Si le mensonge prend l'ascenceur, la vérité prend les escaliers. [ft Hélène M.]

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MessageSujet: Si le mensonge prend l'ascenceur, la vérité prend les escaliers. [ft Hélène M.] Sam 11 Mar - 20:56


Si le mensonge prend l'ascenseur, la vérité prend les escaliers.





Chez certains êtres, le besoin de s'aérer est vital au point d'en venir à les oppresser. Rester enfermé leur devient pénible au point qu'ils ne peuvent plus le supporter. Leur excitation grandit alors d'heure en heure, leurs muscles frémissent en voulant se déployer, s'élancer pour aller travailler, leur esprit galope à des années lumières de leur intérieur trop policé et ils n'aspirent qu'à aller admirer les imperfections de cette nature qu'ils ne peuvent cesser d'admirer. Comment leur en vouloir sitôt qu'au dehors, le sourire recouvre leurs lèvres pincées, leurs traits se détendent, en proie à un bonheur, à une extase sans pareille? Et comment les blâmer de profiter de ces rayons qui viennent si délicatement les réchauffer, bronzer leur peau encore trop blanchie par l'hiver passé à se terrer sous les couvertures chaudes et les chauffages excessifs et superficiels jusqu'au bout des boulons, à tous vents. Alec faisait partie de ces êtres qui se sentent mieux à aller trotter qu'à rester à tourner en rond, assit à ne plus pouvoir s'en relever. Les écrans le contentaient suffisamment lors de journées pluvieuses, de soirées à vouloir se reposer, mais plus le dégoûtait. Il ne prenait pas le parti de ces personnes qui des journées entières peuvent rester les volets tirés, le noir tombé dans une pièce de 13m² à s'occuper l'esprit et les mains par des jeux qui les font vibrer, qui jamais ne les laissent se lasser. Pour cette résistance physique et mentale, il pourrait leur vouer un immense respect. Il faudrait le payer plus que cher pour qu'il accepter ne serait-ce que quelques jours vivre de cette façon, terré comme un animal que le monde extérieur semblerait intimider. Non, le démon trouvait son pied à se balader, se prélasser tel le lion sur son rocher, aller chasser comme le jaguar qui inlassablement peut courir après des proies qui ne cessent de cavaler, dont les foulées semblent ne jamais vouloir s'arrêter. Animal d'extérieur jusqu'au bout des crocs. Pas étonnant alors que sitôt le soleil levé, après être allé s'entraîner, s'être démonté à exercer son corps déjà meurtri par les séances de la veille, de l'avant veille, etc.. il veuille déjà aller s'aérer. Son rituel matinal. Se lever, aller pousser ces barres qui le défiaient, rentrer, et alors la journée peut vraiment commencer. Le corps encore empli d'endorphines, l'esprit serein, la rage passée, le démon retrouvait son calme, son équilibre. Sortant de la douche, les cheveux encore humides, il descendit à pas lents, tranquillement, attrapant au passage sur la rambarde son blouson de cuir. D'un geste fluide, il endossa le vêtement au contact froid et sortit, sans plus se soucier d'affaires à emporter. Effectivement, la journée pouvait commencer. Étouffant un bâillement mi-enthousiaste, mi déjà fatigué, il gagna rapidement la rue principale, accélérant lentement, s'éloignant du quartier de ses congénères, sans rencontrer âme qui vive. Haussant les épaules, jamais il ne lui viendrait à l'idée de se plaindre d'un tel niveau de son isolement. Au contraire, il appréciait de ne pas trop avoir à partager cet air frais qui venait lui chatouiller les narines, balayer ses cheveux ébouriffés, caresser sa peau parfumée de son eau de Cologne aromatisée.

Ébrouant sa nuque, déliant ses poings serré avant de les fourrer dans ses poches, de redresser la tête pour aborder cette allure fière et condescendante qu'il lui plaisait d'exhiber, il planta son regard vers l'horizon, n'accordant pas la moindre attention aux maigres passants qui croisaient sa route. A nouveau, il ne se concentrait que sur les sensations qui pouvaient l'habiter. Il sentait sa cage-thoracique se soulever, percevait chaque muscle qui se contractait puis se relâchait, s'amusait de temps à autres à accentuer ses mouvements pour mieux apprécier cette sensation de vitalité. Il vivait. Et il aimait ça. Son côté de conquérant avait repris le dessus, la nuit avec Alice l'avait revigorée et il se sentait prêt à tout rafler. A leur montrer qui dominait, à tailler des shorts à tous ceux qui oseraient venir lui cracher sur les pieds, voulant peut-être faire briller un peu plus ses chaussures autrefois immaculés. Désormais, elles affichaient un vécu non négligeable, arborant tout de même fièrement leur apparence lustrée, malgré les quelques tâches qui les maculaient. En même temps, qui ne fait pas, ne se salit pas. Comment voulez-vous garder vos affaires neuves si jamais vous ne les portez ? Si jamais avec vous ne sortez ? Éloignez cette pensée aberrante de l'esprit du démon. Il vous aurait pris pour un aliéné. Oui… la tolérance et notre suédois n'étaient pas prêts de fusionner. Sitôt que l'on s'éloignait de sa conception des choses, le rejet était immédiat. Notre homme savait, et se plaisait à s'entourer de gens dont il connaissait l'état d'esprit, dont les agissements lui permettrait toujours de tirer quelques profits. Une attention non désintéressée, une envie de toujours y gagner. Mais à présent, Alec redoutait sa rencontre avec Dragon. Sans se mentir, ses nuits, depuis quelques temps, ne tournaient plus qu'autour de lui. Sans jamais voir son visage, il ne percevait que des yeux mauvais, perçants, qui le fixaient, dans une moue provocatrice. Et chaque fois le même ressenti. La fureur qui s'emparait de lui. Le démon avait envie de hurler, de laisser ce sentiment enserrer son cœur déloger la raison qui l'habitait, laisser l'animal qu'il était s'exprimer, aller le transformer en pâté, le bouffer, le mutiler. Au lieu de profiter des étreintes de Morphée, il s'agitait dans son lit défait, comme possédé. Mais le plus horrible était que dans ses songes, il ne pouvait bouger. Paralysé par je ne sais quelle sorcellerie, sa force demeurait et résider en le simple fait de pouvoir le fusiller du regard. Son corps refusait de lui obéir, se dérobait à lui comme s'il était enchaîné. Il avait beau se démener, son impuissance triomphait, Dragon dominait. Je ne vous parle pas du goût amer que ces rêves laissaient à notre démon à l’ego surdimensionné. Sa hantise était désormais de ne pouvoir, le moment venu pouvoir se défouler, laisser cette jalousie qui l'avait charcutée lors de cette soirée cauchemardesque où il avait perdu et revu sa nymphe s'exprimer, se vider, pour enfin le laisser en paix. Dragon était devenu un poison qui coulait dans chaque parcelle de ses veines, qui le rongeait. Sa sérénité ne serait retrouvée que lorsqu'il aurait trouvé une solution au problème du souverain. Non mais parce que bien sûr, cela aurait été tellement plus simple qu'un petit con vienne se taper son ange, mais bien sûr, elle était comme lui, toujours à vouloir taper vers le plus haut de la hiérarchie, alors forcément, il avait fallu qu'elle aille le chercher lui. Se passant une main sur le visage, se massant brièvement les tempes, il changea de sujet, sentant à nouveau son corps qui commençait à s'échauffer. Faisant un effort sur lui, il força ses traits à se relaxer, déserra sa mâchoire et radoucit son regard qui s'était glacé, durcit.

Durant sa réflexion, ses pas l'avaient guidée à l'écart du centre-ville, l'amenant hors des sentiers habituels. Il ne s'était encore jamais aventuré de ce côté mais une fois n'était pas coutume, n'est-ce pas ? Ses yeux curieux fouillèrent alors les lieux, se gorgeant des perceptions qui pouvaient lui parvenir, rangeant le tout dans un nouveau coin de sa mémoire. Le parc d'attraction. Levant les yeux au ciel, il se demanda brièvement ce qu'il foutait là, planté comme un idiot, à regarder ce lieu qui commençait déjà à s'agiter. Depuis quand aimait-il les endroits construits comme cela ? Des bouts d'acier assemblés pour simplement susciter l'attrait de ceux qui les parcourraient. Pitoyable. L'environnement naturel laissait déjà amplement le loisir de trouver son pied. Pourquoi toujours plus d'inventions grotesques ? Pourquoi toujours plus de territoire ? Plus de transformations ? Le démon secoua la tête d'un geste désapprobateur, grondant intérieurement face à cet adversaire qui mutilait cette nature bien aimée. Et pourtant, il faisait partie de ceux qui la piétinaient. Légèrement paradoxal. En parlant de paradoxe, le suédois entra à son tour dans le parc, réglant rapidement son entrée. Pourquoi ? Pour mieux pouvoir observer, mon enfant. Bien qu'il n'aimât pas le côté renfermé de la chose, se sentait de quelque peu parqué dans cet endroit qui devait majoritairement être bondé, la curiosité l'avait supplanté et il se retrouvait ainsi à déambuler au travers des « ruelles » aménagées. Il choisit bien évidemment avec soin les endroits qu'il fréquenta, les préférant aux cris insupportables des enfants surexcités, à l'odeur fraîche de transpiration de ces parents déjà stressés, espérant que cette journée de garderie se passe sans encombre, sans pleurs et sans colères. Piètre leurre. Vous n'avez pas fini de souffrir mes mignons. Y'a pas pire que d'emmener les gosses dans un parc d'attraction, ils deviennent hors de contrôle. M'enfin, au moins ils ne pleurent pas 75 % de leur temps, tombant seulement à une moyenne honorable d'environ.. 50 %.

Son ouïe le guidait, l'éloignait de tout endroit où le bruit d'activités humaines se faisaient ressentir. Il se retrouva donc du côté des attractions encore fermées, dont l'heure d'ouverture approchait à grands pas, mais où les visiteurs se raréfiaient, marchaient sans se presser, un peu comme lui, fuyant l'ambiance matinale, et la surexcitation qui précédait le déroulement de la journée. Bien jolie blague que de voir le suédois là. Qu'allait-il faire ? Il n'allait pas quand même s'abaisser à faire de ces tours ridicules qu'il critiquait bien volontiers. Non, non. Et voilà, encore des sous jetés par la fenêtre. Mais quel économe, ce grand bonhomme ! Soupirant d'indécision quant au programme qu'il allait se fixer, il continua à marcher, son pas se faisant de plus en plus lents, ses sens de moins en moins concentrés et bien évidemment, il en vint à trébucher. Une jambe mal placée s'était mise en travers de sa route et comme un boulet, il se prit les pieds dedans, titubant et croyant bien qu'il allait se ramasser. Heureusement, son sens de l'équilibre lui permit, et de ne pas aller heurter l'herbe qui bordait le sentier, et d'éviter de se prendre l''un des arbres qui le jalonnait. Jurant violemment, et remettant correctement le col de sa chemise qui s'était de quelque peu déplacé, il se retourna vivement vers l'auteur de ce méfait. Acte prémédité ? Ou simple débilité ? Il s'attendait à tout.



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MessageSujet: Re: Si le mensonge prend l'ascenceur, la vérité prend les escaliers. [ft Hélène M.] Dim 12 Mar - 2:24






Si le mensonge prend l'ascenseur

La vérité prend les escaliers

Zora Magnus et Alec Hamilton




Quelle belle journée ! Le froid de l'hiver cédait petit à petit sa place aux doux rayons du printemps. Zora dormait profondément dans son lit, alors que l'aube pointait à peine. Le quartier semblait si paisible... plus pour longtemps. Dans quelques instants, le réveil de l'alter-ego allait sonner et laisser place à sa folie meurtrière habituelle. Toutes les nuits, elle ne rêvait qu'à la même chose : torturer Avalon, et de la pire des manières qui soit. Suite à sa dernière altercation avec la blondasse, elle était comme possédée par une force invisible qui l'invitait à répandre ses actes de torture sur elle, comme un cobaye.

