Welcome at home..

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MessageSujet: Welcome at home.. Lun 24 Oct - 16:35

Welcome at home...
               La première chose que l’on a tendance à faire quand l’on fuit de chez soi, c’est justement se retrouver un nouveau chez-soi. Un cocon de candeur, de fraîcheur et de bien-être, un endroit où l’on se sent à sa place, à la fois rassurant et accueillant. Je crois que la difficulté quand on débarque dans une cité tout à fait nouvelle pour nos pupilles dilatées, c’est de bien s’orienter. Comment savoir quelle rue emprunter ? Quel chemin suivre pour arriver à ce lieu sacré ? Il me fallut bien des heures à déambuler dans la ville damnée. Je vis défiler les passants tout comme les heures qui passaient. Les secondes s’écoulaient à une vitesse folle, suivant pas à pas le déclin du jour qui peu à peu progressait. La montée de l’obscurité menaçait, déjà la lune se dressait, droite et fière dans son écrin nacrée. Brillant de mille feux elle éclaira mes pas hasardeux, guida mon regard à la fois curieux et méfiant qui inspectait les lieux. J’aurais pu m’arrêter et me reposer, épargner mes pieds déjà meurtris de tant de heurts avec les pavés. Mais à quoi bon s’arrêter en si bon chemin ? Mon instinct me dictait de persévérer, de ne lâcher que lorsque mon corps céderait, s’abandonnant volontairement aux bras bienfaiteurs de Morphée. En attendant, il allait morfler. Il prenait déjà cher depuis que j’avais quitté les Enfers. Cela faisait deux jours que je vivais au dehors, sans le saint-graal de la société, sans cette monnaie tant prisée. Mon visage, marqué par la fatigue de ces dernières heures, portait également les stigmates de mon anxiété. Des cernes à coucher dehors agrémentaient mon regard d’une zone ombragée. Vous pouvez être sûr que chaque bruit suspect me faisait sursauter. Il en fallait de peu pour que je ne sois sur la pointe des pieds, telle un animal traqué. Un aboiement sur le flanc me faisait bondir en pivotant. Mes doigts crispés étaient constamment à portée de mon couteau en céramique volé. Bon okay, il était de base tranchant pour le poulet mais s’il pouvait rompre un os aussi frêle soit-il, c’est qu’il pouvait tout de même me servir à faire quelques dégâts si besoin il y a, non ? Le pire dans tout cela, c’est que mon esprit fulminait. Etrange mélange entre fatigue et délire, il ne me laissait jamais un instant de paix. Je devais sans arrêt calmer les hallucinations qu’il me lançait. Pourquoi continuais-je aussi à le torturer ? Cela serait si simple de profiter de ce petit carré d’herbe là pour dormir un peu, recharger de quelques pourcents cette batterie en mal de se retrouver à plat.

              Non. Avance et tais-toi. Cesse de te plaindre Linnéa, un peu. Es-tu ce genre de princesse à se prélasser dans son palais ? Non. Alors ferme là. Ma conscience me rappela mes principes de bases. Toujours avancer, ne jamais reculer, donner le meilleur de soi. Il me fallait atteindre mon objectif sinon, j’aurais beau tomber de fatigue, je ne trouverais point le repos. Je le savais. Ce fut donc avec un délice sans nom que je vis la rassurante silhouette du Temple se dessiner, un peu plus en hauteur, surplombant la ville de son architecture carrée. Mon visage s’éclaira alors de quelques couleurs, fruit d’une joie indescriptible. Mes jambes reçurent des ailes et me permirent de gagner les lieux à une vitesse beaucoup plus importante que durant la piteuse marche que j’avais menée jusque là. Okay, elles tremblaient une fois que je fus arrivée, mais au moins j’y étais ! En posant le pied dans l’entrée, un immense soulagement s’empara de ma poitrine serrée. J’inspirai un grand coup, relâchant la tension qui sommeillait en moi. Fini la peur de se faire attraper, de ne jamais arriver. J’y étais ! Mon premier réflexe fut de m’agenouiller, remercier ma bonne étoile de m’avoir permis d’en arriver là. Il me fut en revanche plus dur de me relever, tant mes muscles me haïssaient. Je leur aurais bien fait offert un joli doigt mais compte tenu des efforts qu’ils avaient fournis pour me contenter, je me retins, ignorant au passage mon ventre qui criait famine. Je pris le temps de gagner un coin du Temple délaissé. M’appuyant contre le mur froid et apaisant, je me laissai aller contre lui, fermant les yeux jusqu’à m’être complètement assise. De là je recouvrai mon regard déterminé. Maintenant que j’étais là, je pouvais me rassasier. Avec voracité, mes doigts ouvrirent mon sac encore fermé. Il fourmillait d’affaires de première nécessité et je ne me rappelai pas de la moitié de ce que mon passeur avait pu y mettre. Quoi qu’il en soit, je le remerciai maintenant allègrement. J’aurais pu  penser un peu plus à lui, c’est vrai, mais quand vous tombez de fatigue et mourrez de faim, croyez-moi, il y a malheureusement d’autre chose auxquelles vous songez. C’est donc non sans une certaine violence que je rompis le premier pain que je trouvai, malgré son côté un peu endurci par le voyage. Je me sustentai rapidement, observant les lieux avec un nuageux petit sourire. De la main droite, je caressai la pierre minutieusement travaillée des lieux, m’imprégnant de la sérénité qu’ils me transmettaient. Dieu que cela faisait du bien. Mon repas de fortune engloutit, je fermai doucement les yeux, non pour faire du Temple ma tente mais pour calmer les battements lents de mon cœur, permettre à mes yeux de se reposer quelques secondes. Bon, ça c’était mes jolies résolutions. Mais comme vous vous en doutez, deux secondes ne s’étaient pas passées que je m’endormis, purement et simplement, installée dans un coin des plus reculés du Temple à peine visité.

              Il ne faut pas m’en vouloir d’une piètre entrée en la matière. Je n’ai pas choisi de me laisser aller de cette façon. J’aurais préféré te donner à voir cette jeune femme apprêtée et élégante que les gens ont un jour pu apercevoir. Mais cette vie n’est plus mienne. Se faire passer pour une cruche souriante à chaque instant de ta vie n’est plus ce qui t’es imposé. Ici tu peux parler, tu peux rire, tu peux pleurer. Tu peux prier, t’indigner, demander pardon. Tout ton être est écouté et non plus jugé. Tu te sens un peu aimée, choyée. Comment expliquer que ce sentiment est tellement satisfaisant ? Plus de peur de se faire frapper, de mourir sous une avalanche de reproche, de te faire planter un couteau dans le dos ou autres futilités du genre. Rien de tout cela ne polluera plus ta vie, à peine entamée. Cette nuit marque un changement dans celle-ci, petite Linnéa. Une nouvelle histoire commence maintenant pour l’être que tu es. A toi de te montrer digne de celle-ci. Trouve enfin ta place, cultive la et plais-toi y. Damned Town est ton nouvel havre de paix, l’endroit de ta guérison, ta potion.  
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MessageSujet: Re: Welcome at home.. Mer 26 Oct - 22:33




   
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Welcome in my town

Tu écartes doucement les rideaux sombres et scrutes l'obscurité extérieure. Pas un âme n'erre à cette heure. Le ciel est voilé de nuages, et un petit vent balaie la pierre de la cour. Tu sais que les moines sont couchés, et que personne ne peut te déranger à cette heure. Tu as pris le soin de fermer à clé la porte de ton bureau. L'incident avec ce maudit ange quelques jours auparavant ne t'adoucit pas, bien au contraire, ton humeur est exécrable. Il se pourrait qu'au fond de toi, tu sois inquiet. Par une angoisse sans nom, au contraire, anxieux concernant l’avenir. Abra ne donne plus de signe de vie depuis longtemps désormais, et impossible de la localiser. Trois espions ont été exécutés sous tes ordres depuis le début de la semaine. Et tu redoutes cette absence sans raison. Peut-être cette misérable créature s'est-elle envolée pour manigancer tu ne sais quel plan au Paradis ? Il faudra affecter de nouveaux hommes sur la question. D'ailleurs, tu connais tes prérogatives, que tu t’es toi-même fixées. Il te faut au plus vite corrompre un ange, afin d'en faire ton homme de l'ombre.

Tu recommences pour la quatrième fois la ligne de ton rapport journalier. Rien à faire, elle ne veut pas s'écrire. Tu déchires la page de ton carnet et la froisse en boule. Rien n'avance comme tu le veux. Tes rêves de conquêtes stagnent toujours, et les démons sous ton autorité refusent parfois d'obéir. Malgré les représailles et les humiliations publiques, des récalcitrants continuent de défier ton autorité. Tu n'as pas d'autres choix que de réaffirmer ta supériorité. Du moins, tu n'auras pas le choix, car d'autres obligations t'attendent pour le moment.
Retour au papier et à l'encre. Cette fois, la phrase est bonne. Tu te relis brièvement, et satisfait, tu ranges ton attirail dans ton tiroir. Un nouveau coup d’œil dehors t'indique que le climat ne s'améliore pas. Peu importe, tu dois sortir de cette pièce. Récupérant la clé, tu quittes en pièce en veillant à reverrouiller la porte derrière tes pas. Tu traverses les couloirs déserts de cet immense lieu de culte, et te diriges vers ta salle. Celle que tu as annexé après ton arrivée. Tu te souviens que les moines n'étaient pas trop d'accord, mais qu'il avait suffit d'un geste ou deux pour leur faire changer d'avis. Un fidèle en tenue de prière apparait au bout du couloir, mais rapidement, il fuit dans l'autre direction. Tant mieux, ce n'est pas vraiment le moment de te déranger.

Tes pas ne font aucun bruit. Silencieux comme le serpent qui s'enroule autour du corps de sa proie. Tu te déplaces sans trainer, et pénètres dans la petite cour. Le froid mordant de l'extérieur de dévore les joues soudainement. Tu prends conscience que tu ne portes pas de manteau, et que ta peau très résistante frissonne à peine sous le courroux du souffle glacé. Tes expirations forment une vapeur épaisse autour de toi. Tu lèves ta main vers la voute céleste. Pas une goutte de pluie. Le temps semble sous pression. Comme si tout retenait sa respiration un instant. Le temps est comme toi, maussade et imprévisible. Au moins un point commun.

Alors que tu franchis le pas de l'arcade du préau, une sensation désagréable te parcoure l'échine. Pas encore ? Tu désespères déjà devant l'idée de retrouver l'excentrique du lac ou la voyante. Il suffirait de voir le visage de la diseuse de bonne aventure pour achever ton calme et tout détruire. L'aura est faible. Étrange. Encore jamais ressentie. Tu fermes les yeux une secondes. La sensation est serait à peine perceptible pour un démon de faible stature. Mais toi, tu la ressens. Et elle te dérange.

