans ce labyrinthe. Alors quoi ? Le moine en avait plus qu'assez de se torturer l'esprit, et prit le couloir de droite. A nous deux ! Et pas d'entourloupe.

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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Ven 23 Juin - 19:01



Indice...


Journal de bord de Séraphina Fabulosa :

Nos deux enquêteurs, bien éloignés l'un de l'autre désormais, durent continuer leur chemin séparément.
De son côté, Tao, agacé de devoir encore et encore parcourir des couloirs, fut bien déçu de devoir à nouveau en emprunter un. Il parcourut ce long couloir, qui à nouveau semblait vierge de toute présence humaine depuis des années. Le couloir n'était pas si sombre, par rapport au reste des ruines bien entendu. Le cliquetis étrange refit surface, plus puissant qu’auparavant. Soudain, une grande arche se dessina, laissant présager l'entrée dans une pièce, mais ce que Tao découvrit fut très loin de tout ce qu'il aurait pu imaginer. En traversant l'arche, il se rendit compte que la pièce dans laquelle il venait de pénétrer était immense. Bien plus grande encore que tout ce qu'il avait jamais vu dans sa vie. Lui, il se situait sur une plateforme, qui se trouvait être la continuité du couloir. Elle était étroite, et entourée par des murets hauts. En se penchant par-dessus, il était possible de percevoir le reste de la pièce. Malgré des torches émettant de faibles lueurs accrochées aux murs, il était bien difficile de déterminer la disposition de la pièce. Une chose était sûre cependant : Tao se situait au-dessus du vide, et le sol en bas devait être très profondément enfoui, à en donner le vertige. A peine le pied posé dans ce nouveau lieu, le cliquetis disparu complètement.

Le moine n'eut pas d'autres choix que de continuer à avancer, lorsque des ouvertures donnant sur d'autres plateformes longues croisèrent sa route. Inutile de les prendre, il n'avait pas de temps à perdre, et le couloir continuait toujours tout droit. Si bien qu'au bout d'une très longe période, qui sembla durer une éternité, il retrouva le mur, et une arche immense, donnant sur la sortie. sur l'arche était dessiné d'étranges symboles, mauves, certainement des écritures, mais rien de connu. Il traversa l'arche, et le cliquetis reprit soudainement, toujours aussi cadencé qu’avant. En continuant le long de ce nouveau couloir, il finit par rejoindre une autre pièce, où des écritures semblables à des prières dans une langue inconnue ornaient chaque espace disponible du mur. Comme si une personne avait frénétiquement cherché à ne laisser aucun vide sur les pierres composant le mur. Au centre de la salle, se trouvait un escalier, montant cette fois-ci. Où cela le mènerait-il ?

De l'autre côté, Linnéa avait fourni un bon effort, et avait réussi à dégager un chemin à travers la pièce. Elle pu traverser l'éboulement, et trouva de l'autre côté une partie de salle identique à la première. Sauf qu'au sol, un peu perdu dans un coin, l'acier d'une lame brillait. Si Linnéa se penchait pour la ramasser, elle se rendrait compte d'une chose évidente : la lame était d'une beauté à couper le souffle. Propre, nettement travaillée, tranchante à souhait. Une dague digne d'une personne riche évidemment, ou bien d'un amateur donnant un soin particulier à ses outils. Au fond de la pièce, il y avait une sortie, menant sur un escalier montant. Allait-elle l'emprunter ?
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Ven 30 Juin - 8:55

EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent?
       
La pelle que mes doigts avaient si ardemment tenaillée finit par m'échapper des mains, heurtant le sol dans un cliquetis assourdissant. Moi même, je me laissai tomber à ses côtés, m'asseyant de tout mon long, les jambes tendues, le regard en direction du passage que je venais de dégager. Rien ne sert de courir, mieux vaut partir à point que les fables ne cessent de vous ressasser. En l’occurrence, même en partant à point, je n'aurais pas pu creuser plus longtemps. Mes bras m'auraient lâchés. Essuyant les perles de sueur qui mouillaient le sommet de mon crâne, je poussai un soupir en me relevant, ayant profité de cette petite pause que je m'étais octroyée. Le pire était passé, du moins je l'espérais, marcher et passer de l'autre côté allait me demander nettement moins d'effort. Sauf si.. le sol se trouvait être un gigantesque cratère empli de lave qui jaillissait. Mais comme nous n'étions nullement dans quelques contes de fées menaçant, je ne risquais rien de ce côté là. Reprenant mon arme de guerre, je fis demi-tour pour rejoindre mon sac, y fouillant rapidement pour pouvoir en dénicher une quelconque attache. Finalement, je ne trouvai pas ce que je cherchais. Je n'avais plus de corde. Mince. Me redressant, je posai les mains sur mes hanches, balayant les alentours, en louchant vers la pièce d'à côté. A première vue, rien non plus. Je m’accroupissais donc dans la poussière âpre que j'avais déplacée, enlevant l'un de mes lacets. Avec mon couteau suisse, je le coupais en deux, délassant au passage le second intact qui maintenait toujours les pans de ma chaussure autour de mon pied. Je vins les rattacher avec ma moitié de lacet, et ce des deux côtés, de sorte que je puisse continuer à marcher sans que l'un ou l'autre de mes souliers n'en viennent à m'abandonner. Puis, du lacet que je venais d'extirper, je ficelai ma trouvaille à mon sac, refusant de m'en défaire. Ça servait toujours ce genre de petit gadget, autant ne pas les abandonner.

