Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec]

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MessageSujet: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Mer 26 Oct - 21:08

Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ?

Elle avait fait un rêve.
Hier soir, Flora avait rêvé qu'elle se rendait à la plage, comme elle le faisait lorsqu'elle était enfant. Ce qui était étrange, c'est qu'elle savait exactement comment se rendre à la plage dans ce rêve. Elle s'était assise et regardait l'aurore. C'était bizarre, elle aurait normalement du rêver du Crépuscule, c'était celui-là qu'elle connaissait le mieux, celui-là qui lui rappelait tant de souvenirs, et pourtant non, elle rêvait du lever du soleil. On pouvait interpréter cela comme étant le commencement de sa nouvelle vie ici, dans cette ville.
Dans ce rêve il y avait une personne, elle était derrière la jeune fleur, elle n'avait pas osé se retourner, pourtant, il émanait une agréable chaleur de cette personne. Cameron. Elle se réveilla subitement.

L'horloge affichait cinq heures du matin. Elle se levait et s'habillait d'une simple robe bleue ciel qui lui couvrait entièrement les jambes et les bras. Alizée n'était pas là, et Flora ne cherchait même pas à savoir où elle était, ça ne la regardait pas, la pirate était déjà assez sympathique de l'héberger, elle n'allait pas non plus la garder dans ses pattes. Ça faisait une poignée de jours maintenant qu'elle avait élue domicile chez cette étrange femme, et elle ne l'avait pas plus aperçu que ça, de toutes façons, elle ne voulait pas déranger.

Elle sortit de chez celle qui l'hébergeait en prenant bien soin de fermer la porte à clé. Elle tentait de se remémorer son rêve. Il y avait peu de chances que les indications qu'elle avait reçu dans celui-ci la mènent à la plage, mais elle voulait pourtant essayer.

Et par le plus grand des hasard, elle s'y trouvait. Il ne lui fallut pas vraiment longtemps. Une demi-heure à tout casser. Elle n'en croyait pas ses yeux, ça l'avait même sûrement un peu effrayé, des rêves prémonitoires, elle n'en avait jamais fait. Pourtant, elle ne pu s'empêcher de sourire sincèrement en voyant cette plage, ce paradis, ce havre de paix.

Flora s'approcha du bord de l'eau, elle enleva ses chaussures, elle voulait sentir la fraîcheur de cette eau sur ses pieds. Elle fermait les yeux, se laissant bercer par le son des vagues. Finalement, elle s'éloigna un peu et décida de s'asseoir et de regarder l'horizon. Elle se remémorait une vieille comptine, une comptine qui venait de sa mère, elle parlait du soleil.

"Che bella cosa e' na giornata 'e sole
n'aria serena dopo na tempesta!
Pe' ll'aria fresca pare già na festa
Che bella cosa e' na giornata 'e sole.


Et soudain, tout lui revenait en pleine figure. Tout depuis qu'elle avait rencontré Cameron. L'amitié, l'amour, la descente aux enfers, et là. Flora se stoppait soudainement, son sourire avait disparu, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

Elle sentait une personne derrière elle, comme dans son rêve, cependant, il n'émanait pas une douce chaleur comme elle l'aurait espérer, mais plutôt un froid glacial. Alizée l'avait mise en garde, et elle commençait à regretter d'être sortie toute seule. Pourtant, lorsqu'elle réfléchissait bien, que pouvait-il lui arriver à présent ?

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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Jeu 27 Oct - 15:14


Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferais quoi si ta vie était foutue toi ?
   



              L’heure matinale n’excusant rien, quand il faut se lever, il n’y a rien à négocier, il faut y aller. Le démon ouvrit les yeux à l’heure où l’aube se levait et en un bond, gagna la penderie où il enfila rapidement deux ou trois vêtements. Le temps commençait à se gâter et la tenue n’était pas à négliger. L’hiver arrivait, et le suédois ne disait pas cela parce qu’il venait d’entamer la première saison de Game of Trhones… Non, non, le froid se faisait au contraire chaque jour plus mordant et s’il voulait se rendre en bord de mer comme il se l’était planifié, il allait lui falloir quelques bonnes couches de vêtements pour résister à la brise matinale marine. Encore quelques efforts d’ajustement et le voilà qui fut fin prêt.  Son corps encore un peu fatigué avait quelques difficultés à réagir mais le chemin en direction de la plage lui permettrait d’y remédier. En attendant, il dévala les marches de l’escalier, désireux de retrouver son lieu de paix. Tout aussi rapidement, il fut dans la rue, où pas un chat ne se manifesta. Il faut dire que le soleil se levait à peine, il ne fallait donc pas en vouloir à ces pauvres bêtes qui profitaient encore quelques instants des bienfaits du sommeil dont ils profitaient. La démarche assurée, le démon se mit en marche, jetant de petits coups d’œil furtifs ci et là. Dans le quartier des démons, mieux valait être un minimum prudent. Bien qu’il n’ait personne à craindre, il était toujours préférable de ne pas se laisser prendre par surprise. Et puis de toute manière, les brutes épaisses avaient plus tendance à faire leur caïd en soirée et non dès que le soleil était levé. Le suédois avait donc encore un peu de temps avant de risquer de, peut-être, faire de mauvaises rencontres. Il fut cependant tout à fait serein une fois que les lieux furent quittés et qu’il put tourner sur le chemin côtier. Là, l’air marin le frappa de plein fouet et il sourit franchement, écartant quelques secondes les bras, comme s’il avait le pouvoir infime de voler. Il n’en était bien évidemment pas le cas mais l’espoir faisant vivre, il ne se privait pas de ses petits plaisirs simples de la vie.

              Ses pas prirent une autre tournure, sa plante de pied heurtant moins durement le sol qu’elle rencontrait, allant volontairement à l’encontre de la matière qu’elle foulait. Son regard quant à lui prit quelques tournures plus doucereuses, profitant pleinement du spectacle qu’ils observaient. La mer allait et venait dans un rythme apaisant. Les vagues se faisait tantôt petites et pleines, tantôt incertaines et plus hautes que les autres. C’était à qui mieux mieux. Quoi qu’il en soit, le clapotis de l’eau eut un effet instantané, il se sentit immédiatement vivifié. Hypnotisé par celle qu’il venait de retrouver, il s’avança en sa direction, ne la quittant pas des yeux. Arrivé au bord de l’eau, il se déchaussa et retroussa de quelques peu les bords de son pantalon parfaitement repassé. Puis il alla  à l’encontre de ce monde marin, aussi vivant que terrifiant. L’eau glacée vint aussitôt entourer ses pieds, la caressant puis s’en allant, avant de revenir encore et encore dans un ballet incessant. Il eut à nouveau ce petit sourire tendre que l’on adresse aux êtres aimés. Immobile, il ne bougea pas durant un long moment, s’imprégnant simplement des éléments. Leur simplicité ne le dérangeait pas, le silence bruyant qui en émanait avait au contraire tout pour le rassasier. Le moment était parfait. Il ferma les yeux dans un signe d’apaisement mais les rouvrit aussi sec. Il n’était pas seul. Là, tout prêt se tenait un être humain. Son aura neutre et semi-bienveillante vint lui chatouiller les sens. Il se fit violence pour ne pas y réagir et au contraire garda son immobilité. S’il bougea, ce ne fut que pour effacer le sourire qu’il avait précédemment arboré, ans un frémissement contrôlé.  A cela céda son traditionnel masque d’impassibilité. Ce qui est bien avec la comédie, c’est qu’on peut la sortir à toutes les sauces et ce dans n’importe quelle situation, elle évite de se retrouver dans la surprise et ne pas savoir quoi faire. Une fois dissimulé sous son équanimité, le démon pivota lentement afin de faire face à la silhouette qu’il sentait. Ses yeux perçants reconnurent en elle les gracieux contours d’une jeune femme dont la chevelure était livrée au bon vouloir du vent tumultueux, maître incontesté de l’étendue sablonneuse. Il n’avança pas, demeura là à l’observer, attendant que la personne daigne se retourner. Car elle allait le sentir, il en était persuadé. Si ce n’était pas déjà fait.  Techniquement parlant, un humain n’a pas ce pouvoir, il ne sait pas à qui il a affaire. Mais l’intuition de certains petits génies leur permettait de sentir la malveillance chez un individu. Alec était de ceux que l’on remarque instantanément. S’il n’égalait pas Keithan en termes de méchanceté et de cruauté, il cherchait à s’en rapprocher. Mettre Damned Town à feu et à sang pour en faire une ville réellement damnée, voilà tout ce qu’il attendait. Il ne devait y avoir aucune pitié. Seulement place à l’amusement et le contentement. Pour l’instant, on y était encore loin. Des anges se baladaient ci et là, se pavanant grossièrement et voilà que maintenant de petits humains pullulaient au sein même de la ville où il vivait. Voilà où était le problème. Ni anges, ni humains n’avaient leur place ici. Il n’y avait de laissez-passer que pour les enfants de Satan. Le suédois haussa les épaules avec un petit sourire satisfait. Après tout, Satan avait le droit d’adopter non ? Alors les humains s’ils étaient suffisamment intelligents pour faire le bon choix pourraient demeurer. Les autres finiraient tués.

              Quoi de mieux pour évaluer le QI de quelqu’un que d’aller discuter. Le démon amorça son ascension en sa direction, laissa ses chaussures où elles étaient. Ses pas silencieux l’amenèrent jusqu’à une dizaine de mètres de la jeune femme qu’il put de ce fait nettement mieux observer. Elle était de celle dont la beauté sait se faire remarquer. De longs cheveux dorés serpentaient le long de son corps figé. Il ne voyait que son dos mais sentait parfaitement ou du moins prédisait qu’il n’aurait pas affaire à une catin des bas fonds. Son port de tête, la manière dont son buste se tenait, fièrement dressé. Alec eut une petite empathie envers cet être si majestueusement posté. On en aurait presque envie de ne pas la déranger. Pourtant, cela ne faisait pas partie de ses intentions. Le jeune homme finit donc par parvenir jusqu’à elle, s’asseyant à ses côtés comme s’il la connaissait de très longue date. Le silence ne fut pas rompu, conservé de manière religieuse. Le démon prit au contraire tout son temps pour s’installant, n’hésitant pas à jouer de son aura pour tenter de la perturber.





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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Sam 29 Oct - 0:30

Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ?

Il ne fallut pas longtemps à la jeune fille pour qu'elle découvre enfin à qui elle avait à faire. C'était un jeune homme -elle supposait qu'il était jeune, mais elle s'attendait à tout dans cette ville- blond aux yeux bleus. Il avait prit place à côté d'elle assis, restant silencieux. L'atmosphère était étrange, vraiment très étrange, mais pas non plus désagréable. Flora n'avait pas encore bougé. Elle regardait ce personnage du coin de l’œil. Directement, il inspirait le mystère, et on arrivait pas à savoir pourquoi. Était-il bon ou mauvais ? Était-ce de la tristesse dans son regard qu'elle parvenait à peine à discerner, ou bien une impassibilité impressionnante ? Oui l'adolescente était mal à l'aise, déjà car elle était plutôt du genre introvertie, mais en plus car il s'agissait d'un homme qui était là, à côté d'elle, et elle avait encore plus de mal à être à l'aise avec les garçons, surtout que ceux-ci étaient la cause de temps de malheur. Son cœur battait fort, pourtant, elle continuait à rester immobile, il n'eut qu'un léger rictus qui se créa sur son visage. La mer. Oui, il fallait qu'elle se concentre à nouveau dessus, elle savait que ça l'aiderait à se calmer.

Alors elle fermait les yeux, se laissant à nouveau bercer par le son des vagues, par la légère brise qui faisait un peu voler ses longs cheveux. Cette atmosphère qui était devenue stressante il y avait quelques instants redevenait peu à peu plus apaisante, même s'il fallait dire que l'étrange personnage n'aidait en rien à cela.

Pourtant, il avait tout d'un être normal ce garçon, pas comme Alizée qui avait une apparence vraiment très démoniaque. Il était sûrement un peu plus grand que la moyenne, mais à part cela, physiquement, il n'avait rien de spécial, mais il émanait de lui une aura vraiment bizarre. Flora savait un peu ressentir ces choses-là. Elle n'avait pas là un super pouvoir, mais elle croyait en l'existence des auras et de tout ce qui allait avec, alors elle s'était longuement entraîner pour pouvoir les voir. Elle n'était jamais parvenue à ce niveau, mais parfois, elle pouvait les ressentir, même si c'était rare et que souvent, elle ne percevait pas la bonne chose. Ça la frustrait énormément de ne pas comprendre cette personne à côté d'elle qui n'avait pas non plus bougé d'un iota. L'italienne poussait un grand soupir, elle se décidait finalement à s'asseoir également, elle tournait la tête vers le jeune homme, elle se mit à rougir, bien évidement, sa timidité prenait le dessus, elle ne pouvait pas contrôler cela. Non, ce n'était pas un vieux cliché de la fille qui rougit à la vue d'un bel homme. C'était juste son anxiété qui se manifestait de manière exagérée. Au bout de quelques secondes -qui lui parurent très longues- elle reporta à nouveau son attention sur la plage. Ni lui ni elle n'avaient prononcé un seul mot, un seul bruit.

Si ça l’embarrassait ? Oui, énormément, car depuis toujours, elle se disait que si elle ne parvenait pas à parler aux gens, ça ne servait à rien, que dès les premières secondes, ils se disaient "pouah ! Elle est nulle en fait cette fille". Oui, elle était nulle d'être si timide, nulle d'avoir si peur. Elle repensait à des moments de son passé et prit une expression plutôt triste qui se mêlait à ses rougissements. Elle n'attendait que deux choses :
Soit que l'autre amorce la conversation,
Soit qu'il s'en aille.

Dans le premier cas, elle espérait vraiment qu'il ne s'agisse pas d'un véritable taré, car même s'il advenait que le courant ne passe pas entre eux, elle n'était pas préparée à parler à un malade.

Dans le deuxième cas, elle serait certes soulagée, mais se blâmerait d'avoir été aussi minable.

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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Ven 23 Déc - 17:58


Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferais quoi si ta vie était foutue toi ?
   


Le crissement caractéristique du sable écrasé que l'on émet lorsque l'on veut se retourner échappa à l'étendue poudreuse qu'ils foulaient. La jeune femme se retourna, d'abord lentement puis un tantinet plus rapidement, pour ainsi dire désireuse de mettre un visage sur l'être qui venait sans aucun respect la déranger. Comme il la comprenait. Il n'aurait pas aimé, à cette heure de la journée déjà se faire harceler. Mais bon, justement, faire aux autres ce que l'on détesterait qu'ils nous fassent, c'est la base non pour un démon ? Je vous accorde le fait qu'il y a un net fossé entre s'approcher de quelqu'un tranquillement installé et le harceler. Mais vous ne pouvez comprendre la frustration qu'aurait ressenti le démon si la jeune femme lui avait rendu la pareille. Venir ainsi le tirer de son havre de paix ressemblait à venir le frapper. C'était du même level. A la manière de celui qui s'excuse platement pour l’empiétement, il lui offrit un petit sourire penaud, bien qu'il  n'en ait rien à foutre de s'excuser mais ne voulait paradoxalement pas la voir filer. Il prit donc son petit air de petit ange embarrassé, vite balayé par son impassibilité et reporta quelques secondes son attention sur les flots qui se déchaînaient. La marée haute n'allait pas tarder, il s'en doutait. L'eau gravissait lentement chacun des échelons qui l’amènerait jusqu'à eux. Resteraient-ils suffisamment ensemble pour goûter à l'eau salé ? Il n'en savait rien. Peu-être la jolie blonde s'empresserait de se lever pour fuguer, ou peut-être demeurerait-elle ainsi figée. En attendant, il la sentait le détailler. Il vit passer du coin de l’œil plusieurs émotions sur le visage fin et blanc de celle qui l'accompagnait. Tout d'abord la surprise, puis l'incompréhension et enfin l'indifférence. Ces deux premières étapes se manifestèrent par un pouls qui s'emballa, une sueur imperceptible qui l'étreignit. Et puis, il lui suffit d'un regard à l'empire de Poséidon pour que la jeune femme ne reprenne le contrôle de ses pensées qui dérapaient. En deux secondes, elle retrouva un comportement calme et serein. Il lui en fut admiratif. Son aura quitta alors les abords du corps de la jeune femme pour revenir sagement voleter autour de lui, attendant les prochaines directives. Pourtant, cette dernière manifestait clairement son envie d'aller prendre l'eau et le démon ne pouvait lui en vouloir. Lui-même ne rêvait que d'aller plonger dans cette océan de douceur qui l'appelait.