Tu suis ton instinct et te laisse guider jusqu'à une grande salle. Tu la reconnais. En même temps, ce temple est ta seconde demeure, rien ne t'échappe, ni pièce, ni objet, ni personne. Il fait sombre, et impossible d'allumer la lumière. Il faudrait allumer les bougies. Tu n'as pas d'allumettes. Tu soupires...
Cette salle est presque à l'abandon, et elle ne sera pas rénovée avant longtemps, les moyens financiers des croyants étant insuffisants. Tu t'apprêtes à repartir quand un doux halètement alerte tes sens. une présence dans la pièce. Certitude maximale. Aucune sortie. Si tu la prends par surprise, elle ne pourra pas fuir. Tu peux clairement percevoir l'aura maintenant. Elle est brouillée et vraiment infiniment petite. Ta victime est faible. S'attaquer à une bête sans défense n'est pas dans tes principes. Tu ne tues pas des créatures fragiles. Non tu préfères les laisser mourir. Mais la perspective de pouvoir user de ton environnement comme d'un atout te séduit. Alors sans un bruit, tu retournes aux cuisines du temple. Tu dérobes quelques vivres aux moines, qui ne t'en voudront certainement pas, et les bras chargés, revient dans la fameuse salle. Tu déposes à l'entrée la nourriture, et te fonds dans l'ombre. Tu ne fais plus qu'un avec le noir, la noirceur de ton être fusionnant avec l'immensité ténébreuse qui t'entoure. Tu réduis ta respiration au strict minimum, et devient telle une entité spectrale en chasse. Viens petit animal perdu, que tu puisses le dévorer. Rex es per inania regna


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MessageSujet: Re: Welcome at home.. Jeu 27 Oct - 10:10

Welcome at home...
               J’aurais crû mes troubles envolés, le fondement de mes soucis dépassé mais encore à ce jour, je me berçai d’illusions toutes plus magnifiques les unes que les autres. Mon sommeil demeurait agité, et mon visage inquiet ne cessait de frémir sous la petite brise glaciale qui louvoyait gracieusement entre les pierres. Morphée avait fait de moi sa marionnette. Il tirait d’ailleurs les ficelles avec admiration. Une petite accélération de respiration par ici, un menu gémissement par là. Des bruitages indécents dans un endroit de cette ampleur, mais qui n’avaient rien de mon essor. Il me fallait trop dormir pour que le moindre bruissement puisse me tirer de ma léthargie. Plus le temps passait, plus je m’affaissais, mon corps glissant délicieusement à l’encontre des pavés qui sauraient veiller sur mon engourdissement. Je m’attendais à une doucereuse caresse, sentir l’haleine froide et vivifiante d’un matériau trop bien travaillé. Il n’en fut rien, je me heurtai à sa dureté et me réveillait en un sursaut, inspirant bruyamment. Le propre vacarme  de mon souffle me fit tressaillir. Lentement, je me redressai suffisamment pour me recroqueviller, enlever à Eole tous droit de me faire mordre par ses courants d’airs indomptés. Il est vrai que leur fraîcheur m’étonnait. Combien de temps m’étais-je assoupie sans que rien ne vienne déranger ma tranquillité ? Il faisait déjà sombre quand je fus entrée dans le Temple. Le soleil ne me serait donc ici d’aucune aide. Les bougies placées ci et là n’avaient pas bougé d’un poil, et le discret va-et-vient des moines qui circulaient ne s’était ni raréfié, ni intensifié.  Eole était autrement dit le seul responsable de la crainte oppressante qui s’emparait peu à peu de mon être, meurtri par la sieste inconfortablement vécue. Sans que je ne sache pourquoi, ni comment, un malaise m’étreignait, comme désireux de remplacer la sensation de froid qui me tiraillait. Je dissipai peu ) peu la brume savoureuse de mon esprit pour réveiller un à un mes sens endormis. Ma vue se réajusta, mon toucher se précisa, mon ouïe s’étendit et mon odorat me trompa. Et pourtant, l’illusion perdura. Je me concentrai un peu plus intensément et décelai une exquise odeur de… chocolat ??

              Un coup d’œil à mon sac me dissuada de revenir à lui. Au contraire, je me levai consciencieusement et fit un pas en avant. L’odeur alléchante ne me quittait pas et bien que j’eus mangé quelques minutes, ou heures auparavant, mon ventre se rappela à mon bon souvenir. Cela me fit sortir de l’ombre. Tel un fantôme surgissant soudainement, je ne pris mesure de mon apparence famélique. Je n’étais pas à mal en terme de nourriture, mon corps ne manquait de rien si ce n’est de repos. Un rien me tourmentait, me rendait folle à lier. C’est exactement ce genre de trouble que je fuyais. Quitter les Enfers me permettait d’y échapper, d’enfin me libérer. Pour l’instant, cela semblait marcher. L’odeur me revigora et me fit revivre tout un tas de bons souvenirs. Un léger sourire étira alors les commissures de mes lèvres., l’illuminant légèrement Encore quelques pas et j’y serais. Malheureusement je ne pouvais avancer. Mon instinct me hurla de me stopper. Eole s’acharna sur moi, faisant tomber une atmosphère des plus glaciales. Ce fut soudain, inattendu, et très mal vécu. Je pivotai violemment sans un bruit, aux aguets. Qu’est-ce que les Enfers avaient fait de moi ? Un animal traqué qui ne cesse de se méfier au moindre petit sentiment déplaisant ? Il ne me manquait plus que le grognement et j’aurais pu me métamorphoser. Quoi qu’il en soit, mon âme remua. Quelque chose n’allait pas du tout, mais alors pas du tout. Les battements de mon cœur s’emballèrent, la nausée me submergea. Un sentiment écœurant s’infiltra dans le creux de mes bras ne s’envola pas. Une menace me surplombait, un regard me vrillait. Une méchanceté sans nom m’observait. Je me mis à tourner plus vite sur moi-même, balayant chaque recoin du regard mais l’ombre était trop présente, trop buissonnante pour que mes yeux aguerris n’aperçoivent autre chose que… de la pénombre. Mon visage se décomposa, tout mon être se ratatina sous l’aura malveillante et hostile qui m’entourait. J’eus envie de hurler pour me défaire du désagréable tournant que la situation prenait. Je tins bon sur mes jambes flageolantes mais il s’en fallut d’un cheveu pour que je ne m’écroule, mise sur le carreau. Cette âme qui se cachait n’avait rien de la gentillesse de mon passeur. Elle mourait d’envie de se nourrir, de se délecter comme moi j’avais pu tant le désirer. La seule différence entre elle et moi, c’est qu’elle voulait du sang. Moi du chocolat. Je n’y tins plus, un hurlement hystérique s’échappa de ma gorge et je me mis à pleurer, sans prémices. Les larmes dévalèrent mes joues en même temps que mon interminable cadence se ralentissait. Mon cercle se réduit jusqu’à ce que je me tienne immobile, debout mais à genoux.



« Sort de ta cachette sale monstre, que je vois quel chien Satan envoie encore me persécuter. »


              Ma voix chevrotante avait de cette détermination que seuls les futurs mourants possèdent. Aux oubliettes le chocolat qui m’alléchait encore. La liberté s’enfuyait au galop, les ténèbres se rapprochaient, eux que j’avais tant distancés ces derniers jours. Ma quête n’avait eu aucun but, je n’avais rien gagné. J’avais tourné en rond. Les Enfers se trouvaient partout. Où que j’aille, ils me suivraient, comme mon ombre. Un sourire amer assombrit davantage mon visage tandis que le flot d’hystérie ne se tarissait point. Au contraire, le doux petit halètement de la dormeuse prit un tournant décisif. Plus bruyant, témoin de l’angoisse qui m’étreignait, il prit possession de l’espace et le son criant en proie à mes démons s’accéléra. Je respirai à grande goulées cet air qui se raréfiait.. Je titubai alors jusqu’à une colonne pour m’y maintenir suffisamment longtemps pour tenter de reprendre mon souffle. Rien à faire, on cherchait à m’étouffer. Ma poitrine se resserra jusqu’à ce que ma respiration ne soit plus aussi profonde et longue. Tranchante, rapide et hésitante, elle ne m’aida pas à calmer mon cœur emballé. Au contraire, elle ne le fit qu’accélérer et mon premier réflexe fut de lever les yeux au ciel, les yeux noyés de larmes. J’adressai une prière silencieuse à qui voudrait bien l’entendre, s’il n’était pas encore convenu que je sois maudite et à ce point réduite : vivre et revivre ce qui m’effrayait, et ce à jamais.

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MessageSujet: Re: Welcome at home.. Ven 28 Oct - 11:48




   
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Tu sens l'aura de ta proie vibrer sous la tension de ses émotions. Elle s'affole. Tu ressens les pulsations de son cœur dans tes veines. Tu perçois son esprit qui se débat face à l'écrasante puissance de ton aura. Mais ses instincts sont trop faibles, elle ne peut que succomber. Elle avance, se dirigeant vers le leurre. Comme une souris s'approchant de son dernier festin. Puis elle s'immobilise et panique. Ce sentiment d'affolement qui se dégage d'elle te fait frissonner. Tu n'as plus chassé depuis longtemps, et l'idée de pouvoir à nouveau goûter à l'odeur du sang te brûle les lèvres. Tu es un chasseur-né, un prédateur naturel, doté d'une féroce volonté d'acier. Tu ne lâches rien, et tes victimes ne trouvent la paix que dans la mort que tu décides de leur offrir lorsque le moment te sembles convenir. La mort est un cadeau, que seul toi peut donner dans cette ville.

Les pas se font moins discrets, ta cible est en proie à l'angoisse. Tu peux ressentir son sang se glacer, ses membres se crisper et trembler, sa tête bourdonner, son adrénaline se déverser dans son organisme. Tu déploies ton aura pour la faire craquer, pour la rendre complètement folle. Tel un chat, tu joues de sa peur, la torturant juste avant de passer à table. Et tu réussis, car la pauvre bête mugit un cri strident. Elle sanglote, et tu l'entends tomber, à genoux certainement. Tu la tiens, il ne te reste plus qu'à l'étouffer et elle sera à toi.

   
Sort de ta cachette sale monstre, que je vois quel chien Satan envoie encore me persécuter.


Elle résiste. Elle s'accroche à cette ridicule lumière d'espoir qui luit dans l'esprit des imbéciles. Encore une idiote qui ne comprends rien. Encore une créature embrigadées par ces misérables êtres angéliques. Faut-il que tous soient aussi ignorants ? Jamais, tu n'aurais cru que leurs informations soient aussi erronées. Pitoyable. Sa voix manque tellement d'assurance, sa peur est perceptible au toucher. Il suffirait d'un simple souffle, pour que la jeune forme vacille, et s'effondre. Seule la lueur de la bougie et de l'extérieur préserve la pièce de l’obscurité complète. Alors dans le plus grand des silences, tu te meus, éteignant bougie après bougie, laissant le vent qui se lève venir glacer la salle immense. Tu continues d'avancer, et te positionnes à quelques mètres derrière l'emplacement de ta victime. Tu sais qu'elle ne fuira pas, car ton aura est trop imprégnée en elle. Tu ne penses pas déjà l'envouter, mais pour un être pur, une âme noire est fascinante. Ton aura est comme un spectre, qui vient déposer ses bras le long des épaules de la jeune fille. Glissant jusqu'à ses hanches, et enserrant son corps. L'immobilisant, alourdissant ses épaules. Piégée, elle ne peut plus t'échapper. Mais ce serait trop facile, et cela t'ennuierait. Tu apprécies trop chasser pour le faire de façon incorrecte. Le jeu macabre n'est pas terminé.

   
Satan... Nous ne jouons pas dans la même cour lui et moi. Je t'assure que tu préfèrerais avoir affaire à lui, plutôt qu'à moi. Ils ne t'on donc rien appris ? Aurais-tu déjà oublié qui tu es et d'où tu viens ?