Chargeant ensuite la mule que j'étais, je partis vers la droite afin de récupérer du bout des doigts la lanterne qui depuis le début nous accompagnait. Constatant qu'elle tenait encore bien le choc, je m'empressai de m'éloigner un peu plus vers le fond des entrailles de la terre, me faufilant au travers du chemin que je venais de me concocter. Rentrant les épaules autant que possible pour ne pas venir déséquilibrer les murs de pierres qui s'étaient naturellement érigés, je priai rapidement pour que rien ne me tombe sur le crâne, au risque de me voir ensevelir et de devoir tout recommencer. Fort heureusement, ma bonne étoile était là et rien de la sorte ne se produisit. Au contraire, mon but fut sans souci majeur atteint, et je posai bientôt les pieds dans une nouvelle pièce. Là, le découragement me prit. Ça faisait combien de pièces que je traversais ? Au moins la vingtième. Ses ruines avaient-elles été un château autrefois ou quoi ? Je n'avais jamais parcouru dédale si lassant. Elles se ressemblaient toutes, nous ne savions jamais où tout cela nous menait et si ça se trouve, nous étions déjà perdus à jamais. Comment on allait retrouver notre chemin ? C'était bien beau d'aller de l'avant, mais s'il fallait reculer, par où je passais. Oh non, cette maison de pierre était maudite, rien que par le nombre de salles qu'elle comportait. De manière pratique, je fronçai les sourcils en imaginant le nombre d'heures qu'il faudrait pour tenir un tel endroit propre comme un sou neuf. Si pareil travail avait été donné, je n'aurais pas voulu être la bonne qui s'y serait collée. Enfin, la bonne… Nous ne sommes plus au Moyen-Âge ma chère Ly'. La personne s'occupant de maintenir les lieux aussi agréables que possible. Homme ou femme, qu'importe, du moment que les mains s'activaient à ranger, dépoussiérer, laver. Il y en aurait du boulot avec la couche de poussière qui recouvrait chaque parcelle de terrain. Du bout de l'index, je vins caresser l'un des murs, celui à ma droite, recouvrant ainsi mon épiderme d'une consistante revêtue grisâtre voire brunâtre. Comme une enfant, je soufflai dessus pour disperser les grains de poussière, avant de frotter le bout de mes doigts sur mon jean déjà bien crasseux. Il faut dire qu'avec les endroits que nous avions traversés…