Tous deux continuèrent à ne prononcer mot, à ne pas bouger d'un poil, respirant silencieusement comme si le moindre bruit entraînerait mort d'homme. Satisfait de ne pas être tombé sur une potiche qui ne ferait que parler, le démon finit tout de même par relancer la jeune femme en déployant à nouveau son aura jusqu'à elle. Celle-ci vint tranquillement l'apprivoiser, l'entourant de sa noirceur apparente mais ne l'attaqua pas, la frôlant simplement. Cela suffit à la faire frémir et le démon constata rapidement que la jeune femme y était sensible. Souriant, il rappela une nouvelle fois ses ténèbres adorés et croisa les bras autour de ses jambes repliées. La blonde tourna la tête vers lui, s'encquérissant de ce qu'il faisait toujours là. Avec minutie, il fit de même et prit le temps de croiser son regard, opposant la froideur naturelle du sien et celui plein de vitalité des deux yeux pétillants de la jeune femme. Le mélange fut étrange mais peu désagréable. Le suédois décelait en elle une petite part de bonté qui certes l’écœura au plus haut poing. Mais il sentit également un petit côté malléable qui lui plut bien. Telle une œuvre d'art, il se sentit capable de tout faire basculer. On parvient toujours au résultat escompté à force de travail et d'efforts. S'emparant d'une poignée de sable, il le fit couler lentement à ses pieds, détournant ainsi le regard du visage soudain rougi de la jeune femme. Ses joues venaient de piquer un fard sans raison apparente, et amusé, le démon ne le lui fit pas remarquer. Les premiers signes de nervosités qui ne tardèrent pas à se repointer suffisaient à rendre la blonde mal à l'aise. C'était la première fois que quelqu'un réagissait aussi manifestement à sa simple présence et le suédois en fut flatté. Il ne savait pas encore ce qu'il éveillait en elle, si il lui plaisait, si il l'intriguait, l'effrayait. Il ne pouvait émettre que des hypothèses mais l'incertitude ne lui plaisant guère, il préféra en jouer pour mieux tout démêler.

Ses yeux vinrent observer les pommettes cramoisies de la blonde qui donnait le sentiment de vouloir se recroqueviller. Avec un sourire rassurant, il lui montra toute sa bienveillance et suivit son regard qui se baissait peu à peu. Il eut la très claire impression de l'intimider. Comme une enfant qui s'écrase face à un adulte imposant, elle fuyait ses yeux glacés et trouvait le sable toujours plus intéressant. Le démon lâcha alors un rire léger, qui résonna un millième de seconde dans le tumulte sonore provoqué par la marée.


« Eh.. »


De ses doigts délicats, il redressa doucement son front piquant vers le bas pour croiser à nouveau son regard qui se perdait entre chaque grain de sable possible et imaginable. Dès qu'ils se rencontrèrent à nouveau, il lâcha précipitamment le minois de la jeune femme, comme s'il ne pouvait se permettre de faire plus. Sans comprendre cet élan de faiblesse, il ne se départit pas de son sourire et poursuivit lentement.


« Je ne vais rien te faire, ne t'en fais pas. Mais j'ai ressenti le certain attrait que la mer pouvait soulever en toi. Du moins je sens un frémissement particulier quand tu la contemples. Cela m'a intrigué. »


Bon, et puis, il ne peut s'empêcher d'approcher chaque jeune femme au physique ravageur. Mais cela, nous le passerons sous silence. Il est vrai que l'attirance pour les jolies créatures ne l'avait pas quitté et le faisait même marcher. Il en commettait des infidélités à sa mer adorée. Mais bon, il comptait bien se rattraper une fois la discussion achevée. Si conversation il y avait.






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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Sam 24 Déc - 0:43

Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ?

Flora préférait éviter le regard du garçon. Il était beaucoup trop déstabilisant pour elle. Ses yeux étaient si perçants, malgré son air bienveillant. Elle faisait passer sa nervosité sur le sable, prenant une grosse poignée avec sa petite main, qu'elle serrait fort, si fort, avant de tout laisser tomber et recommencer. Elle était si fragile, si faible, face à cette personne aussi imposante. Elle ne savait même pas s'il lui voulait du mal ou non, elle ne comprenait pas pourquoi il s'était approché d'elle. Elle fermait les yeux, fort, très fort, pourtant, l'image des yeux du garçon restait encrée dans sa tête. Elle ne pouvait pas s'en défaire. Ils étaient si menaçants, et en même temps, si beaux, si mystérieux, si agréables à voir. Ils avaient la même couleur que l'océan lorsqu'il faisait beau. C'en était presque captivant, hypnotisant. La jeune fille n'en avait jamais vu de tels. Elle ne connaissait pas ce jeune homme, mais elle avait immédiatement compris qu'il n'était pas qu'une banale personne comme celles que l'on croise dans les rues, sans y prêter attention. Tous ces inconnus que l'on voit sans vraiment voir... Lui, il était particulier, il n'avait pourtant pas de particularités physiques impressionnantes, si ce n'était ses yeux, mais si elle l'avait croisé auparavant dans la rue, elle se serait sûrement retourné.

Il se mit à rire, soudainement. Flora cessa immédiatement son activité, elle se paralysait le temps d'une fraction de seconde. Elle ne s'y attendait pas, les seuls bruits que ses oreilles entendaient jusqu'à présent étaient ceux des vagues, des mouettes qui volaient  au dessus de l'eau, il avait rompu le silence en si peu de temps, par un simple petit rire.

« Eh.. »

L'italienne n'eut pas le temps de se remettre de ce léger choc qu'il avait posé ses doigts sur son visage, afin de le redresser, et leurs regards s'étaient croisés à nouveau. Toujours ce même sourire qui se voulait sympathique, bienveillant. Pourtant, elle n'arrivait pas vraiment à sentir cette sensation chez cet homme. Elle ne le connaissait peut être pas assez pour cela. En tout cas, l'autre n'avait pas arrangé les choses avec ce geste. Le cœur de la petite fleur s'emballait, elle ne savait même plus tellement pourquoi. Si c'était parce qu'elle était terriblement gênée, ou bien parce qu'elle était captivée par ce regard, ou encore par ce sourire. Trop de sentiments et de sensations se mêlaient dans son corps, elle ne pouvait même pas savoir si c'était agréable ou désagréable.
Il enchaînait avec d'autres mots, après un silence de quelques secondes. Secondes qui lui parurent être une éternité.

« Je ne vais rien te faire, ne t'en fais pas. Mais j'ai ressenti le certain attrait que la mer pouvait soulevait en toi. Du moins je sens un frémissement particulier quand tu la contemples. Cela m'a intrigué. »

Sa manière de parler... Elle était si particulière. Flora n'avait encore jamais entendu parler quelqu'un de la sorte. Dans un sens, c'était plutôt poétique, cela se mariait assez bien avec le décor. Et cette voix... Elle renforçait d'avantage le mystère qui émanait de cet homme. Elle était douce, calme, mais pourtant, elle n'était pas comme pourrait être la voix de sa mère, ou de Cameron, qui étaient elles aussi douces, mais pas de la même façon. C'était indescriptible.

Au départ, l'italienne ne trouvait pas de mots à lui répondre, alors, elle le regardait, puis regardait la mer. Alors comme ça, elle l'intriguait. Elle n'avait pourtant rien d'intriguant, elle était juste là, devant cet amas bleu, immobile. Alors elle ne comprenait pas bien, et puis, surtout, comment pouvait-il sentir un quelconque "frémissement" émanant de la jeune fille ? C'était impossible, mais elle se posait sûrement trop de questions.

Elle lui lançait à nouveau un regard, les joues un peu moins rouges qu'auparavant, elle ne parvenait pas à lui sourire comme il le faisait. Mais au moins, elle s'était un peu calmée.

"Le calme de cet endroit... Le bruit des vagues... La beauté de ce paysage... N'est-ce pas merveilleux comme endroit ?"

Ce fut un peu hésitante qu'elle formulait ses phrases. Elle savait que ce qu'elle disait n'avait aucun sens, était totalement sans aucune utilité. Pourtant, pendant quelques instants, c'était son cœur qui parlait, et non pas son esprit si peu confiant.

"J'ai toujours adoré cet endroit. C'est le seul qui parvient à me contenir." Elle marquait une pause. Elle ne connaissait pas cet homme, et avant de dire ce qu'elle allait en tête, elle tournait sa langue sept fois dans sa bouche.

"Ne le prenez pas mal. Vos yeux. Ils sont tellement perturbants. Ils ressemblent à un vaste océan."

La jeune fille ne parvenait plus à le regarder dans les yeux, alors elle avait une astuce, regarder légèrement à droit du garçon, même s'il était fort possible que l'autre remarque cela.

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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Jeu 29 Déc - 20:47


Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferais quoi si ta vie était foutue toi ?
   


L'obstination de la jeune femme tint bon, son regard déviant invariablement de ses yeux océans. Lui, ne l'évita pas. Il observa le moindre de ses gestes avec une minutie évidente, comme si rien ne devait échapper à ses prunelles acérées. La petite blonde le sentait et sa nervosité n'eut de cesse de se développer. Tentant vainement d'échapper à son attention affûtée, elle s'empara d'une petite poignée de sable et, à la manière dont il l'avait fait quelques minutes auparavant, elle laissa le sable s'écouler. Patiemment, inlassablement, les petits grains regagnaient leur désert préféré. Et tout ce petit jeu recommençait. Pourtant, elle finit par fermer les yeux, essayant peut-être de chasser quelques vieux démons. Qu'en savait-il ? Il ne bougea pas, ne lui céda pas une once de terrain, se montra aussi persévérant qu'elle. Ce n'est que quand il rit enfin, brisant ce semblant de glace qui s'était à nouveau installé, que la jeune femme se figea. Aussitôt que le calme royal de la plage fut perturbée, elle s'était stoppée, lâchant les graviers beiges qu'elle contenait. C'est ce regard surpris et momentanément choqué qu'il entrevu. Mais ce n'est pas cela qui l'amusa au plus haut point. Ce fut plutôt la réaction qu'eut la jeune femme qui lui plut. Beaucoup moins joueuse qu'Alice, son cœur s'emballa automatiquement, et il perçut le battement comme s'il y avait collé son oreille. L'effet qu'il lui faisait était évident. Maintenant, comment, cela c'était une autre histoire. Pourtant, elle ne se déroba pas, l'écoutant sagement. Toujours aussi abasourdie du geste qu'il avait pu avoir, et perplexe face aux mots qu'il avait pu tenir, la jeune femme garda le silence, laissant volontairement la taciturnité s'installer. Cette fois, le démon ne la brusqua pas, attendant qu'elle vienne d'elle même à sa rencontre, qu'elle engage de son propre chef à nouveau la conversation. Ou du moins qu'elle lui donne une suite. En attendant, Alec reporta son attention sur la mer assoupie qui sommeillait à leurs pieds. Au dessus d'eux volaient quelques mouettes déjà réveillées, sûrement en quête d'un bon petit-déjeuner à s'enfiler. A ce constat, le ventre du suédois gargouilla de quelque peu, lui rappelant doucement l'heure matinale qu'il était.

Le pivot de tête de la jolie blonde l'empêcha de penser plus longtemps à ce qu'il pourrait se mettre sous la dent. Il revint donc à leur conversation, reposant les yeux sur la jeune femme dont les joues semblaient déjà moins cramoisies. Un sourire étira les lèvres du démon, faussement content que son influence s'estompe déjà de quelque peu.



« Et bien voilà ! »



Cependant, il ne fallait tout de même pas trop lui en demander, le sourire demeura effacé. Mais au moins, elle se mit à parler.


Le calme de cet endroit... Le bruit des vagues... La beauté de ce paysage... N'est-ce pas merveilleux comme endroit ? J'ai toujours adoré cet endroit. C'est le seul qui parvient à me contenir."


Il l'écouta débiter ces quelques paroles qui teintèrent comme sincères. Il comprit alors que la jeune femme ne pesait pas ses mots, s'exprimait sans compter, parlant à la manière de celle qui aurait décidé de se confier. Il acquiesça donc silencieusement, ne voulant pas briser ce flot de paroles. Il cru bien qu'elle en avait terminé mais en fait il n'y était pas, la suite se faisait simplement attendre.


Ne le prenez pas mal. Vos yeux. Ils sont tellement perturbants. Ils ressemblent à un vaste océan."


Le démon, ne s'attendant certainement pas cela, eut une mine surprise. Il se ressaisit pourtant aussitôt pour reconsidérer la jeune femme qu'il côtoyait. A l'avoir précédemment observée, il n'aurait jamais pensé qu'elle puisse lui dire cela si abruptement. Il aurait pensé qu'elle aurait maquillé ses pensées, les aurait déguisées pour les exprimer.Mais.. Ce fut une agréable surprise qu'il ne manqua pas de notifier d'un sourire vrai.


« Merci beaucoup. Venant d'une passionnée de la mer comme moi, j'estime que ce compliment a énormément de valeur ! »


Il lui décocha un petit clin d’œil complice tout en l'observant regarder à sa droite. Il se retourna aussitôt, méfiant. Son ouïe aurait-elle omis de lui préciser que quelqu'un approchait ? Pourtant, ses prunelles ne balayèrent que l'étendue déserte de la plage aux aurores. L'incompréhension le gagna. Pourquoi regardait-elle donc par là ? A la couleur neutre qu'avaient repris ses joues, il comprit alors que c'était sa manière de ne plus se laisser avoir par ses iris bleutées. Il accepta cette manière étrange de faire, considérant que cela revenait à mieux que de la voir fuir. Il étendit alors les jambes, laissant les grains de sable venir s'acculer à son jean, et reconsidérant la mer, il plaça ses mains légèrement derrière son buste pour l'incliner en s'y appuyant. Le soleil se levait et il prit le temps d'admirer la beauté de l'astre qui se dressait.


« Tu avais prévu de te baigner ? »


Question anodine pour des réflexions si coquines. Le démon conserva sa mine tranquille mais la question visait à évaluer son degré de perception. Parvenait-elle à discerner ses pensées ? Le prenait-elle pour un homme ordinaire ou avait-elle compris qu'il était de ceux joueurs que l'on n'aimerait pas fréquenter? A moins de jouer soi-même, bien évidemment.


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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Ven 6 Jan - 20:16

Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ?

Quel soulagement. L'interlocuteur de la jeune fille n'avait pas prit mal le commentaire qu'elle avait fait sur ses yeux. Elle était plutôt rassurée, elle ne le connaissait pas et cela aurait pu mal finir, mais finalement non, il fut même flatté. Tant mieux. Elle n'aurait pas su comment réagir sinon.

D'ailleurs, elle n'aurait jamais imaginé lire de la surprise sur son visage. Cet homme lui paraissait si confiant, si sûr de lui, prêt à rebondir à n'importe quelle parole. Bien sûr, il l'avait fait, mais elle ne pouvait qu'être fière d'être parvenue à lui faire décrocher une telle expression, sans vraiment le vouloir qui plus est. Pourtant, il venait de réussir en l'espace de quelques instants seulement à la mettre mal à l'aise à nouveau, avec son attitude, ses clins d’œil... Flora se demandait vraiment comment il pouvait être si calme alors qu'elle, elle ne parvenait pas à rester en place, elle s'amusait de nouveau avec le sable, ignorant totalement la beauté du soleil qui se levait.