Oui... tu le savais. En lui parlant, tu as compris ses origines. Ce n'est pas un ange déchu. C'est une démone déchue. Son aura sombre, souillée de lumière, tu la reconnaitrais entre mille. Ce jeu te te séduit, car ce genre de proie, ce sont tes favorites. Elles ont un gout particulièrement délicieux, une saveur de vengeance que tu adores. Tu auras presque envie de sourire. Mais tu manques tellement d'émotions que ton corps se contente d'un frisson.

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MessageSujet: Re: Welcome at home.. Sam 29 Oct - 19:01

Welcome at home...
L’aura qui m’entourait vacilla à plusieurs reprises, comme en proie à quelques émotions. Oh Linnéa, tu divagues ma belle, arrête de croire à ce genre d’aberration. Au moment où ce constat me heurta, un soubresaut d’une rare vivacité me plia en deux sous l’effet de la violence de l’assaut. Le serpent démoniaque s’était encore plus étiré, déployant toujours plus sa noire opacité. Non… s’il vous plaît non… Dans ces moments là, la lumière est mon seul anneau d’attache. Mes yeux se portèrent donc instinctivement sur les flammes vacillantes des bougies disséminées. Concentre-toi là-dessus, respire, calme toi. Ly’, écoute-moi. Il ne se passe rien ici, d’accord ? Fait comme tu as l’habitude de faire. Inspire, expire. Concentrée sur le maigre filet de clarté, ma conscience se rétracta, mes sens s’engourdirent volontairement, tentant de se rendre sourds à cette atmosphère hostile qui m’entourait. Peine perdue, la noirceur me tenait. Je la sentais presque se jouer de moi, mais non, tu ne m’auras pas. Une goutte de sueur perla sur mon front, dévala l’une de mes tempes avant de venir s’écraser sur le sol desséché. Boum. Boum. Je n’entendais plus que cela, la chamade de mon cœur affolé. Mes deux mains vinrent se placer dans son prolongement, m’aidant à mieux respirer. Plus profondément, plus régulièrement. Rien à faire, je ne parvenais pas à me calmer. Mon pouls ne cessait de s’emballer dès que je le régulais. Il faut dire que l’impression glaciale m’entourait, m’étouffait et me torturait. Moi qui quelques instants encore auparavant tenait encore piteusement sur mes jambes frêles, me voilà maintenant qui me retrouvait à terre, heureusement toujours munie de mes chaleureux repères. Cette pourriture d’enflure du le sentir. Elle perçut que je me raccrochais à ce qui me restait. Alors, dans le silence le plus complet, elle fit grandir mon angoisse. Mes yeux effarées virent l’ombre se mouvoir, engloutir une à une les bougies qui réchauffaient ma peau tiédie par le climat refroidit. Muette de stupeur, tentant de discerner la bête qui m’encerclait, je suivis le cours de ma propre décadence, sombrant peu à peu dans une ambiance morbide. Un frisson s’empara de ma colonne vertébrale, suivie par une armée de tremblements. Nous y étions. L’obscurité m’avait gagnée, ma peau se glaçait en même temps que l’horreur ne finissait de s’élever. Elle avait atteint un stade que je n’aurais jamais imaginé. Un instant, je me demandai où je me trouvais. Cela ressemblait beaucoup trop aux expériences macabres de mes déments ascendants. Fière de ce rapprochement, je repris un peu de courage, inspirant soudainement. Si tu cherches à m’éloigner de mon chemin, saleté, je te le ferais regretter. C’est minable, je sais, mais je m’encourageai comme je le pouvais. Ce n’était pas toi qui étais là, dans cette pièce plongée dans la pénombre, au contact d’une pierre aussi froide que l’âme du monstre qui te jaugeait, prêt sûrement à te dévorer.  

L’attente s’éternisait et rien ne se passait. La danse mortelle s’était-elle interrompue ? Crois-tu ? Quelle naïveté teintée de souhaits. Je pensais que le serpent s’était immobilisé mais en fait, il se métamorphosait. La mue avait commencé. Le serpent céda sa place à une entité beaucoup plus froide encore. Je sentis ses bras se refermer autour de moi. La brûlante morsure glacée de ses caresses m’enserrait. Un gémissement de terreur s’étouffa dans ma gorge tandis que je le sentais me découvrir. Le souffle pétrifié fit d’abord frémir le haut de mes épaules, se glissant sournoisement le long de ma peau jusqu’à atteindre mes hanches immobiles. Je ne bougeai plus, figée. Mes yeux se fermèrent sous cet attouchement lugubre tandis que je me sentais palpée par l’esprit d’un être tout de vie privée. Pour me calmer, je chutais à nouveau dans le passé, tentant d’assimiler ce que je vivais à quelque chose d’un brin plus agréable, à quelque chose qui ne m’avait jamais terrifié. Je revis nos deux corps enlacés dans cette petite cellule limitée. Luttant contre le froid, nous avions pris l’habitude de dormir comme cela. Lui contre moi, moi contre lui. Quand la panique se jetait avec joie sur moi, je sentais toujours ses mains rassurantes venir m’effleurer pour me calmer.  Leur indulgence mêlée de bienveillance me tranquillisait. Je savais qu’il était là pour moi, qu’il ne me lâcherait pas. L’affection que nous nous portions éloignait les ténèbres. Nos deux petits cœurs palpitaient ensemble, nos auras se tenaient par la main pour repousser le mal qui tentait de nous ronger. Chaque jour de notre alliance nous rendait plus fort, plus résistants à notre traitement. Mais voilà, ces frôlements n’avaient ici rien de complaisant. Elles inspiraient le baiser que la mort laissait, sentait les ennuis à pleins nez. Mon aura lutta comme si Radja était là, avec moi. Mes mains tentèrent d’agripper la pierre taillée, mes ongles s’enfoncèrent dans ce matériau impénétrable tandis que mon dos se courbait pour tenter de lutter. Mon aura tenta de se démener, vacilla pour se courber. Elle était entièrement entachée. Le mal avait cédé sa place à un tout autre état d’esprit. A la manière d’un dalmatien mal formé, mon fond noir se noyait sous la blancheur de mes opinions. Toutefois, elle ne valait rien contre celle qui me tenait. Cette dernière était bien trop puissante, bien trop habituée à triompher pour que ton petit-être, d’un claquement de doigts puissent la repousser. Sous la concentration et la souffrance que cela me demandait, mes yeux se plissèrent, je me centrai sur moi-même, puisant en moi les quelques réserves qui me restaient. Et le miracle opéra. Mon aura entra en jeu et fit reculer l’esprit alléché. Ne vous attendez pas non plus à ce qu’il soit propulsé et aille s’écraser. Non, il se décolla simplement de ma peau, ce qui m’envahit d’un intense soulagement. Je poussai un soupir de contentement en sentant la vive absence de l’ombre. La mort venait de faire un pas en arrière et un petit sourire fatigué mais triomphant inonda mon visage de joie. L’autre en revanche ne l’était pas du tout. Néanmoins, ma tentative du l’amuser car mit quelques secondes avant de s’attaquer de nouveau à moi avec une virulence prononcée. Mes dents se serrèrent sous l’effort tandis que mes sens entendaient vaguement la voix suave s’élever.


Satan... Nous ne jouons pas dans la même cour lui et moi. Je t'assure que tu préfèrerais avoir affaire à lui, plutôt qu'à moi. Ils ne t'on donc rien appris ? Aurais-tu déjà oublié qui tu es et d'où tu viens ?


Le ton particulier me fit tiquer et mon aura faillit baisser les bras. Comment un être aux airs si cruels pouvait-il posséder ce genre de voix là ? Elle n’était à n’en pas douter d’un sexy que je ne pourrais remettre en doute. Une intonation maîtrisée, grave à souhait et pourtant pleines d’inflexions charmeuses, envoûtantes. Rien à voir avec son aura qui me dégoutait. Le danger était précisément qu’elle me donnait envie de me laisser bercer. Je n’avais qu’une envie, qu’il continue à parler. Enfin... c’était avant que ne résonnent ses dernières paroles. Là, je ne tins plus, la surprise me fit perdre mes moyens et ma faible résistance vola en éclat. Le mur de volonté s’effondra, aussi vulnérable qu’un minable tas de carte. La mort fit un bond en avant, récupérant ce que je lui avais futilement volé. Comment était-elle au courant ? Mon aura me trahissait-elle autant que cela ? Je ne ressentais plus cette différence marquée. Pour moi, le tout faisait partie de ma personne, et je m’étais habituée à la délicate chaleur de ma blancheur.  Mes yeux se rouvrirent et vinrent farfouiller l’opaque obscurité. Je n’y voyais strictement rien mais il ne fallait pas se décourager. Il fallait voir à qui j’avais affaire, donner à cette créature un visage, une image. Je mis quelques instants à rassembler mes esprits pour élever la voix. Bien que tremblotante, elle tint bon et contrasta avec le ton doucereux et malveillant de mon assaillant :


« Les molossent ne jouent jamais dans la même cour que leurs maîtres. Il y a toujours cette distance entre le maître et ce genre d’élève qui ne pourra jamais être comblée malgré le côté peut-être talentueux de la bête dressée... »

Mon ton s’éteignit, en proie aux mauvais pressentiments. La provocation ne payait jamais mais au moins elle me permettait de m’élever, d’avoir le sentiment de me relever.


« Je n’ai rien à apprendre. Je sais qui je suis. Et toi ? Tu es qui ? »


En prononçant ces simples mots, j’eus envie de me terrer entre les jointures  de la roche mais même si j’y avais mis toute la volonté du monde, je n’aurais pu le réaliser. Mes membres restaient paralysés, comme entravés.

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MessageSujet: Re: Welcome at home.. Ven 11 Nov - 22:31




   
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Ta proie est d'une volonté bien vacillante. Ta présence fait battre son cœur d'effroi. Tu pourrais presque lui rompre les veines à travers ton aura. Sa pureté, ce qu'elle représente à tes yeux, cela te donne l’irrésistible envie de la dévorer, d'arracher un à un ses membres faibles et faméliques. Ta créature est si fragile, même si son esprit courageux lui donne l'illusion de l'assurance, d'une force puissante résidant en elle. Bercée de douces croyances, de tristes mensonges. Elle te ferait presque peine, si seulement tu pouvais ressentir quelque chose à l'intérieur de cette carcasse d'écailles. Toi, tu te mêles au pouvoir de l'obscurité, et préfères à jamais te nourrir de sentiments bien plus puissants tels que la peur, le chagrin, la honte et la colère. Cet espoir ridicule qui l'anime, tu n'auras que plus de plaisir à t'en emparer. A le tenir entre tes griffes et à le réduire lentement en poussière, torturant ta victime épuisée, qui par pitié te demandera de l'achever.

Seul un pas te sépare d’elle désormais, il ne reste entre elle et toi qu'une distance misérable, si misérable qu'en tendant les bras, tu pourrais lui tordre le coup. Tu te demandes quel gout aurait son sang, sa peau, sa chaire, ses os. Et si tu la tuais maintenant, là tout de suite, sans chercher plus longtemps à la comprendre ou à la corrompre ? Quel festin ! Mais ton envie passagère s'éloigne aussi vite qu'elle n'apparut. La jeune demoiselle, malgré sa voix posée et tremblante présente une naïveté délicieuse. Ce serait drôle de continuer à lui parler non, et de détruire une à une ses pensées, de briser les fondations de son apprentissage. Elle vient d'où tu viens, mais pourtant elle ne connait rien. Tu pourrais rire, si tes lèvres n'étaient point figées pour l'éternité.