Il est vrai qu'elle n'avait plus pratiqué son art depuis un long moment ! Elle s'était trouvée une passion pour mutiler psychologiquement les gens, mais pas n'importe lesquels. A l'époque, elle voulait protéger Hélène à tout prix. "La pauvre et ses misères"... cela ferait un excellent livre. Mais ça ne servait à rien. L'écervelée ne faisait rien pour y remédier, et Zora s'était lassée. Elle n'avait qu'un but à présent : garder le contrôle de ce corps, et en profiter. Elle ne pouvait pas se débarrasser d'Hélène comme ça. Avalon l'avait mise en garde sur le sujet, et elle devait s'y plier. Mais aujourd'hui, Zora était de bonne humeur, malgré ce réveil matinal. Sa possession sur l'autre idiote avait finir par aboutir. Elle se rappelait ses derniers mots de la veille au soir.

▬ « Va te faire voir, sale égoïste. Tu m'entends Zora ? Je ne te conseillerai plus. Tu vas apprendre à te débrouiller sans moi, et ça commence maintenant. »

Cela lui convenait amplement. Ne plus entendre cette petite idiote se plaindre et lui faire des réflexions à chacun de ses mouvements allait être un bonheur immense. Le temps de se préparer un café, elle planifiait sa journée avec attention. Zora était en congé pour une fois, et comptait bien se distraire... au parc d'attractions. L'idée de monter dans un manège à sensations fortes dès le matin la motivait d'autant plus. Elle s'imaginait dans ce Grand 8, à hurler comme une gamine et bouffer des G jusqu'à l'overdose. Un rituel qu'elle avait adopté très rapidement. Il était hors de question de rester cloitrée ici. Le temps de prendre une douche, de s'habiller à la va-vite et d'avaler un petit-déjeuné hors norme... elle se retrouvait déjà dehors, à respirer l'air à pleins poumons. Elle observait les alentours, personne. Les gens se sortaient-ils donc jamais dans ce quartier ? Peu importe. Elle n'avait pas que ça à faire. Elle arpentait les rues de la ville d'un pas soutenu, presque en trottinant. Un peu d'exercice ne lui aurait pas fait de mal, mais elle n'avait pas pris son vélo, et l'idée d'y aller en courant ne l'intéressait pas. Comme le trajet allait être un peu long, elle en profitait pour faire un bilan de la situation.

Elle avait le contrôle, certes, mais était-ce définitif ? Elle avait eu un avant-goût de ce qu'Hélène était capable de faire pour la dégager, et elle ne voulait pas retenter l'expérience. D'où la nécessité de se débarrasser de cette Avalon... Elle y était presque pourtant ! Elle était parvenue à la soumettre ! Il ne lui avait manqué qu'une poignée de secondes... La colère bouillonnait en elle depuis ce jour. Elle devait se montrer plus incisive la prochaine fois, mais aussi plus subtile. Venir la provoquer sur son terrain n'était plus envisageable. Elle n'avait pas le contrôle exclusif de la situation, et cette sensation de domination lui manquait cruellement. Pour être sûre de ne plus manquer son coup, elle devait se trouver une brebis égarée. Ce n'est pas ce qui manque à Damned Town pourtant ! Elle avait déjà des vues sur quelqu'un... la jeune Flora était un exemple irréprochable, la parfaite candidate. Hélène ne s'en remettrait jamais ! Une série d'actes plus monstrueux les uns que les autres se chevauchaient dans sa tête, à en avoir un fou-rire violent. A force d'imaginer le pire sur cette autre idiote, elle ne se rendit pas compte qu'elle était sortie de la ville, qu'elle était tout près du parc, et elle ne remarqua pas non plus qu'un homme arrivait sur le côté, tête baissée...

▬ « Oups ! Désolée, je ne vous ai pas vu arriver. Je suis trop impatiente d'aller m'envoyer en l'air dès le matin. Je n'ai pas fait attention. Ça va ?  »

Zora restait plantée là, à observer le jeune homme qu'elle avait malencontreusement bousculé. Enfin... qui ne regardait pas où il allait serait plus exact. Son visage ne lui disait rien. De nature observatrice, elle savait qu'il n'avait pas sa place ici, au parc d'attractions. Sa curiosité l'emporta. Elle voulait en savoir plus sur cet individu.


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MessageSujet: Re: Si le mensonge prend l'ascenceur, la vérité prend les escaliers. [ft Hélène M.] Dim 19 Mar - 18:51


Si le mensonge prend l'ascenseur, la vérité prend les escaliers.





Ses talons pivotèrent sur le bitume craquelé qu'il foulait. Se retournant vivement pour faire face à la personne contre laquelle il avait trébuché, il se retrouva nez à nez avec un individu à première vue de sexe non identifié. Des cheveux bleus coupés à la garçonne cascadaient le long de ses tempes, des prunelles assorties à cette teinture étrange faisaient ressortir la pâleur de son visage. Les yeux du démon glissèrent sur le corps tourné vers lui et sur les vêtements fraîchement ajustés. Ses cheveux bleutés encore légèrement humides témoignaient de la douche récente que la personne avait prise et les quelques formes qu'il crut discerner lui prouvèrent qu'il était en face d'une jeune femme. Son hypothèse fut confirmée au moment où elle s'exprima, d'une voix à demi-fluette, emplie toutefois de quelques relents rauques, de ceux qui invitent à se méfier :

▬ « Oups ! Désolée, je ne vous ai pas vu arriver. Je suis trop impatiente d'aller m'envoyer en l'air dès le matin. Je n'ai pas fait attention. Ça va ?  »

Comment ça « impatiente d'aller s'envoyer en l'air dès le matin ? ». Arquant un sourcil surpris, le suédois ne s'attendait absolument pas à ce que cette phrase claque comme de rien dans l'air matinal. A la limite, l'inconnue aurait pu ne rien lui dire du tout, enchaîner sur le soleil qui se levait, comme 90 % des fois où l'on ne sait pas quoi dire mais que l'on est tout de même suffisamment déterminé à discuter, quitte à s'enfoncer. La non. Son élocution aisée traduisait une envie de papoter, une franchise à tout casser et surtout, un être particulier. En comparaison, sa rencontre avec Avalon avait été bien dans les clous. En y repensant, le démon se prit à rire intérieurement. Avalon aussi, il l'avait rencontrée selon une collision involontaire, et ce heurt leur avait notamment permis de se parler, de faire connaissance. A croire qu'à chaque fois qu'il devait se mettre à baratiner, il se devait d'aller bousculer les êtres qu'il allait accoster. Minable. Peut-être toutefois que cela lui sauvait la mise. Sinon, qui sait combien de fois il aurait ouvert la bouche ces derniers temps hormis pour discutailler, se crêper le chignon avec sa nymphe ? Il aurait pu les compter sur le bout de ses doigts calleux, dont les crevasses démontraient par a + b la maltraitance dont elles faisaient l'objet. Mais lorsque l'on était un démon aussi agité que lui, prendre soin de son enveloppe charnelle relevait de la pure perte de temps. Pourquoi vouloir calfeutrer ses cheveux indomptés en sachant pertinemment que dans la minute d'après, ils se rebelleraient ? Retrouvant leur côté ébouriffé ? Pourquoi vouloir passer trois heures sous la douche quand deux minutes suffisent à atteindre le même degré d'efficacité ? Ce que le démon ne comprendrait qui plus est jamais, bien qu'il appréciait ce côté soigné, c'était ces nanas qui prenaient tous les matins trois heures de leur temps pour se ravaler la façade. Mais 3h bordel ! Tu as le temps de te faire deux bonnes séances intenses de sport ou de partir te promener, aller nager.. tellement de temps perdu. Dommage. Mais bon, il en était ainsi. La jeune femme face à lui ne semblait pas faire partie de cette catégorie, plus absorbée par leur physique que par ce qui l'entourait. Ses yeux brillaient de l'envie de s'amuser, cachant piteusement la lueur curieuse qui s'allumait de temps à autres au fur et à mesure que leurs regards se croisaient.

L'humeur maussade d'Alec n'était pas redescendu, il lui en voulait toujours d'avoir trébuché comme un abruti, simplement parce qu'une fois de plus ses pensées l'avaient accaparés. Mais il revint bien vite sur la phrase qui avait fusé de la bouche mutine de la demoiselle.

S'envoyer en l'air de bon matin.

Ils plaçaient des filles de joie ci et là maintenant dans les parc d'attractions ? Ca pour un concept, s'en était un surprenant. M'enfin, le business était le business et il est vrai que pendant que les gosses allaient s'amuser, les parents avaient bien le droit de décompresser. Ils étaient là pour monter dans les manèges non ? Laisser l'adrénaline s'emparer d'eux ? Quelle importance si l'attraction n'était pas celle traditionnelle au quelle on a l'habitude de faire face ? Un joli minois, de jolies gambettes suffisaient amplement à trouver de quoi s'amuser, à passer un peu de bon temps. Cela expliquerait également la hiérarchie des artères qui se faisaient. Certaines résonnaient toujours des rires de mômes surexcités, les plus isolées comme celles ci résonnaient peut-être de toute autre formes de cris. Le démon s'arrêta là sur sa lancée, ne voulant pas non plus avoir à subir les représentations toutes plus subtiles que son esprit pouvaient lui imposer.
Immédiatement en tout cas, ses yeux ne regardèrent plus la jeune femme, ne prirent plus cette attention de la détailler pour mieux enregistrer tout ce qu'il percevait. Une fille de joie, non mais, et puis quoi encore. Il allait bouffer de la pâté pour chat ? Son ton déjà peu engageant alors qu'il n'avait encore pris la parole n'en fut que plus sec alors qu'il répliquait :

« Si vous accostez tous vos potentiels clients en les faisant trébucher, ça promets. »

Demeurant face à elle, il croisa lentement les bras le long de sa poitrine, curieux lui aussi. Se passant une main rapide dans les cheveux avant de la replacer sagement sur son avant-bras,  il prit d'abord le temps de répondre brièvement à sa question.

« Oui. »

Il ne lui retourna pas la question, se concentrant sur les manèges qui, autour d'eux, étaient absolument tous fermés. Hum… Devait-il en rajouter ? Cette entrevue ne lui disait rien qui vaille. Il était tiraillé entre l'envie de la dénigrer, de la mépriser des quelques centimètres dont il la surplombait. Mais de l'autre, il voulait s'en méfier suffisamment pour ne pas se laisser surprendre. De combien était la probabilité que du côté encore fermé du parc, la personne qu'il croise soit un tantinet dérangé ? Elle dépassait les 0.90. Il n'y avait que les gens bizarres, comme lui, pour venir s'isoler dans les coins paumés. En plus, la lueur étrange qui dansait dans ses yeux, malsaine et peu accueillante ne cessait de le taraudait. Cette fille, il ne la sentait pas. Elle était bien loin d'Avalon ou encore même de Flora. Une enfant qui cacherait un ogre, ou tout autre monstre dont on ne voudrait s'approcher. Et ça, franchement, même s'il ne rechignait jamais à l'idée de frapper, il préférait éviter de se prendre une patate bêtement, simplement parce qu'il aurait fait l'imbécile à ne pas tout observer, à se laisser distraire par le peu d'infos dont elle lui avait déjà fait part. Et si ça se trouve, elle se foutait de lui ? Pourquoi l'avoir de suite catalogué comme une catin qui se les pelaient en attendant qu'on vienne la réchauffer ? Et s'il faisait fausse route ? Il pouvait s'agir d'une étrangère qui tentait d'utiliser des expressions françaises pour s'exprimer. Non. Elle n'avait pas d'accent. Une phrase dénuée de toute arrière pensée ? Hum.. Pas sûr. Alors quoi ? Soufflant bruyamment, il demanda impatiemment, énervé rien qu'à l'idée de devoir demander.

« Et vous êtes ? »


Fille de joie ou pas, il s'en foutait, mais il voulait éclaircir cette histoire de phrase trouble qui le titillait. Et savoir dans quel endroit étrange il était tombé. Et.. why not prendre quelques adresses si vraiment une opération de cette envergure avait été développée. Quoi qu'il en soit, son regard suspicieux revint à elle et fouilla ses yeux bleutés, à la recherche de réponses qu'il ne pouvait lui même trouver.