« Tu avais prévu de te baigner ? »

Flora ne comprit pas de suite pourquoi l'autre lui posait cette question. Bien sûr que non. Il faisait bien trop froid en cette saison. Qu'elle était naïve, la petite fleur... Il fallait dire qu'elle n'avait jamais été vraiment joueuse, sauf avec une personne, Cameron, et encore, ce n'était pas non plus la folie. Elle l'aurait sûrement été si ce dernier ne l'avait pas laissé tomber du jour au lendemain, cependant, il en fut autrement, et alors qu'elle s'apprêtait à lui répondre, candidement, que non, elle ne comptait pas se baigner, le sens caché de son interlocuteur l'arrêtait dans son élan. Encore une fois, elle se mis à rougir, vraiment très fort. D'une part car elle ne s'était jamais retrouvée dans une telle situation, d'autre part car elle ne pensait pas que le jeune homme puisse être ce "genre" de personne. Alors elle se tût, un instant, réfléchissant bien à ce qu'elle allait lui dire. Elle se devait de trouver les bons mots, la bonne intonation, le bon débit, pour lui faire comprendre qu'elle n'était pas vraiment ce genre de personne, mais... Au fond...

Y arriverait-elle ? Mais surtout, avait-elle réellement envie de s'imposer comme cela ?

Depuis toute jeune, Flora était plus du genre à écouter et suivre les idées des autres, et ça ne l'avait jamais vraiment dérangé. Si elle ne l'avait pas fait, elle n'aurait sûrement jamais eu d'amis, elle n'aurait sûrement jamais pu vivre les aventures qu'elle avait vécu avec eux... Alors peut être que la personne en face d'elle n'avait pas vraiment les idées mal placées, peut être qu'il voulait juste la taquiner un peu et voir si elle rentrerait dans son jeu - de toutes façons, il était impensable pour, la jeune Flora que l'homme puisse la trouver jolie, elle était si maigre, si laide, c'était probablement ce qu'elle se disait dans sa tête à cet instant.

Les premiers rayons du soleil vinrent se poser sur le haut de son crâne. Elle leva la tête. Après un court silence, qui paraissait avoir duré une éternité, elle reprit la conversation avec cet inconnu, dont elle ne connaissait même pas le nom.

"Je venais juste me changer les idées."

Une réponse claire, et en même temps si vague. L'italienne attendait la réaction du garçon. De toutes façons, cela l'importait peu, car elle s'était finalement préparée à presque toutes les éventualités.

Elle se levait rapidement, époussetait les grains de sable qui s'étaient logés sur sa robe, et marchait tranquillement vers l'eau qui n'était à présent qu'à quelques pas. Elle se retournait vers le jeune inconnu, ses pieds, auparavant déchaussés, trempaient déjà dans cette immense tâche bleue.

"L'eau n'est pas vraiment froide pour la saison, mais je ne pense pas que je m'y baignerais. Venez voir par vous-même."

Flora pouvait être fière d'elle. Elle avait su s'imposer, ne serait-ce qu'un tout petit peu, alors que la situation ne tournait pas vraiment à son "avantage". Elle souriait à ce garçon, ce n'était pas un sourire énorme, il n'était pas non plus des plus expressifs, mais il était là, et c'était le principal. Elle n'aurait pas voulu que l'autre la trouve désagréable, ou antipathique, après tout, elle n'était pas comme cela.

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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Lun 13 Fév - 15:52


Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferais quoi si ta vie était foutue toi ?
   


Il eut un instant l’espoir infime qu’il venait de décongeler sa timidité. Piètre illusion mon cher démon. Un sourire immense éclaira son visage serein alors qu’il constata que non, aucun progrès aussi grand que cela ne venait d’être commis. Au contraire, sa question innocente souleva une vague de rougissement sur les joues bientôt cramoisies de la jeune demoiselle. Le suédois lâcha un rire cristallin, ne se moquant pas d’elle mais laissant simplement perler son attendrissement face à une réaction aussi pure que celle là. Mon dieu. Du même registre qu’Avalon, nettement moins farouche qu’Alice, elle lui plaisait quand même sacrément bien. Une jolie fleur aux pétales aussi fragiles que colorées. Il observa un long moment le torrent de pourpre qui vint redessiner ses pommettes déjà initialement bien rosées. La réponse fusa pourtant immédiatement, comme un avertissement :

"Je venais juste me changer les idées."

En un réflexe contrôlé, Alec leva aussitôt les mains aux l’air, un sourire innocent jusqu’aux oreilles tel le candide qu’il était. D’une voix forte malicieuse, il se justifia aussitôt.

« Mais voyons, ma Dame, je ne pensais pas à mal. »

Les laissant retomber, il délaissa les joues délicates de l’inconnue pour revenir plonger ses prunelles glacées dans la chaleur des vagues de l’océan. Oh que oui, l’endroit, le temps et la personne qui l’accompagnait l’apaisaient. La nuit marquée par le souvenir d’Alice disparaissait peu à peu, comme guéri par l’atmosphère salée, l’innocence marquée. Il le savait, l’air marin faisait du bien. Les sirènes venaient à bout de tous maux, c’était bien connu. Cela dit, c’était la première fois qu’il rencontrait une sirène aussi douce. D’habitude, de telles beautés se révélaient vénéneuses, piquantes dès que vous tournez le dos, vous faisant leurs yeux de biches le temps d’obtenir ce qu’elles voulaient. Oh oui, Alec les connaissait ces jolies gazelles aux jambes aussi longues que trois filets de pêches. Bah.. Pour ces défauts, elles avaient d’autres qualités. Dont une qu’il appréciait plus que tout. Les gazelles savaient se changer en lionne quand il le fallait. Il n’allait pas s’en plaindre. La demoiselle sagement assise sur le sable dorée n’y ressemblait absolument pas. Mais l’adjectif absolu prenait ici même tout son sens. Il n’avait jamais vu autant de tranquillité et de calme chez quelqu’un. Vraiment. Le sable l’intéressait plus que lui, et sa nervosité ne prouvait rien hormis sa chasteté clairement revendiquée. Plissant les yeux vers l’horizon, le démon ne chercha pas plus loin, la laissant baigner dans ce silence qui semblait tant la combler. Rien ne servait de la brusquer. Il n’aurait pas aimé qu’on le pousse dans les flots glacés dès son réveil. Il n’allait tout de même pas en faire de même et ainsi offenser sa mer chérie en se comportant comme cela, tel un goujat. Non, pour une fois, il allait être courtois, un gentleman aux doigts de fée pour la sirène qu’elle était. C’était bien la moindre des choses à rendre sa mère bleutée. Alors qu’il se remettait à l’admirer, un mouvement sur sa gauche lui fit tourner la tête, quitter ce paysage relaxant, reporter son attention sur la demoiselle murée dans sa taciturnité. Elle se levait, époussetant au passage sa robe pleine de sable. Ah oui.. C’était le problème principal de la plage. On ne savait jamais où ces petits filous de grains de sables allaient se loger. Alec se retint de lui demander innocemment si elle avait besoin d’aide pour les retirer et ravala l’une de ses remarques mal placées.

Fais un effort, Don Juan.

Se reprenant aussitôt, il l’observa marcher jusqu’au liquide épuré qui allait et venait à leurs pieds. Les pieds blancs de l’inconnue laissaient à chaque pas un sillon de trainée sableuse derrière elle. Fasciné, Alec regarda chaque grain de sable se mouvoir contre la peau de la jeune femme. Il vit toute la tendresse que cette dernière avait à fouler le sol léger et son sourire n’en fut que plus grand. Au moins une qui respectait ce lieu sacré. Ni une ni deux, il fut redressé. Ne prenant lui pas le temps d’enlever tout petit grain, il retira son t-shirt et ne se souci pas plus du reste. Ah si, il prit tout de même le soin de relever soigneusement son jean jusqu’à mi-genoux, pour peu que relever un jean soit facile. La rejoignant lentement, il finit par entrer en contact avec l’eau salée. A peine plus froide que la veille, la mer était pourtant un peu plus haute, signe de l’heure encore matinale que le soleil affichait. Le soleil n’allait pas tarder à se lever, il avait hâte de pouvoir encore l’observer. Une patience extrême lorsque l’on parlait de son amour de jeunesse, un goût prononcé pour tout ce qui y avait attrait, Alec était et demeurait un amoureux de la mer. Le cri des mouettes, l’odeur forte et enivrante des algues, le bruit des moteurs au large, le grondement de la tempête qui s’annonce, le surf en été, quoiqu’il fût très mauvais, tout cela le comblait.

Finissant par rejoindre l’inconnue, il vint effleurer la surface de l’eau de ses doigts délicats avant de demander d’une même voix, plus par curiosité que par simple mondanéité :

« Quel est ton nom ? »

Aussi calme que l’eau qu’ils dominaient, le démon respirait le bien être par tous les pores. Oui, image bien flatteuse, je sais, mais que voulez-vous, il est dans la nature humaine d’être flatteur. En relevant les yeux, il s’aperçut du sourire qu’elle lui tendait et auquel il répondit spontanément. Quels progrès Monsieur Hamilton. Vraiment, on apprécie ces petits moments où tu ne nous emmerdes pas avec tes sentiments fibreux ou ton envie de tout casser. Chapeau bas.

Son regard balaya la plage déserte pour se poser sur le port encore endormi quoi que déjà fort rempli. Des marins allaient et venaient, les uns pour aller pêcher, les autres pour aller se balader et le démon eut soudain une envie, qu’il s’empressa de formuler, de peur qu’elle ne puisse lui échapper. Il se tourna vers la belle à la crinière dorée et lui demanda de but en blanc, avant même qu’elle ait eu à répondre à sa première question :

« Une petite balade en bateau, ça te botte ? »


Croisant son regard à demi-incompréhensif, il ne tarda pas à mesurer l’étendue du problème. Ah oui… je ne la connais pas, je viens de lui demander si elle allait se baigner, balançant au passage ouvertement ma sexualité fort peu bridée et je lui propose maintenant de se barrer en mer avec moi. De quoi se méfier. Se rendant compte que cela était un peu fort de café, le démon fit trois pas en arrière, un petit sourire compréhensif sur le minois. Pas de comédie, rien qu’un masque naturel. De toute manière, avec ou sans elle, il allait aller la faire sa balade, aller admirer le somptueux lever de soleil au beau milieu de son terrain de jeu. Néanmoins, vu l’intérêt qu’elle paraissait montrer à la mer et ses environnements cela lui donnait pour toute conviction la certitude que le spectacle pourrait lui plaire. Pour ne pas lui faire peur et minimiser ses paroles peut-être un peu trop floues, il continua.

« Pas dans un quelque but louche, rassure toi. Mais le lever de soleil est encore plus magnifique en mer que sur la plage et puis même, une petite dose d’aventure, c’est toujours mieux pour commencer la journée que de se lever paresseusement au son d’un réveil mal réglé. Non ? »

Le sourie aux lèvres, il s’étira lentement, déliant ses muscles encore endoloris. Il l’était un peu ce paresseux, il fallait bien avouer mais justement, il avait au moins le mérite de s’en défaire, de tout faire pour se réveiller en puissance, commencer cette journée dans la bonne humeur. Considérant que cela était un peu brut de décoffrage comme proposition, il reprit quelques secondes plus tard.

« Bon écoute, si tu veux venir, rejoins moi à la Ritournelle, c’est une petite barque verte qui roupille à côté d’un gros yatch de richou. Tu ne peux pas la louper. Et au pire, demande ton chemin, tout le monde la connait. Ah par contre, ne mentionnes pas mon nom, disons que… je l’empreinte assez souvent comme on empreinte un film en le regardant en streaming sur un site infesté de pubs. Bref, ne t’attires pas d’ennuis inutiles en mentionnant mon nom. Que… tu ne connais même pas en fait. »

Riant légèrement, le démon se gratta la nuque avant de lui tendre une main amicale.

« Bon, on recommence, parce que là c’est une catastrophe. Alec Hamilton, pour vous servir ma Dame. Marin de profession jusqu’à ce que mon premier navire chavire à 11 ans lors de sa première mise à flot car pas assez bien manœuvré. N’ayez crainte, nous reviendrons vivants de cette expédition. »

Lui adressant un petit clin d’œil qui se voulait rassurant, il trottina élégamment jusqu’à la place où ils se tenaient quelques minutes auparavant, prit ensuite la direction du port immédiatement tout en récupérant ses chaussures au passage un peu plus loin, d’où il avait commencé par observer l’inconnue alors que leur route ne s’était pas encore croisée. Continuant sur sa lancée, il rejoint le bitume encore tiède et sauta sans tarder sur les planches du ponton fort peu équilibré. Laissant des trainées de sable filer entre les sillons des planches mal tracées, il s’avança dans les allées à la recherche de sa barque empruntée avant de rapidement la repérer, exactement là où il l’avait laissée la veille. Un petit sourire satisfait étira la commissure de ses lèvres alors qu’il balançait chaussures et t-shirt au fond de celle-ci et d’y sauter d’un geste assuré. Et oui, peut-être pas marin dans l’âme, mais il n’était pas un Pierre non plus, à couler à pic sitôt la terre ferme quittée.

Avant toute chose, le démon vérifia la barque comme il le faisait à chaque fois, histoire de ne pas non plus se jeter corps et âmes dans les bras des sirènes qui pouvaient peupler les bas-fonds de l’océan. Non parce qu’il avait beau apprécier la mer, il se méfiait quand même des gros animaux de compagnie avec qui elle cohabitait. Il n’était pas fou à lier non plus, seulement un peu allumé.



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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Mer 15 Fév - 18:38

Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ?

Le jeune homme l'avait suivi, et Flora ne pouvait s'empêcher de le regarder. Il était si captivant, si hypnotisant. Elle se mordait discrètement les lèvres, tentant de cacher au mieux sa gêne. Oui, elle ne s'attendait pas à ce qu'il la rejoigne, qui plus est, en ayant retiré son t-shirt. Elle, elle osait à peine soulever sa robe pour ne pas trop se tremper. Là où il regardait, elle regardait à son tour. L'horizon, l'eau, puis le port qui se remplissait peu à peu. Le soleil sortait de sa cachette, colorant le ciel d'une multitude de couleurs, toutes plus belles les unes que les autres. Du jaune, de l'oranger, du rose, du bleu clair, puis foncé... Il n'y avait rien de plus beau qu'un lever ou un coucher de soleil sur la plage, la jeune fille en était persuadée, elle n'avait jamais eut autant d'émotions ailleurs. Cela l'apaisait, et dire qu'elle s'en était privée pendant tant d'années, préférant l'obscurité de sa chambre aux couleurs que pouvaient lui offrir la nature.

Son "ami" lui rendait le sourire qu'elle lui avait lancé quelques instants auparavant, et quel sourire. La jeune fille ne voulait pas se l'avouer, mais c'était un fait, il était beau, et charmant. Pas dans le même style que Cameron, quoiqu'il devait avoir bien changé depuis le temps, mais il avait ce genre de rayonnement naturel qui faisait qu'on ne pouvait pas lui déceler une part de laideur. Ses gestes, sa voix, son apparence, tout s'accordait si bien, et c'était peut être pour cela que Flora ressentait autant de gêne à rester avec lui. Il était trop parfait.

Il lui demandait enfin son nom, elle sortait brusquement de ses pensées. Elle ne parvenait pas à sortir un quelconque mot de sa bouche tant elle était troublée. De toutes manières, l'autre ne lui laissait pas le temps de lui répondre, puisqu'il enchaînait de suite sur un autre sujet.

« Une petite balade en bateau, ça te botte ? »

Ni une ni deux, les joues de l'italienne se rosèrent à nouveau, elle fut très surprise de cette invitation, comme elle est surprise de beaucoup de choses. Elle ne connaissait pas ce garçon, il lui inspirait tant de mystère. Elle ne savait pas s'il était bon ou mauvais, s'il était dangereux ou inoffensif...Il était de ceux qui savaient bien parler, qui étaient si convaincants, qui pouvaient se mettre leurs interlocuteurs dans leur poche en une fraction de seconde, Flora l'avait ressenti. Et pourtant, avait-il réellement de mauvaises pensées derrière cette invitation ? Il semblait sincèrement vouloir "naviguer", et elle pouvait le comprendre. LA mer était si calme, et le ciel si beau. C'était à peu près ce qu'il venait de lui dire, tentant de la rassurer. Une petite dose d'aventure... Il avait raison. Flora baissait les yeux un instant, conservant son sourire. Elle était si craintive, si fragile, et pourtant, elle avait envie d'essayer. Elle voulait partir à l'aventure, même si celle-ci ne serait qu'une simple ballade en bateau.