Tu continues à lancer des offensives, oppressant perpétuellement la pauvre bête blessée de ton aura. Tu joues avec elle comme avec une pelote de laine, la faisant virevolter au gré de tes désirs.

   
Les molosses ne jouent jamais dans la même cour que leurs maîtres. Il y a toujours cette distance entre le maître et ce genre d’élève qui ne pourra jamais être comblée malgré le côté peut-être talentueux de la bête dressée... après une pause Je n’ai rien à apprendre. Je sais qui je suis. Et toi ? Tu es qui ?


La provocation ne paies jamais. Qu'ont-ils tous ces anges à toujours s'opposer à toi ? Pourquoi essaient-ils à tout prix de se défaire de leur peur en l'utilisant comme arme. Ne savent-ils pas qu'une fois que leur route croise la tienne, ils ne deviennent rien d'autre que tes jouets. Des pions remplaçables et utilisables. Tout est une question de temps et de patience. Et dans les deux cas, tu en est maitre. Mais elle te passionne cette jeune femme. Sa douce résistance ne te laisse pas indifférent. Et ce soir, tu sembles vouloir jouer. L'atmosphère du temple t'apaise, elle a de la chance la petite, ce soir ne sera pas son dernier soir. Tu as mieux à faire que de t'en débarrasser. Non, et si tu la recréais ? La modelait à ta façon ? Ce serait bien mieux de la laisser se faire tuer par d'autres démons par la suite, le spectacle n'en serait que plus divertissant.

   
Ce que tu dis est juste... c'est pourquoi j'ai préféré épargner cette bête et l'enchainer au pied de mon palais. Il garde la demeure de son maitre jusqu'à son retour.


Ton index vient glisser le long de l'épaule de ta proie, avant de retourner sagement le long de ton corps. Tu recules immédiatement et te déplaces sur le côté, il serait fâcheux que ta victime tente une frappe circulaire; mieux vaut garder ses distances, même si ses réactions te semblent prévisibles.

   
Cette ville regorge de mystères. Comment aurais-je pu croire un seul instant qu'il existant dans ce monde une démone qui ne me connût pas ?


Tu te joues d'elle, usant de son ignorance, sa niaiserie sucrée, afin de lui faire ressentir l'amertume et le dégout. Tu te meus jusqu'à l'entrée et referme la porte subitement, puis verrouille la serrure. La pièce est plongée désormais dans le noir complet. Seule une bougie au fond de la salle subsiste, la seule que tu n'aies pas éteint auparavant. Comment fera-t-elle, plongée dans le silence et l'épouvante ?

   
Ego sum qui coelo fulmen, sceptrumque tyrannis eripiet


Et tu jettes au loin la clé de la pièce. Elle retombes, en un cliquetis délicat, t'indiquant sa position. Reste à savoir si ton invité désirera s'absenter de cette fête à peine débutée ?

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MessageSujet: Re: Welcome at home.. Sam 3 Déc - 16:28

Welcome at home...
Quand tu es persuadé que ton corps est sur le point de lâcher, que ton esprit est en train de délirer, rien n’est finalement décidé. Il ne tient qu’à toi de te redresser et de te jeter à nouveau dans la mêlée pour cette fois triompher. Tout n’est finalement qu’une question de volonté. Si un jour tu veux vraiment quelque chose, si un jour tu te donnes les moyens d’y arriver, faisant fi des signes mensongers de faiblesses qui peuvent faire mine de te stopper, alors tu y arriveras, alors tu triompheras. La seule condition pour y arriver ? Ne pas se laisser aller. Au contraire, mettre sa peur de côté, inspirer un bon coup et ne pas hésiter mais foncer.

Cette créature de l’ombre m’avait effrayée, elle m’avait fait chutée, mais devais-je me laisser ainsi balloter sans protester? Qu’elle provienne du fond des enfers, des entrailles de la Terre ou du pays des lumières, n’est-elle au final pas tout comme moi ? Seule son âme diffère de la mienne, seules ses intentions sont plus mauvaises que les miennes. Mais finalement, elle ne vaut pas mieux que moi ; je suis comme elle. Mes chances de l’éloigner sont aussi grandes que les siennes de me manger.  Ce sera à qui le voudra, le désirera le plus. Et entre nous, je ne me suis pas farcie des miles et des miles de marches, des nuits et des nuits à tourner comme un lion en cage pour laisser un vulgaire serpent me maitriser. Le courage, c’est d’avoir peur d’agir, mais de le faire quand même. Et actuellement, je suis morte de trouille. Je sens que l’on tente de me briser, que l’on essaye de me faire plier. Et je plie. Petit à petit, je me laisse aller. Cela à commencé quand il s’est mis à me parler. Sa voix trompeuse m’ensorcelait. Puis sa danse mortelle m’accapara. Mes yeux tentèrent de suivre le quelconque tracé qu’elle eut été susceptible d’avoir effectuée. Mais au fond, je ne sais pas ce qu’elle faisait. J’étais une aveugle aux prises avec un être aux yeux de lynx.  Un sacré lynx d’ailleurs. Je le sentis me frôler. Cette fois ce n’est non plus le cobra qui vint me chatouiller mais le charmeur de serpent lui-même qui vint à moi. Je sentis le bout de ses phalanges glisser le long de mon épaule et par pur réflexe, ma main jaillit pour s’en emparer et les stopper. Mais à peine levée, elle retomba le long de mon corps immobile. Le lynx s’était éloigné, je le sentais. Il était inutile de se fatiguer à brasser de l’air. Il reprit ses distances et un certain soulagement remplaça la crainte qu’il avait éveillée e s’approchant un peu trop près de ma carcasse affalée.

Le seul élément qui me laissait un peu de clarté était la lumière tamisée projetée sur le sol par l’encadrement de la porte menant à la salle d’après. Automatiquement, mes yeux assoiffés se tournèrent donc vers elle, dans le but de s’y accrocher. Mais bon, ce n’est pas comme si vous vous en doutiez, il me l’enleva. Tel un bourreau, il observait le moindre de mes mouvements, le moindre de mes gestes dans le but de l’anticiper et de me retirer ce qui pourrait m’aider à me relever. Satané égoïste. Non seulement tu n’as pas même la force de te montrer, mais en plus tu m’enlèves le bouclier qui pourrait m’aider. Cela ne te suffisait pas de t’emparer de mon épée. Il t’a fallut me désarmer. Un nouveau soubresaut m’agita, indépendamment de ma volonté. La porte venait de claquer et l’irritant bruit du verrou que l’on referme m’agita de quelque peu. Mes sourcils froncés quant à eux ne bougèrent pas. Je réfléchissais à ce que serait la prochaine étape. De toute évidence, il ne restait pas pour me faire plaisir. C’est qu’il cherchait donc à tirer profit de notre entrevue. Mais que me voudrait une telle créature ? Hormis se venger de sentir mon âme souillée. Outre ce fait, je ne vois pas ce qu’elle me voudrait. C’est donc  que mon aura lui déplaisait. Un mouvement vers ma droite me fit pivoter de quelques degrés, me dévia de mes pensées. Le démon venait d’y passer. Malheureusement bien que peureux, il n’en demeurait pas moins rapide et mesuré. Il ne se compromit pas et refit  aussitôt corps avec la pénombre. En même temps, ce n’est pas comme si les cachettes manquaient. Les ténèbres régnaient en maître ici et la lumière semblait ne pas avoir été conviée. Seule une dernière bougie brûlait au fond de la pièce, tout au milieu et ce, bien en évidence. Quelle plaisanterie. Il me narguait. Comme si j’allais m’en rapprocher de cette foutue bougie. Ne crois pas que je vais me lever pour toi, cabot. Laisse là allumée, ou éteins là, peu m’importe au final.


[color:1bb5=##d55d23] « Ce que tu dis est juste... c'est pourquoi j'ai préféré épargner cette bête et l'enchainer au pied de mon palais. Il garde la demeure de son maitre jusqu'à son retour.
Cette ville regorge de mystères. Comment aurais-je pu croire un seul instant qu'il existant dans ce monde une démone qui ne me connût pas ? »


Un rire nerveux me secoua en même temps que je m’asseyais, ignorant les muscles qui me lançaient.


« C’est étrange d’enchaîner l’un des siens. Mais bon. La connerie est humaine n’est-ce pas. Quant à ta notoriété, non elle ne m’est pas parvenue. Sinon je serais venue à toi bien plus tôt voyons. Une vraie partie de plaisir de te rencontrer. »


Le sarcasme m’avait toujours rassuré. Une façon de se protéger, attaquer pour mieux se préserver. Après, toucher les autres dans leur orgueil est aussi parfois dangereux. Cependant, énerver quelqu’un vaut toujours mieux que de le laisser garder son sang-froid.  En même temps que je me fis ce constat, je tiquai. Si je visais à l’énerver davantage, à stimuler quelques émotions de sa part, que cela soit l’envie de jouer, de me menacer ou de me buter, qui sait s’il n’en faisait pas de même ? Un malin petit sourire vint alors s’infiltrer le long de mes lèvres blessées. Oui j’ai aussi un tic, me les mordre quand je suis stressée ou concentrée. En l’occurrence je vous laisse imaginer leur état. Heureusement que l’homme qui me faisait face n’avait rien de séduisant. Sinon je m’en serais voulue. Cette fois, je ris franchement, n’en revenant pas que même dans des moments comme cela ma fâcheuse tendance tout commenter ne se laisse pas amadouer. Quoi qu’il en soit, maintenant que cela faisait bien une dizaine de minutes que je retrouvai peu à peu l’ambiance des Enfers, je me calmai. La pénombre me gagnant, je ne cessai d’assimiler cela à mes petits traitements de faveurs d’auparavant. Et ça clairement, cela aide. Car quand tu as vécu cela en boucle pendant des années, tu as clairement eu le temps de t’adapter. Mon sourire demeura, celui arrogant de celle qui sait qu’elle va gagner. Mes jambes se croisèrent d’elle-même au devant, et je finis par me redresser, m’asseyant en tailleur de toute ma hauteur. Quitte à rester, autant bien s’installer. Mes yeux n’eurent nullement besoin de se fermer pour que la transition ne se fasse. Mon aura rétractée ne se fit pas prier et se déroula à nouveau autour de moi, effaçant peu à peu les petites traces lumineuses qui la faisait délicatement miroiter encore quelques secondes auparavant. Elle retrouva sa noirceur passée mais non pas parce que je rejoignais les Enfers. Ah ça non. Plutôt crever que retourner parmi les chiens. Non, elle se redressa contre les Enfers justement. Mes envies de violence ressurgirent, mon envie de leur arracher le coup, de venger ce qu’ils m’avaient fait, de me débarrasser une bonne fois de ces origines qui me bouffaient. La colère vibra en moi de la même façon que la pitié et la compassion se terrèrent. Mes envies de pureté se cachèrent, dépassée par cet excès de méchanceté. On ne discute pas avec ceux qui ne veulent pas changer. L’important devient alors seulement de se lever et de se révolter contre ce qu’ils veulent nous imposer. Tranquillement assise sur ma pierre glacée, je redressai le menton tout en rejetant ma longue chevelure emmêlée derrière mes épaules engourdis. La détermination flamba dans mon regard basané. J’attendis calmement que le démon se manifeste à nouveau mais cette fois-ci, il ne m’approcha pas. Il fit simplement tomber d’un geste désolé la clé menant à la sortie. Quel dommage que cela ne m’influence pas.