Pivotant sur moi-même, je pris enfin le temps d'observer les lieux, m'attendant d'ores et déjà à ne rien trouver, comme la plupart des chambres que nous avions traversées. Mais quelle mauvaise langue… Là, par terre, une surface claire renvoyait sur les reliefs adjacents les rayons lumineux que ma lampe émettait. Intriguée, je fis trois pas en la direction de l'objet, et une fois que mes yeux furent accoutumé au ballet de lumière qui s'était érigé, je reconnus en ses traits la lame de quelque arme. Couchée sur son lit de poussière. Intéressant. L'avait-on laissé tombée sans le faire exprès ? L'avait-on volontairement laisser à terre histoire de s'alléger. Cette découverte me donna rapidement une idée des plus censées. Et si de tels joyaux se trouvaient dans la salle du trésor, ne pouvais-je pas en chiper un ? Rien qu'un seul. Pas pour le revendre ou quoi, mais bel et bien pour m'en servir. Les lieux n'étaient pas forcément des plus rassurants. Je n'avais toujours aucun chez moi et mes nuits s'apparentaient à un combat des plus redoutables. Il me fallait veiller et me reposer à la fois, chose qui n'était pas des plus aisée. Sans m'en référer à ma conscience qui m'ordonnait de ne pas voler, de rester civilisée, je fis demi-tour, regagnant presque en courant la salle ruisselante de richesses que j'avais quittée, ma trouvaille à la main. Sans tarder, je me mis à fouiner, à la recherche de ce que je cherchais. Mue par mon instinct, comme si rien d'autre ne comptait, je me métamorphosai en une chasseuse de trésor au regard perçant, vivifiant. Et cette attention accrue finit par pêcher. Là, devant moi se tenait ce que je cherchais. Ma beauté. Posant un genou à terre, je déposai la dague puis la lampe, m'emparant à deux mains du manches de la merveille. Car oui, il s'agissait bel et bien d'une merveille : une seconde dague. Le manche était couvert d'une poignée savamment travaillée qui ne demandaient qu'à être admirée, reliée dans une soudure dorée. Au bout, la lame s'élevait, reine dans son palais. D'un acier immaculé, qui faisait un peu vieilli, elle était gravée de part et d'autre. Et pour cause, l'arme affichait pleinement son penchant. Un dragon s'y étalait, envahissant  la lame  tout autant que le pommeau, sans précédant. Fascinée, la jeune femme s'assit, oubliant les quelques règles de prudence enseignées. La tête penchée vers le bijou que l'on avait placé sur son chemin, ses cheveux vinrent le caresser, de même que le même index que précédemment, indéniablement attiré par la bête qui la parcouraient. Affûtée à souhait.. Le mal fut fait, la peau de la jeune femme écorchée. Une gouttelette de sang vint maculer la lame, s'étirant sur toute sa longueur, à la manière d'un être qui voudrait s'en hydrater. A ce contact agressif, je frémis à peine. C'était si beau ce contraste sombre, éclairé. Observant mon propre sérum, du moins la faible dose que l'on m'avait arrachée, je laissai ma main venir enserrer le pommeau, appréciant le maintien que telle arme procurait. Sans me lever, je fis quelques mouvements resserrés, histoire d'être sûre de demeurer maîtresse des gestes que j'initiai. Même la fusée était agréable au toucher. Elle était parfaite. A qui donc appartenait-elle cette beauté ? Relevant la tête, je fouinai furtivement les alentours. Si une telle lame était ici, où était son fourreau ? Au vu de l'extrême régularité avec laquelle elle avait été taillée, de la richesse qui la composait, il devait y avoir quelque chose pour la protéger, sinon exit la conservation dans de bons tons. Ne voyant rien, je me redressai, accrochée à ce bijou que je ne voulais déjà plus quitter. Devant néanmoins me contenter de la tenir à une main, je récupérai ma lampe et sa consœur et fit une nouvelle fois le tour de la pièce, afin de ne rien laisser au hasard. Écrin, Écrin, je te trouverai, peu importe le recoin dans lequel tu es allé te fourrer. Le comble. Malheureusement, mes recherches furent vaines. A première vue, la dague semblait orpheline. Aucun problème, je te prends avec ma toute belle.

Petit aperçu:
 

Quand j’eus réalisé trois tours de salles, je m'arrêtai enfin, convaincue que je ne trouverai rien de plus par ici. Il était donc inutile de m'y attarder plus longtemps. M'en retournant de là où je venais, je revins bien rapidement à la réalité. Ma paume droite se partageait deux lames affûtées que j'allais devoir répartir un peu mieux si je ne voulais pas qu'elles viennent bien trop rapidement m'embrocher le bout des pieds. Les déposant toutes deux à terre, je  défis la corde de fortune qui entourait le manche de ma pelle et appréciant le tranchant de mes trouvailles que je testai tour à tour, je coupai le  dernier lacet entier en deux, m'en servant pour accrocher à mon sac et la pelle et la dague mystérieuse que j'avais récupérée en premier. Cette dernière était d'ailleurs bien plus épurée. L'acier était certes bien plus brillant mais la poignée moins enrichie, moins alourdie et entachée de décoration. Une croix bleue contrastait avec le fond noir qui couvrait une partie de la pièce, empiétant sur l'acier. Aucune distinction n'avait été fait entre pommeau et lame affûtée, celui qui la maniait devant lui-même en décider. Sobre dans sa totalité, elle trahissait néanmoins une puissance qu'on ne pouvait lui refuser. Tentez y de vous y frotter, et elle vous trancherait sans tarder. Non, non, celle-ci n'était nullement un jouet, elle était là pour déchirer, venir titiller les côtes, que sais-je, mais en tout cas pas pour décorer. Surtout pas. Quant à ma propre lame, je la gardai au poing. Oui, je m'en revendiquais propriétaire désormais. Allez savoir pourquoi, ce bijou m'avait tapé dans l’œil. Il allait désormais falloir me payer cher pour que j'eusse ne serait-ce que l'idée de m'en séparer.  Une fois tout mon bagage ficelé, je regagnai la pièce adjacente au passage que j'avais grosso modo creusé et après m'être assurée que rien de plus ne traînait, je levai les yeux vers la nouvelle option qui s'offrait à moi. Là se dressaient les bases d'un immense escalier en colimaçon. Bon, fait certes avec les moyens du bord, mais suffisamment impressionnant. Je demeurai immobile quelques instants, mes songes s'en revenant à la lame qui avait rejoint mon équipage, sans que je ne veuille toutefois trop m'y attacher. Celle qui avait attendu mon arrivée, dans une pièce où seule elle subsistait. A tout casser, elle avait appartenu à riche personnage, ou du moins à personne aisée, qui soit avait des doigts dans fées et l'avait réalisée, soit se l'était faite procurer. La souci demeurait toujours le même. A qui était-elle ? Et de quelle époque datait-elle ? Il ne s'agissait nullement d'un vulgaire couteau suisse dissimulable dans une poche ou au fond d'un sac à main, qu'elle qu'il soit. Non. Il s'agissait du genre d'arme que l'on chouchoute avec affection, qu'on ne laisse pas e balader au hasard au fin fond de ruines sauf si on se l'est fait voler. Ou pire, si on a expiré. Ne voyant rien qui pourrait s'apparenter aux restes d'un quelconque propriétaire, j'en revins à mes premiers soupçons. On l'avait laissée là. Tant mieux pour moi, puisqu'elle m'avait moi-même permis d'aller fouiner comme l'on va déambuler dans les marchés au puces, à la recherche de quelques raretés. Souriant jusqu'aux oreilles, mais me méfiant de par le peu de visuel que m'offrait l'escalier que je commençai à emprunter, je levai tour à tour les pieds, quittant cette pièce bénite. Oui bon, elles étaient peut-être pas si nulles que ça ces pièces. Frissonnant en me concentrant sur le contact que je maintenais avec la poignée de celle qui m'avait charmée, je ne pus que lever mes yeux rayonnants, estimant le reste de marches qu'il me restait à parcourir. Un bon nombre. Pour m'amuser, je me mis donc à les compter, le regard toujours alerte de celle qui est prête à bouger si la moindre menace venait à se présenter. Savait-on jamais. Prudence est mère de sûreté, ne l'oublions jamais…  
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Démone déchue
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Sam 1 Juil - 5:31