Il lui donnait toutes les indications pour le rejoindre si elle souhaitait, signe qu'il ne voulait vraiment que faire une promenade, car avec ou sans elle, il irait. Elle souriait à sa maladresse, lui qui était si confiant, qui parlait si bien, il s'emmêlait les pinceaux, et elle ne pouvait que se sentir un peu plus à l'aise avec lui, même si elle ne comprenait pas tellement pourquoi son nom soulevait tant de problèmes. Avait-il mauvaise fréquentation dans cette ville ?

Il lui tendait la main, ricanant de sa maladresse, alors Flora se permit de rire légèrement aussi. Il se présentait, reprenant rapidement la confiance qu'il avait.

« Bon, on recommence, parce que là c’est une catastrophe. Alec Hamilton, pour vous servir ma Dame. Marin de profession jusqu’à ce que mon premier navire chavire à 11 ans lors de sa première mise à flot car pas assez bien manœuvré. N’ayez crainte, nous reviendrons vivants de cette expédition. »

"Ravie de vous connaître, Alec."

Disait-elle doucement, mais moins timidement qu'avant. Jamais encore quelqu'un ne lui avait parlé de cette manière, et elle en était si flattée. Elle n'était pas une grande dame, elle n'avait rien fait de spécial, au contraire, elle s'était montré plutôt méfiante à l'égard du jeune blond, alors, qu'il lui parle de cette manière, au lieu de laisser tomber, était quelque chose d'exceptionnel. Elle n'avait même pas eu peur de la dernière phrase qu'il avait prononcé, elle savait qu'il s'amusait.

Il s'en allait, reprenant ses affaires là où il les avait laissé, et Flora hésitait encore quelques instant à le suivre. Finalement, elle ne pouvait pas résister à la tentation. Elle voulait partir à l'aventure. Elle voulait voir le lever du soleil sur la mer. Elle voulait découvrir le monde. Alors elle le suivrait, tant pis pour ce qu'il adviendrait. Elle pensait avant tout à l'instant présent, ce qui n'était pas dans son habitude. Mais pourquoi passer autant de temps à réfléchir ? Pourquoi se pourrir la vie à toujours hésiter ? Elle regretterait cela plus tard. Elle marchait, puis courrait, pour le rattraper, pour ne pas le perdre de vue, elle préférait cela plutôt que de demander son chemin à quelqu'un d'autre.

Finalement, elle réussit à le suivre, un peu essoufflée. Elle avait peur qu'il parte sans l'attendre. Elle était devant la barque, s'appuyant sur un poteau pour se reposer un peu. Elle levait finalement les yeux dans la direction du jeune homme.

"Je... Je m'appelle Flora."

Lui lançait-elle, essoufflée. Elle s'approchait encore un peu de la barque, lentement. C'était la première fois qu'elle allai faire une ballade en barque avec un jeune homme. Autrefois, elle y allait de temps en temps avec son père et sa sœur, mais le bateau était tout de même bien plus grand, ce n'était pas aussi intime que dans une petite barque comme celle-ci. Prudemment, elle montait dans la barque, plusieurs fois, elle faillit perdre l'équilibre, finalement, elle parvenait à se stabiliser et à s'asseoir. Elle rougissait, elle était si maladroite.

"Oh... Je n'aurais peut-être pas du monter tout de suite... Vous étiez entrain de faire quelque chose... Désolée..."

Et c'était repartit pour la petite Flora timide. Elle se blâmait d'être ainsi. Elle fit une petite mine boudeuse, elle boudait son comportement. Elle était tellement frustrée par son comportement qu'elle en oubliait ses bonnes manières. Elle prit une grande inspiration, histoire de contrôler à nouveau les battements de son coeur, elle le regardait, un sourire amical sur le visage, bien qu'encore un peu gêné.

"Merci beaucoup pour cette invitation. J'ai vraiment très envie de voir le lever du soleil sur la mer. J'espère que vous ne m'avez pas menti lorsque vous m'avez dit qu'il était encore plus beau que sur la plage !"

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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Ven 17 Fév - 19:54


Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferais quoi si ta vie était foutue toi ?




"Ravie de vous connaître, Alec."


Une voix fluette et douce qui s’était exprimée, répondant à sa tentative soudaine de tout recommencer. Sur sa barque qui déjà tressaillait sous les pas répétés qu’il lui infligeait, il rit de ses bêtises, imaginant de bon cœur les réactions contradictoires qu’il devait lui inspirer. Bah. Elle doit te prendre pour un gentil con. Ce n’est pas plus mal de se décoller de son étiquette mon ange se dit-il pour faussement se consoler. Ses mains délaissèrent la corde qu’elles venaient de délier, octroyant une certaine liberté aux mouvements de l’embarcation dont les envies voraces d’expédition se contenaient sagement, comme attendant sagement la jeune inconnue, dont il ignorait toujours le nom d’ailleurs. Une jeune inconnue forte peu effarouchée par sa proposition prononcée suffisamment rapidement pour avoir des chances de brusquer. Entendant une respiration aussi bruyante que surprenante, il se retourna lentement, arrachant quelques grincements à cette bonne vieille Ritournelle. Face à lui, appuyée contre le poteau d’amarrage, donnant le sentiment qu’elle allait s’effondrer se tenait la jeune femme, essoufflée. Faisait-elle de l’asthme ? Il mit quelques instants à s’avancer, au cas où il pouvait l’aider, ne sachant trop comment réagir. Elle allait bien ou… ? Ses yeux bleus la scrutèrent silencieusement, à demi-perdus quand à la conduite à adopter. Mais la demoiselle lui fit rapidement comprendre que tout allait bien, elle avait sûrement du bien cavaler pour ainsi se retrouver, à bout de souffle :

"Je... Je m'appelle Flora."

Il ne sut dire si sa timidité l’avait retrouvée ou si sa poitrine continuait de se soulever avec un rythme effréné mais le bégaiement du début le fit tiquer. Néanmoins, la légèreté de ses propos lui fit retrouver le sourire et il hocha brièvement la tête, enregistrant ce prénom au fin fond de sa mémoire. Celle à long terme. Pas celle qui vise à faire rentrer les infos d’une oreille et les éjecter de l’autre dans la seconde qui s’ensuit, non, non. Il lui adressa quelques mots de sa voix suave, n’oubliant pas le moins du monde ses manières civilisées.

« Enchanté Flora. Un joli prénom, pour une jolie pousse. »


Se détournant pour lui laisser la place de monter, il eut à peine fait un pas qu’un grincement caractéristique d’un nouveau passager à bord suivi d’un fort déséquilibre de la barque, déjà fragilisée par sa faible surface. Lâchant un petit cri arraché, il réagit tout de même dans le but de limiter les dégâts. Vif comme l’éclair, il se retourna et lui attrapa l’avant-bras, s’attendant à ce qu’elle bascule ou que sais-je. En fait, non. Elle tint bon toute seule, restant debout, les jambes légèrement écartées de celle qui tente tout de même de ne pas aggraver sa situation en bougeant trop violemment. Il trouva cela attendrissant, s’attardant sur la scène au point de ne pas lâcher son bras. Rougissante, que dis-je, rouge pivoine, elle s’assit brutalement, ce qu’il ne vit absolument pas venir. Il mit quelques secondes à saisir qu’il devait la lâcher et cette hésitation faillit le faire se rétamer à son tour. Attiré vers elle par le mouvement qu’elle venait d’initier, il eut la très nette frayeur de basculer en avant alors que son corps suivait le mouvement, sans que ses pieds eux n’aient décidé d’avancer. Ecarquillant les yeux, il fit rapidement un pas en arrière pour rétablir son équilibre, lâchant la peau de la jeune femme comme si elle avait le pouvoir de le brûler. Il s’immobilisa aussitôt, levant les bras pour se stabiliser, le souffle court, peu par stress d’avoir failli tout renverser mais plus par surprise de s’être laissé décontenancé. Il ne rougit pas comme elle mais eut un petit sourire gêné, comme pour s’excuser de tant de maladresse, scrutant au passage son visage toujours empourpré par la gêne qui l’habitait.

"Oh... Je n'aurais peut-être pas du monter tout de suite... Vous étiez entrain de faire quelque chose... Désolée..."

Levant la main en signe de paix, il s’assit lentement, anticipant chaque instant.

« Aucun souci, je ne faisais rien, tout va bien. »

Retrouvant son petit air confiant, il tendit le bras vers l’arrière, pivotant légèrement le buste pour voir ce qu’il faisait. Il attrapa les pagayes soigneusement rangées sous la bâche qui recouvrait le fond de la barque et les installa de part et d’autres de l’embarcation, s’assurant en premier lieu que la rame droite ne risquait pas de se faire la malle d’une quelconque façon. En même temps que ses vérifications, il releva les yeux vers Flora, dont il connaissait maintenant le charmant prénom, et constata sur son joli minois une moue quelque peu boudeuse, ce qu’il ne comprit pas. Le jeune homme n’était en effet pas habitué à voir sur les visages le débat intérieur des individus, ne comprenant pas qu’elle se blâmait. Il crut qu’elle lui en voulait. Il détourna les yeux, sans réaction, vérifiant trois fois la même attache en se mordant brièvement la lèvre et s’excusa quelques secondes après, rapidement, comme si le dire lui coûtait. Pourtant, ce fut un geste spontané :

« Désolé. »

Mais il était à côté, Flora se lança tout de suite après pour le remercier de l’avoir ainsi invitée. Il sourit, retint un petit rire et hésita à lui dire qu’en fait, ils étaient en totale illégalité, que cette brave Ritournelle appartenait à un petit abruti avec qui les relations n’étaient que basées sur le mensonge et la manipulation. Il aurait aussi pu lui dire qu’il était dangereux de s’aventurer en mer avec aussi petit en sachant que l’heure de pointe des gros pêcheurs n’allait pas tarder ou encore lui dire que vu l’instabilité de la bête, ils avaient toutes les chances de basculer, mais il ne dit rien, tint sa langue. La surprise il lui laissait, lui octroyant le piment des petits aléas de l’aventure. Quel gentleman.

°On avisera le moment venu, Alec, pas la peine d’en faire des caisses pour des broutilles. °

Il ne réagit donc qu’à la fin de ses mots, reprenant malicieusement.

« Au pire, je me rattraperai autrement. »

Petit clin d’œil complice l’espace d’un instant avant d’à nouveau fuir son regard pour cette fois s’emparer des deux rames et faire marche arrière, pour sortir de ces allées trop immobiles, trop bien rangées. Concentré sur la manœuvre qu’il effectuait, il se tut de longues minutes, le temps que l’embarcation quitte saine et sauve le petit port de plaisance, métissé entre petites perles de richous et grandes constructions donnant toujours ce même sentiment d’avoir été conçue dans l’à peu près. Et oui, le monde était plein de bonne volonté, mais finalement pas de temps d’égalité.
Quand le large fut atteint, la côté quittée, la mer tranquillisée et le brouhaha de la ville qui s’éveillait brouillée par le bruit reposant des vagues, il lâcha les rames, se redressa légèrement, laissant tanguer tranquillement la barque qui se soulevait au rythme des flots. Il releva enfin les yeux vers la jeune demoiselle qui lui faisait face. Le vent lui balayait les cheveux, les faisant voleter autour de son visage fin. Il venait agresser sa peau exposée. Ramenant légèrement le pied vers lui tandis qu’il étendait l’autre jambe, il tourna la tête vers l’horizon, attendant que le spectacle tant prisé fasse son entrée.



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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Jeu 23 Fév - 10:30

Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ?

Ça y est. Ils étaient partis. Ils quittèrent doucement le port, et Flora frémissait d'impatience. Elle tentait de le cacher, mais son regard était bien trop expressif, ses gestes ne pouvaient être contrôlés. En un instant, elle oubliait sa crainte quant à monter dans une barque avec un inconnu. Inconnu qui l'était de moins en moins de toutes les manières. Elle s'habituait lentement à sa présence, à ses manières, même les sous-entendus du jeune homme ne dérangeait plus la jeune fille, elle préférait prendre ces remarques au second degré. Pour l'instant, elle voulait juste profiter du moment présent. Elle n'aurait peut être plus l'occasion de faire une ballade en bateau.

Elle était émerveillée. Encore plus que sur la plage. Cet Alec avait raison. Le lever de soleil était encore plus beau en mer, et ils étaient arrivés juste à temps, car les levers et couchers de soleil sont tellement éphémères, ils disparaissaient tout comme ils apparaissaient, de manière soudaine. Elle ne prêtait plus attention à son ami qui l'accompagnait. Elle se réjouissait de la vue, affichant un grand sourire sur ses lèvres. Elle se redressait un peu, faisant bien attention à ne pas faire basculer la barque. Finalement, elle se remit à sa place quelques instants plus tard. D'ici, les rayons du soleil réchauffaient sa peau si blanche, si froide. Ça lui faisait du bien de ressentir cette chaleur, partout sur son corps.

La comptine qu'elle chantait auparavant faisait à nouveau tilt dans sa tête. "Mon soleil". Son soleil. Il était là, devant elle, si chaleureux, si doux, il était aussi dans son coeur, il était tant de choses, et si peu à la fois. Alors qu'auparavant, repenser à cela la rendait triste, aujourd'hui, elle en souriait. Elle regardait l'eau, passait une main dans cet immense bleu, froid, totalement opposé à la chaleur du soleil. Elle murmurait, gardant toujours son sourire, une petite phrase, emblématique de son enfance. "Quelle belle chose qu'une journée de soleil, un air serein après une tempête..."

Finalement, Flora adressait enfin un regard au jeune homme qui l'avait conduit jusqu'ici, elle voulait tellement lui parler, elle avait le sentiment d'avoir pleins de choses à lui dire. Elle se rappelait de ce qu'il lui avait dit tout à l'heure, qu'il valait mieux ne pas dire son nom dans cette ville. Sans le juger, sans même vouloir en apprendre d'avantage sur lui, elle voulait lui dire à quel point elle était reconnaissante, à quel point il était une bonne personne.

"Vous savez Alec ? Moi, je pense que vous êtes quelqu'un de bien."

Un bruit les sortaient de ce calme, de ce morceau de paradis dont ils profitaient depuis plusieurs minutes. Flora se retournait soudainement. De nombreux bateaux, bien plus gros que le leur, sortaient eux aussi du port. Il fallait s'y attendre. Mais le soleil était encore bas, et Flora ne voulait pas partir, et puis, elle voulait rester avec cette personne, ce garçon, Alec, qui malgré le grand mystère qu'il soulevait, était de si bonne compagnie. Elle s'adressait à nouveau à lui.

"Que faisons-nous à présent ?"


Cette situation paraissait dangereuse, d'ailleurs, seule, Flora se serait laissée envahir par la peu, mais là, elle avait confiance en cette personne, elle restait calme et savait que rien ne pouvait lui arriver.

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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Dim 12 Mar - 12:51


Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferais quoi si ta vie était foutue toi ?