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MessageSujet: Re: Si le mensonge prend l'ascenceur, la vérité prend les escaliers. [ft Hélène M.] Lun 20 Mar - 14:17






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Zora Magnus et Alec Hamilton




L'inconnu avait pris tout son temps pour l'observer, et pour intégrer ce qu'elle venait de dire. L'expression "s'envoyer en l'air dès le matin" avait eu son petit effet. Son air neutre avait arqué un sourcil en guise de questionnement. Zora aimait ça... foutre le doute sur les gens, une de ses passions premières dont elle ne se lasserait jamais. Elle n'attendait pas de lui un "pardon" ou quoi que ce soit d'approchant. Le ton sec qui fusait de sa bouche et le regard de braise qui émanait de ses yeux clairs furent assez éloquents sur le caractère du personnage.

▬ « Si vous accostez tous vos potentiels clients en les faisant trébucher, ça promets... Oui. »

"Ses clients potentiels" ? Avait-elle bien entendu ? Et en plus d'être impoli, il la prenait pour une vulgaire catin ? Ce sublime pic grossier la fit sourire de toutes ses dents. Allait-elle profiter de ce quiproquo pour lui faire croire en ce qu'elle n'était pas ? Évidemment. La tentation... qui plus est d'un homme qu'elle trouvait au demeurant captivant, comment refuser ? C'était trop facile de s'en prendre à de frêles brebis. Pour une fois qu'un loup avait pointé son museau dans la bergerie... Elle avait presque mis de côté le léger "Oui" en guise de bonne santé, suite à sa maladresse. Enfin, qui des deux avait été le plus maladroit ? Zora ne comptait pas le ménager, elle n'était pas là pour ça. Elle tourna la tête vers les attractions, toutes fermées pour l'instant. Elle avait donc le temps de cuisiner l'individu. Ce dernier ne la ménageait pas pour autant, à la scruter comme s'il voulait déceler le moindre indice sur sa petite personne. Mais pour qui se prenait-il ? Elle était loin d'être une proie facile. Elle voulait de l'action ! Le romantisme... Quelle perte de temps inutile ! Alors qu'elle recoiffait subtilement ses cheveux encore humides, l'homme... qui n'avait plus de patience, souffla bruyamment et entama la conversation.

▬ « Et vous êtes ? »

Voila. Enfin il s'était décidé à la lâcher, la question décisive, celle qui menait à toutes les réponses d'une conversation éthique. Elle avait réussi à lui faire cracher sans prononcer un mot de plus. Elle avait marqué un point, mais allait-elle s'en contenter ? Non. La posture de l'inconnu incitait à une réponse rapide et efficace, petit jeu auquel elle ne comptait pas jouer. Enfin... Pas tout de suite.

▬ « Et bien, disons que je suis une simple nana en quête de sensations fortes et en proie au vertige sensuel de la vie... »

Zora s'était quelque peu rapprochée de l'inconnu, à qui elle souriait toujours, en émettant un léger rire provocateur. La métaphore, quelle magnifique parade ! Il n'avait pas à savoir qui elle était vraiment, il fallait attendre un peu pour ça. Voir à nouveau son sourcil s'interroger était une source de plaisir inépuisable. Dans le fond, elle se foutait pas mal de ce qu'il en pensait. Le but était d'attiser sa curiosité. Était-elle une catin, oui ou non ? Se jouait-elle de lui ? Hélène ne savait pas montrer d'autre expression que la tristesse et la mélancolie. Ça faisait peine à voir... non, c'était pitoyable. Pourquoi continuer à s'apitoyer sur le sort de cette petite idiote ? Zora ignorait la raison pour laquelle elle venait à penser à elle. S'en voulait-elle dans le fond ? Et puis quoi encore ! Si c'était une nouvelle technique de sa part pour la faire craquer, c'était mort ! Elle ne comptait pas tomber dans le panneau une nouvelle fois. Elle dégagea la vision de l'autre gamine pour se reconcentrer sur le grand blond qu'elle avait en face d'elle. Allez, un beau geste s'imposait.

▬ « Mais vous pouvez aussi m'appeler Zora. Comme bon vous semble. »

Tout en s'inclinant devant l'individu, lui déployant une sublime révérence, elle se mordit la lèvre inférieure tout aussi sensuellement. Mouah ah ah ! La provocation à l'état brut. Pourquoi faire dans la finesse après tout ? Il fallait bien alterner un peu, et ne pas se contenter des basiques. Tout ce que Zora voulait éviter, c'était la bagarre. Sa bonne humeur ne voulait pas se trouver ternie par une grande blondasse impolie et maladroite. La tentation... C'était à son tour d'y céder. Elle voulait savoir la p'tite ! Cet intrigant étalon avait bien un nom ?

▬ « A qui ai-je l'honneur ? »

Zora avait placé ses mains sur ses hanches, les jambes légèrement écartées. Elle guettait du coin de l’œil les foules d'êtres humains qui se ruaient vers le parc d'attractions. Ça l'a foutrait mal pour elle d'avoir à faire la queue sur son manège préféré à cause d'un homme !


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MessageSujet: Re: Si le mensonge prend l'ascenceur, la vérité prend les escaliers. [ft Hélène M.] Sam 1 Avr - 22:26


Si le mensonge prend l'ascenseur, la vérité prend les escaliers.





Oh oui qu’elle l’avait déjà cernée la maligne qui face à lui se dressait. Elle jouait de son silence comme l’on joue des couteaux qui finissent par nous transpercer. Ceux qui glissent des mains au moment où l’on s’y attend le moins pour venir nous entailler, nous blesser alors que nous pensions les maîtriser. Son mutisme persista alors que lui commençait à s’agiter, lentement, mais sûrement. La frustration grandit en lui alors qu’il voyait passer dans les yeux espiègles de l’inconnue une lueur de… satisfaction ? Grondant intérieurement, ses yeux glissèrent sur elle, tranchants, scrutant son sourire narquois se dessiner sur son visage si serein. Rien qu’à la regarder, elle l’énervait, enfin, surtout ce côté malicieux qui déjà commençait à le piquer alors que leur entrevue venait de débuter. Enfin, entrevue était un bien grand mot. Ils s’étaient rentrés dedans, rien n’indiquait le fait qu’ils allaient continuer à communiquer telles deux personnes civilisées. De un, parce qu’il ne l’était pas, de deux n’avait nullement l’intention de jouer les gars attentionnés et polis qui font genre qu’ils se soucient de ce que vous raconter. Qui était-elle ? Il s’en foutait. D’où venait-elle ? Rien ne lui donnait l’envie de l’apprendre. Mais ce regard mordant de celle qui veut vous cuisiner, vous titiller jusqu’à ce que vous craquiez l’empêcha immédiatement de faire demi-tour. Elle voulait se jouer de lui, il le sentait à 3km. Mais pourquoi ? Simple caractère pathétique ? Ou réelle actrice qui cherche à enserrer le poisson dans ses filets ?

Il demeura campé sur ses pieds, à la toiser. Deux têtes de moins elle faisait, et il ne comptait pas se laisser marcher sur les pieds. Croisant les bras sur sa poitrine, il attendit, résigné, qu’elle ouvre la bouche, se livre à quelques révélations comme il le lui avait sommé. Elles vinrent. Au bout de quelques minutes, mais elles vinrent, après que la demoiselle se soit subitement recoiffée, se redressant de quelque peu, comme ayant pris en son for intérieur quelque décision cruciale. Il arqua le même sourcil que précédemment, intrigué par ce comportement qu’il ne côtoyait jamais. Quelque chose clochait. Il ne savait pas si elle était bourrée ou pas, lucide ou totalement folle, mais quelque chose n’allait pas. Indéniablement. Ses prunelles brillaient de bien trop de sensations, de combats intérieurs pour que sa personnalité puisse en être quelqu’un de tranquille et équilibré. Son instinct lui hurlait de se méfier, de ne pas se laisser manger petit à petit par cette fillette bien trop louche pour que l’on accepte de la sous-estimer. Loin d’être aussi apaisante que Flora, électrique comme Alice ou indécise comme Avalon, la jeune inconnue transpirait au contraire l’extravagance, l‘instabilité. Ses mimiques le prouvaient, passant de l’une à l’autre sans difficultés, à coups d’imperceptibles plis. Son visage était un domino vivant qui s’articulait au gré du vent. A sa guise, elle le mouvait, sublime comédienne qu’elle était. Elle puait néanmoins le faux à vingt kilomètres à la ronde. Jouait-elle un rôle ? Etait-elle vraiment à ce point perchée ? Tant de questions qui l’assaillaient, et pourtant le rebutait. Comment réagirait-il s’il apprenait qu’effectivement il s’agissait d’une déséquilibrée ? Et pourquoi de suite autant l’accuser ? N’était-elle pas seulement en train d’exécuter un boulot dont-elle était chargée ? Rhaaa il détestait ce moment de doute dans lequel on le plongeait. Et volontairement qui plus est si l’on en jugeait par le minois de la demoiselle qui se marrait. Ah comme elle devait apprécier le voir avancer, à tâtons, ne valant pas mieux qu’un aveugle estropié. Heureusement pour lui, la lumière ne tarda pas à être rallumée :

▬ « Et bien, disons que je suis une simple nana en quête de sensations fortes et en proie au vertige sensuel de la vie... »

Ouais, tu parles d’une lumière. On venait de lui craquer une bougie oui. Pas même de quoi voir les rochers qui obstruaient les mètres qui le précédaient. Ça n’allait pas casser trois pattes à un canard tout cela. Alors, pour ne pas entacher la voix qui s’exprimait enfin, il se tût, attendant que la suite ne découle. C’était la moindre des choses non ? Répondre à celui qui vous questionnait, qui plus est lorsque votre comportement est une invitation à l’objection. Oui, il avait mordu à l’hameçon, mais elle avait piqué sa curiosité, et qui la réveillait, se devait également de l’assouvir. Euh… oui d’ailleurs, la façon dont elle se rapprocha, mêlée aux propos douteux qu’elle tenait n’incitaient rien de bon, mais ils réveillèrent en lui son petit côté affamé. Décroisant légèrement les bras, il laissa de quelque peu ses prunelles se réchauffer tandis que son sourire se dessinait, au même titre que celui de la jeune femme. A la manière d’un miroir, il répondit à son pas en avant et en fit un également, raccourcissant au passage considérablement la distance qui les séparait. Catin ou pas, elle avait décidé de jouer. Et si on l’invitait… Il se voyait contraint d’accepter. Quel dommage. Se livrer de si bons matins à quelques jeux douteux, sous un soleil radieux était ce qu’il y avait de mieux. Le regard qu’elle décocha aux manèges fermés autour d’eux ne lui échappa pas. Le faisant sourire davantage, il faillit toutefois ne pas réagir quand elle poursuivit, de sa voix posée, calme, mais au timbre enjôleur, aux vibratos qui respiraient de malice :

▬ « Mais vous pouvez aussi m'appeler Zora. Comme bon vous semble. »

Zora ? Presque comme Dora ? Décevant. Navrant. Riant de manière moqueuse face à ce prénom qui sonnait creux, il laissa son regard glisser sur ce corps qui se profilait, en même temps que ses yeux se paraient de leur éclat railleur. En revanche, ses sens perçurent ce geste voluptueux et il retint une réaction approbatrice. Pas à dire, elle semblait douée. Douée pour les faire fantasmer, et elle s’essayait sur lui la petite. Soit. De sa main droite, il vint caresser la pommette de Zora qui le regardait. Délicat, léger, et pourtant fort peu insouciant, le démon refit un pas vers elle, ses yeux glacés venant chercher ceux plus foncés de Zora.