Event ~ Dans les ruines...

Linnéa Krämer & Tao ShinLe moine s'engagea dans le couloir de droite, fou de rage à l'idée d'avoir à l'arpenter. Il en avait plus que marre de marcher, et surtout de ne rien trouver. A la réflexion, il aurait préféré reprendre la piste des pierres précieuses à l'endroit, quitte à se retaper les cercles mauves angoissants de l'aller. Mais il s'était trop éloigné de sa coéquipière. Que pouvait-elle faire en cet instant ? Le chercher ou avancer dans ses recherches ? Il n'avait aucun moyen de le savoir. Peut-être réussiraient-ils à se rejoindre dans ce dédale de couloirs et de pièces... S'accrochant à cette idée de dernière minute, Tao parcourut le corridor rapidement. Il n'y avait rien à regarder, pas même une inscription pertinente, juste des murs vierges pour pas changer. La seule différence restait la luminosité, plus nette depuis un moment, mais c'est tout. Soudain, il constata un détail curieux, le genre de détail qu'il avait mis de côté plusieurs heures auparavant. Le cliquetis angoissant avait refait surface. C'est une blague ? Seul ce bruit métallique dictait la mesure à la place de ses pas. Tao allait virer dingue ! Pourquoi maintenant ? Et encore plus étrange... Pourquoi ne ressentait-il pas le malaise qui s'y rattachait ? Peut-être était-il trop loin, et que le bruit planait bien au delà de son point d'origine... Quand bien même il aurait une solution à ce problème, il la trouverait en temps voulu. Son esprit tenta de mettre aux oubliettes le cliquetis alors que Tao approchait d'une autre arche, menant vers une énième salle. A première vue, elle semblait banale, mais en s'y approchant de plus près, il put constater quelque chose d'immense, comme il n'en avait jamais vu de pareil par le passé.

Traversant l'arche, il se retrouva sur une plate-forme étroite. Ses yeux balayèrent l'espace avec de la difficulté. Il n'arrivait pas à comprendre comment elle pouvait tenir, quelque chose ne collait pas malgré les murets hauts qui l'entouraient. Aiguisant sa curiosité, Tao s'approcha d'un des murets et se pencha, histoire de voir ce qu'il pouvait y avoir en dessous. La réponse ne tarda pas... Le vide. Heureusement pour lui qu'il n'avait pas la sensation de vertige ! S'il y avait un plancher en dessous, il ne pouvait le voir, de par sa profondeur déjà et du fait que les torches n'émettaient qu'une faible lueur. Son esprit carbura un peu plus car il voulait se faire une idée de la grandeur de la pièce. Impossible à savoir, trop compliqué pour lui. Et à dire vrai, il n'avait pas que ça à faire. Le moine se retourna vers l'arche qu'il venait de traverser, et un déclic se fit. Le bruit métallique n'était plus là. Il n'avait même pas remarqué ! Jetant un dernier coup d’œil vers le fond de la pièce, il soupira et reprit sa marche vers l'inconnu. Tao devait s'occuper l'esprit pour ne pas sombrer dans la folie. Ce retrouver seul dans un endroit pareil donnait envie de se parler à voix haute, mais il n'en était pas encore là. Il n'avait pas son casque audio, donc il ne pouvait pas écouter sa musique sur son cellulaire... Tant pis ! Relâchant la pression, il cria un bon coup pour se motiver et commença à fredonner un air qu'il avait entendu en ville. Gardant ce rythme dans la peau, il accéléra l'allure et poursuivit sa quête de vérité. Il remarqua des ouvertures donnant sur d'autres plateformes longues comme celle qu'il venait de traverser... Non. Il n'irai pas. Arpenter un autre couloir le faisait suffisamment chier comme ça, il ne voulait pas se rajouter du travail.