Avec un sourire, je m’adressai à la pénombre. L’ambiance silencieuse et froide ne me faisait plus peur. Elle accompagnait au contraire merveilleusement bien l’envie qui me submergeait. Puisqu’il voulait jouer, j’allais jouer à plus bête que lui. Je n’en sortirai pas indemne, que l’on soit clair. Qu’il soit un homme ou non ne changeait rien, je demeurai affaiblie, et donc en très mauvaise posture pour gagner quoi que ce soit. Mais on peut tuer un Homme, pas ses idées. Qu’il me fasse ce qu’il lui chante, rien en moi ne lui donnera cette satisfaction. Ma voix auparavant chevrotante et mal assurée céda sa place à celle sereine et confiante que je m’appliquai à montrer :


« Cela dit, je suis contente de te trouver. Il y a longtemps que j’ai quelques comptes à régler. Puisque tu sembles adhérer à ce monde manquant cruellement d’originalité, et bien ce sera avec toi que je les réglerais. »


Reprenant mon inspiration, je laissai mes ongles venir entailler la peau de mes genoux à peine couverts par mon jean troué. Ce simple geste me donna envie de rugir d’indignation pour m’opposer à cette douleur non méritée. Cela me donna encore un peu plus d’agressivité que celle que je contenais déjà. Pourtant, cette agressivité teintée de calme se maîtrisa.


« Je ne veux savoir ni ton nom, ni le rang auquel tu prétends stupidement. Ton existence ne vaut pas plus que la mienne. La mienne ne vaut pas moins que la tienne. Mais s’il y a bien une chose pour laquelle je t’envie, c’est ton ignorance. Crois toujours que tu triompheras et demeure dans cette illusion fragile que tu es et demeure  l’ultime prédateur. Qu’elle serve ta virilité ou ta fierté, peu importe. Garde là.
Là où je diffère de toi, c’est que je sais que je peux trébucher et me rétamer. Je connais mes faiblesses à ce niveau là. Mais je n’ai jamais prétendu être la plus forte.  Je vis dans cette réalité que personne n’a jamais toujours triomphé. Tôt ou tard tu sombreras. Ton aura te lâchera, ou les autres te lâcheront. Ou peut-être les deux ? Et quand tes faiblesses ressurgiront, quand Pâris t’abattra, alors tu repenseras à moi. Et tu verras que j’avais raison. »



Ma voix se tut et mes pensées dévièrent aussitôt, pour échapper à l’ambiance figée. Il est vrai que ce démon dégageait une assurance sans nom. Pour un peu j’utiliserai l’expression vulgaire qu’il ne se sentait plus uriner mais évitons. N’oublions tout de même pas que sa voix était sexy. A nouveau, j’eus envie de lever au ciel devant mes remarques fort peu pertinentes mais c’est elles qui m’aidaient actuellement à me changer les idées et à ne pas me laisser submerger. Alors pourquoi vouloir les tuer ? Mon regard se vrilla droit devant moi et j’attendis. Pas une quelconque réponse, j’attendis au contraire de voir la suite des événements. L’envie de lutter venait de se réveiller.

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MessageSujet: Re: Welcome at home.. Dim 4 Déc - 15:56




   
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Tu entends celle que tu chasses parler, tu entends sa voix acide se déverser sur la pièce, espérant ronger les ténèbres qui l'entourent. Mais ce n'est point suffisant, tant est l'épaisseur de cette brume dangereuse. Elle fait de son mieux pour garder ce futile espoir. Tu en as assez de te répéter dans tes pensées, cette femme manque d'originalité.

Cela dit, je suis contente de te trouver. Il y a longtemps que j’ai quelques comptes à régler. Puisque tu sembles adhérer à ce monde manquant cruellement d’originalité, et bien ce sera avec toi que je les réglerais


Serait-ce l'esquisse d'un sourire qui vient de se dessiner en ton intérieur ? Ou bien l'opacité de ton âme ne déforme-t-il la vision ? Toujours est-il que tu n'en crois pas un mot. Personne de suffisamment intelligent ne serait capable de te parler ainsi. Elle a du cran, comme cette ange qui vint te trouver une semaine ou deux auparavant. Cependant, contrairement à elle, elle manque de courage. Elle est plus faible, son aura te tends les bras. D'ailleurs, le peu de lueur qui subsistait en elle s'efface. Elle se nuance dans un noir qui tends vers le tiens. Mais cette noirceur est dérisoire. Tu peux déjà ressentir toute cette pureté immonde qui pulse dans ses veines. Elle est corrompue, beaucoup trop corrompue. Tu dois y remédier.

Je ne veux savoir ni ton nom, ni le rang auquel tu prétends stupidement. Ton existence ne vaut pas plus que la mienne. La mienne ne vaut pas moins que la tienne. Mais s’il y a bien une chose pour laquelle je t’envie, c’est ton ignorance. Crois toujours que tu triompheras et demeure dans cette illusion fragile que tu es et demeure  l’ultime prédateur. Qu’elle serve ta virilité ou ta fierté, peu importe. Garde là.
Là où je diffère de toi, c’est que je sais que je peux trébucher et me rétamer. Je connais mes faiblesses à ce niveau là. Mais je n’ai jamais prétendu être la plus forte.  Je vis dans cette réalité que personne n’a jamais toujours triomphé. Tôt ou tard tu sombreras. Ton aura te lâchera, ou les autres te lâcheront. Ou peut-être les deux ? Et quand tes faiblesses ressurgiront, quand Pâris t’abattra, alors tu repenseras à moi. Et tu verras que j’avais raison.


Tu ne réponds que quelques mots, puis reste dans le silence.

Ton courage est remarquable...


Yeux clos, paupières justes déposées sur ta peau. Ton pouls est calme, tes épaules affaissées. Ton sang ne bouillonne plus. L'obscurité dont tu te nourris t'offre la sérénité tant recherchée. La tranquillité intérieure, la non agitation de ton âme opaque. Ta respiration est monotone, presque inexistante. C'est à se demander si tu vis, si ta présence est réelle, si ton âme n'est pas la seule émanation agissant en cette pièce. De toute façon, rien ne sert de te mouvoir, il suffit de jouer. Oui, jouez, dansez la valse des ombres. Tu es le maestro des ténèbres, celui qui guide la noirceur. Tu agites ta baguette d'ébène, invoquant les forces des démons.

Ton aura particulière emplit déjà la pièce, mais tu te concentres, canalises tes capacités, retiens ton souffle et modélises cette manifestation. Ton aura se déroule, s'allonge et glisse sur le sol pour t'entourer entièrement. Le vent accompagne son déploiement en sifflant, et bientôt la créature prend forme. Elle tel un reptile, un long roi cobra aussi dangereux qu'attirant. Le serpent originel, celui qui fit naitre le péché dans le cœur des hommes. Sa posture majestueuse te donne des frissons. La queue de la bête approche la bougie, seule intermédiaire entre la déchu et toi. La flamme vacille, se dandine, feint de disparaitre avant de grandir en s'époumonant. L'aura ne veut pas éteindre cette flamme. Elle l'admire de ses yeux verts, la contemple comme un trésor dont elle voudrait s'emparer. La faible lumière fait scintiller ses écailles lisses. Puis elle s'immobilise, fixant de ses prunelles émeraudes celle qui depuis tout à l'heure se débat.

Pourquoi te sens-tu obligée de mordre pour te protéger ? Ton impétueuse prétention te jouera des tours, tout comme cette fougue de la jeunesse que tu ne parviens pas à contrôler. Mais tu ne perçois pas vraiment la réalité. Tu vis à travers un filtre que tu as toi même construit pour survivre et ne pas sombrer dans la folie. Je comprends mieux pourquoi tu as quitté les Enfers.


Ta voix reste calme et menaçante. Tu n'es plus en colère contre la jeune fille. Elle a de la chance, l'obscurité l'a épargné. Mais tu ne comptes pas t'arrêter en si bon chemin, et tu poursuis.

Je crains que tu ne mesures pas le danger. Tu vis en croyant que tous les hommes font des erreurs. Mais tu oublies une chose fondamentale pour survivre et ne pas se faire écraser. Il faut savoir reconnaitre le danger, et reconnaitre nos faiblesses. Tu dis avoir conscience de tes faiblesses, mais alors pourquoi ne cesses-tu de provoquer ma haine ? Voici la définition même de l'inconscience. Le monde jeune femme n'est pas tendre, il faut savoir faire preuve d'humilité et de raison.


Ton aura remue lentement et soulève son corps immense. Puisque la jeune demoiselle ne veut pas comprendre, à toi de lui apprendre la dure réalité de la vie. La gueule du cobra de ténèbres s'ouvre, gigantesque, et crache son venin de noirceur. Ton aura si sombre devrait faire ressortir la blancheur de ta cible. Et lorsqu'elle sera visible, tu la dévoreras.

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MessageSujet: Re: Welcome at home.. Mer 21 Déc - 11:29

Welcome at home...
          Quand ma voix s’éteignit enfin, seul le silence lui fit écho. Même les ténèbres ne se firent pas remarquer. Le monstre n’avançait plus et je le sentais. La brise glacée que chacun de ses mouvements soulevaient avait disparue, laissant simplement la froideur gardée par les pierres s’élever. Frissonnante, je resserrai les pans de ma veste, me courbant un peu plus sur moi-même. Qu’attendait-il donc pour se manifester ? Ce n’est pas comme s’il donnait l’impression d’avoir envie de me bouffer. Pas dans le sens figuré, mais bel et bien au sens propre du terme. Un animal affamé n’attendait pas que la proie se jette dans sa gueule. Je voyais presque dans mon imaginaire incontrôlé ses mains se rapprocher pour arracher un à un mes membres, qui se décharnaient d’eux-mêmes à la suite de ma course-poursuite que l’on peut clairement appeler fuite. Je sentais la rigidité des ses dents venir me mordre de tous les côtés. Etouffant un cri de l’âme provenant de mon inconscient, je reculai précipitamment, m’aidant de mes mains du mieux que je pus. Je finis le dos acculé à une colonne et mes yeux se fermèrent d’eux-mêmes, ma respiration sifflante tentant de récupérer son calme. Ne pas les rouvrir sous peine de retomber. Je le voyais partout, dansant lentement les yeux fixés sur moi, le regard vissé sur ma personne dominée. Un diable tournant autour du feu qu’il venait de créer pour emporter une âme damnée. Un second gémissement s’étouffa dans ma gorge désormais en feu. Mes deux mains vinrent s’en saisir pour la refroidir, s’étant préalablement imprégnée de la chaleur glacée de la pierre taillée. Précipitamment, je me relevai tout en conservant le dos appuyé contre la colonne qui me permit de me redresser. Je forçai mes jambes à arrêter de trembler, et le fait de me savoir un peu moins impressionnable debout qu’affalée me donna l’occasion de calmer ce souffle saccadé qui me secouait. Pas un bruit ne régnait dans la pièce. Combien de temps s’était écoulé depuis que j’avais fini de m’exprimer ? Dix, vingt minutes ? La bête me laissait m’effrayer toute seule et le pire c’est que cela marchait. Je ne discernai plus le vrai du faux, les ténèbres me déroutant autant qu’il leur était permis. Mes sens en étaient à ce point perturbés que je l’entendais presque respirer. Sa cage thoracique se soulevait à un rythme régulier, donnant le sentiment qu’il dormait. Mais… méfions nous de l’eau qui dort ne cessent de répéter les sages. C’est pourquoi cette illusion là ne me berça pas. Elle semblait bien trop inoffensive, pas assez agressive et mon être tout entier refusa de se laisser berner de la sorte. Ce fut quand la brume de mon esprit se dissipa que j’entendis ses quatre mots qui s’échappaient lentement, venant s’infiltrer dans ce silence pesant, effrayant et à la fois rassurant.