▬ « A qui ai-je l'honneur ? »


Des paroles prononcées avec un toupet qui lui plaisait. Il sourit davantage, révélant à son tour les dents blanches qu’il s’appliquait à soigner. Elle avait du cran la demoiselle, une envie de s’envoler vers des côtés encore inexplorés. Téméraire, farouche et.. Indomptée. Et ben. Que nous réserves-tu encore jolie tigresse ? La question quant à son métier n’était toujours pas réglée, mais puisqu’elle ne voulait y répondre, semblait vouloir éviter.. Muet consentement ou discret revirement ? Aucune idée, mais il n’allait pas la laisser filer. Sous ses doigts qui se mouvaient, il vint effleurer sa mâchoire qui se découpait. Parallèlement à cela, la jeune femme poursuivit son jeu de provocatrice avertie, écartant légèrement les jambes, ses mains sur les hanches. Son regard ne se cacha pas, il la mata. Violemment. Mais de manière aussi subtile qu’un pachyderme qui se meut parmi des tulipes fraîchement plantées. En même temps elle le conviait, pas de quoi s’y refuser. Néanmoins, ses yeux le fuyaient. Ils scrutaient la foule aux alentours qui commençait à affluer, pas lui qui lui parlait. Et bien ? Quelle malpolie ma jolie ? Rectifiant cela, sa main gauche vint la titiller de manière joueuse, la rappelant gentiment à l’ordre.

« Pas à quelqu’un qui te donne envie vraisemblablement. Dommage. Peut-être que moi aussi j’ai ce besoin de m’évader. »

Inclinant sa tête de côté, il approcha ses lèvres de l’oreille de Zora, écartant furtivement les mèches de cheveux de la demoiselle qui le gênaient.

« Mais ça peut s’arranger. On peut toujours faire ses preuves tu sais. Je t’invite à te balader ? Ou tu dois bosser à pleins temps ? »

S’écartant sitôt son invitation prononcée, il laissa son minois venir se replacer à la verticale, ne se séparant ni de son sourire espiègle ni de ses gestes qui venaient l’agrémenter. Sa main gauche regagna la poche qu’il tenait sagement fermée. Plongeant dedans, il sortit son portable bien aimé, le déverrouillant rapidement. Levant face aux yeux de Zora l’écran allumé, il fit une moue enfantine, de celui à qui l’on ne peut rien refuser.

« Il est 10h11 précisément. Même si tu bosses, tu dois avoir un peu de temps à tuer, non ? »



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MessageSujet: Re: Si le mensonge prend l'ascenceur, la vérité prend les escaliers. [ft Hélène M.] Lun 3 Avr - 0:05






Si le mensonge prend l'ascenseur

La vérité prend les escaliers

Zora Magnus et Alec Hamilton




Le petit jeu de séduction de Zora marchait à la perfection. L'inconnu semblait attiré par ses charmes, ce qu'il ne manqua pas de démontrer. Il la matait, concrètement. Mais ça ne la dérangeait en rien. Il avait pris quelques instants pour lui effleurer la mâchoire, avec un sourire bien plus marqué. Elle pouvait déceler des dents blanches, impeccables. Il mettait beaucoup d'énergie et de temps à entretenir son physique, sous toutes ses formes ! Son léger coup d’œil vers le parc d'attractions ne semblait pas lui convenir. Sa main gauche s'en vint lui rappeler gentiment qu'elle n'était pas seule et qu'il attendait bien plus d'attention de sa part.

▬ « Pas à quelqu’un qui te donne envie vraisemblablement. Dommage. Peut-être que moi aussi j’ai ce besoin de m’évader. »

Tout de suite ! Les grands mots. Jeter un coup d’œil n'a jamais donné l'impression de se désintéresser, bien au contraire. L'alter-ego était venue dans ce secteur pour une chose bien précise. Mais à en croire l'individu qui se pavanait devant elle, ses plans risquaient de changer. Penchant sa tête sur le côté, il s'approcha du creux de son oreille, et vint enlever les quelques cheveux qui obstruaient l'organe convoité. Quelques mots bien choisis vinrent piquer sa curiosité à son paroxysme. Il avait vite fait de troquer le vouvoiement si austère pour un tutoiement bien plus attrayant.

▬ « Mais ça peut s’arranger. On peut toujours faire ses preuves tu sais. Je t’invite à te balader ? Ou tu dois bosser à pleins temps ? »

"Bosser à plein temps" ? Mais quelle idée saugrenue... L'inconnu pensait toujours qu'elle était une vulgaire catin en quête de galipettes matinales. Elle n'avait pas pour autant mit les points sur les I sur la vraie nature de sa venue ici. Il était évident qu'elle comptait profiter des manèges vu qu'elle ne travaillait pas aujourd'hui... Mais lui, en l’occurrence, n'avait toujours pas cerné la subtilité de sa phrase dite plus tôt dans la conversation. "S'envoyer en l'air"... Pourquoi penser au sexe en premier lieu ? C'était bien un homme... Ils pensent tous la même chose dans le fond, et ce bel étalon n'échappait pas à la règle. Alors que Zora prenait plaisir à sa réplique piquante, l'homme se dégagea et s'en alla, l'air espiègle. Il dégaina son cellulaire de sa poche et fixa rapidement son écran, lui montrant l'heure avec une moue enfantine. Ô... était-ce sa manière de la soudoyer ? De la faire craquer face à son envie irrémédiable d'en savoir plus sur elle ? Elle trouvait ça si mignon... que son sourire n'en fut que plus marqué.

▬ « Il est 10h11 précisément. Même si tu bosses, tu dois avoir un peu de temps à tuer, non ? »

▬ « Ma foi... C'est demandé si gentiment. Comment refuser une telle invitation ? »

Avec une nouvelle révérence plus osée, laissant entrevoir une nouvelle volonté de séduire, Zora se déplaça tranquillement vers l'inconnu et agrippa son bras droit, sans se soucier de son avis. Elle gardait un sourire ravageur sur son visage. Elle voulait l'entraîner sur le sentier, mais pour aller où ? Elle ignorait d'où venait le bel étalon blond, et comme il avait omis de mentionner son nom, comment pouvait-il lui annoncer de but en blanc où il vivait ? C'était un peu trop tôt dans la conversation, elle en convenait... Au diable les politesses ! Avec une légère pression effectuée sur le bras de son "partenaire "de la journée, elle l'incita à suivre le mouvement le long du sentier.

▬ « Je suis libre à toutes propositions. Si vous connaissez un endroit improbable de cette ville pour une balade, je vous suivrai. »

Un pas après l'autre, Zora tournait le dos à sa distraction tant convoitée pour se jeter dans les griffes du parfait inconnu qui lui proposait d'aller faire un tour. Faire connaissance avec un homme, en voilà une riche idée !


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MessageSujet: Re: Si le mensonge prend l'ascenceur, la vérité prend les escaliers. [ft Hélène M.] Jeu 13 Avr - 16:16


Si le mensonge prend l'ascenseur, la vérité prend les escaliers.





Face à ses mimiques de gamins, le sourire de Zora s'élargit. Inexorablement. Étrangement, bien qu'il insiste pour passer du temps avec elle, le démon se méfiait de la jeune femme comme s'il avait face à lui la peste brune. Sa manière de se mouvoir, trop articulée, trop charmeuse, trop impétueuse, bref trop quoi. Ses yeux se plissèrent alors qu'il continuait de l'observer. Pourtant, bien qu'il sache qu'il n'avait pas face à lui quelqu'un qu'il pouvait facilement rouler, le démon ne savait sur quel pied danser. Jouer la carte de l'agressivité ? Elle aurait suivi. Il l'aurait sûrement battue mais comme il ne savait à qui il avait à faire, il se contentait de parloter. Faible. Enfin bref, il choisit la solution qu'elle lui offrit. Il rentra dans son jeu de séduction. Un vrai mouton ce petit blond mais que voulez-vous ? Quand on est pas inspiré et qu'on ne sait comment cette entrevue va se terminer, on reste ne serait-ce qu'un peu réservé. Et puis, c'est pas comme s'il avait autre chose à foutre de ce début de journée. Ce n'est pas qu'il allait le gâcher en restant avec elle mais étant donné qu'elle ne le mettait pas hyper hyper à l'aise, il se douta que l'horloge de son téléphone allait lui être d'une aide précieuse. Il ne savait clairement pas où il allait mais… il se jeta dans la gueule du loup, avide de découvrir une autre personnalité de Damned Town. Jusque là, tous avait été si spéciaux qu'il se rappelait de chaque personne rencontrée. Zora allait faire partie de ces personnes incontournables dont il allait se souvenir. Son flair ne le trompait jamais sur ce genre de sujet.

En parlant de flair, le démon laissa son aura se déployer, lentement, pour venir sonder la personnalité de Zora. Il n'avait même pas fait attention sur l'espèce qu'il côtoyait. Erreur fatale mon cher démon. Fort heureusement pour lui, il s'agissait également d'un être tourné vers le mal. Du moins à 70 % il eut l'impression soit… pas totalement. Mais bon, c'était déjà ça ! Sa propre aura charbonneuse se heurta à celle moins ténébreuse de la jeune humaine. Bien. Il se détendit irrémédiablement et paradoxalement, se méfia encore plus. Non mais au moins, le masque pouvait tomber, il n'avait pas à jouer sa comédie, faire le mec tourmenté mais bien. Bien qu'elle ne percevait sa véritable nature comme lui pouvait entrevoir la sienne, il saurait lui montrer qu'il ne fallait pas trop jouer, cela suffisait. Inutile de parler, cette entrevue là surpassait tous les mots qui pouvaient être prononcés. Sans avoir eut à entrouvrir les lèvres, il lui fit comprendre qu'elle devrait faire attention à ce qu'elle ferait en venant l'entourer de son aura malveillante. Histoire de prévenir… Mais Zora y fut insensible, ou du moins n'en montra rien. La jeune femme se contenta de lui prendre le bras, son petit sourire insolent fiché sur le visage, à la manière de la jeune infirmière qui vient sortir le papy de sa cellule de retraite. Hum.. la métaphore qui venait de s'imposer à son esprit trop soumis à l'imagination fut loin de le faire rire et il en vint presque à la repousser comme par fierté. Mais… si même lui pouvait s'énerver tout seul en se foutant de sa propre gueule… Il n'allait pas aller bien loin ce brave démon. Il chassa donc toute idée rabaissante de ses pensées, et fit tout comme si le contact de Hélène ne le dérangeait pas, même si ce dernier le glaçait. Il n'avait jamais éprouvé telle froideur envers quelqu'un mais elle, vraiment, avait le don de le refroidir. Il en serait resté stoïque, rien que pour l'observer s'il n'avait pas eu cette peur paradoxale qu'elle s'en aille. Oui, elle lui donnait envie de tourner les talons mais également de passer du temps avec elle, cherchez la contradiction.

▬ « Ma foi... C'est demandé si gentiment. Comment refuser une telle invitation ? »

« Hum… Je ne sais pas. Des fois que tu aies mieux à faire, Zora. »

Prononçant son prénom d'une manière un peu plus particulière qu'auparavant, à la manière de celui qui tente de l'apprivoiser, il lui coula un regard joueur. C'est ce moment là qu'elle choisit pour se mettre en route, le tirant par le biais de son bras. Il suivit donc et adapta ses foulées aux siennes, écoutant au passage les autres paroles qu'elle ajoutait.



▬ « Je suis libre à toutes propositions. Si tu connais un endroit improbable de cette ville pour une balade, je te suivrai. »

Ohla, niveau sous-entendus, elle y allait, et pas de main morte, croyez-moi. Tant et si bien que le démon ne savait toujours pas à qui il avait à faire hormis à Zora, cheveux humides, courts, espiègle et joueuse. Piètre connaissance de son interlocutrice mais malheureusement ce n'était que les maigres informations qu'il avait pu récolter sur elle. Ah oui non, elle était envieuse de s'envoyer en l'air. Cela faisait une information de plus. Quant à l'endroit où ils allaient bien pouvoir aller, il n'en avait mais alors aucune fichtre idée. Il avait déjà besoin de savoir s'ils restaient aux manèges, maintenant qu'ils avaient payés l'entrée chacun de leur côté, où si elle voulait déjà en ressortir pour aller explorer quelques contrées.