Le moine ne cessait de balancer des chants tous aussi débiles les uns que les autres, ne sachant que faire d'autre. Si bien qu'au bout d'une très longe période, qui sembla durer une éternité, il retrouva le mur et une arche immense, donnant sur une sortie. Tao observa les symboles présents sur l'arche, d'un mauve éclatant, lui faisant repenser aux cercles maléfiques qu'il avait dû traverser... Cela ne lui évoquait rien, alors il prit une photo et ne s'en occupa pas. Reprenant sa route, il enquilla sur un autre couloir, pestant encore d'avoir à en franchir un autre. Fais chier ! Il voulut proclamer d'autres insultes pertinentes, mais il constata que le cliquetis métallique avait repris la cadence, sans pouvoir définir le point d'origine. Ne sachant que penser de cette sombre farce, il accéléra le mouvement une bonne fois pour toute et le traversa d'une traite, sans se retourner. Des couloirs, encore des couloirs, toujours des couloirs... Tao se doutait qu'il en ferait des cauchemars tient. Après quoi il prendrait la meilleure décision de sa vie : ne plus jamais en emprunter pendant des mois. Il n'était pas claustrophobe, loin de là, mais il n'en pouvait plus, même pire que ça. Quand enfin il crut en apercevoir le fond, il déboula un peu vite dans une autre pièce, qui dénota un intérêt tout particulier. Des écritures semblables à des prières, dans une langue totalement illisible, ornaient chaque espace disponible du mur, comme si quelqu'un s'était arrangé pour tout recouvrir. Au moins, ça n'était pas ces stupides pommes ! Le moine s'empara de son appareil photo et bombarda de clichés chaque pan de mur. Quand il eut terminé, son regard se posa sur un escalier central. Tient donc ! Pourquoi mettre ce genre de chose ici, au beau milieu de nulle part ?  Ô mais boucle-la et grimpe ! Le moine se criait dessus, c'était beau à voir. Se prenant la tête dans les mains, il prit une grande bouffée d'air et commença son ascension. Si seulement il pouvait retrouver Ly'...
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Lun 3 Juil - 17:07



Indice...


Journal de bord de Séraphina Fabulosa :

Je plaignais mes pauvres amis-enquêteurs, qui devaient supporter l'horreur de traverser moult couloirs sans jamais revoir la lumière du jour. J'espérais que leur clavaire serait bientôt terminé, car les deux volontaires restaient encore et toujours séparés l'un de l'autre.

Linnéa continua son ascension et pénétra dans une petite salle étrangement propre. Aucune poussière, pas même sur les côtés. Une légère odeur de produit ménager empestait encore les lieux. Rien de particulier n'était présent, il fallait continuer sur le côté, en empruntant un long couloir. Sur son chemin, la jeune demoiselle put entendre à nouveau le cliquetis métallique, mesuré, qui semblait se rapprocher, tandis qu'elle avançait. Les mêmes sensations anormales s'emparèrent d'elle, mais de façon bien plus violente. Sur les parois, des cercles violets tapissaient les contours du chemin. Quand une arche fit entrer Linnéa dans une autre pièce, qui défia tout ce qu'elle aurait pu imaginer. Elle semblait immense, et pourtant elle restait sombre, malgré des lumières visibles sur les murs. Plus de couloir, mais une passerelle de pierre, délimitée par des murets de hauteurs moyenne. En se penchant, la demoiselle pouvait constater qu'un vide profond se dessinait sous ses pieds. Pire encore, une émotion d'attirance émanait de ce vide, comme le fou qui s'apprête à sauter, la tentation de faire un grand plongeon était forte. Âme sensible au vertige, s'abstenir de passer la tête hors de la voie. La plateforme ne permettait que d'aller tout droit, de suivre un unique chemin, bien qu'à certains points, des traces d'anciennes ouvertures semblaient visibles sur les murets. D'ailleurs, la jeune fille se rendit compte que le cliquetis avait cessé, mais que la présence fantomatique qu'elle ressentait était devenu d"une intensité folle. Mieux valait ne pas s'attarder en ces lieux. Elle quitta rapidement la pièce, repassa sous une arche sans faire attention, et se retrouva dans un autre couloir, à nouveau ornés de cercles mauves. Au bout, une autre pièce, et des escaliers qui menait vers le bas. Fallait-il donc redescendre ?