Le soleil ne tarda pas à se pointer, majestueux, droit, fier. Un souverain qui s'éveillait, qui venait saluer ses sujets. Son titre de noblesse resplendissait, son influence déjà s'étendait pour venir réchauffer le royaume qu'il surplombait. Alec pencha la tête en arrière, posa la nuque sur le bord de la barque, étendit les jambes, fermant les yeux dans l'attitude passive de celui qui va profiter. Il laissa la chaleur bonifiante venir lécher chaque parcelle de son épiderme dénudé, ce qui… s'arrêta à ses pieds et son visage, le plongeant tout de même dans un état de bien être total. Sous lui, le bateau tanguait doucement, et sa main ne tarda pas à venir elle aussi frôler, caresser l'eau froide sur laquelle ils flottaient. Ni l'un ni l'autre n'échangèrent le moindre mot, profitant chacun de leur côté du moment qu'ils passaient. Pourtant, il ne prit pas la peine d'ouvrir les yeux, de profiter de la beauté de l'eau qui s'éclairait de toutes les couleurs rosées que l'astre pouvait projeter. Le tout était déjà bien solidement ancré, gravé dans sa mémoire. Ce spectacle ? Il le connaissait sur le bout des doigts, et pourtant, cela faisait à peine deux mois qu'il était là. Mais… combien de fois était-il venu là ? Se brûler la rétine à le contempler ? Fatiguer ses muscles oculaires pour distinguer les moindres détails qui se profilaient. Cette représentation, il se la modélisait désormais mentalement, se concentrant désormais sur les perceptions, les sensations qui venaient l'habiter, pour venir parfaire ce souvenir impeccable, magistral. Oui le suédois avait bien retenu sa leçon, et s'il avait fallu peindre le spectacle, il l'aurait très certainement reproduit avec une précision des plus exemplaires, dès lors que l'on aurait compris comment fonctionnaient ses gribouillis. Bah oui, on ne devient pas artiste du jour au lendemain. Le seul art qu'il maîtrisait plus ou moins, c'était la photo, voire de quelque peu le chant. Pour le reste… on ne peut pas dire que cela soit glorieux. Mais l'important était qu'il faisait toujours de son mieux, n'est-ce pas ?

Il sut que le soleil était bel et bien levé quand les mouvements fluides de la barque qui se mouvait au rythme des vagues tangua un tantinet plus que d'ordinaire, sous les gestes un peu plus éveillés de Flora. Le spectacle devait être terminé pour qu'elle commence à s'agiter. Il ouvrit alors lentement les yeux, les portant immédiatement sur la jeune femme dont le sourire resplendissait. Ce constat lui fit aborder le même état d'esprit. Rien de mieux qu'un coucher matinal pour réjouir les gens. Qui pourrait rester insensible face à une telle beauté ? Un cœur de pierre, à n'en pas douter. A ce niveau là, le suédois n'avait pas la force de lutter. Au lieu de détester, il appréciait, était soumis à pareil attrait. Et oui, on ne pouvait pas toujours tout maîtriser. A la manière de la jeune femme, il se redressa, croisa à nouveau les jambes tout en portant ses yeux vers la main de Flora qui se déplaçait, pour venir effleurer l'eau sous leurs pieds. Il la regarda d'une manière attendrie, appréciant la sérénité dont elle faisait preuve, le calme qui l'animait et qui le tranquillisait par la même occasion. Il ne se trouvait pour une fois pas en présence d'un être bouillonnant, qui aurait le chic de réveiller ses pulsions, de le faire sauter sur ses gongs. Non. La jeune demoiselle, la jeune blondinette paraissait d'une extrême douceur, d'une bienveillance extrême et il aima particulière son côté humain. Son cœur battait à un rythme raisonnable, pas d'aura pour venir le dégoûter, seulement la vision d'une jolie fleur qui, épanouie, faisait sa vie. Il l'entendit murmurer quelques maximes qu'il ne put reconstituer, souriant en imaginant qu'elle se récitait peut-être un poème, repensait peut-être à quelques souvenirs heureux. Elle s'était entourée de sa bulle, et le démon se plaisait à l'observer, à laisser son regard glisser sur elle, se repaître du côté bon vivant qu'elle abordait. Il fut donc de quelque peu surpris quand elle s'adressa à lui, ne pensant pas qu'elle en viendrait à parler si rapidement, elle qui avait mis si longtemps à se dérider sur la plage, précédemment.

"Vous savez Alec ? Moi, je pense que vous êtes quelqu'un de bien."

Sans se presser, elle lui débita ses paroles pour le moins inattendues et le démon, une nouvelle fois, ne sut que répondre. Il plongea son regard dans le sien, sans animosité, hébété, voire gêné. Depuis le début, on l'avait perçu comme le vilain petit canard. Il avait eu droit à tous les regards haineux possibles et imaginables, s'était octroyé les foudres de chaque personnes qu'il avait rencontrées. N'avait en effet rien fait pour calmer le jeu, il avait apprécié se faire ainsi traité, ne pas avoir à se laisser apprécier. Il est tellement moins gênant de se faire détester qu'essayer de se faire aimer. Il avait choisi la facilité, laissé parler son animosité, son côté mesquin, cruel et fort peu solidaire. Mais en même temps, ces crétins avaient eu cette condescendance, avaient su comment activer son mauvais côté. Jamais aucun ne s'était comporté de manière aussi déroutante et si… surprenante. Hormis Alice, mais dans un sens tout inverse. Elle ne parlait pas. Elle ressentait, montrait, communiquait seulement quand vraiment la nécessité s'en faisait. Flora, elle, disait tout haut des pensées qui pouvaient la traverser, sans se soucier de ce que les gens pourraient penser. Et, cette franchise.. il l'appréciait. En même temps, elle le brossait actuellement dans le sens du poil aussi. Cela aidait. Un sourire sincère s'invita sur son minois, et il détourna les yeux pour le laisser se porter sur l'eau qui se profilait indéfiniment face à eux, étendue azurée qu'il savait apprécier.

« Merci Flora. »

La rhétorique n'avait jamais été son fort, et même s'il était un piètre orateur, ne savait jamais comment vraiment trouver ses phrases, le pire était de savoir continuer à discuter. Lancer des piques, ça il savait. L'acerbité ne l'avait jamais rebuté, l'avait toujours accompagné dans le moindre de ses dialogues. Mais parler sincèrement sans se sentir ridicule, il en était tout autrement. Il posa son avant bras sur le genou qu'il venait de relever, sans retourner les yeux vers elle.

« Il faut croire que certaines personnes savent faire ressortir la part bienveillante de notre personnalité. Certains endroits servent à nous tranquilliser, à faire taire quelques temps le côte malveillant qui sommeille espièglement. Mais.. je ne sais pas s'il en est de même habituellement tu sais. »

La sirène d'un paquebot retentit dans le calme ambiant, et clignant des yeux, il rompit la bulle qui les entourait, laissant son masque revenir occuper la moindre parcelle de ses traits. Son sourire disparut, ses sourcils se froncèrent, la lueur de ses yeux vira à la vigilance, ses muscles se bandèrent alors que le constat le heurta. Ils étaient en plein sur le trajet des navires qui allaient et venaient, entraient et sortaient du port. Il sauta sur ses pieds, sans vouloir forcement que la barque continue à tanguer tranquillement. Cette dernière bougea au contraire violemment et l'acoup que son redressement provoqua fit glisser la rame gauche qui s'en plus demander son reste fila, s'enfonçant profondément dans les eaux troubles de la mer.

« Merde putain ! »

Il avait vérifié la rame droite avant de démarrer, mais plus occupé à reporter son attention sur Flora avant de partir, il n'en avait pas fait de même avec sa coéquipière et cette erreur s'en faisait désormais bien ressentir. Soucieux, il se pencha vers le bord de la barque pour essayer de la récupérer, mais Poséidon n'était décidément pas envieux de les aider, et avait tôt fait de faire disparaître le malheureux bout de bois entre ses doigts glacés. Désormais inquiet de la tournure qu'allaient prendre les événements, il jeta un petit coup d’œil à Flora qui demandait innocemment ce qu'il allait en être maintenant ? Il n'eut pas le temps de répondre, trop occupé à surveiller l'arrivée des monstres qui lentement se mouvaient. Heureusement pour eux, ils n'était pas des flèches, ce qui leur laissait un peu de temps. Il se rassit brutalement, la barque s'enfonçant de quelque peu de son côté, soulevant le bord ou Flora était assise, avant de se rééquilibrer doucement. Serrant les dents, il s'empara de la rame droite et essaya de passer en mode kayak, la plongeant tantôt à droite, tantôt à gauche. Il mit un peu de temps à redémarrer la barque. Avec une lourdeur non dissimulée, celle-ci se mit en branle, à pas lents. Le démon jura de plus belle, regrettant la rame perdue qui leur aurait permit de rapidement quitter le sentier maritime. Mais à une rame, il en était tout autrement. Il n'appuyait jamais de la même façon dans l'eau tant et si bien qu'au lieu d'avancer, le bateau pivota plusieurs fois, jusqu'à finalement se retrouver dos à tout ce qui les suivait. Harassé, impatient, il se refusa à continuer, la balança rageusement au fond, sans prévoir que cette dernière viendrait heurter le genou de Flora. Dès qu'elle l’érafla, il tendit la main vers elle pour venir effleurer la zone touchée dans un geste d'excuse.

« Désolé. » marmonna t-il.

Cette fois-ci, il se redressa plus délicatement, sans tout faire tomber. Conscient de son impuissance quant à ramer, il était néanmoins décidé à ne pas se laisser rattraper. Enlevant le t-shirt qu'il avait remis avant de monter, il le balança aux côtés de la rame délaissée et tendit une main vers Flora qui le regardait s'exécuter avec des yeux ronds.

« Ma belle Flora, j'espère que tu sais nager. On y va ? »

Son regard laissa difficilement passer une lueur confiante, histoire de la convaincre de le suivre et non de rester au milieu de la barque, à espérer que les bateaux ralentissent. Mais la barque était bien trop petite et frêle pour qu'ils puissent la voir à temps. Elle se retrouverait bloquée entre deux paquebots, malmenée par les flots soulevés, basculerait à coups sûrs et là… il ne donnerait pas cher de la noyade qui s'ensuivrait. Si au moins ils pouvaient éviter de se laisser attirer vers le fond comme la rame avant eux… il était prenant ! Voyant qu'elle hésitait, il jeta un coup d’œil à la mer, reporta ses yeux sur Flora et la pressa.

« Flora ! Pas le choix. Au pire tu t'accroches à moi ! »

Sans plus lui demander son avis, il s'avança vers elle, se pencha pour passer une main le long de ses hanches et la soulever pour la redresser avant de s'emparer de sa main qui le fuyait et de sauter, l’entraînant dans sa chute. Ses gestes fermes ne lui laissèrent pas le choix. Ils se retrouvèrent à deux dans les eaux glacés. Fermant les yeux au moment où elles vinrent l'entourer, il les laissa venir plaquer ses cheveux blonds le long de son visage déterminé. Battant des pieds en un geste efficace, il regagna la surface, tenant toujours Flora avec fermeté, pour ne pas qu'elle décide de faire la folle. Il ne la connaissait pas, et n'avait pas très envie de la voir entraînée par les flots à l'opposée de la plage qu'ils visaient. Il ne savait même pas si elle savait nager et bien qu'égoïste, elle, il ne l'aurait sûrement pas abandonnée pour s'en sortir tout seul. Crachant les quelques goulées qui s'étaient infiltrées, il tourna les yeux vers Flora, pour s'assurer que cela allait bien pour elle.

« Va falloir nager ma belle. J'espère que petite tu as pris des cours. Un bon km nous attends là.. »

Il ne plaisantait pas. Il avait fait de nombreuses fois le trajet, abandonnant la barque à cet océan déchaîné, qui l'avait entraîné comme il le voulait. Et… le propriétaire n'avait jamais été vraiment content que les gardes côtes viennent la lui ramener à chaque fois alors qu'il ne l'avait pas détaché de la journée.


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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Dim 19 Mar - 18:09

Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ?

Alec eut un mouvement soudain que Flora ne comprit pas. Une des rames tomba aussitôt dans l'eau. Le calme si apaisant d'il y a quelques instants avait disparu et laissa place à une angoisse profonde que le jeune homme parvenait comme jamais à communiquer à la jeune italienne. Pourtant, elle ne fit rien, elle pensait qu'il arriverait à arranger la situation.

Continuant ses jurons, il tentait de rattraper le coup en pagayant avec une seule rame, mais ce n'était pas si simple, et la jeune fille s'inquiétait de plus en plus, les bateaux s'approchaient dangereusement et ils n'avaient aucun moyen de s'en sortir comme cela. Il abandonnait cette méthode, balançant sa rame violemment, sans prévoir qu'elle viendrait se fracasser sur le genou de Flora. Elle aurait pu pousser un cri de douleur, elle aurait pu se plaindre, mais il n'en fut rien. Elle se contentait de se mordre les lèvres pour ne rien laisser paraître. Oui, ça lui avait fait mal, d'autant qu'elle était fragile, la petite Flora, mais ce n'était pas le moment de pleurnicher, le temps commençait à manquer, et il fallait réfléchir à une solution dans le calme. Pourtant, le blond s'excusa, ayant un geste tendre qui lui fit oublier quelques temps son mal. Il enlevait son t-shirt. Flora comprit tout de suite. Elle regardait furtivement l'horizon, la côte lui paraissait bien loin, pourtant, c'était probablement la seule solution qu'ils avaient. Il lui tendait la main, l'invitant, en quelques sorte, à sauter de la barque et à rejoindre la terre ferme à la nage. Il tentait de la mettre en confiance, mais à ce moment-là, on pouvait lire dans son regard un peu d'inquiétude, Flora hésitait. Les vagues étaient violentes à cause des bateaux qui arrivaient. Oui, elle savait plus ou moins nager, mais aurait-elle la force de tenir jusque là-bas ? Mais surtout, allait-elle survivre à cette nage mouvementée ?

« Flora ! Pas le choix. Au pire tu t'accroches à moi ! »

Elle n'eut pas le temps de réaliser ce qu'il se passait qu'il l'avait prise dans ses bras et qu'ils se retrouvèrent dans l'eau.

Glacée.
Elle était terriblement froide. Pourtant, lorsqu'elle avait trempé ses pieds dedans un peu plus tôt dans la matinée, elle était largement plus chaude. Là, la température était tellement froide qu'elle lui brûlait chaque partie de son corps. Pendant quelques instants, elle ne parvenait pas à bouger tant le froid la paralysait, et heureusement qu'Alec était avec elle, elle se serait noyée sinon. Elle parvint finalement à reprendre ses esprits, même si elle éprouvait encore du mal à se mouvoir.
Les vagues montaient, descendaient,si bien que la jeune fille perdait rapidement tout ses repères. Elle tenait fermement Alec, si lui, elle le perdait de vue, elle était foutue.

« Va falloir nager ma belle. J'espère que petite tu as pris des cours. Un bon km nous attends là.. »


Vous savez ce que vous ressentez, lorsque vous pensez avoir fini tout votre travail et que vous vous rendez compte qu'il vous reste encore une montagne de choses à faire; et bien, voilà ce que ressentait notre jeune italienne à ce moment précis. Pourtant, elle était prête à le faire. Par instinct de survie peut être ? Sûrement même. Elle lâchait lentement mais sûrement Alec pour qu'il puisse nager sans difficulté. Elle se mit à le suivre. Elle n'allait pas bien vite, mais les vagues étaient un peu moins violentes, et même si c'était difficile, elle arrivait à suivre le jeune homme.

Au bout d'un certain moment à nager, sans rien dire, seulement en échangeant quelques regards pour savoir si tout allait bien, ils regagnèrent la terre ferme. Flora sortait difficilement de l'eau, celle-ci avait bien alourdit ses cheveux et ses vêtements, si bien qu'elle manquait de tomber plusieurs fois avant de poser les pieds sur du sec. Elle essorait sa longue chevelure, puis sa robe qui lui collait à présent bien sur la peau, dévoilant sa maigreur qu'elle tentait de cacher. Elle regardait à nouveau son sauveur. Elle aurait pu le détester, elle aurait pu le craindre pour ce qui s'était passé, pourtant, est-ce que si elle avait été avec une autre personne celle-ci aurait veiller sur elle comme lui il l'avait fait ? Il aurait pu la laisser couler pour se sauver lui même, mais il ne l'avait pas fait. Elle s'approchait de lui, tentant de sourire, même si elle était encore sous le choc, même si elle était frigorifiée.

"Heureusement que vous étiez là, je serais morte à l'heure qu'il est..."


Elle ne parvenait pas à retenir ses larmes. C'était la pression qui redescendait. Elle voyait tout le chemin qu'ils avaient parcourus. Elle n'aurait jamais pu réaliser un tel exploit habituellement. D'ailleurs, elle se sentait faible, si faible, qu'elle ne tarda pas à s'asseoir au sol, laissant finalement couler ses larmes.

"C'était totalement fou haha... On fera quelque chose de moins dangereux la prochaine fois !"