« ça dépend, tu veux rester ici ou sortir de l'enceinte du parc ? »

Ses yeux vinrent chercher ceux de Zora alors qu'il la questionnait. Le bras de la demoiselle était toujours fermement amarré au sien, des fois qu'il ait la bonne idée de s'en aller. Hum.. Elle lui forçait un peu la main en plus cette demoiselle. Plissant les yeux comme il savait si bien le faire, le démon lorgna les passants qu'ils croisèrent par la suite alors que Zora, elle, gardait les yeux rivés devant soi. Imperturbable, une statue de cire. Ou de sel, il n'en savait encore trop rien et l'état de doute permanent qui le tenait commençait sérieusement à l'échauffer. Mais au fond de lui, il sentait qu'elle faisait exprès de le cuisiner de la sorte, de le faire languir. Alors pour ne pas se donner en spectacle et ne pas lui donner non plus ce que peut-être elle voulait provoquer, il ne dit rien, conserva ses questions au plus profonds de son être, les réservant pour plus tard. Un jour, il saurait. En attendant, il sourit. Que leur petite promenade commence, il était prêt, prêt à mettre sa méfiance de côté pour en apprendre plus sur l'étrange personnage qu'elle était, prêt à profiter de son côté séductrice, prêt à s'amuser.



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MessageSujet: Re: Si le mensonge prend l'ascenceur, la vérité prend les escaliers. [ft Hélène M.] Ven 14 Avr - 18:13






Si le mensonge prend l'ascenseur

La vérité prend les escaliers

Zora Magnus et Alec Hamilton




Zora regardait droit devant elle, prenant soin de ne pas lâcher le bras de l'inconnu. Elle le sentait quelque peu rigide, comme s'il n'appréciait pas son geste. "Et bien mon cher !" pensa t'elle en souriant bêtement. Était-il vraiment gêné ou jouait-il le jeu pour tenter de la déstabiliser ? Elle finirait bien par le savoir. Au loin, elle entendait des enfants s'écrier devant l'entrée du parc d'attractions. L'alter-ego avait un pincement au cœur. A cause de lui, elle faisait une croix sur son divertissement préféré. Quand pourrait-elle y retourner ? Elle ne le savait pas. Elle trouverait bien un moment. Toute son attention était donc rivée sur l'individu, qui se posait une unique question.

▬ « Ça dépend, tu veux rester ici ou sortir de l'enceinte du parc ?  »

▬ « Autant quitter cet endroit. Ce n'est pas grave si je n'y vais pas aujourd'hui. La journée s'annonce belle, allons ailleurs. »

Qu'avait-elle dit là... Une partie de son être se mettrait des gifles à répétitions pour avoir délaissé son Grand 8 préféré. Il n'allait pas disparaître du jour au lendemain si ? Bon alors ! Alors elle faisait demi-tour, avec ce beau blond qu'elle ne connaissait en rien. Il ne lui avait toujours pas donné son nom. Quel impolitesse ! A moins que ça ne soit volontaire... Elle allait devoir insister pour le savoir, et ça la gonflait déjà. Même si son petit jeu de séduction était parfait, elle ne voulait pas s'énerver aussi vite. Lâchant des yeux le chemin qui les ramenait à  la civilisation, elle se permit d'observer un instant son corps athlétique. Plutôt bien bâti, ça ne faisait aucun doute. De là à imaginer ce qui se cachait en dessous ses vêtements... Non, c'était trop tôt pour y penser. Zora avait fini par se l'avouer : elle n'avait aucun tabou, aucune gêne ni aucune pudeur avec qui que ce soit. Elle voulait profiter de la vie au maximum, et braver l'interdit à l'extrême. Elle le faisait peut-être en ce moment-même, qui sait ?

▬ « Alors mon cher, avez-vous un petit nom à me communiquer, ou dois-je vous trouver un surnom ? Vous appeler Monsieur ne m'inspire pas vraiment. J'ai d'autres idées plus... piquantes. »

Sa dernière phrase lui lâcha un léger rire provocateur. Vraiment Zora ? Jusqu'à date, elle continuerait à lui faire croire qu'elle n'était qu'une vulgaire fille de joie, prête à s’envoyer en l'air avec le premier venu. Elle n'était en rien ce genre de femme. Bien au contraire. Quand à lui dire explicitement ce qu'elle était vraiment, il n'y avait qu'un pas.


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MessageSujet: Re: Si le mensonge prend l'ascenceur, la vérité prend les escaliers. [ft Hélène M.] Dim 14 Mai - 19:27


Si le mensonge prend l'ascenseur, la vérité prend les escaliers.





A son bras, Zora était des plus détendues, un sourire carnassier reliant les commissures de ses lèvres à ses oreilles si doucement cachée par les cheveux bleutés qui la couvraient. A tant sourire, elle allait en développer des rides. Bien trop tôt d'ailleurs pour l'âge qu'elle sembler arborer… Devait-il l'en avertir où la laisser ainsi continuer à se pavaner ? Il avait bien envie de la recaler, l'ouvrir pour qu'elle cesse d'ainsi se considérer, à marcher comme si le monde n'allait pas tarder à tomber entre ses mains indomptées. Oh non, celle là, il n'aurait jamais du croiser son chemin. Pour passer une journée détente, elle ne semblait pas être la femme idéale. Lui qui voulait se changer les idées, elle lui prenait déjà la tête. Soupirant sans se cacher, il se dit qu'il aurait du venir ici un jour où il aurait eu envie de frapper, de se défouler. Ou… de jouer. Là, l'envie ne lui seyait guère de devoir se méfier à chaque pas qu'il faisait. Enfin. Elle paraissait avoir décidé pour lui. Foutue jambe. Pourquoi avoir fallu trébucher sur elle ? Putain. Ça pouvait pas être une bombasse limitée, dont il aurait tôt fait de se débarrasser ? Non. Il avait fallu qu'il tombe sur la sorcière. Bon, okay, les sorcières, c'était moins sexy mais quand même ! Il s'attendait à tout moment à ce qu'elle le transforme en dromadaire ou le fasse danser du bout des doigts. Oh non, cette jeune demoiselle n'avait rien d'un petit ange. Son destin était tout tracé. Satan pourrait la cueillir très prochainement, n'ayant pas même besoin de l'arracher au monde qu'elle connaissait. Elle mûrissait d'elle-même, échafaudant toujours plus de plans foireux, planifiant toujours plus de mauvais tours pour passer le temps. Cela se sentait à vingt kilomètres. Cela dit.. Si un soir il voulait sortir et passer du bon temps tout en s'émancipant des têtes à têtes classiques, il saurait qui appeler… Pour peu qu'il la rappellerait.

Sortant de sa réflexion fort poussée, il remarqua que Zora coulait un regard nostalgique sur les lieux qui l'entouraient. Étouffant un sourire, il se dit enfin qu'au final, elle paraissait de quelque peu contrariée. Elle donnait le sentiment qu'il l'arrachait à sa terre natale, au QG qu'elle s'était fait le plaisir d'ériger en ces lieux surpeuplés. Parfait. Pour pouvoir la contrarier un tantinet plus, il songea à l'endroit où il allait bien pouvoir la conduire. Un endroit bien pourri lui paraissait de circonstance. Pas qu'il veuille la dénigrer ou quoi que ce soit, mais la pulsion de voir la contrariété s'afficher sur son minois valait tout l'or du monde. Il allait donc ainsi procéder de la sorte. Il lui fallait désormais juste trouver le lieu parfait pour y arriver. En trois secondes, il eut trouvé. La bibliothèque. Parfait. Retrouvant un sourire qui avait pu le quitter, il pivota de quelques degrés la tête, laissant ses yeux venir scruter le visage de madame la diva.

▬ « Autant quitter cet endroit. Ce n'est pas grave si je n'y vais pas aujourd'hui. La journée s'annonce belle, allons ailleurs. »

°Journée parfaite pour aller s'enfermer, effectivement. Allez, c'est plié, Bibliothèque, tu verras pour la première fois le bout de mes pieds.°

Acquiesçant hypocritement, il prit cet expression mondaine de ceux qui tergiversent sur la météo pour combler le manque de conversation qui pouvait perfidement pointer le bout de son nez.

« Effectivement. Pas de dépression à prévoir, on ne risque pas de finir tremper mouiller avant la fin de la journée. »

Faisant mine de réfléchir longuement, il reprit aussitôt, l'air concentré de celui qui pense chacun des mots qui peuvent découler d'une bouche un peu trop animée.

« Quoique, on est quel jour ? »

Regardant son téléphone, il prit un air goguenard avant de s'exclamer, ravi du constat qu'il faisait :

« Ah mais oui ! Tu joues à la belote ? Il y a un club pas trop loin d'ici le soir. Au cas où la douche froide menaçerait… Les perdants enchaînent sur une bataille. Magnifique en général. Enfin… ça ne vaut pas la bonne vieille pétanque du dimanche aprem' ! Tu aimes ? Où tu préfères le golf ? »

Lui coulant un regard inquisiteur, il remarqua qu'elle même le matait depuis toute à l'heure, ses yeux en étant maintenant au niveau de sa sangle abdominale. D'une petite pression des doigts sur le menton, il la rappela à l'ordre, un petit sourire espiègle sur les lèvres.

« Je sens que madame est plus variantes de poker, ou jeu plus palpitant… Pour ma part, je suis plus théâtre,  Shakespeare ou activité un peu moins violente. J'espère que cela ne te dérange pas ? D'ailleurs, la dernière fois, j'ai vu une variante de Hamlet, magnifique.. Bon, je l'ai vu en Allemagne donc autant te dire que.. niveau qualité de langue, c'était sublime ! »

Poursuivant sur sa lancée, il accentua le tout de quelques gestes mesurés de la main, avant de se stopper net en entendant la question de Zora :

▬ « Alors mon cher, avez-vous un petit nom à me communiquer, ou dois-je vous trouver un surnom ? Vous appeler Monsieur ne m'inspire pas vraiment. J'ai d'autres idées plus... piquantes. »

Grimaçant, il s'empressa de répliquer, ajoutant à cela un petit côté dramatique en frissonnant.

« Brrrrrr.. Je déteste les piqûres. Et pourtant, avec mon diabète.. c'est pas ça qui manque. M'enfin. C'est toujours mieux que les IST alors bon.. A quoi bon se plaindre. »

Poussant le jeu jusqu'au bout, il lui sourit doucement, laissant une fossette se creuser artistiquement le long de la commissure droite de ses lèvres.

« Je suis Alfredo. Pour te servir. »

S'emparant de sa main, il lui fit un baise-main courtois, l'observant dans les yeux tel le gentleman qu'il n'était pas.

« Mais tu peux m’appeler Fredo, en général les gens préfèrent.. ça fait plus… convivial. »

Lui adressant un sourire rayonnant, il ne put cacher un rire, qu'il tenta de muer en un éclat de bon vivant. Heureusement pour lui qu'Alice n'était pas dans les parages. Sa moue moqueuse l'aurait immédiatement rappelé à l'ordre et il ne se serait jamais à ce point ridiculisé à se faire passer pour ce qu'il n'était pas. Mais Zora semblait être une personnalité qu'il fallait tout particulièrement considérer. Et.. elle paraissait s'être repue du malaise qu'il avait pu laisser échapper au début de leur rencontre. Alors s'il pouvait faire l'abruti pour effacer tout cela, ne pas se compromettre hormis pour passer pour un fin imbécile, cela lui convenait.
S'accrochant un peu plus au bras qu'elle avait entouré autour du sien, il accéléra le pas, laissant pointer du fond de sa gorge un ton enjoué.

« Allez viens, je t'emmène là où toutes les merveilleuses cultures qui peuplent notre planète se rencontrent, se mélangent pour servir savoir et connaissance. »

Ne tardant pas à quitter le parc, il se tourna alors vers elle, poursuivant la discussion de parfait inconnu qu'il tenait depuis quelques minutes maintenant.