Tao quant à lui, exaspéré par ces maudits couloirs - promis, nous lui offrirons un cookie pour sa dévotion -, gravit avec détermination les marches, qui le menèrent dans une nouvelle pièce assez exiguë. Une arche le guida vers une autre pièce, sobrement décoré, où les murs étaient tapissés de peintures, qui à cause du temps s'étaient désagrégés. Du moins, la façon dont les peintures étaient abîmées semblèrent étranges au moine. De même, une puissante odeur d'encens lui envahit les narines. Pas la simple odeur d'une bougie parfumée non, la forte et puissante fragrance issue d'un encensoir, resté peut-être plusieurs heures dans la pièce. Comme il n'y avait pas de vent, les odeurs restaient enfermés dans leur salle d'émission. Deux possibilités s'offraient à Tao. Aller à droite, vers une salle grande et éclairée ou aller à gauche, vers une petite salle sombre et silencieuse.
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MessageSujet: Re: EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent? (Feat Tao Shin) Mar 18 Juil - 16:48

EVENT - Fouiller dans le passé aide t-il vraiment à avancer dans le temps présent?
Une marche de plus, ça use, ça use.. Une marche de plus, ça use les souliers !

Que ne ferions nous pas sans nos chansonnettes pour nous motiver… Et en plus, elles fonctionnent. La preuve, je vois déjà la fin des marches à midi. Comme quoi, il en faut peu pour arriver à bon port. Posant le pied dans le nouvel étage auquel je venais d’accéder, je m’arrêtai deux secondes, afin de pouvoir observer ce qui m’entourait. Comme à peu près à chaque étape de cette mission, soit dit en passant. Pour le moment, je me trouvais être dans une petite salle fort bien fréquentée au vu de l’odeur pestilentielle des produits ménagers qui y résidait. Oui, j’étais capable de reconnaître l’exquis fumet du Sanytol et de ses autres congénères à des lieux à la ronde. En maison de redressement, les punitions ressemblaient à des compétitions du meilleur ménager. Ça enlève le côté menaçant aux démons n’est-ce pas ? Non mais comme ils étaient payés à souhaits, qu’ils étaient suivis de près, nous étions relativement bien traités. Officiellement du moins. Ces punitions publiques à nettoyer la ville faisaient partie de ce lot officiel, pour montrer aux parents qu’ils prenaient bien soin de nous malgré la thérapie en cours. Tu parles. Sitôt rentré, les coups pleuvaient. Je me rappelle d’un soir, Evan, le petit dernier de notre bande avait renversé son flacon de Mr Propre sur un chien qui passait, convaincu qu’il fallait le laver au vu de son pelage négligé. Armé de son chiffon, il s’était mis à le frotter avec une vigueur qu’il n’avait jusque là jamais démontré lors de nos sorties du château. Ce chien, c’était celui de la comtesse de la région. Les hurlements de sa prunelle lui parvinrent et elle déboula, arme au poing. Hystérique, elle s’était jetée sur Evan pour qu’il lâche son bien aimé. Le pauvre gosse, vous pensez, avant qu’elle ne puisse poser ses sales mains, s’est enfui à toutes jambes face à ce visage rougeaud et cette voix vociférante. Et bien.. Les gardiens l’ont chopé au tournant, l’ont ramené à toute vitesse au château, et nous avec. Nous nous sommes assis dans la salle à manger, conformément à leurs ordres. Plus personne ne bronchait, ils ne rigolaient plus. Nous étions à la maison, dans leur domaine et l’un de nous allait passer un sale quart d’heure, nous ne devions pas broncher, sous peine de l’accompagner. Evan a du se déshabiller, les gestes tremblants de peur et les iris emplies de la peur qui le tenaillait. Nous n’étions pas autorisés à détourner les yeux, sinon je lui aurais épargné la possibilité de se faire humilier face à nous. L’échauffement a duré 5 minutes. A la fin, son corps était rougi de partout, les lanières du fouet ayant notamment au niveau du bas de son dos laissé quantité de lésions qui ne demandaient qu’à saigner. Quand à Evan, il était muet, au sol, le regard dans le vide. Dès la deuxième minute, il s’est effondré. j’ai serré les dents pour lui, priant sans interruption pour qu’il ne lâche rien, tout allait bientôt être fini et nous nous occuperions de le soigner, en secret. Mais à 7 ans, la douleur nous domine, elle empli la moindre parcelle de notre corps, il s’est laissé allé à elle. A la fin, il n’ont pas réussi à le relever pour passer à l’étape d’après. Il n’a pas bouger, ses yeux n’ont pas cligné. Rien. Un sifflement a alors échappé au gardien en chef et ses deux molosses préférés ont déboulé. Ric et Cross. Les chevilles d’Evan furent attachées par deux cordes. Chacun des deux canins s’en est emparé, et sur les traces de leur maîtres, ils ont quitté la pièce. Mes yeux ont suivi le corps d’Evan qu’ils emmenaient, qui glissait sur le carrelage comme si demain il serait enterré. On ne l’a pas revu pendant une semaine. Une semaine à se tourner les pouces, se demandant ce qu’ils avaient fait de lui. Une semaine où nous ne sommes pas sortis. Jamais. Jusqu’à ce qu’il revienne, clopinant, les yeux baissés. Une semaine où ils avaient tout fait pour le réveiller, le nourrissant un peu plus grassement. Mais ses blessures elles, étaient toujours là. Seul son organisme avait œuvré pour tenté d’y remédier. Et la souffrance qui émanait de lui.. Elle m’a rendue folle. Sa joie de vivre s’est évaporée en un rien de temps, il n’est plus jamais redevenu l’enfant espiègle qu’il était. Son visage est demeuré fermé. En une unique fois, ils nous l’avaient brisé. Fissuré. Heureusement, il n’avait pas complètement craqué, s’était juste replié.