Ton courage est remarquable...


Le compliment, ou la pique, que sais-je, résonna quelques instants dans ce huis clos et un constat me heurta. Un jour, emprisonnée dans ma cellule dorée, Radja m’avait prêté de ses livres adorés. C’était ce qu’il avait de plus précieux. La littérature était sa fortune, son trésor et était à ses yeux aussi enrichissante que la corne d’abondance que la mythologie connaissait. Il m’avait, un de ces matins qui ne connaît que le brouillage, fourré un petit ouvrage dans les mains. Il était signé de la main même de l’un de ses auteurs préférés. Ce modèle lui permettait de garder foi en l’humanité malgré ce qu’elle lui faisait. Jour après jour, sa confiance grandissait, il subissait chaque traitement en sachant pertinemment que cela ne serait pas le dernier. Mais il demeurait convaincu que tout pouvait changer. L’Homme n’a besoin que de très peu pour changer, ne cessait-il de répéter tranquillement. A chaque dispute qui nous opposait, il parlait avec un calme qui me déroutait, trouvait sans arrêt les mots qui me calmaient et le tout se soldait par une étreinte que j’allais quémander pour m’excuser et ne pas laisser la glace s’installer. Même si je sais qu’avant qu’elle n’ait pointé le bout de son nez, il l’aurait déjà remplacée par l’un de ses sourires chaleureux qui aurait fait fondu n’importe quoi, à commencer par moi. Un frémissement me parcourut tandis que je constatai qu’une nouvelle fois, c’était ce petit bout d’homme qui m’instruisait et m’influençait, même des jours et des jours après l’avoir quitté. Il m’avait lu une citation qui m’avait marquée, pas par la beauté qui en découlait mais plus par la véracité de ces quelques mots gribouillés. L’enfer, c’est les autres. Mes pensées désormais à Radja toutes dévouées ne se soucièrent plus du monstre qui se faisait encore tout petit. Elles firent ressurgir en moi toute ma tranquillité et croisant les bras, je me surpris à prier pour lui, conjurant le ciel de lui permettre d’à son tour s’échapper s’il était toujours enfermé. En quelques secondes à peine, j’avais regagné mon petit havre, flottant à nouveau parmi un flot de souvenirs aussi doux que révolus. Le paradis, c’est aussi les autres. Mon sourire mélancolique accepta cette dure réalité sans broncher et un autre élément me fit redescendre de mon petit nuage. Les ombres recommençaient leur ballet outrancier. Je ne frémis plus, les laissant me caresser à loisir quand elles passaient à mes côtés. Bien que ma vue soit altérée par l’obscurité que le démon s’était évertué à laisser tomber, je ne me laissai pas effrayer. Au contraire, j’assistai, spectatrice à sa démonstration de force, serrant l’un de mes poings comme avec l’envie furieuse de le placer.


Je sentis alors la froideur caractéristique de son petit jeu mental en même temps que je sentis une force démoniaque s’approcher de la faible flamme qui léchait toujours courageusement la cire de la bougie dans laquelle on l’avait sournoisement emprisonnée. Le monstre, assimilable au cobra que j’avais déjà deviné s’étira paresseusement autour de ce petit bout de lumière et entreprit de la faire danser, jouant avec les mouvements de cette dernière vraisemblablement effrayée. Et puis, lentement, je sentis toute sa puissance se tourner délibérément en ma direction. Je soutins la vision d’horreur qui se présenta alors à moi. La faible lueur projetée éclaira des écailles lissées d’un vert éclatant et deux yeux perçants me fixaient avec une insistance démesurée. J’inspirai discrètement, assistant à la mouvance de cet être créée de toutes pièces par les ténèbres eux-mêmes. A l’opposé de celle là, s’éleva la voie du charmeur de serpent, celui qui tirait depuis le début les ficelles de la bête silencieuse mais si fielleuse. De là ou j’étais, je faisais le sommet du triangle que nos trois corps constituaient. Je demeurai face au mur d’en face qui nous observait tandis que le charmeur et le cobra étaient tous deux tournés vers moi. Pour un peu, j’aurais été flattée de l’attention qu’ils pourraient m’accorder mais toute ma concentration se posa sur les paroles doucereuses de l’homme de Satan.


Pourquoi te sens-tu obligée de mordre pour te protéger ? Ton impétueuse prétention te jouera des tours, tout comme cette fougue de la jeunesse que tu ne parviens pas à contrôler. Mais tu ne perçois pas vraiment la réalité. Tu vis à travers un filtre que tu as toi même construit pour survivre et ne pas sombrer dans la folie. Je comprends mieux pourquoi tu as quitté les Enfers.


Un instant, je me demandai de quel filtre il pouvait parler. Parlait-il de mon imagination qui ne cessait de m’échapper, galopant à tous bouts de champs ? Mon nez se fronça de lui-même tandis que ma tête se penchait légèrement du côté droit. Ses paroles n’éveillèrent en moi aucun sentiment d’approbation. Hormis pour sa première question, celle-là au moins, il n’était pas passé à côté. Nos deux tons contrastèrent, le sien calme et menaçant, le mien vibrant mais dépourvu d’avertissements.


« Parce que si je ne le fais pas, tu t’empresserai de le faire. Et puis, cela me permet d’aiguiser mes dents. Sinon, à ne pas mordre, elles s’émoussent et perdent de leur force. Ce serait bête de laisser le temps les altérer, non ? »


Je crains que tu ne mesures pas le danger. Tu vis en croyant que tous les hommes font des erreurs. Mais tu oublies une chose fondamentale pour survivre et ne pas se faire écraser. Il faut savoir reconnaitre le danger, et reconnaitre nos faiblesses. Tu dis avoir conscience de tes faiblesses, mais alors pourquoi ne cesses-tu de provoquer ma haine ? Voici la définition même de l'inconscience. Le monde jeune femme n'est pas tendre, il faut savoir faire preuve d'humilité et de raison.


Un petit pouffement effleure les commissures de mes lèvres avant de s’évanouir aussitôt. Me parle t’on sérieusement d’humilité et de raison là ? Les mots jaillirent dès que les siens se tarirent.


« Mais, pourquoi m’évertue-je à provoquer ta haine ? Mais parce que tu ne représente à mes yeux PAS de danger justem… » [/color]


Ma phrase ne put être terminée que l’immense cobra se dressait, s’élevant de toute sa hauteur en ma direction. Heureusement, la colonne me tenait toujours de sa poigne glacée et m’empêcha ainsi de reculer. Je fus donc contrainte de faire face à cet être qui me surplombait, faisant parler toute l’envie de chaire qui l’animait. Il ouvrit sa gueule où sommeillait une immense langue fourchue et dans un sifflement insupportable, qui donna envie de se décomposer à mes oreilles fragilisées par le froid, il me cracha à la figure tout son venin, un peu à la manière du démon quelques minutes auparavant. Je ne sais toujours pas si la consistance gluante qui me couvrit demeurait elle aussi le fruit de mon imagination ou était aussi réelle que le sol que je foulais mais en tout cas, mon écœurement lui fut bien concret et une grimace accueillit cette démonstration affective des ténèbres. Je crachai alors au sol pour enlever ce goût désagréable qui occupait mon palais et enlevai lentement ma veste pour m’en servir de serviette improvisée. Je lâchai alors un petit juron suivi de ma désapprobation :


« Mais t’as été éduqué où, Kaa ? Dans un parc à lama ? »


Bien que j’eus frotté toutes les zones qui avaient pu être douchées de ce liquide sombre et agressif, un déplaisant sentiment s’empara de moi. Je balançai ma veste en boule à mes pieds et croisait les bras, dans la position de celle qui se met à bouder, le regard déterminé à ne rien lâcher. Mon aura toujours enroulée à moi eut envie de venir se heurter au serpent qui venait de me dégueulasser, mais d’un geste rassurant, je l’intimai de demeurer à mes côtés et l’enrichit encore un peu, la faisant grimper d’une variante d’obscurité, à la manière de quelqu’un qui couvre ses trésors pour ne pas les laisser se pointer. Je jetai un regard vers mon sac abandonné quelques pas plus loin, et après un regard au démon qui observait mes réactions, je quittai mon poste au pied de la colonne pour m’avancer vers lui de ma démarche assurée. M’accroupissant une fois l’objet de mes convoitises retrouvés, je l’ouvris et sortit de quoi me refaire meilleure figure. Avec lenteur, je commençai ainsi à brosser mes cheveux emmêlés, leur faisant retrouver ordre et longueur avant de m’attarder à fouiller le fond de mon sac pour tenter de discerner au toucher ce qu’il me fallait pour continuer. Quand je trouvai enfin, je sortis victorieuse la brosse à dent et ce qui l’accompagnait et me mit à me brosser les dents pour leur faire retrouver un semblant de blancheur. Tout en m’agitant, je fis plusieurs pas vers le cobra qui m’observait sans comprendre ce que je pouvais bien trafiquer. Quand j’eus fini, je lui souris et cette fois me dirigeai vers le démon afin de pouvoir continuer à parler pour qu’il puisse me discerner. Quand je fus suffisamment prêt de ce dernier, je repris le fruit de notre conversation :


« Oui bon, avant que ta bête ne me crache dechus de manière impolie, che voulais formuler le fait que che ne chois pas intimidée par ton eschpèche. »


Lui souriant de toutes mes dents, je tournai les talons avant de changer d’avis et.. de lui cracher mon dentifrice à la figure comme venait de le faire celui que j’avais baptisé Kaa. Le démon pouvait bien jouer le rôle de Baloo, peu m’importait. Je m’éloignai avant qu’il ait la bonne idée de me sauter dessus pour me cogner et vint ranger avec soin ma brosse à dent avant de me débarrasser de toute trace de dentifrice. Il allait me le faire payer, je le savais, mais la satisfaction de lui avoir rendu la pareille me comblait bien plus que l’idée de ne pas m’attirer d’ennuis. La vie est faîte de défi. Le mien était de ressortir vivante sans m’être laissée marcher sur les pieds.