« Alors alors.. Que lis-tu de beau de ton côté ? As tu déjà pu lire les lignes de Machiavel ? Elles sont d'un sens.. Mon dieu ! »

Levant les yeux au ciel de manière exagérée, il ne parvint néanmoins pas à se placer totalement dans la peau de son personnage dans la mesure où sa démarche demeurait agressive, son regard perçant et froid à chaque fois qu'il quittait la personne de Zora pour balayer les environs, les gens qu'ils rencontraient. M'enfin, on ne pouvait être parfait partout comme on dit.

Le suédois étant venu à pied, il n'avait aucun moyen de locomotion pour se rendre à la Bibli'. Il ne se remettait d'ailleurs intérieurement toujours pas du choix qu'il venait volontairement de faire. Il allait volontairement s'enfermer dans une bibliothèque alors que le soleil brillait haut dans le ciel, qu'il aurait pu aller courir au bord du lac, sprinter et sauter par delà les fougères de la forêt ou encore aller soulever ses haltères adorées. Mais non. Il allait jouer à être ce qu'il n'était pas pour le seul plaisir de la contrarier. Non mais. Complètement starbé celui là. On sentait que dans sa vie il s'ennuyait pour ainsi s'abaisser à ainsi se dénigrer.



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MessageSujet: Re: Si le mensonge prend l'ascenceur, la vérité prend les escaliers. [ft Hélène M.] Mar 16 Mai - 21:18






Si le mensonge prend l'ascenseur

La vérité prend les escaliers

Zora Magnus et Alec Hamilton




Zora écoutait le bel étalon lui couler ses douces paroles dans l'oreille. Elle avait envie d'éclater de rire. Le simple fait d'avoir parlé de météo l'avait propulsé dans un délire de jeu de cartes. Oui, elle aimait le poker, il l'avait cerné. La belote... Le jeu de vieille dame par excellence. Il la prenait pour qui à présent ? Elle ne comprenait pas bien le rapport avec le golf, ni même la transition rapide sur Shakespeare. Cet individu était bel et bien décidé à jouer avec elle, par tous les moyens, et elle adorait ça. A force de le mater en permanence, il s'en aperçut et se pressa de lui rappeler l'évidence, à savoir concentrer son attention sur son visage et non plus sur son corps athlétique. Cet air mondain qu'il avait arboré depuis quelques minutes lui seyait à merveille. Et pourtant... L'alter-ego ne pouvait s'empêcher de penser qu'il en jouait grossièrement pour ne pas avoir à divulguer sa véritable identité. Elle n'était pas idiote la petite ! Hélène n'aurait rien remarqué la connaissant... "Mais c'est pas vrai !" grommela t'elle en silence. Pourquoi fallait t'il que cette coincée réapparaisse dans son esprit ? Ça n'était pas le moment. Alors qu'elle lui avait demandé un petit nom, il stoppa net ses gestes mesurés. Il n'aimait pas ça, et pour cause.

▬ « Brrrrrr.. Je déteste les piqûres. Et pourtant, avec mon diabète.. c'est pas ça qui manque. M'enfin. C'est toujours mieux que les IST alors bon.. A quoi bon se plaindre. Je suis Alfredo. Pour te servir. Mais tu peux m’appeler Fredo, en général les gens préfèrent.. ça fait plus… convivial. »

"Fredo ? C'est une blague ma parole !" pensa t'elle promptement. Il lui prit la main et la baisa, la fixant dans les yeux. Une vraie attitude de gentleman. Zora sentit ses joues se couvrir de rouge. Un léger frisson parcourut son corps. Même si ca n'était pas complètement sincère, elle appréciait le geste. Les gens aux alentours les observaient, presque écœurés pour certains. Elle voulait leur balancer de bonnes vieilles réflexions, mais le soit-disant Alfredo avait comme accéléré la cadence.

▬ « Allez viens, je t'emmène là où toutes les merveilleuses cultures qui peuplent notre planète se rencontrent, se mélangent pour servir savoir et connaissance. Alors alors.. Que lis-tu de beau de ton côté ? As tu déjà pu lire les lignes de Machiavel ? Elles sont d'un sens.. Mon dieu ! »

▬ « La bibliothèque... Le temple de la connaissance... Ce cher Machiavel, en la personne de Cesare Borgia, quel prodige ! Quelle magnificence ! »

Putain. Pourquoi fallait-il que le sort s'acharne comme ça ? L'univers n'avait pas voulu que Zora se rende au parc d'attractions, et pire encore, il l'obligeait à revenir sur son lieu de travail. Ce cher Alfredo ne compensait pas suffisamment en cet instant. Il allait devoir faire mieux que ça pour lui éviter de s'en lasser. Alors qu'il lui souriait presque bêtement, Zora tenta de cacher une moue déçue. Elle n'avait pas d'autre choix que de répondre à sa question initiale. Les livres... Si elle avait la possibilité de brûler la bibliothèque, elle le ferait sans ménagement. Son appartement suffirait amplement à stocker les quelques ouvrages intéressants, comme Machiavel... sauf qu'il ne faisait pas partie de cette collection, à son grand regret. Donc, ce qu'elle aimait lire ? La bonne blague.

▬ « Les intrigues de Harlan Coben me plaisent beaucoup. Je les dévore à pleine dent. En même temps, j'y ai accès autant que je veux... parce que c'est moi qui tient la bibliothèque. Mais ça, vous ne pouviez pas le savoir, n'est-ce pas ? »

Une petite voix lui soufflait qu'il l'avait fait exprès de trouver un endroit confiné, au lieu de profiter du Soleil et de la chaleur à venir. Quand bien même cela l'exciterait, elle ne comptait pas foutre la merde tout de suite. Zora espérait bien découvrir jusqu'où son compagnon d'un jour pousserait le mensonge. Elle plissa les yeux en le dévisageant de façon brève. Ça manie de la tutoyer... Bon, elle s'en foutait dans le fond. Elle pourrait en faire autant, mais ça ne la tentait pas. Ce petit côté vieux jeu qu'elle contestait quand Hélène avait le contrôle... Bah au final, elle l'avait adopté sans s'en rendre compte. Et d'ailleurs, allait-elle lui dire la petite particularité de sa petite personne ? Elle serra un peu plus son étreinte sur son bras et tira la langue à quelques enfants qui passaient par là. La prochaine fois, elle en profiterait davantage. Mais pour l'heure, il était question de décrypter un homme dans sa bibliothèque. Voulant elle aussi pousser son jeu d'actrice un peu plus loin, elle enchaina avec une proposition.

▬ « Puisque l'envie de vous enfermer a l'air de vous obséder, nous pourrions contempler certains chefs-d’œuvre autour d'une partie de poker ? A moins que cela ne vous déstabilise trop ? Je ne voudrais pas vous mettre mal à l'aise... »

Elle camoufla un rire amusé dans sa barbe, ne voulant pas se moquer de lui ouvertement. Gardant sa main valide sur sa bouche, elle prononça quelques mots inaudibles, à l'intention de Hélène. Cette idiote ne voulait plus se manifester... Qu'est-ce qu'elle loupait ! Mais quelle pauvre fille vraiment. Comment avait-elle pu tenir aussi longtemps comme ça ? Zora l'ignorait, et s'en foutait dans le fond. Ses yeux quittèrent Alfredo pour constater que la ville se dessinait au loin. Dure tragédie...


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MessageSujet: Re: Si le mensonge prend l'ascenceur, la vérité prend les escaliers. [ft Hélène M.] Sam 10 Juin - 18:47


Si le mensonge prend l'ascenseur, la vérité prend les escaliers.





Les traits de visage de Zora se contractèrent, se mouvèrent de sorte à venir faire défiler sur son minois quantité d’émotions. Un délice pour le démon qui s’en repaissait. La première fut ben évidemment la surprise qu’il s’appelle Alfredo. La seconde fut la méfiance sourde qui s’empara d’elle au fur et à mesure que ses mots coulaient, Elle ne le croyait pas et l’affichait clairement. Au moins une bécasse qui ne gobait pas tout ce qu’on lui racontait. C’était déjà ça. Néanmoins, loin de s’avouer vaincu, le démon poursuivit dans son délire, cherchant toujours plus à s’éloigner de sa véritable identité. Et ses efforts payaient, la jeune demoiselle ne savait trop sur quel pied danser, n'en déplaise aux rougeurs qui venaient pimenter ses joues déjà bien rosies par le doute qu'il laissait planer. Si en plus il se comportait en tapette à flatter son ego pour l'avoir de son côté… Alors là, la grande gueule se taisait. Parfait. Prenant la main sur cette entrevue étrange qui se profilait, il en vint toutefois à rencontrer les premiers obstacles. Il fallait bien au bout d'un moment s'amuser non ? La difficulté majeure contre laquelle il se heurta fut la délicieuse et écœurante découverte du côté littéraire de Zora. Rebondissant sur ses dires quant à Machiavel, elle lui sortit un autre… auteur ? dont il n'avait jamais entendu parler, et il se dit qu'il allait être bien compliqué d'argumenter sur un terrain qu'il n'avait jamais emprunté. De ce fait passa-t-il cet aspect de conversation sous silence, préférant à cela revenir sur les autres paroles qu'elle avait pu prononcer. Ce qui.. eut le don de le faire rager également. Comme quoi, rien n'allait.

▬ « Les intrigues de Harlan Coben me plaisent beaucoup. Je les dévore à pleine dent. En même temps, j'y ai accès autant que je veux... parce que c'est moi qui tient la bibliothèque. Mais ça, vous ne pouviez pas le savoir, n'est-ce pas ? »

Décidément, le karma avait décidé de s'acharner. Voilà qu'elle lui avouait maintenant être la propriétaire même de la bibliothèque qu'il dénigrait et pourtant au sein de laquelle il voulait pouvoir aller se réfugier. Comble de l'ironie.. A l'image de Zora qui tentait de réprimer une moue déçue, il ne put s'empêcher de soupirer, ce qu'il tenta de masquer par une toux fort peu naturalisée. M'enfin.. C'était toujours mieux que rien. Réfléchissant désormais plus rapidement, il ne constata même pas qu'il lui mettait un vent phénoménal, se demandant bien comment il allait se sortir de ce pétrin. Toutefois pas stressé sur ce qui allait arriver, il finit par se dire que côtoyer quelques bouquins au bord de l'agonie de par leur caractère décrépi n'allait pas le tuer. La bibliothèque risquait plus de s'effondrer que de le faire plier. Il n'en démordrait pas, il demeurerait Fredo jusqu'à la fin de la journée si cela était nécessaire. En tout cas, il ne lui avouerait pas qu'il la baladait. Au vu de ses moues douteuses, elle devait d'ailleurs déjà s'en douter quoique le doute continue à persister. Ce qui.. lui plaisait indubitablement, il devait bien se l'avouer. C'est que son masque tenait quand même à moitié. C'était déjà ça de gagné !

▬ « Puisque l'envie de vous enfermer a l'air de vous obséder, nous pourrions contempler certains chefs-d’œuvre autour d'une partie de poker ? A moins que cela ne vous déstabilise trop ? Je ne voudrais pas vous mettre mal à l'aise... »

Zora poursuivit et donna le sentiment de reprendre les choses ne mains, paraissant vouloir le piéger et le vouloir enrager. A moins qu'il ne commençât déjà à devenir méfiant. Oh oui, il sentait que le piège se refermer. Il allait être le serpent qui se mordait la queue et une telle humiliation ne l'enchantait guère. Cependant, au fond de son âme sommeillait toujours ce brillant espoir de pouvoir venir inverser la tendance, reprendre la main sur ce qui se déroulait. La jeune femme le déconcertait, purement et simplement. Il n'avait jamais rencontré tel paradoxe. Même Avalon, la schizophrène n'en était pas parvenu à ce point là. Zora ne lui insufflait vraiment rien de bon. Son ton perfide glissait sur les mots avec une aisance qu'il ne supportait guère et le fait de la savoir Bibliothécaire ne le rassurait guère. Dans son domaine, elle pourrait le piéger comme elle le voudrait. Quel con de s'y être soit-même aventuré ! Une véritable avancée vers la gueule du loup qu'il venait d'amorcer. Que grand bien lui en fasse.. Serrant les dents, il releva son regard tranquille vers Zora, les maquillant de son mieux pour qu'ils ne puissent laisser parler la frustration qui l'étreignait.