Éveillant en moi des souvenirs qu’il aurait mieux fallu laisser aux abîmes, je fis un pas dans cet espace, non sans m’être au préalable rétractée. Il ne me fallut pas longtemps pour comprendre que je ne trouverais rien là. L’espace était vide. Sûrement que je n’étais pas la première à y être passée. Si tel était le cas, qu’avait-il pu y avoir ici ? Un meurtre déguisé ? Un simple vol dont toute trace aurait été effacée ? Hum.. Je n’avais même pas de quoi prendre de photos, c’est Tao qui possédait l’appareil. Il allait falloir que je procède autrement. M’arrêtant prestement, je sortis de mon sac une feuille froissée et un stylo à bille. La base. M’immobilisant le temps de prendre les notes qui m’étaient nécessaires, je notai l’aspect de la pièce, ses particularités, son accès, avant de continuer sur le côté, empruntant la seule issue qui m’était présentée. Il s’agissait d’un long corridor que j’allais devoir traverser. Le dernier en date avait été de quelque peu fourbe pour nous deux et je me rappelais encore la sensation de ma gorge enserrée, de mes poumons en feu, privés de l’air qu’ils idolâtraient. Pourvu que celui-ci ne soit pas à l’image de l’autre.. Peine perdue. M’avançant rapidement, la nuque de quelque peu courbée par le côté étroit qu’il abordait, le cliquetis métallique revint bien rapidement me chatouiller l’ouïe. Précurseur de mauvaises ondes, j’aperçus bien assez rapidement les mêmes cercles violets qui habillaient les murs. M’arrêtant avant d’y être arrivée, je sentis ma respiration qui s’accélérait, comme si elle avait senti ce qui l’attendait. J’eus envie de faire demi-tour, rebrousser chemin tant que je le pouvais encore. Mais où ? Hormis ici, cela signifiait de un, risquer de me perdre, et de deux m’éloigner de Tao si cela n’était pas encore fait. Trop de risques à prendre.. Et pourtant, toutes les options me semblaient bien plus alléchantes que celle que j’avais face à moi. A croire que l’on voulait me tester, pouvoir témoigner de ma résistance psychique et physique. Inspirant profondément, je pris le temps de calmer la boule de stress qui commençait à me prendre aux tripes, et sans trop réfléchir, je me lançai dans la mêlée, retenant mon souffle comme je le pouvais. Savait-on jamais, les réserves étaient précieuses ici bas. Heureusement pour moi, le trajet fut plus court que précédemment mais les hallucinations qui me prirent furent quant à elle bien plus coriaces que leurs prédécesseures. Cette même impression que l’on m’étranglait, que je mourrais à petit feu, sans pouvoir lutter contre la puissance invisible qui m’étouffait.

°C’est juste un test Ly’, rien qu’un test. A toi de leur montrer que tu peux y arriver. Séraphina compte sur toi .°

Cela suffit à me porter jusqu’au bout, ma gorge laissant échapper de temps à autres quelques petites bouffées d’air, me permettant de continuer. Une fois l’autre côté atteint, je me reposai à nouveau, beaucoup plus sereine que la dernière fois. Les expériences aidaient à prendre le recul nécessaire pour ne pas paniquer, il ne fallait pas l’oublier. A la troisième fois, je n’aurais même pas besoin de réfléchir avant de me lancer. Néanmoins, je ne disais pas non à ce que ce passage là soit la dernière fois. Relevant la tête, j’aperçus une arche à deux pas de là. Elle semblait me tendre les bras. Peut-être qu’une fois que je serais entrée là bas, le cliquetis cesserait de me tourmenter. Je repris donc ma route, mon sac à dos se balançant au rythme des pas, ma dague accompagnant toujours ma traversée.