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Démone déchue
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MessageSujet: Re: Welcome at home.. Jeu 22 Déc - 12:35




   
Feat Linnéa Krämer & Keithan S. Kahara

Welcome in my town



A travers l'obscurité alentour, des mouvements se font ressentir. Ton flair de démon te fais percevoir chaque déplacement comme un courant d'air, une fluctuation de l'aura de la jeune fille qui te fait tressaillir. Le puissant silence installé ne désemplit point, comme si tous les éléments s'étaient décidés à retenir leur souffle, à ne plus bouger d'un millimètre, terrifiés par l’affrontement en préparation. Ton aura glisse toujours autour de la bougie, étreignant la flamme, quand soudain, indépendamment de ta volonté, tandis que les dire de ta proie s'envenime, elle se raidit. Des bruits de crachats et de toux suivent, exprimant ce qui te sembles être la maladie, ou bien l’écœurement ?

L'aura de la déchue se modifie encore. Un caractéristique de sa race qui des années après encore t'étonnes. Tu n'as pas oublié cette période de ta vie où tu as été déchu. Tu t'en rappelle même très bien, et ce temps révolus, tu n'aimes pas en parler. Une sorte de blessure personnelle, ne serait-ce qu'à cause des actes que tu entrepris. Tu préfères rapidement oublier cet aspect de ta vie et te recentrer sur le présent, constatant que l'atmosphère de la pièce s'est échauffé. La demoiselle jure de colère, et tu ne comprends pas vraiment l'utilité des expressions employées.

Des bruissements d'airs t'indiquent de nouveaux mouvements. Elle ne cesse de se mouvoir, ne tient pas en place comme son aura. Décidément, elle pourrait presque t’épuiser. Mais tu supposes que c'est son moyen de décompresser, de résister à cette pression que tu imposes. Si seulement elle savait...

   
Oui bon, avant que ta bête ne me crache dechus de manière impolie, che voulais formuler le fait que che ne chois pas intimidée par ton eschpèche.
 

Que raconte-t-elle ? Serait-ce un début de folie ou sa faim hurlante qui altèrent ses pensées ? Tu ne sais de quelle façon te positionner. A peine le temps de réagir, qu'une substance visqueuse vient s'écraser proche de toi, éclaboussant un peu ton pantalon court et tes chaussures. L'odeur forte et aromatisée, de la menthe, te rappelles le dentifrice. La jeune fille agis de façon particulière, mais si c'est pour t’impressionner, c'est raté. Tu restes stoïque, imperturbable, tel un dragon d'eau tranquille et repenses aux agissements de la belle. Rien ne servirait de laisser parler ta rage, au contraire, cette jeune démone te démontre à quel point sa déchéance était une erreur. En général, tu n'accorde aucune pitié à ce genre de personne, mais elle. Elle te plait, pas dans le sens où son physique ou son caractère pourrait faire chavirer ton cœur de pierre, non. Elle te plait, c'est à dire, elle serait une parfaite démone. Du moins, tant que la colère alimenterait ses veines. Sans colère, la créature redevient aussi douce qu'un agneau. En Enfers, la douceur ne nourrit jamais, elle ne survivrait pas. Comment faire ? Abra serait ravie de s'emparer d'une âme brouillée, mais toi, tu ne peux la laisser faire. Tu dois récupérer dans tes rangs un maximum de personnes, pour espérer un jour reprendre ta victoire sur ta rivale, voire réaliser mieux encore...

Ton aura se détache de la flamme, et la laisse reprendre vie. Elle s'allonge, encore et toujours, pour devenir immense, et s'enroule autour de vous trois; la déchue, la bougie et toi. Attrapant le bout de sa queue entre ses crocs, la bête vivante s'immobilise, et ferme les yeux. Tu la caresses doucement pour la bercer, et elle s'endort paisiblement. Sa respiration à trois temps, seule rempart contre l'armée du vide et du non-bruit, résonne à travers toute la pièce. Puis ta voix, désormais calme et suave, dénuée de toute haine, s'exprime.

   
Cette espèce, pour laquelle tu sembles éprouver un profond mépris, fut la tienne autrefois. Alors j'aimerais comprendre. Par ton arrogance et tes provocations, tu agis comme agirait l'une de mes semblables. Pourtant tu nous hais. Je ne sais pas ce que tu cherches dans la lumière; certainement quelque chose que les ombres ne peuvent te donner. Laisse moi cependant te prévenir : dans cette ville, les codes ne sont pas les mêmes, les démons et les anges ne se ressemblent pas. Peu importe quels sont tes repères, ou bien quels sont tes modèles, je dois te mettre en garde. Ne montre jamais tes faiblesses et apprend à mesurer le danger. Sinon, je ne donne même pas une semaine avant de retrouver ton cadavre au pied de la mairie...


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MessageSujet: Re: Welcome at home.. Lun 13 Fév - 14:48

Welcome at home...
Plus les secondes s’effilochent et plus je me plais à diverger. Je sens que si un moine entrait là, il ferait immédiatement un infarctus, notamment pour constat que deux êtres se sont enfermées dans un noir quasi complet et secundo parce qu’il y a jolie tâche mentholée qui recouvre le sol si soigneusement lavé. Pour un peu, le pauvre bougre qui s’est courbée au dessus de ses jolies pierres pour les frotter à corps acharné en perdrait son chapelet.  J’en aurais presque honte. Dommage que cela ne soit pas le cas. Je suis bien trop contente de sentir naître en Dragon une pointe d’incompréhension. Je le sidère et ce constat là est déjà une petite victoire. Son être n’est donc pas aussi irrécupérable que cela, son âme n’est pas encore aussi blasée que celles qu’il ne reste plus qu’à jeter. Mes mains se positionnent sur mes hanches, ma brosse à dent sagement contenue dans mon poing serré. Je pourrais la reposer, au lieu de la conserver piteusement comme une arme aiguisée. Mais tourne le dos à l’ours et il se jettera sur toi. Mauvaise idée alors de s’en retourner. Je fixe donc encore et encore cette pénombre qui me devient familière en attendant qu’il esquisse un geste, ne serait-ce que pour reculer ou me frapper. Je crois bien, en tout cas, que je ne l’ai pas touché de mon crachat. Je n’ai entendu aucun reniflement dédaigneux, aucun petit grondement dégoûté. Peut-être est-il finalement aussi un peu starbé. Qui sait si l’odeur de la menthe ne l’enivre pas ? La ferme Linnéa. Ma conscience me claque violemment, me rappelant à l’état présent. Mon corps retrouve alors la pesanteur de l’ambiance qui n’est pas retombée, la lourde moiteur qui entre chaque pierre s’est sournoisement glissée.


J’esquisse un pas en arrière, à reculons. Refusant de m’avouer vaincue, je ne fanfaronne pas non plus en avançant. Disons que je recule pour mieux bondir  après. Vielle excuse, tu ne nous la feras pas. La vérité, c’est qu’une part de mon être tremble face à cet homme qui semble dominant. Je verrais presque son port de tête se dresser lugubrement à travers les ténèbres, les chassant et les maniant aussi facilement que je me brosse les dents. Sa stature froide et rigide ne me rassure pas, me donne envie de filler comme un chiot s’inclinerait face à son parent. La queue entre les pattes, soumis pour un temps. Mais de l’autre, la rébellion gronde en moi tel le tonnerre en été, lors de ces orages improvisés. L’adolescente trop souvent refoulée, qui en a marre de se cacher, désireuse de s’assumer. Je ne suis alors que cette fringance qui anime la jeunesse et finit par se faner. Mais en attendant, c’est cet orgueil, cette envie de se détacher de mon chez moi bien trop agressif pour une fille comme moi. Ma vie est une chambre noire, ais-je un jour lu. Cela n’est pas tout à fait vrai. Dans les yeux de ce qui me soignaient, dans ma prison dorée, je voyais cette flamme qui avait un jour pu brûler. De vie, de vivacité et d’originalité. Autrefois vide quand je me lamentais, je ne reviendrais pas sur ma décision. Je ne laisserais pas ces foutus démons éteindre mon envie de vivre comme ils ont pu le faire avec les autres. Je ne les laisserai pas me faire plier. Tue moi, tortures moi, fais ce que tu veux de moi. On peut tuer un homme, pas ses idées. Un sourire nostalgique ébranle mes lèvres figées par mon intérieur fissuré. Je ne suis qu’une brebis égarée parmi un troupeau mélangé. Vers quel bouc dois-je me diriger ? La solitude me mènerait dans la gueule du loup, je le sais pertinemment. Mais ne vaut-il pas mieux mourir, égorgé avec ses idées plutôt que noyé, l’esprit brouillé par leurs paroles sucrées ? Des paroles sucrées, c’est justement ce que l’on me sert à demi sur ce plateau argenté.


Retour à la civilité, monsieur prend enfin le temps de discuter plutôt que de me menacer. Le lama qui m’a douchée revient lentement à ses pieds, comme un bon chien accoure aux pieds de son maître, ni heureux, ni malheureux. Nourri, soigné, caressé. Une routine de plus. Pauvre bête. Je ne m’appesantis pas plus sur son sort, la moiteur de ma joue me rappelant beaucoup trop  sa léchouille glacée. Ne te vexes pas Bella, mais ta langue est un peu rugueuse. Et en plus je devrais te prêter ma brosse à dent un petit coup. Ce n’est pas que ça empeste là dedans mais, ça ne sent pas la rose non plus. Mon nez se plisse légèrement alors que le souvenir des effluves de l’haleine de la bête me revient. Beurk. Un petit blanchissement suivi d’un bon bain de bouche te ferais du bien à toi. Qui sait si tu ne deviendrais pas addict à tes crocs blanchis ?


Dragon s’assoit sur le monstre enroulé. Il laisse de quelque peu retomber la pression environnante mais je ne m’y méprends pas. Sa pression n’est plus physique. Nous entrons dans son petit jeu mental. Lavage de cerveau, tout le tralala. Oh oui je t’écoute bel homme, là n’est pas la question.  Mais ne t’attends pas à ce que je me jette à tes pieds pour te supplier de me protéger contre cette ville que tu décris comme si hostile et impitoyable. Pourtant, je l’écoute avec cette docilité d’une enfant trop polie pour interrompre la litanie du grand-père, qui raconte pour la millième fois la même anecdote, ressasse milles fois les mêmes paroles sans jamais se lasser. Mais… bien vu, il y a une mairie. Des institutions disséminées ci et là à la manière de ce temple solitaire. Cela m’étonnerait donc que je ne trouve pas mon coin de paradis ici. Première chose : on n’a pas besoin de vivre chez les démons pour vivre. Deuxièmement, qui te dit que je vous déteste vous les démons ? Je ne déteste pas tous les démons. Ceux qui se croient aussi étanches qu’un ciré, sans s’être aperçu qu’il était en réalité troué, peut-être, le temps qu’ils découvrent d’où vienne la fuite du moins.  Et oui jeune homme, ton assurance est peut-être sans faille mais attend de voir. Un jour viendra, ton tour viendra. Tu fondras comme un chamallow. Peut-être pas immédiatement, mais un jour toi aussi tu basculeras. Il n’y a que les abrutis qui ne changent pas d’avis. Et ce jour là ? Je serais aux premières loges pour venir te relever. Bah oui, je sais faire preuve d’humanité moi. Si j’avais su que tu avais été déchu bien avant moi, mais j’en aurais ri aux larmes. Un politique qui se dit blanc comme l’agneau à naître. La blague. Tu vantes la noirceur de ton rang alors que tu remontes seulement la pente. Ou redescends, dans le sens que tu veux. Quelle crédibilité. Dommage que je ne le sache point. Un point pour toi mon biquet.