« Une partie de poker ? J'avoue que je ne sais y jouer mais… l'être humaine est un être d'apprentissage, non ? »

Souriant de toutes ses dents, tentant de les desserrer légèrement, il poursuivit sur un ton qui se voulait guilleret.

« Me ferez vous l'obligeance de me faire visiter votre chère Bibliothèque quand nous y serons ? Me montrant aux passages vos meilleures recommandations ? »

Sur le coup, il ne sentit pas le changement qui s'opérait, passant d'un tutoiement fort marqué à un vouvoiement plus discret. Quand il s'en rendit compte, il se reprit immédiatement, ne voulant pas laisser son envie de se distancier d'elle parler :


« Ta Bibliothèque et tes œuvres majeures pardon. »


Sans lâcher son bras, à la manière de deux petits vieux qui fuiraient le manège et son bruit tonitruant de foule et d'enfants, ils quittèrent le lieu bondé pour venir se recueillir dans quelques rues reculées. De là, Alec se posa une nouvelle fois la question qui le taraudait. Comment allaient-ils se rendre à la Bibliothèque ? Et elle était où d'ailleurs? Il n'en avait aucune idée, n'y étant jamais allé. Mais comment justifier cet incultisme marqué lui qui depuis le début voulait se faire passer pour un rat de bibliothèque fini ? Oh non décidément, dans ce genre de journée, mieux valait ne rien cacher, Il aurait du passer son chemin au lieu de bousiller sa journée. Le comble du comble était qu'il avait lui-même proposé ce qu'il regrettait désormais. Au milieu de tout ça, il constata que Zora se marrait, laissant pudiquement sa main venir recouvrir ses lèvres agitées. Que lui arrivait-il donc à celle là. L'interrogeant silencieusement, il finit pourtant par formuler tout haut ce qu'il pensait tout bas.

« Qu'est-ce qui te fais rire ? »

Constatant qu'ils bloquaient l'afflux de personnes qui se rendaient au parc d'attractions, il n'attendit pas plus longtemps de réponses et se remit en marche, repensant aux dernières paroles que la jeune femme avait pu prononcer.

A moins que cela ne vous déstabilise trop ? Je ne voudrais pas vous mettre mal à l'aise…

Il eut envie de lui dire que si, elle ne voulait pas trop le mettre mal à l'aise, elle pouvait s'en aller. Mais pour cela il aurait fallu avouer qu'elle le mettait mal à l'aise et le fait de formuler ceci lui était interdit. C'était comme de pleurer devant une fille. Puéril. Débile. M'enfin. Il allait falloir la berner avec art pour ne pas la froisser et ainsi se la mettre à dos. M'est avis qu'elle devait être assez sournoise quand elle le voulait. Et elle le savait. En jouait au vu des mots qu'elle pouvait employer. Elle l'invitait à jouer. D'un côté, il eut envie de répondre, aller en son sens et lui montrer que quoi qu'elle veuille lui faire, ses essais demeureraient voués à échouer. Mais… jamais Fredo n'aurait montré telle arrogance. Il se devait de demeurer dans le personnage. Prenant la moue prude qu'il connaissait à sa chère ange, il s'appliqua à masquer toute pensée salace de son minois inquiet.

« Me rendre mal à l'aise ? Mais comment ma très chère ? Votre charmante compagnie ne me dérange guère. Voyons.»

N'ayant pas de moyens de locomotions, il lui demanda si marcher un peu ne la dérangeait pas, ce auquel elle répondit bien évidemment négativement. Il n'aurait su dire dans quel état d'esprit la jeune femme se trouvait alors qu'ils marchaient. Elle ne laissait rien filtrer. Et il n'aurait su dire si elle le maudissait ou se félicitait.



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MessageSujet: Re: Si le mensonge prend l'ascenceur, la vérité prend les escaliers. [ft Hélène M.] Mar 13 Juin - 16:48






Si le mensonge prend l'ascenseur

La vérité prend les escaliers

Zora Magnus et Alec Hamilton




Zora venait de marquer un point décisif. Elle le savait... pas folle la guêpe ! Ce cher Alfredo, qui pensait la piéger dans un endroit clos, se retrouvait bel et bien coincé car elle connaissait les lieux. Finalement, cette bousculade involontaire prenait un tout autre visage. Elle voulait reprendre un peu de sérieux, mais en vain. Elle était en proie à un fou-rire non maitrisable, qu'elle tentait de camoufler avec délicatesse. Ses yeux brillaient de mille feux et manquaient de laisser s'échapper quelques larmes. Mais cette partie de poker ? Allaient-ils vraiment la jouer autour de vieux bouquins poussiéreux ? Hum... L'alter-ego ne savait que penser de ce revers qu'elle voulait garder en sa possession. Mais le grand blond ne voulut pas la contrarier.

▬ « Une partie de poker ? J'avoue que je ne sais y jouer mais… l'être humaine est un être d'apprentissage, non ? Il sourit à Zora. Me ferez vous l'obligeance de me faire visiter votre chère Bibliothèque quand nous y serons ? Me montrant aux passages vos meilleures recommandations ? Ta Bibliothèque et tes œuvres majeures pardon. »

Et voilà ! Le piège se refermait sur ce grand imbécile. A vouloir la provoquer, il s'était lui-même embourber dans ces sables mouvants. Allait-il pouvoir s'en sortir seul ? Zora l'ignorait, mais il était hors de question de lui porter le moindre secours. Ça ne faisait pas partie de ses habitudes, et encore moins de son mode de vie. Quand on cherche la merde, on assume mon cher. Continuant d'avancer le long de ce sentier interminable, laissant le passage à tous les pressés se rendant aux manèges, ils arrivèrent aux abords de la ville. Les boutiques se dessinaient très nettement au loin, de quoi donner envie de vomir à Zora qui se réjouissait tant de ne pas avoir à s'y rendre. Mais rien que l'idée de polluer l'esprit de son invité de passage lui plaisait encore plus, au point d'amplifier son fou-rire, qui ne passait pas inaperçu.

▬ «   Qu'est-ce qui te fais rire ? Après un silence et une prise de conscience... Me rendre mal à l'aise ? Mais comment ma très chère ? Votre charmante compagnie ne me dérange guère. Voyons.»

Zora lui souriait, continuant d'avancer à allure convenable pour ne pas avoir à le brusquer. Est-ce que le blondinet connaissait la ville au moins ? Elle s'en rendrait bien compte dans les instants à venir. Tâchant de reprendre le contrôle de sa joie de l'enquiquiner, elle maintint sa main autour du bras d'Alfredo, l'entraînant sur son parcours quotidien. Elle le scrutait secrètement du coin de l’œil, tentant de distinguer le moindre intérêt pour quoi que ce soit. Ce phénomène ambulant ne laissait rien paraître, rien filtrer, rien montrer... ou tout autre synonyme pertinent. Il pouvait en avoir rien à foutre de ce qui se trouvait aux alentours, car s'était son propre cas. Mais tout de même. Quand enfin, le bâtiment passable de son lieu de travail se profila sous leurs yeux, Zora lâcha le bras de son invité et partit en direction de la porte. Machinalement, elle tapota à un endroit précis et en fit sortir une clé. Oui... elle ne l'avait pas prise avec elle, pensant pouvoir se divertir, mais elle en cachait un double, incrustée dans une cachette à même la porte. Une idée ingénieuse à laquelle avait pensé Hélène avant elle. Pour une fois qu'elle pouvait servir à quelque chose celle-là !

▬ « Voilà mon cher, nous y sommes. La bibliothèque. De l'extérieur, elle n'a rien à envier, je vous l'accorde. Mais il y a de quoi lire, je peux vous le garantir. Après vous, Alfredo ! »

Zora déverrouilla la porte et l'incita à pénétrer à l'intérieur, ne manquant pas de lui refaire une révérence. Son petit côté espiègle la submergeait à nouveau. Comment allait-elle pouvoir le séduire par ce lieu si commun ? Et si ennuyeux ? Tandis qu'elle le laissait là, en train de contempler les étagères garnies de livres, elle s'en alla dans son bureau et fouilla un de ses tiroirs. De mémoire, il lui semblait avoir vu une paquet de cartes, laissé par son prédécesseur. L'objet convoité s'y trouvait bien, enseveli sous une pile de stylos bille. Sans trop tarder, elle revint dans la salle et remarqua qu'Alfredo s'était emparé d'un bouquin au hasard. Belle tentative, mais vaine. Pensait-il pouvoir lui faire gober n'importe quoi ?

▬ « J'ai retrouvé le paquet de cartes. Mais avant, vous vouliez voir ma meilleure littérature ? Elle ne se trouve pas ici, je ne l'expose pas au tout-venant. Suivez-moi mon cher. »

L'incitant du doigt de le faire venir à elle, il rangea le livre emprunté et la rejoint, quelque peu méfiant. "Mais non voyons !" pensa t'elle ironiquement. Elle ne comptait pas se jeter sur lui comme ça, à corps perdu. Non... Il lui fallait un contexte, un plan d'attaque, voire une excuse valable pour en venir aux mains... Ce n'était pas encore l'heure de ce genre de spectacle. Pour l'instant, elle comptait s'enfermer avec lui aux archives, et le laisser fouiller dans la poussière, quitte à ce qu'il se salisse. Ils s'engouffrèrent dans un petit couloir. La porte n'était pas loin, juste au bout de ce dernier, que Zora s'empressa d'ouvrir, le laissant entrer le premier comme à leur arrivée. Elle lui lança un clin d’œil léger et le laissa découvrir le bloc par lui-même, attendant fermement qu'il lui demande qu'elle cherche, ou que ce dernier puisse chercher ce qui lui tentait tout seul comme un grand garçon.



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MessageSujet: Re: Si le mensonge prend l'ascenceur, la vérité prend les escaliers. [ft Hélène M.] Ven 16 Juin - 8:39


Si le mensonge prend l'ascenseur, la vérité prend les escaliers.





°Va te faire foutre...°

Intérieurement, le démon grimaçait, souffrait de la situation dans laquelle il venait de se fourrer, non pas que cela soit une plaie béante qui le viderait de son sang. Cela s'apparentait plutôt à une piqûre de moustique qui vient subitement se présenter à votre souvenir, et qui vous gratte ensuite subitement. Alec comprit à l'aide de cette sublime image qu'il n'allait pas pouvoir se débarrasser de sitôt de la jeune femme et de son envie de l'emmerder. Oui parce que clairement, elle l'emmerdait. Et en prime, elle riait. Un comble pour l'ego de notre démon qui, bien que rien ne soit vraiment montré clairement, n'appréciait pas, mais alors pas du tout la tournure que prenaient les événements. Et le fait qu'il lui ait lui-même donné les rênes pour continuer leur entrevue… lui restait en travers de la gorge. Un magnifique faux pas que le suédois avait esquissé, et aurait tellement voulu retirer. Malheureusement, les dés étaient jetés et il ne pourrait rien y changer. En plus de ça, non seulement il se tapait Hélène, enfin pas suffisamment au goût de cette dernière, mais en plus il devait gérer ce bon vieux assisté d'Alfredo. Et oh ! Il n'était pas encore aide-soignant à la maison de retraite de Damned Town. Du moins jusqu'à preuve du contaire et à compter qu'il y en ait une. Les vieux démons périssaient en général suffisamment rapidement pour ne pas pouvoir s'offrir ce genre de luxe. Quand la loi du plus fort est érigée en loi de la nature dans les bas quartiers, que voulaient vous pour venir la contrer ? Il vous faut des muscles, du tempérament et.. une bonne dose de pansement. Ce que, personne n'avait, bien évidemment. De ce fait, depuis des millénaires,la loi démoniaque était restée fidèle à elle-même. Dans la documentation que le démon avait pu brièvement farfouiller avant de mettre les pieds dans cette ville de damnés, il était soigneusement écrits que tout humain devait basculer. Dans l'un ou l'autre des côtés, qu'importe. Alors oui, cette ville était sacrément chiante. On s'y ennuyait à mourir et en plus Alice le suivait partout. A croire que son quotidien ne se résumait qu'à elle. Déambulant dans la ville, Alec se rendit compte qu'il ne connaissait rien des alentours. Mais sortait-il de chez lui parfois ? Il se rappelait vaguement être passé par-ci, par-là deux ou trois fois. La première, il avait failli se perdre, la première fois qu'il avait rencontré Avalon. Et puis, se rendre à la boxe l'avait également du emprunter quelques unes des ruelles qu'il pouvait apercevoir. A moins que pour se rendre à la plage il n'ait également du le faire ? Sa réflexion l'accapara, le dérivant de la première qu'il avait pu entamer. Et puis.. comme ça il oubliait ce bras visqueux qui demeurait pendu au sien. Une sangsue jusqu'au bout… Le démon retint un soupir exagéré pour lui montrer ce qu'il en pensait. Malheureusement, pour la satisfaction de cette dernière, il n'en fut rien et ils continuèrent leur route, comme si de rien n'était. Le jeune démon ne porta néanmoins plus un regard sur son accompagnatrice de fortune, repérant au lieu de cela les lieux. Lui qui avait cru les avoir retenus à chaque fois qu'il se perdait dans leurs méandres...  A croire que certains événements lui avaient fait perdre la boule.