La prochaine fois... Inconsciemment, elle espérait le revoir une fois qu'ils se quitteront. Pourtant, il n'était pas aussi amical et facile à approcher que le peu de personnes qu'elle avait déjà rencontré ici, mais il donnait envie d'en savoir plus.

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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Jeu 13 Avr - 14:39


Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferais quoi si ta vie était foutue toi ?
   



Vraisemblablement, il vécut mieux l'accueil glacial de Poséidon que la jeune femme. Cette dernière, une fois immergée fut immobile quelques secondes ce qui aurait bien pu lui être fatal. Le démon resserra la pression sur son bras et battit alors des jambes pour deux, essayant de l'empêcher de couler, et lui également au passage. Pourtant, il se laissa plusieurs fois entraîner vers le fond de par son poids. Elle ne pesait pas lourd mais les flots eut pesaient dans le game. Plus violents qu'à l'accoutumée de par l'arrivée imminente des paquebots, ils se faisaient un malin plaisir de les violenter tant et si bien qu'ils burent la tasse à plusieurs reprise. Remontant toujours à la surface par de puissants coups de pieds qui le fatiguaient, il crachait à chaque fois l'eau salée, secouant la tête pour dégager les mèches qui lui barraient les yeux. Pourtant, les grimaces ne mirent pas longtemps à envahir son joli minois. L’acide lactique ne tarda pas à envahir ses muscles, à venir le piquer un peu histoire de lui rappeler qu'il n'avait pas toute l'après-midi devant lui. Fort heureusement, Flora retrouva bien vite l'usage de ses muscles et se mit à les mettre en branle. Immédiatement, le suédois relâcha de quelque peu la contrainte qu'il exerçait sur elle, n'étant pas trop sûr de vouloir la lâcher directement. Pourtant, elle le somma bien rapidement de la lâcher, ce qu'il fit sans tarder. Elle ne voulait sûrement pas le gêner ou alors lui-même la gênait. Qu'importe. Le démon reprit immédiatement possession de son bras et l'employa rapidement pour nager, se mettant lentement au crawl. Il mit quelques temps à trouver son rythme, jetant assez souvent de petites œillades à la jeune femme histoire de s'assurer qu'ils ne se perdaient pas mutuellement en chemin. Cela aurait été bête. Non pas que rentrer seul le dérangeait mais puisqu'il l'avait amenée là, il la ramènerait. Simple question de principe. Et le premier qui s'indigne qu'un démon ait des principes, je lui fourre mon poing dans la gueule. C'est comme ça.

La plage lui paraissait tellement loin de là où ils se trouvaient qu'il faillit en être découragé mais le simple fait qu'elle nage à ses côtés suffit à lui rappeler qu'il ne devait pas se défiler. Il lui jeta un dernier regard avant de fermer son esprit à toute pensée, qu'elle qu'elle soit. Le froid ne l'atteint plus, il n'y fit simplement plus attention. La fatigue musculaire qui le dévorait petit à petit n'eut plus de prise sur lui. Il entendait à peine les violents battements de son cœur contre sa cage thoracique, se concentrant sur l'objectif face à eux. Plage, plage, plage. Sans s'en rendre compte, il accéléra petit à petit, mû par l'envie dévorante d'arriver. Quand enfin ils y parvinrent, il sortit de l'eau en chancelant, reprenant son souffle. Pliant légèrement les genoux, il se pencha de quelques peu en avant, plaçant ses paumes sur eux. Il demeura quelques instants, le regard hagard, planté dans le sable qui les entourait. Au moment où il déglutit, Flora sortit de l'eau. Il lui tournait le dos mais les éclaboussures qui parvinrent à ses oreilles de nouveau attentives ne trompaient pas. Lentement, il se retourna, la respiration encore haletante. Ses yeux détaillèrent la créature qui émergeait des flots. Sa robe collait à son épiderme frissonnant, ses cheveux y étaient également plaqués. La maigreur qui en ressortait faisait peine à voir. Ce fut à ce moment là que le démon la remarqua. Il ne l'imaginait pas si frêle. Bien qu'il n'en montra rien, il admira son aptitude à l'avoir caché. Il ouvrit la bouche pour la questionner mais la referma aussi sec. Sujet sensible eut-il la bonne idée de penser avant de se murer dans son silence. Elle en parlerait si elle voulait. Pour lui tendre la perche, il accentua son regard qui la détaillait. Au moins le message passerait. Si elle désirait en discuter, elle le ferait, sinon, il comprendrait que de cela, il ne fallait pas lui en parler. Essorant sa longue chevelure ainsi que la masse désormais froissée de ce qui la vêtissait, la jeune femme manqua à plusieurs reprises de trébucher et de se rétamer. Le démon émit plusieurs  l'envie d'aller l'aider mais son corps lui dit clairement d'aller se faire voir en le secouant de tremblements. Il resta donc sur place, à l'observer simplement. Cela le tuait de l'admettre, mais cette simple traversée l'avait vanné.

La voix de la jeune femme ne tarda pas à s'élever, en même temps que ses yeux le scrutaient. Ils furent rapidement accompagnés de perles qui dévalèrent ses joues maculées de sel. Sans réfléchir, le démon avança vers elle, faisant abstraction des protestations que cela engendrait et vint l'entourer de ses bras pour la tenir contre lui. Par ce biais, il homogénéisa au passage leur chaleur corporelle mutuelle qui ne s'élevait pas très haut, essayant de calmer les frissons qui la parcouraient. Sa main vint caresser les cheveux qui sommeillaient sur sa peau mouillée. Posant la joue contre son front, il la laissa se calmer, ne la forçant pas le moins du monde à rester, étant déjà prêt à reculer si l'envie de s'écarter la secouait. Il écouta calmement ses sanglots, respirant de plus en plus lentement. Le regard tourné vers la mer,, il attendit que la jeune femme se calme un peu pour répondre à ses paroles. Au contraire du ton légèrement angoissé qui avait percé de son côté, il s'évertua à conserver une voix posée et calme :

« Pas de soucis. Les amoureux de la mer se doivent au moins de s'entraider les uns les autres sur ce territoire. Et.. parce que tu comptes sur le fait qu'il y ait une prochaine fois ? »


Un sourire ébranla ses lèvres bleutés, et son regard s'adoucit. Il laissa ses yeux glisser vers la jeune femme, et constatant que ses tremblements cessaient, il se détacha rapidement, faisant deux pas sur le côté. Cherchant le contact du soleil, il s'assit sur le sable, ramenant une jambe vers lui pour y poser son coude. Nonchalamment, il regarda à nouveau Flora, les yeux plissés face au soleil qui la surplombait.

« En attendant, je crains qu'il ne faille aller se changer, sinon c'est la mort qui va venir nous chercher... »


Sans se départir de son sourire, et comme pour prouver ses dires, il laissa ses poumons exprimer une quinte de toux et, redressant la tête, il lui adressa un petit regard navré.

« Tu as des affaires de rechange avec toi ? »

De son côté, il n'en avait pas, mais le long de la plage, il trouverait bien une petite bicoque de souvenir qui pourrait le dépanner. Un t-shirt de surfeur, un t-shirt tout simple, qu'importe, et peut-être un bermuda aussi, ça pourrait être pas mal. A chaque pas qu'il faisait, son jean le collait de manière désagréable et il n'était pas sûr de vouloir rentrer chez lui de sa démarche de canard. Pas bon pour la réputation ça.


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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Mar 18 Avr - 22:40

Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ?

Elle sentait les regards qu'Alec lui lançaient et s'était mise à paniquer dans sa tête. Était-il entrain de la juger ? Était-il dégoûté par son extrême maigreur ? Elle n'en savait rien, elle faisait mine de ne pas l'avoir remarqué pour l'instant, trop concentrée à essorer sa longue chevelure.

L'étreinte qu'Alec faisait à Flora au moment où elle s'était mis à pleurer l'avait grandement surprise. Elle ne s'y attendait pas vraiment, mais ce moment n'était pas désagréable du tout. Elle se sentait tellement soulagée d'être encore en vie et d'avoir atteint son objectif. Finalement, si le jeune homme avait eu ce geste, c'est qu'il n'était peut être pas repoussé par le physique qu'elle arborait. Il fallait vraiment qu'elle arrête un peu de se soucier de ce que pensaient les gens d'elle, ça ne servait à rien finalement...

Il attendait que la jeune fille se calme avant de répondre à ses paroles, sur un ton doux, posé, agréable, ce qui avait pour effet de détendre un peu plus l'italienne.

« Pas de soucis. Les amoureux de la mer se doivent au moins de s'entraider les uns les autres sur ce territoire. Et.. parce que tu comptes sur le fait qu'il y ait une prochaine fois ? »

Si Flora était contente d'avoir rencontré une personne qui s'émerveillait autant de la mer qu'elle ? Oui, elle en était vraiment ravie. La plupart des jeunes préfèrent passer des journées dans les centres commerciaux, ou bien restent chez eux toute la journée devant la télévision, peu d'entre eux aiment profiter du calme de la nature et ne prennent aucun plaisir à contempler la beauté de ce monde, alors il était certain qu'elle le reverrait, ce garçon, rien que parce qu'elle retournerait ici, et qu'elle savait qu'elle le croiserait forcément.

"J'y compte bien vous savez, je ne connaissais encore personne qui aimait la mer comme cela."

Disait-elle, lui offrant un de ses plus beaux sourires, elle ressemblait à une petite enfant qui venait de se faire un nouvel ami, comme autrefois où sa promenade solitaire sur la plage avait été dérangée par celui qui prendra plus tard une place si importante dans son coeur. Finalement, Alec se reculait, il cherchait le soleil, c'était normal, il n'était jamais très bon de rester ainsi avec des vêtements mouillés, d'autant que l'eau était vraiment froide, alors même si le temps était doux, le froid les rattrapaient vite. Flora elle, ne bougeait pas, elle suivait simplement Alec du regard.

« Tu as des affaires de rechange avec toi ? »

C'était évident qu'elle n'avait rien sur elle, et la maison d'Alizée n'était pas à côté, Flora ne se sentait pas capable d'aller jusque là-bas, de plus, la sensation des vêtements collés sur sa peau et entièrement mouillés n'était vraiment pas agréable du tout.

"Je n'ai rien sur moi, je n'aurais jamais pensé qu'il nous arriverait une telle péripétie haha ! Mais bon, j'imagine que les petites boutiques de souvenirs qui longent le port sauront me sauver la vie ! Après tout, un t-shirt simple... Un bermuda... Feront amplement l'affaire !"

Elle s'approchait finalement de lui, voulant goûter quelques instants à la chaleur de ce soleil, même s'ils n'allaient pas tarder à se diriger vers l'une de ces nombreuses boutiques pour se revêtir de vêtements secs.

"J'espère que ma maigreur ne vous a pas trop effrayé. Je... Je n'arrive tout simplement plus à manger correctement depuis quelques années. Je crois que j'ai vécu un choc qui a chamboulé tout mon corps... Mais... Il ne faut pas s'inquiéter ! Je le vis plutôt bien, même si je suis un peu faible."

Elle aurait aimé lui parler de son histoire, du fait qu'elle ait perdu goût à la vie depuis fort longtemps, de ses excès de colère, de ses tentatives de suicide foireuses, mais pouvait-elle vraiment lui déballer toute sa vie comme cela ? En avait-il seulement quelque chose à faire ? Elle préférait ne pas trop s'étaler sur ce sujet, ce n'était pas la peine de toutes façons. Elle répondrait seulement aux questions du jeune homme s'il en avait.

Flora regardait encore la plages quelques minutes, se ressourçait grâce à ce soleil qui lui donnait de l'énergie, puis elle se retournait, fit deux pas en avant et s'adressait encore au garçon.

"On y va ? Avant de mourir de froid. Je ne sais pas bien où c'est, alors, si ça ne vous dérange pas de passer encore un peu de temps avec moi..."

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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Sam 10 Juin - 22:54


Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferais quoi si ta vie était foutue toi ?
   


Alors qu'il l'observait, il eut la très nette impression que Flora se rétractait, se sentant comme agressée face au regard qu'il pouvait lui porter. Pourtant, loin de lui l'envie de l'offenser. Il s'empressa donc de détourner les yeux pour ne pas plus la gêner, bien que son ressenti soit peut-être infondé. Les indices étaient en effet des plus discrets et le démon n'était donc pas sûr de ce qu'il avançait. Quoique par principe, mieux valait prévenir que guérir comme on disait… De ce fait ne tourna t-il à nouveau les yeux que quand elle se retrouva entre ses bras. Là, il comprit qu'il avait vu juste, alors que les muscles de la jeune femme se déliaient significativement, ce qui arracha un sourire à la mine soucieuse du démon que le vent froid commençait à inquiéter. Sa jeune protégée devait être mise à l'abri des attaques répétées d'un Hélios glacé. Alors qu'il la taquinait, en rapport avec les propos qu'elle avait pu lui tenir, la jeune femme lui répondit avec un aplomb renouvelé, ce qui ne manqua pas de venir flatter l’ego du démon, qui était déjà, ne nous mentons pas, bien lustré.

"J'y compte bien vous savez, je ne connaissais encore personne qui aimait la mer comme cela."

A ses paroles déjà bien touchantes s'ajouta un sourire rayonnant sous ce ciel qui se couvrait à vue d’œil. Se sentant gagné par la légèreté de la demoiselle qu'il côtoyait, Alec lâcha un rire prononcé. Décidément, Flora était une âme bienveillante jusqu'à la moelle qui n'aurait certainement pas pu heurter la moindre mouche. La jeune femme respirait la bonté jusqu'au plus profond de son être et ce trait de caractère toucha particulièrement le démon qui au fil du temps qui passait se prenait d'affection pour la jeune humaine qu'il avait face à lui. Flora Flora…

« Il suffit de bien savoir chercher, petite Flora. »

Lui souriant tranquillement, le démon finit par se relever, entendant les sages paroles que la jeune blondinette prononçait. Tant de sagesse sommeillaient en un si petit corps. Il eut envie de laisser sa main venir ébouriffer la tignasse trempée de sa petite bouille d'ange.

"Je n'ai rien sur moi, je n'aurais jamais pensé qu'il nous arriverait une telle péripétie haha ! Mais bon, j'imagine que les petites boutiques de souvenirs qui longent le port sauront me sauver la vie ! Après tout, un t-shirt simple... Un bermuda... Feront amplement l'affaire !"

Repensant à ce qu'il venait de traverser, le suédois se gratta la nuque d'un geste gêné, n'ayant lui non plus pas forcément pu prévoir ce qu'ils avaient vécu en l'espace de quelques instants. Et dire qu'à la base ils voulaient simplement se repaître d'un lever de soleil. Quoi de plus banal ? En plus.. la barque était perdue maintenant. Son proprio allait le défoncer. Alec avait tout intérêt à filer avant qu'il ne lui mette le grappin dessus. Essuyant d'un geste pressé le sable qui s'était amoncelé sur son jean moite, le démon eut tôt fait de se mettre en branle, regagnant souplement les cabanes qui jouxtaient la plage et ses environs. Il eut l'impression de se revoir avec Avalon, quelques semaines auparavant, se baladant innocemment parmi les entrailles bondées d'un centre commercial trop fréquenté. Mais à l'instar de la jeune schizophrène qu'il avait pu venir titiller, Flora respirait la tranquillité bien que son stress puisse parfois venir l'habiter, la rendant méconnaissable à quiconque l'observait. C'était un trait facile à repéré chez cette jeune angoissée. Une peau qui frémit subitement, des yeux qui roulent brièvement sous les paupières, une respiration qui s'accélère… les signes ne trompaient pas, le diagnostic était tombé. Alec prenait officiellement l'italienne pour fébrile boule de nerf qui une fois activée avait bien du mal à se calmer. Il lui restait désormais à savoir si telle hypothèse se révélerait. Qui sait si lors de leurs futures entrevues, ce petit côté de la demoiselle lui serait montré ? En parlant du loup, cette dernière se rapprocha dangereusement, et si en premier lieu le démon ne comprit pas pourquoi elle s'avançait autant, il comprit bien vite qu'elle ne pensait pas à mal, venant simplement quémander la chaleur des quelques rayons qui s'étaient déjà donné la peine de se lever. Au moins quelques uns qui ne dodotaient pas jusqu'à en baver. Contrairement à tous les habitants qui dormaient toujours… A Damned Town et ses environs.