Ni une, ni deux, je pénétrais dans l’immense salle qui suivait. Et immense est un euphémisme au vu de la surface qu’elle affichait. Les JO auraient pu venir établir leur QG. Peut-être pas pour tous les sports à la fois, mais cet endroit aurait à coups sûrs pu accueillir une foule bien compacte. Pourquoi pensait-elle à cela maintenant ? Peut-être que la solitude lui pesait un peu plus qu’elle ne le pensait. Il était plus rassurant d’évoluer à deux que chacun terré dans son coin. Cela dit, quitte à accueillir les pays entiers, autant l’illuminer parce que là… Les faisceaux lumineux ne faisaient pas foule, se laissant désirer ardemment. Tournant la tête de gauche à droite, je constatai dans la semi-pénombre qui régnait une passerelle que je n’avais pas vu au premier abord, qui se fondait dans la masse de l’espace. Moi qui depuis le début n’avait pas bougé, je m’approchai à pas lents, ayant du mal à discerner les reliefs dont se composaient le sol. Tomber dans un trou aurait été… peu souhaité. Le petit ponton de pierre était d’une simplicité dont nul ne pouvait douter, encadré par deux petits murets d’environ 1m20. De quoi se préserver du vide. D’ailleurs, à quoi il ressemblait celui-là ? Ma démarche se fit plus lente, mes foulées moins grande, je ne tenais pas à voir le sol s’effriter sous mes pieds. Il se tenait là, profond à souhait. Je m’étais imaginée des abysses mémorables, mais à ce point. Une chute malencontreuse et c’était la fin.. Un long frisson vint me lécher l’échine tandis que mes sens s’engourdissaient de l’envie vertigineuse de sauter. Qui sait si je ne finirai pas enfin au Paradis par ce procédé ? A coups sûrs je serais recalée dès l’entrée. Une démone de sang-pur, et puis quoi encore ? Ils n’allaient pas accepter ça. Je les comprenais. Cela n’en restait pas pour le moins regrettable. La naissance ne faisait pas le comportement, quand les gens allaient-ils enfin comprendre cela ? Quoi qu’il en soit, je ne pus me résoudre à détourner les yeux tant ce vide m’accaparait. J’aurais voulu m’y donner toute entière, accepter le contrat que le diable me donnait. Ahah, en parlant du diable.. Il tentait de me piéger, de me corrompre. Par ce biais, mes origines m’auraient ramenées aux Enfers, m’auraient refaite prisonnière. Tel le loup qui refuse de poser la patte dans la gueule du piège qu’on lui tendait, je reculai, le regard nettement plus froid et distant. Je ne sauterais pas. Hors de question. Reculant sans perdre mon ennemi du regard, je me fis la réflexion que ce bruitage fort désagréable avait cessé. Un bon point !

Je profitai de la sérénité d’esprit dans laquelle cela me laissait pour m’engager sur ce ponton isolé. Le côté positif, c’est que mes yeux demeuraient ancrés vers l’horizon et non pas sur les tréfonds que je parcourais. Qui sait les bonnes idées que cela aurait risqué de m’insuffler. Je fis néanmoins un effort pour observer la passerelle que je foulais, déviant de temps à autres brièvement. De part et d’autres des murets étaient parfois visibles d’étroites ouvertures, sûrement destinées à permettre le passage sur d’autres pontons. Un véritable réseau pratique semblait avoir était ici jadis établi. De ces possibles constructions, il ne restait que celle que je traversais, et je m’empressai d’ailleurs de poser le pied de l’autre côté, sans un regard vers l’arrière. Je ressortis au contraire mon bloc-note improvisé et pris note de ce que je venais d’observer. Finalement, je poursuivis ma route, passant sans tarder sous un arche afin de rejoindre un énième corridor où de nouveaux cercles mauves se profilaient. Jamais deux sans trois… Ils ne me firent ni bien ni mal, je tentais de les passer avec indifférence avant de rejoindre le haut de ce qui paraissait être un escalier. Fallait-il donc redescendre ?

En tout cas, il était hors de question que je me retape les deux passages à cercles, j’avais autant continuer dans cette voie et espérer que la suite me soit plus agréable. C’est donc ce que je fis, m’engageant dans cette pente guidée. Puisque je ne pouvais prévoir le lieu où ce passage allait me guider, je choisis par précaution de maintenir entre mes doigts ma dague fraîchement trouvée. Savait-on jamais.
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Démone déchue
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