Bien rapidement, trop rapidement, ils arrivèrent devant le bâtiment qu'Alec avait proposé pour continuer de se côtoyer. Face à la façade qui les surplombait, le démon ne sut trop qu'en penser. Banale mais originale, grande mais petite… Ses yeux déjà saoulés se perdirent dans les poutres de la charpente qui était de temps à autres apparente. Effet stylistique moderne, que sais-je, il s'en foutait aussi. Il aurait été capable de s'asseoir là sur le champ, et de faire la grève de la faim rien que pour abréger ce moment, simuler un malaise au milieu des badauds. Quels badauds me diriez vous ? Et bien… question pertinente. Pas un chat ne circulait dans cette partie là de la ville, mais quand nous affirmons pas un, c'est.. vraiment pas un. L'âme du démon claqua furieusement dans les airs alors qu'elle se déployait aux alentours. Alors non seulement, les démons étaient censés avoir le dessus sur les humains, et lui se laissait mener par le bout du nez, sans vraiment protester, rien que par fierté de ne pas dévoiler son identité. Débile. En plus, il se retrouvait devant ce que certains appellent le temple du savoir… Stupide. La connaissance vient de l'expérience, de là, pas besoin de s'enfermer des heures et des heures durant à se fatiguer les yeux devant des livres tous bons à brûler. Au moins, avec eux, on pourrait se chauffer toute une année. En voilà une bonne utilité.


▬ « Voilà mon cher, nous y sommes. La bibliothèque. De l'extérieur, elle n'a rien à envier, je vous l'accorde. Mais il y a de quoi lire, je peux vous le garantir. Après vous, Alfredo ! »

Ah ben super.. Il n'en demandait pas tant. Un club lecture pour bien finir la journée, il en avait toujours rêvé. Non, non décidément, rien n'allait. Passant devant la révérence étrange de la jeune femme, ce qu'il s'empressa de cataloguer comme des plus bizarres, il pénétra dans la bibliothèque, poursuivant sans tarder son raisonnement, remis au goût du jour par la vue de tous ces livres classés. Pourquoi s'embêter à vouloir les conserver ?
Et puis en plus, l'atmosphère de la bibliothèque, une fois qu'il y fut entré, était des plus éprouvantes. Avant qu'Hélène ne fasse revenir la lumière, l'ensemble sombre et grisant n'inspirait rien de bon. Des tables trop bien alignées, des chaises trop bien rangées, un silence religieux, studieux y régnait. Le suédois se passa une main sur la nuque, convaincu de se mettre à transpirer. Encore son esprit qui lui jouait des tours. Il n'en était en réalité absolument rien, ce qui ne lui fit ni chaud ni froid. Il continua de s'énerver. S'aventurant partout où il passait, son aura vint s'imprégner de tous ce qu'il côtoyait, laissant ses pensées morbides venir les caresser. Tout déranger, tout déchirer, tout brûler. Elle n'aspirait qu'à cela, venir mettre un peu de désordre dans cette organisation trop poussée. Mais  Zora vint interrompre la planification qu'il était en train de mettre en place pour venir lui parler de son foutu jeu de cartes.

▬ « J'ai retrouvé le paquet de cartes. Mais avant, vous vouliez voir ma meilleure littérature ? Elle ne se trouve pas ici, je ne l'expose pas au tout-venant. Suivez-moi mon cher. »

« On s'en contrefout de ton poker, bordel. »


Bien sûr, il ne le dit pas à haute voix, croisant les bras comme un enfant sur son torse, marmonnant dans sa barbe d'imberbe. Une chose était sûre. S'il ne pouvait pas tout venir déranger ici, alors ils avaient intérêt à foutre autre chose de leur après-midi. Sinon il démissionnait. Et adios le Fredo hein. Ras la casquette de ce pégland. La suivant à pas lents, sans toutefois traîner des pieds, ce n'était pas élégant, il la suivit une fois de plus, jusqu'à je ne sais qu'elle réserve encore. Réserve de quoi.. ? il ne savait pas. Comme il s'y attendait, et sans trop d'engouement, il laissa son regard balayer les étagères poussiéreuses qui accueillaient quantités de volumes. Meilleure littérature ou pas, la pièce tirait une sale tronche. Un intello aurait à coup sûr passé des heures à venir exploiter chaque petite pépite qu'il aurait pu côtoyer mais Alec… n'en fut pas du tout intéressé. En même temps.. qu'est-ce que les parcourir allait lui apporter ? Hormis une bonne migraine, et une journée de gâchée. Non, non, son inscription au club lecture le démangeait fortement. Pourquoi avoir voulu montrer tant de volonté ? Bonne question. La réponse n'était en revanche pas bien convaincante..  Son regard ennuyé ne quitta pas pour autant les œuvres. Du siècle passé, à n'en pas douter, voire bien plus âgées. Combien de mites s'étaient-elles aventurées là dedans depuis leur emménagement ? Il n'aurait voulu le compter, préférant se tenir loin.

Il demeura près de l'encadrement de la porte, son regard froid ayant reprit ses droits. Fredo s'en était docilement allé, rendant sa pleine identité à un suédois plus qu'irrité. A ses côtés, Zora avait gardé la même mimique qu'au début. Celle qui savait, mais voulait le pousser, voir jusqu'où il pourrait aller. Il eut envie de se jeter sur elle et de l'assommer, avant de la laisser se reposer parmi ses bouquins tant aimés. Au lieu de cela, il fit demi-tour, retournant dans la pièce principale, et ce, sans un mot. Depuis quand devait-il se justifier de ce qu'il faisait. Avec violence, il tira une chaise et s'y affala, sans prendre gare au bruit assourdissant que le moindre de ses mouvements occasionnait. La bibliothèque était décidément bien trop calme. Croisant les bras derrière sa nuque, il laissa son regard venir se perdre dans les ténèbres des zones qui n'avaient pas été éclairées. Ses prunelles flamboyantes ne cherchaient pas forcément de distraction particulière, se contentant du réconfort de la froideur que les lieux procuraient. Seul point positif de la journée… Il aurait bien aimé aller se poser dans l'ombre là bas, du côté des petits canapés qui se profilaient. Malheureusement, Zora y serait venue le trouver, et ciao la tranquillité. Prenant le temps de réfléchir, deux secondes plus tard, il s’était mis d'accord avec son alter ego, le jeu avait suffisamment duré. Une trentaine de minutes tout au plus, mais il s'était étiré sur une bien longue période aux yeux du démon. Il était temps de l'abréger. Pour le bien de ses joueurs et surtout pour son bien à lui. Dans le fond, il entendit Zora qui refermait la réserve, ayant sûrement compris qu'il n'y reviendrait pas. Il laissa donc lentement sa tête venir pivoter, constater son arrivée. Sur son minois de fanfreluche, le même côté provocateur, joueur, mais cette fois-ci, légèrement plus intrigué. Pensait-elle qu'elle allait finalement avoir le fin mot de l'histoire? Ricanant, il la laissa venir sonder l'attitude qu'il affichait ostensiblement, comme elle avait tenté de le faire à de très nombreuses reprises depuis leur mini altercation. Ne bougeant pas d'un poil, il soutint son regard d'une façon arrogante, ses lèvres se mouvant en un sourire indécent .

« Et bien ? La grande gueule ne dit plus rien ? »


Étirant ses jambes, il se laissa de quelque peu glisser sur sa petite chaise pour pouvoir arquer le dos contre son dossier. Il étira un bâillement avant de venir poser son coude sur la table et de venir y appuyer le coin de sa mâchoire. Ne la quittant pas des yeux, il reprit là où il en était arrivé, désignant ce qui les entourait.

« Ne va pas me faire croire que tout ceci te plaît. Impossible. Ton tempérament te permet de rester assise toute la journée à trier des vieux bouquins dont tout le monde s'en fout ? »


Se rendant compte des éléments qu'elle pouvait lui opposer, il se rectifia derechef, n'étant pas d'humeur à trop se sentir contester.

« Enfin, je parle de la population lambda, pas des quelques petits génie qui veulent satisfaire leur petit pan de fierté en venant toujours plus se documenter. »

Posant sa main sur sa cuisse, il la massa brièvement, ayant besoin de s'occuper.

« Je ne peux pas croire que la fille de joie bosse là. Désolé, ça m'est insensé. »


Un éclair de lucidité traversa son esprit alors qu'il se redressait de quelque peu, ses iris accueillant de petites lueurs espiègles.

« Cela dit, c'est une bonne planque. Qui pourrait y songer ? Avoir les clés une fois le bâtiment fermé, ça laisse une bonne planque. Et confortable en plus. Je retire pardon. Peut-être que tu y trouves ton compte finalement. »

Laissant ses yeux dériver, il revint caresser du regard les étals qui quadrillaient la pièce qu'ils occupaient. Cela ne constituait à n'en pas douter pas son marché.

« On a quand même connu meilleur cadre. Je comprends ton envie d'aller te défouler aux manèges maintenant.. »

Se redressant, il se leva, s'approchant de Zora qui continuait de le défier. Impassible, elle demeura immobile, le provocant, l'incitant du regard. Alors il s'exécuta. A pas de loups, il la rejoignit, ses prunelles de quelque peu découlant de spots malveillants. Tout en gentillesse et en finesse, évidemment.. Faisant le tour de la jeune femme, il vint se poster derrière elle, ses bras venant se poser de part et d'autre de ses épaules à elle, avant de se rejoindre sur le haut de son buste. Venant poser sa tête du côté droit, non loin de son oreille, il ne se lassa pas de continuer à papoter, se sentant bien plus d'humeur bavarde soudainement, maintenant qu'on l'avait enfermé dans un lieu qui l'ennuyait.

« Sinon, un peu plus sérieusement, toi comme moi savons que je ne prénomme pas Fredo. Te plairait t-il d'entendre mon savoureux prénom ? »

Il ne s'attendait pas à ce qu'elle acquiesce, se foutait finalement bien de sa réponse puisque depuis le début, il ne la laissait en placer une, se contentant lui de parler, narcissique qu'il était.

« Non parce que je ne sais pas pour toi. Mais.. Fredo commençait à me taper légèrement sur les nerfs. Âme peu banale qu'il était. Et puis.. si raffiné, que cela me dégoûtait. J'espère que tu n'es pas trop déçue de sa disparition. Au plaisir, je te le rejouerais si ce n'est que ça.. »

Se jouant de l'air qu'il inspirait, il lui souffla doucement dans l'oreille, pour la faire réagir, étouffant un rire aux sonorités de quelque peu malsaines.

« Alors Zora ? Quel est mon nom ? »



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