Voyant qu'elle s'aventurait vers la direction qu'ils allaient devoir emprunter pour gagner le lieu touristique et ses installations, il pensa qu'ils étaient prêts à partir mais vraisemblablement, Flora avait encore quelques points à mettre au clair :

"J'espère que ma maigreur ne vous a pas trop effrayé. Je... Je n'arrive tout simplement plus à manger correctement depuis quelques années. Je crois que j'ai vécu un choc qui a chamboulé tout mon corps... Mais... Il ne faut pas s'inquiéter ! Je le vis plutôt bien, même si je suis un peu faible."

Surpris de cette confidence, le démon ne sut d'abord quoi répondre. Cet aveu était soudain, brut. L'afflux de réaction du démon le furent tout autant. Mais parmi toutes celles qui se bousculaient aux portes de ses lèvres vissées, laquelle pouvait-il se permettre d'adopter ? La première était de s'arrêter, de prendre la peine de l'écouter, voire de la questionner. La seconde était de seulement la regarder, les lèvres pincées de celui désolé qui ne sait comment consoler. Enfin.. il y avait la solution de gros bâtard. Tourner les talons et faire comme si le vent soufflait. Il ne se sentit pas de lui faire cela. Et puis, cette fille le touchait. Elle lui faisait penser à sa petite sœur, Cassy. Dans sa manière de se tenir, dans sa façon de s'exprimer. Une mignonnerie qui vous donne envie de la cajoler jusqu'à ce qu'elle vous menace de vous détester si vous ne finissez pas par la lâcher.

Mais alors mon bichon ? On retombe dans le côté sentimental ?

Le regard conciliant et protecteur qui avait pu percer dans son regard bleuté céda sa place à un regain d'une froideur non méritée. Sa mâchoire se contracta alors que les pensées qui venait le heurter le tourmentaient. En deux semaines, il s'était plus replié et comporté comme un ado prépubère qu'en trois années. C'était écœurant. Et le voilà qui recommençait avec une italienne anorexique qui ressemblait actuellement à un chien mouillé, qui plus est. C'était à pleurer de rire. Les poings frustrés de celui qui cherche à se canaliser, il tourna les yeux vers la mer et ses dérivés, tournant simplement le dos à Flora pour ne pas lui infliger son côté « petit homme torturé » qui le saoulait au plus haut point. Fermant les yeux, il huma profondément l'air salé, apprécia pleinement le cri des mouettes qui s'envolaient pour la journée. Le clapotis léger des vagues qui allaient et vener, le vent qui soulevait des gerbes de sable ambrés.  Rouvrant les yeux une fois toutes ces merveilles imprimées, il reporta son regard vers la mer qui s'agitait, insatiable insomniaque sur qui le démon pouvait toujours compter. A cette aïeule bien aimée, il ne put s'empêcher de sourire, sachant pertinemment tous les bienfaits qu'elle lui apportait. Alors qu'il se retournait vers Flora, l'esprit apaisé, il vit qu'elle était elle-même en train de se ressourcer. Ce parallèle le fit sourire. Pas de tendresse, attention, je vous vois venir hein ! Mais comme quoi les deux s'étaient bien trouvés, profitant du même moment pour recharger des batteries au bord de la rupture. Lorsque leurs regards se croisèrent, Flora ne fit pas allusion à ce qu'elle venait de lui confier, ce contentant de le questionner.

"On y va ? Avant de mourir de froid. Je ne sais pas bien où c'est, alors, si ça ne vous dérange pas de passer encore un peu de temps avec moi..."

Hochant silencieusement la tête, il se contenta de la suivre un moment, ombre entachée aux pieds de la demoiselle qui évoluait. Le silence s'immisça entre leurs deux êtres. Entre temps, Alec s'était plongé dans ses pensées, comme il avait pour habitude de le faire lorsqu'une situation le dérangeait. Il s'absentait. Purement et simplement, se retranchant dans une zone de confort qu'il connaissait parfaitement. Pourtant, il n'eut pas l'envie ni la force de laisser Flora avec ses démons, sans avoir pu lui murmurer quelque encouragement.

« Tu sais Flora.. manger beaucoup ne te protège pas pour autant de la mer. Elle saura toujours te faire plier, qu'importe ce que tu pourras avaler. Alors l'important ce n'est pas le rendu que tu pourra renvoyer. Surtout pas. Cette impression est trompeuse. Elle te donne l'illusion nécessaire pour vivre quelques temps sereinement. Mais quelques mois après, tu ne le supporte déjà plus, et tu veux déjà à nouveau changer. L'important, c'est d'être bien là. »

De son index encore tout de sable maculé, il vint toucher le front de la petite blondinette qui l'observait de ses yeux ronds, pendue à ses lèvres. S'arrachant un sourire, il détourna de quelques peu les yeux pour la laisser méditer, gravissant rapidement les marches de la première cahute qu'ils rencontraient. Malheureusement pour eux, celle-ci ne vendait que des cartes postales… Pas fameux fameux pour quiconque ressent le besoin de s’habiller. Ils poursuivirent donc leur route, jusqu'à parvenir à quelques maisonnette toute de poutre constituées. Enfin ce qu'ils cherchaient !
Sans attendre qu'elle ait pu formuler un quelconque avis, il la laissa passer avant lui, entrant à sa suite dans ce magasin de proximité. Des t-shirts avec dauphins, et autres étoiles de mers occupaient les rayons blindés. D'un air dépité, le démon espéra qu'ils parviendrait à trouver chaussure à leur pied et non ce genre d'articles clichés. Débutant immédiatement ses recherches, il se retrouva face à un bob mauve sur lequel était imprimé un oursin bleuté. Ecoeuré face à tant d'originalité, le démon eut tôt fait de le reposer vite fait bien fait, se refusant à y toucher plus longtemps.

S'habiller okay, se ridiculiser, pas tout à fait.


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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Jeu 29 Juin - 20:19

Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ?

Plus elle regardait l'homme qui lui tenait compagnie, plus elle voulait en apprendre sur lui. Il avait cette manière de parler, cette manière de regarder le monde qui l'entoure, cette gestuelle, qui donnait tellement envie de le connaître. C'était vraiment un beau garçon, il était si confiant, et pourtant, à ce moment-là, il semblait dévoiler à la jeune italienne une facette de sa personnalité qu'il ne montrait pas à tout le monde. Alec était un grand sensible, il n'y avait qu'à voir la manière dont il agissait. C'était discret, vraiment subtil, et Flora ne l'avait même sûrement pas remarqué, pourtant, il semblait touché par ce petit être, par cette insouciance, par cette naïveté, cette pureté qui émanait de la jeune fille.

Les deux êtres quittèrent enfin la plage, Flora regardait ce soleil une dernière fois, ce soleil qu'elle ne s'était plus autorisée à regarder pendant des années, ce soleil qui lui faisait tant de bien. Elle admirait le vol des mouettes et des goélands, ces oiseaux si détestés par les autres lui semblaient pourtant si majestueux. Ils pouvaient survoler le vaste océan, voir de haut tout ce qu'il pouvait s'y passer.

Le bitume commençait déjà à chauffer, Flora le sentait, et elle espérait pouvoir se trouver de nouveaux vêtements et des chaussures assez rapidement afin de quitter cette sensation désagréable de vêtements qui lui collaient à la peau. Encore une fois, elle regardait la plage qui ne se trouvait pas très loin d'elle. Elle n'arrivait pas à détacher son regard de cet endroit, et alors qu'elle était totalement perdue dans ses pensées, Alec vint la ramener à la réalité, subitement.

« Tu sais Flora.. manger beaucoup ne te protège pas pour autant de la mer. Elle saura toujours te faire plier, qu'importe ce que tu pourras avaler. Alors l'important ce n'est pas le rendu que tu pourra renvoyer. Surtout pas. Cette impression est trompeuse. Elle te donne l'illusion nécessaire pour vivre quelques temps sereinement. Mais quelques mois après, tu ne le supporte déjà plus, et tu veux déjà à nouveau changer. L'important, c'est d'être bien là. »

L'homme lui rappelait ce qu'elle avait pu lui confier quelques minutes auparavant. Une légère angoisse la traversait soudainement, une angoisse mêlée à un peu d'émotion, car elle était certaine que son ami l'avait écouté lorsqu'elle lui avait parlé de son problème, mais elle avait peur de son jugement. Pourtant, les paroles de ce dernier étaient touchantes, elles mirent du baume au coeur de l'italienne. Être bien, là.

Oui, elle était bien, et ça faisait longtemps. Elle avait bien plus profité de la vie en quelques heures qu'elle n'avait pu le faire pendant trois ans, trois années de souffrance durant lesquelles elle se demandait comment faire face à un nouveau jour. Elle était bien, là sur la plage, à sentir l'odeur du sel, à se laisser bercer par le bruit des vagues. Elle était bien, là, profitant d'un moment privilégié en compagnie d'une personne comme Alec, mystérieuse et pourtant, tellement familière en même temps. Elle était bien, là, à marcher doucement, toujours accompagné de cet être si différent des autres. Il eut un geste sur elle, un geste d'une extrême tendresse dont elle ne fut plus vraiment surprise. De son index, il marquait le front de la petite fleur, et leurs regards s'étaient croisés, l'instant de quelques secondes, elle pouvait voir son léger sourire, elle rougissait quelque peu, et encore une fois, son coeur s'était mis à battre assez fort. Elle ressentait dans son corps une sensation étrange, une sensation agréable, le bien-être la parcourait dans chaque partie de son petit corps, et à cet instant, elle eut la courte impression d'être tellement légère qu'elle pouvait s'envoler. Finalement, Alec se tournait, la laissant penser à tout cela. Elle, elle restait silencieuse, mais le doux sourire qu'elle lui rendait valait mille mots.

Les deux jeunes gens se dirigèrent vers la première cahute sur leur chemin, malheureusement, il n'y avait pas de quoi se vêtir, seulement quelques cartes postales, et des objets souvenirs. Flora se demandait bien d'ailleurs à quoi cela pouvait servir, puisque personne ne pouvait s'en aller de cette ville. Etait-ce seulement possible de pouvoir communiquer avec le reste du monde grâce à de simples cartes ? Elle se disait que c'était impossible, cet endroit était hors du temps, alors... Ce genre de boutiques... Etaient-elles seulement là pour redonner de l'espoir aux plus désespérés ? Rapidement, la jeune fille balayait du regard les cartes. Les paysages imprimés dessus semblaient tellement paradisiaques, ils contrastaient à merveille avec l'image de cette ville, et cette ironie l'avait fait légèrement sourire.

Sans plus attendre, ils poursuivirent leur route, pleins d'autres petits cabanons se suivaient, et ils trouvèrent enfin ce qu'ils cherchaient au départ. Il s'agissait d'une petite maisonnette entièrement faite de poutres. Flora y entrait en premier, suivie de près par son ami, et sans vraiment l'attendre, elle se baladait entre les rayons. Des maillots, des t-shirts imprimés, des shorts de surfers... Ce n'était pas vraiment son style, mais elle n'avait pas le droit de faire la difficile. Elle repérait alors un tricot, bien trop grand pour elle, rose, avec une tortue de mer imprimée dessus, et une imposante écriture où l'on pouvait lire "SUMMER BEACH". Elle n'avait jamais rien vu de plus cliché. Elle se dirigeait en cabine où elle essayait sa trouvaille. Le vêtement lui arrivait au niveau des genoux. Elle était si petite et si frêle qu'elle nageait dans cet habit si large et si long. La jeune fille cherchait Alec du regard, et lorsqu'elle le vit, elle se dirigeait naturellement vers lui. Il venait de reposer un objet, et discrètement, Flora regardait de quoi il s'agissait. Un bob mauve, totalement ridicule, dont elle se saisit rapidement.

"Je suis sûre que ça t'... Vous irez à merveille ! "

Se mettant sur la pointe des pieds, et levant son bras très haut, elle parvint au-dessus du crâne du blondinet. Rapidement, elle lâcha le magnifique chapeau sur sa tête, puis se reculait pour admirer le spectacle. Un fou rire lui échappa, elle ne pouvait pas vraiment se contenir. L'image de l'homme froid et fort, cassé par ce genre d'accessoires ridicules, c'était bien trop amusant.

"Haha, c'est trop mignon, j'en étais sûre !"

Flora n'était pas vraiment du genre moqueuse, pourtant, son rire était incontrôlable. Le sentiment pouvait paraître vraiment exagéré, mais elle n'arrivait pas à s'arrêter, elle n'avait plus eu de fou rire depuis des lustres. C'était comme si elle respirait à nouveau. Dès qu'elle fut calmée, elle inspira profondément, gardant pourtant un sourire amusé.

"Désolée, je ne me moquais pas, c'est juste que... Haha... Je voulais vraiment voir ça, et j'ai même pas pu contrôler mes gestes. C'est comme s'il fallait absolument que le destin me force à faire ça."

Elle se trouvait de fausses excuses. Elle-même savait qu'elles n'étaient pas recevables, mais elle tenait à se justifier.

"Vous allez l'acheter hein ?"

Oui. Elle était vraiment bien.

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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Sam 1 Juil - 10:24


Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferais quoi si ta vie était foutue toi ?
   


De là où il se trouvait, il pouvait l'observer déambuler dans les allées, à la recherche d'un quelconque article pas trop laid à enfiler. Finalement, son choix sembla se porter sur un très long tricot dont le démon n'eut pas le temps de voir les motifs. Tant pis, il attendrait qu'elle l'ait essayé, chose qu'elle s'était vraisemblablement mise en tête de réaliser au vu de ses pas qui la guidaient vers le fond de la bicoque, où de sommaires cabines d'essayages se maintenaient encore tant bien que mal. Déviant son regard alors qu'elle refermait la porte derrière elle, le démon resta quelques instants, appuyé de ses mains à l'étal devant lequel il se tenait. Il revoyait la demoiselle au bord de la plage, et le même élan de tendresse s'empara de son corps. Il ne voulait nullement la violenter, lui faire du mal où se jouer d'elle. Pas aujourd'hui, pas maintenant. Revoir ses yeux guillerets, pourtant marqués d'une lueur triste qui jamais ne semblait donner l'envie de s'en aller. Revoir son sourire, sentir ses yeux qui le fixaient ardemment, à la recherche de réponses vraisemblablement. C'est vrai quoi ? Pourquoi tant de politesse et de retenue de la part de notre suédois ? C'était pourtant si simple : Les enfants de la mer étaient ses confrères. Et face à une bouille aussi mignonne que celle de Flora, il ne pouvait tout simplement pas résister, il fondait. Le genre de grand-frère totalement gaga de sa petite princesse, prêt à tout lui offrir, à en faire sa protégée et à buter quiconque s'en approcherait. Soufflant violemment, il releva les yeux pour les planter entre deux poutres qui ornaient l'entrée. Le seul truc qui le dérangeait profondément chez elle  était son petit côté empli de pureté. Alors certes, cela était grandement adorable à titiller, mais cinq minutes suffisait, après, ça saoulait. On n'allait pas lui faire, à lui, résident des limbes adorées. Un tel cœur pur ne pourrait survivre dans telle ville à moins de s'en aller se barricader du côté des fanatiques ailés, le temps de se durcir un tantinet. Il allait falloir empêcher cela, que Flora s'adapte sur le terrain, et à ses côtés. Pourquoi ? Parce qu'il ne pouvait se résoudre à leur donner telle âme.  Il ne laisserait pas ses enfoirées s'emparer de sa petite princesse à la chevelure dorée. Démone, elle demeurerait, il l'espérait, d'une droiture et d'une honnêteté déconcertante mais cela lui servirait. Elle pourrait ainsi se dépêtrer de n'importe qu'elle situation, au contraire de sa propre personne, trop désireuse de faire des crasses et ensuite bien dans le pétrin pour s'en dépêtrer. Il fallait savoir doser. Qui sait s'il n'avait pas non plus beaucoup à apprendre la jeune femme ? De la jeune femme, de la jeune femme… Parlons en d'ailleurs de cette dénomination ! Elle était si frêle que l'on pouvait lui donner l'âge d'une adolescente qui aurait poussé nettement plus vite que de raison. La fragilité de ses traits le prouvaient et les rougissements qui s'emparaient de son visage à chaque fois qu'un contact s'établissait le confirmait. Une grande timide, voire grande pudique. Bon oui, certaines femmes restent prudes toute leur vie, je vous l'accorde mais là.. cela battait des records.

Il fut donc très étonné de la voir ressortir dans son tricot rosé, la démarche encore un peu hésitante. Le haut était décidément bien trop grand si bien qu'il venait lui chatouiller les genoux alors que son buste quant à lui donnait le sentiment d'avoir perdu total contact avec les bordures du tissu. Elle flottait littéralement dedans, mais au moins, cela lui tenait lieu de robe. Esquissant un sourire face à ce vêtement si ajusté, le démon la regarda s'approcher, remarquant au passage ce logo qu'il avait loupé : « SUMMER BEACH » accompagné d'une petite tortue d'un vert verdoyant. Ce fut plus fort que lui, il lâcha un rire tonitruant, tandis que Flora lui adressait un regard mi-penaud, mi-amusée, comprenant  les raisons de son fou rire mais ne le cautionnant pas pour autant. Elle ne se démonta  pourtant pas et le rejoignit de ses pieds menus, qui paraissaient à peine effleurer le sol de leur plante que le démon imaginait d'une douceur extrême. Quand elle se fut postée à ses côtés, ses yeux se levèrent vers lui, qu'il tenta de croiser mais déjà elle baissait à nouveau la tête. Il crut qu'elle ne voulait pas l'observer, mais il se trompait grandement, son attention s'en étant simplement reportée sur ce qu'il aurait voulu cacher, le bob mauve. Vive comme l'éclair, elle l'attrapa et tenta de lui plaquer de force sur le crâne. Faisant un mouvement de recul, mû par son instinct, le démon lui attrapa violemment le bras, enserrant son poignet avec un peu plus de force que de nécessaire. Le cœur battant, s'étant attendu à devoir se battre ou que sais-je, il réalisa pourtant rapidement qu'elle ne lui voulait aucun mal, désirait simplement se venger un peu du fait qu'il se soit foutu de sa tronche. Rassuré, il relâcha l'étreinte autour de son poignée et s'empressa de s'excuser :

« Désolé. Vieux réflexe. »

Lâchant totalement le bout de son avant-bras qui tenait toujours fermement la trouvaille mauve, il s'assura que rien ne lui avait été fait. La peau avait simplement pris une teinte légèrement rougie là où ses gestes s'étaient portés. Saoulé de ne pas avoir su se tenir, il fit un pas vers elle et s'empara à nouveau de son poignet, avec une très nette différence cette-fois ci, s'appliquant à ne montrer que tendresse et délicatesse. Ses lèvres se portèrent pour embrasser la dite zone attaquée, sur laquelle il ne s'appesantit pas, relâchant aussitôt la petite Flora qui le regardait de ses yeux ronds. Lui souriant, déconfit, il baissa de quelque peu la tête, lui facilitant ainsi la mise en place du bob.

°Oui c'est bon, je t'ai vu venir à trois milles kilomètres avec tes grands sabots miss Flora..°

Souriant plus franchement, il se redressa, vêtu de cette beauté, prenant au passage une pose digne de l'une des plus grandes drag queen, s'asseyant de moitié sur l'étal qu'il côtoyait toujours. Souriant  à la manière de celui qui veut jouer, il tourna ses yeux azurés emplis de chaleur humaine en la direction de Flora, s'enquérissant de son avis :

« Alors Karl ? Qu'en pensez-vous ? »

Exagérant la pose, il lui lança un regard vivifiant, à demi-charmeur histoire de la perturber, de par le couvre-chef ridicule qu'il portait et qui contrastait avec son comportement comme la nuit se démarque du jour. La réponse de la demoiselle ne tarda pas à se faire sentir. Entre deux rires, elle lui répondit :

"Haha, c'est trop mignon, j'en étais sûre !"

Levant les yeux qu ciel en riant à son tour, il se redressa, faisant tomber quelques articles au sol de par son côté bourrin. Connaissant le spécimen qui l'accompagnait, il se dépêcha de mettre un genou à terre avant que celle-ci ne le fasse à sa place.  Reprenant les vêtements un à un, il finit par constater le rayon chaussures, soigneusement glissé sous les étaux. Ouvrant la bouche, ravi, sa main fusa en direction d'une paire des plus sobres. Ses côtes se soulevèrent avant même qu'elle soit en sa possession. Bientôt, le magasin résonna de son rire et il fut contraint de demeurer à terre tant la tentation de se marrer lui était forte. Entre ses mains se balançaient le Saint-Graal des pieds. Tandis qu'il s’asseyait, faute de pouvoir se redresser, le corps toujours secoué de spasmes heureux, il constata le changement qui s'était opéré au sein des prunelles de la jeune demoiselle. En premier lieu, la lueur tristounette qu'il avait eu envie de dégager à coup de pieds semblait s'en être allée se terrer. Le sourire du démon n'en fut que plus rayonnant. En écho à celle moins rassurée qui brillait dans ses yeux à la vue de sa jolie trouvaille, il releva un peu le bras, lui présentant d'encore un peu plus près cette petite merveille qu'il venait de dénicher.

« Elles seront toutes jalouses tu sais... »

"Désolée, je ne me moquais pas, c'est juste que... Haha... Je voulais vraiment voir ça, et j'ai même pas pu contrôler mes gestes. C'est comme s'il fallait absolument que le destin me force à faire ça."


Au vu des salades qu'elle se mit à lui débiter, il comprit que la convaincre de les acheter serait bien plus compliqué que prévu. En même temps, aux yeux du démon, ces chaussures étaient d'un effet des pires qu'il avait jamais pu voir, ce qui raviva son fou-rire. Il la comprenait tellement… mais n'en était que plus désireux de la persuader, quitte à devoir déployer de ses talents d'orateurs. Sur ses oreilles, le bob continuait de l'habiller, l'empêchant parfois de pouvoir totalement discerner la silhouette de Flora. Il devait donc lever les yeux à chaque fois, son couvre-chef glissant de plus en plus souvent sur l'arrête de son nez, l'aveuglant momentanément.

« Oui oui c'est ça ! Moi le destin me force à te faire essayer ça... »

Haussant les épaules en un geste désolé, mais le sourire de celui déjà fier de sa bêtise, il lui tendit la paire alors qu'elle tentait à nouveau de faire diversion :

"Vous allez l'acheter hein ?"

Levant les yeux au ciel, ce mouvement trop brusque vers l'arrière projeta le bob au sol, dévoilant ses cheveux tous ébouriffés de par cet essayage improvisé. Se tournant rapidement, il reprit son petit oursin, le maintenant entre ses mains, désireux de pouvoir regarder Flora dans son intégralité et ce sans être gêné. Esquissant un sourire joueur, il détourna les yeux, relevant le bras en sa direction.

« Tu les essayes, et tu les prends, et je prends le bob à oursin. Donnant, donnant ma belle Flora... »


A la fin de son deal, il laissa ses yeux d'un bleu tranquille revenir à elle pour la sonder. Elle se mordait la lèvre, hésitant de moitié, mais le démon était persuadé que son choix était déjà fait. Elle allait les essayer, à n'en pas douter. Et au pire, ils seraient deux à se balader en bord de plage avec un style qui ferait rager tous les badauds qui se baladeraient.

°Fuck les rageux qu'il disait Pasteur, non ?°

De son terrain boisé, Flora le surplombait, mais il ne faiblit pas, tenant le bras bien oblique dans les airs, l'incitant à chaque seconde du regard à s'en emparer.

« Allez miss Flora, je suis sur qu'elles siéront si bien à ton pied ! »


Ta future paire de bal Flora:
 

Lui tirant la langue, il finit néanmoins par déposer la paire à ses pieds. Si elle voulait les essayait, elle s'essayerait. Tant pis pour le vendeur qui se demanderaient où ils étaient passés, en osant ne pas avoir payé.



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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec] Mar 4 Juil - 0:59

Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ?

La petite fleur fut très étonnée lorsque son ami lui serra fort son petit poignet maigrichon. Elle eut assez mal, mais surtout, elle était submergée par l'incompréhension. Lui qui riait à sa vue, vêtue de son plus beau t-shirt, il se révélait soudainement bien agressif. Elle ne s'attendait pas à ce qu'un être, pourtant si doux avec elle auparavant, puisse faire preuve d'autant de force à son égard. Elle eut peur un instant, jusqu'à ce que le blondinet s'excuse.

"Vieux réflexe."

A ces mots-là, ces deux simples mots, l'italienne se demandait bien ce que l'autre avait pu traverser pour que cette violence devienne un réflexe. Habitait-il dans un quartier difficile ? Avait-il eu des problèmes avec des voyous ? Elle se disait que son passé devait bien être triste s'il n'avait connu que la violence. Sans même le connaître, elle sentait une vague de compassion traverser son corps. D'un seul coup, elle avait envie de lui apporter un soupçon de tendresse, et c'était vraiment bizarre, car qu'est-ce qu'elle savait de lui au final ? Son nom, Alec, et le fait qu'il aimait la mer autant qu'elle. Le reste, elle n'en avait aucune idée, et puis lui n'était certainement pas du genre à se dévoiller. Mais au fond, elle n'en avait rien à faire. Avec lui, la petite Flora n'avait même pas la curiosité de creuser un peu. Elle désirait qu'il garde sa part de mystère, et puis... Elle avait peur, peur de ce qu'elle pourrait apprendre, peur de découvrir le passé d'Alec. Elle voulait continuer à le voir comme elle le voyait actuellement, pour elle, il était cet homme, amoureux de la mer, cet homme énigmatique, cet homme attentionné à sa façon.

Avant même qu'elle ne puisse dire un mot, il attrapa une nouvelle fois son poignet, mais cette fois-cibien plus délicatement, et il y déposa un baiser, comme pour la guérir de léger mal qu'il lui avait fait. Ce geste fit sourire l'italienne, décidément, Alec était bien trop imprévisible. Il se laissait faire, et Flora pu lui mettre son magnifique couvre chef.

Elle ne s'attendait vraiment pas à ce que son ami joue le jeu à ce point. Il prit une pose totalement fabuleuse, imitant à merveille le mannequin. Encore une facette de sa personnalité que la jeune fille découvrait. Lui qui paraissait si sérieux lorsqu'elle venait de le rencontrer, il parvenait également à se tourner en dérision, sans avoir aucune honte, et cela faisait plaisir à Flora. Il avait l'air sincère avec elle, il ne faisait pas semblant, et la blonde se laissait prendre au jeu, mimant le photographe professionnel conquis devant un tel spectacle.

Elle riait également à la maladresse du garçon. Dans son élan, il avait fait tomber un grand nombre d'articles qu'il s'empressait de ramasser. Soudain, ses yeux se mirent à chercher quelque chose. De là où elle était, Flora ne pouvait pas voir de quoi il s'agissait, mais a priori, Alec venait de faire une incroyable découverte. Il n'y avait qu'à entendre son rire, il avait même du mal à tenir debout. Il n'en fallait pas plus à l'italienne pour qu'elle se mette à nouveau à rire, se tenant les côtes, pour ne pas tomber comme son camarade. Elle se demandait bien ce qui avait déclenché chez lui un tel fou rire, elle n'avait même pas pu le regarder. Finalement, il levait le bras pour lui montrer cette chose si mystérieuse, déclarant même que cela rendrait toutes les filles jalouses de Flora. Alors, elle baissait les yeux pour savoir, mais la première chose à laquelle elle prêtait attention fut la dégaine de son ami. Le bob lui cachait une bonne partie de son visage, et l'image était bien trop amusante.

Finalement, il répondait aux fausses excuses de la gamine, et toc ! Bonne répartie !

« Oui oui c'est ça ! Moi le destin me force à te faire essayer ça... »

Flora daigner enfin jeter un oeil à l'objet qui avait fait tant rire Alec. Une paire de chaussures, et pas n'importe laquelle. De toute sa vie, elle n'avait jamais rien vu d'aussi laid, même en cherchant bien. C'était mille fois pire que son t-shirt ridicule, c'était même cent mille fois pire que ce bob affreux qu'elle avait fait essayer à son camarade. Elle se mordait les lèvres afin de retenir un nouveau fou rire, elle se disait que le vendeur devait en avoir assez. Alec se débarrassait finalement de son chapeau afin de mieux voir son amie. Il lui lançait un regard qui plaisait à la petite fleur. Un regard joueur, un regard qui lui rappelait Cameron d'une certaine manière, il préparait un plan, elle avait hâte de le découvrir.

« Tu les essayes, et tu les prends, et je prends le bob à oursin. Donnant, donnant ma belle Flora... »

Elle hésitait un instant. Ces chaussures étaient vraiment horribles, et elle n'était pas comme lui, elle n'avait pas autant confiance en elle pour se tourner en ridicule de la sorte. Pourtant, l'autre avait les mots pour la convaincre, et puis... Il avait raison, c'était donnant donnant. Alors, elle se mit par terre, et essayait cette magnifique pièce collector. Ces horreurs étaient bien trop grandes pour les pieds minuscules de la jeune fille, on aurait presque dit un canard. Elle se retenait à nouveau de rire. Même s'ils n'avaient que trois articles, elle était sans le sous, et elle se serait sentie mal de faire payer Alec, de toutes façons, elle se doutait qu'il ne paierait sûrement pas lui non plus. Alors, elle portait son doigt vers ses lèvres, comme pour lui dire "chut".

Elle se souvenait que lui n'avait pas encore prit de vêtements de rechange, alors, elle sélectionna au hasard un t-shirt et un bermuda, et elle l'invita à se lever. Elle jetait un coup d’œil au comptoir, le vendeur ne les regardait pas. Quelle erreur. A son tour, elle adressait un regard joueur à son ami, et lui pris le poignet, l'invitant silencieusement et dans le plus grand des calmes à partir. Il fallait rester discret, sinon, on se faisait cramer. Ils sortirent tous deux du magasin, et Flora attendait un cours instant. Enfin, lorsque le vendeur se rendit compte qu'ils s'étaient faits la malle sans payer, elle se mit à courir, le plus loin possible, espérant qu'Alec allait faire de même. Lorsqu'elle fut suffisamment loin, elle se laissa tomber sur le sable, à bout de souffle. Elle n'avait jamais fait de telles bêtises auparavant, elle ne savait pas ce qui lui avait pris, mais pourtant, elle ne regrettait rien.

Elle attendait qu'Alec arrive. Enfin, elle se redressait un peu. Elle ne savait pas comment l'autre allait réagir, alors, elle lui lançait un regard faussement désolé. Elle regardait enfin les vêtements qu'elle avait embarquer pour son ami. Un t-shirt jaune fluo avec une planche de surf dessus, et un short avec des motifs hawaïens. Plus ridicule, tu meurs. Elle se demandait à quoi pouvait bien ressembler Alec dans ces habits-là. Un surfeur qui n'a aucun goût ? Un touriste un peu démodé ? En tout cas, c'était en total décalage avec l'image qu'il renvoyait de lui-même. Elle lui tendait finalement ces vêtements, et enfin, elle osait le tutoyer. Elle avait enfin assez de confiance en elle pour le faire.

"Tiens ! Je te laisse te changer tranquillement, il ne faudrait pas que tu attrapes froid !"

Elle lui tournait ensuite le dos, pour qu'il puisse se vêtir de ces habits bien secs. Tout en le laissant faire ses affaires, elle se livrait un peu plus.

"Merci beaucoup Alec. Tu vois, ici, je suis bien, j'avais un poids sur le coeur, qui vient de s'alléger, et ça fait vraiment du bien. Alors..." Elle marquait une pause dans ses dires. "Prends soin de toi, ne te mets pas en danger comme tout à l'heure, car je compte bien te revoir, maintenant j'en suis sûre !"

ft. Alec
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MessageSujet: Re: Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec]

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Ma vie est vraiment pourrie. Tu ferrais quoi si ta vie était foutue toi ? [PV : Alec]
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