Il en vient d’ailleurs à évoquer mes motivations. Pourquoi renie-je donc ainsi mon rang ? Ce sang-pur que beaucoup aimeraient posséder. Détrompes toi, je ne cherche pas ce que les démons ne peuvent me  donner, mais ce qu’ils m’ont retirés. Qui sait si je n’espère pas retrouver mon petit Radja là bas ? Croiser les doigts en espérant qu’il s’en est tiré de ce foutu pré barricadé. Je profite du silence qui suit son petit discours trop carré pour l’observer. Dragon est vraiment un spécimen du Tartare. Ce serait mentir que de le dénigrer au point de vouloir le jeter. Comment le décrire fidèlement ? Déjà, à première vue, c’est un très bel homme. Pas de ceux pour lesquels on glousse stupidement en se retournant le temps d’un battement. Non, non. Sur celui là, tu te retournes une unique fois. Et tu ne le quittes plus des yeux. Du genre menaçant, effrayant et si… perturbant. Ses avants bras sont découverts, simplement offert aux petits courants d’airs qui se frayent péniblement leur chemin à travers la pierre. D’ailleurs, un tatouage géant dépasse de la manche de sa chemise. Lui enserrant le bras à la manière d’un boa, je frissonne en imaginant le monstre écaillé qui y sommeille là. Battant des paupières pour passer à autre chose, je porte mes yeux à ses épaules carrées. Pas une ondulation ne perturbe la statue qu’il est. Solide statue aux épaules assurées, larges, recouvertes d’un tissu qui laisse entre apercevoir les sillons musclés. Ma curiosité m’en redemande toujours plus. Je le détaille, l’admire, le hais, lui reconnait sa beauté. Son visage est à l’image du reste de son corps. Saillant, fin, mais droit, bien placé. Une chirurgie naturelle qui embellit son être. Mais ne le rend pas pour autant plus attrayant. Car Dragon a une faiblesse à ce sujet. Oh que oui que son corps est attracteur, tentateur. Mais la froideur dont son cœur fait preuve, dont sa cruauté se camoufle sont une force bien plus puissante qui éloigne les badauds comme la peste. Si cette maudite porte avait au moins pu s’entrouvrir de quelques millimètres, je m’y serais immédiatement jetée pour filer. Bah oui. Être en charmante compagnie, c’est quand même mieux si tu as confiance en la personne, que tu n’es pas fatiguée au point d’en tomber, et bouillonnante au point d’exploser. Ah au passage, je vous vois venir, pas de sous-entendus avec ça.


Je sens qu’on va y passer trois ans. Soupirant telle la gamine contrainte et forcée d’assister au jeu de belote de sa mère, je m’assois à sa manière, sur la bête endormie. Je m’y loge violemment, histoire de rappeler au joli cobra que oui, je suis là. Que oui je sais cracher, mais pas me cacher. Croisant les bras sur ma poitrine, je plante mon regard dans celui de Dragon et attend. Je ne compte pas lui répondre. Je ne compte pas lui dire un mot de plus, je ne compte pas le revoir une seconde fois. Je suis venue ici pour faire ma vie, pas pour jouer à cache cache dans le noir avec un déséquilibré. Si ça se trouve, je suis même en train de rêver. Ça ne choque personne que je sois assise sur un cobra géant ? Qu’un demi-dieu soit face à moi, immobile et serein ? Que j’ai encore, face à lui, ce petit goût de fluor qui parfume ma salive à chaque respiration ? Moi, ça me choque. La scène est irréelle, surnaturelle. C’est sûr, je vais me réveiller avec un mal de crâne comme on sait si bien les nommer. Une gueule de bois à tout casser. Le demi-dieu ne sera plus là, le lama-cobra s’en sera retournée, j’aurais l’haleine de chacal que j’avais quand je suis arrivée, le ventre vide et hurlant et le regard harassé de celle qui a marché toute la journée et plus encore. Mais en attendant de me réveiller de ce rêve éveillé, je prends pleinement conscience de ce qu’il est. Peut-être reflète t-il mes peurs ? Ai-je peur de tomber sur des démons dans cette ville ? Assurément que non. Ais-je peur d’être dominée ? Assurément oui. Par des humains, par des chiens, par la faim, que sais-je. Je ne veux être sous la coupe de personne. Personne. Humains, chien, faim, entendez-moi. Allez voir ailleurs. Je veux simplement trouver la sérénité. Calmer mon âme tourmentée et retrouver un semblant de normalité. En y repensant, ce lieu est peut-être approprié. Qui sait si je ne finirais pas par prier. La religion est l’opium du peuple. Je fais partie du peuple non ? Je souffre. Comme tout le monde non ? Je fais ma crise d’identité, ne sais où me trouver, mais pire encore, avant de me trouver moi, je ne sais pas la trouver elle. Ma famille. Celle qui, au-delà de tous liens de sang, est celle chez qui tu te sens chez toi. Qui t’aime pour ce que tu es, pas ce que tu fais. Elle ne t’aime pas pour ta beauté, pour la jolie voix que tu as où le son majestueux des pièces qui teintent dans ta poche. Ou.. dans ta manche. Mais celle qui t’accepte pour ta grandeur d’âme, pour toutes tes bassesses, pour ton humilité, ta bonté. Quoique, ma bonté, jusque là, elle s’est bien gardée de se montrer. Oui, le temple est le lieu idéal pour cela. Qui sait. Si j’arrive à me débarrasser de l’autre là, où s’il en vient simplement à se lasser, peut-être pourrais-je me purifier ? Me débarrasser de toutes ces questions parasites qui ébranlent mon esprit à chaque pas que je fais, qui freinent ma progression et remette sans arrêt tout en question.


Je soupire. Au moins une quinzaine de minutes que je discute intérieurement et il n’a toujours pas bougé. Imperturbable, vraiment. Mais son regard en vient à me stresser, à m’angoisser. Je sens ses prunelles me fixer indéfiniment, me sondant, me traversant, que sais-je ? Il a une patience infinie qui ne me plaît guère. Je ne compte pas rester éternellement comme une imbécile, à attendre que les nuages passent. Et puis, je ne les vois même pas ces foutus nuages. Merde alors. La colère gronde à nouveau en moi. Tiens, ça faisait longtemps. Lassée de ce jeu qui se répète à l’infini, je me relève, fais craquer ma nuque, rejette mes cheveux derrière mes épaules et lui tourne le dos. Je me retourne pour lui jeter un regard mauvais avant de me diriger moi-même vers la bougie qu’il a, ô combien gentiment laissée allumer. Avec un petit cri hystérique, je m’écris, parlant beaucoup plus fort que ce que je ne le pensais.


« Bon finissons en avec votre jeu à la con ! »

D’un geste rageur, je souffle moi-même sur la bougie flambante qui s’éteint d’un coup, dans un craquement sourd, laissant les ténèbres tomber définitivement. Je marche sans aucune discrétion, comme celle qui s’éveille et a encore le pas lourd, à moitié endormie. Je me mets à tourner en rond avant de m’immobiliser, m’adossant à une colonne dont la froideur environnante me guide sans douter. Oui, la pénombre glisse sur moi et m’entoure comme si je ne l’avais jamais quittée. Je tends la main pour la caresser, renouant avec son avidité dévorante. Je ferme un instant les yeux pour me contenir, me concentrant sur mes objectifs, sur mes buts. Mes valeurs. Pense, pense, pense. Je me force à plonger dans ma conscience, m’immergeant sous mes idées éclairées. Si je ne peux compter sur l’extérieur, c’est mon intérieur qui compensera, qui brillera. Je puise mes envies de répandre le bien dans les moindres parcelles de mon corps, calmant peu à peu mon cœur emballé. Le sang cesse peu à peu de taper à tout rompre le long de mes tempes, affluant bien trop vite dans ce petit crâne surchauffé. Je reprends figure humaine, je repousse la caresse des corbeaux qui volent autour de moi, prêt à se jeter sur moi. Pas aujourd’hui mes tous beaux. Vous viendrez me bouffer un autre jour.
Je ne veux pas laisser Dragon dans le silence. Après tout, il veut discuter. Soit. Discutons. J’attends encore quelques secondes histoire d’être sûre que ma voix ne tremblera pas, qu’elle ne se brisera pas pour X raisons que je n’aurais pas prévues. Pourtant, elle sort, limpide et claire, assurée :


« Et moi je ne sais pas ce que vous cherchez dans les ténèbres. Surement quelque chose que la lumière ne peut vous donner. Les codes, ce n’est pas que je m’en fous, mais disons que je préfère les lois servant la morale. Je ne peux accepter de suivre un individu, qu’il se fasse passer pour un ange ou un démon, et qui répand le mal autour de lui, projette son aura nauséabonde pour pervertir la moindre parcelle de ce qui l’entoure. Je ne lutte pas contre vous Dragon. Je ne lutte pas contre eux. Je ne lutte contre personne. Mes faiblesses ne sont pas à cacher. Celui qui voudra en profiter en profitera. Ce sont ses points forts dont il faut se méfier. Ne pas trop les montrer. Garder cette humilité qui un jour vous sauvera la vie.

J’imagine que vous êtes un lion aigri, Dragon ? De ceux qui ne se dévoilent pas facilement, qui ne laissent rien ni personne approcher votre jardin secret ? Je ne sais pas pourquoi, je vous vois bien vous baladant la nuit, non pour fuir le soleil et la lumière, mais fasciné par les créatures de la nuit. Vous les trouvez magnifiques n’est-ce pas ? Avec leurs plumes charbonneuses. Et puis, le calme environnant. Vous n’aimez pas les gens qui parlotent. Vous aimez le travail bien fait. Moi aussi. Alors stoppons cette discussion, qui, voyez-vous-même, ne mène à rien. Vous auriez tellement mieux à faire à vous balader parmi les corbeaux, à rejoindre un harem qui vous attend sûrement histoire de vous défouler, que sais-je. Le temps est si précieux Dragon. Vous ne l’ignorez pas. Moi non plus.  Alors pourquoi sommes-nous là ? A bavasser comme si le temps avez arrêté de s’écouler ? Chaque seconde compte, même au service de l’éternité. Vous êtes le roi des démons, et moi une déchue sale, puante et sans intérêt. Vous perdez votre temps. Je ne reviendrais pas. Je ne sais pas où je vais. Seul le temps nous le dira. Et vous l’occupez très clairement inutilement. »



Sur ma colonne désormais un peu plus réchauffée, je me redresse, laissant ma voix retomber lentement. Je ne cherche plus à le provoquer. Au contraire, je m’exprime distinctement, sans aucun bégaiement. Froide, implacable et pourtant si douce. J’avance vers lui en espérant qu’il reculera. Qu’il comprendra que je ne lui apporterai rien. Qu’il pourrait me tuer. Et pourtant, il ne le fera pas. J’en suis convaincue. Dragon, dragon, tu n’as pas encore livré tous tes secrets. Je suis peut-être une déchue, mais une déchue têtue. Qui sait si je ne vais pas m’engager au côté du défi que tu es ? Un souverain solitaire. Oh oui, tu pues la solitude à dix kilomètres à la ronde. Combien d’ennemis as-tu ? Et combien d’amis en comparaison ? Ton cœur appartient à la nuit. Mais pas forcément ton âme ? Un être de lumière peut tout à fait lui aussi renaître la nuit. Un robin des bois particulier. Qui répare les injustices en répandant un peu le mal pour faire le bien.

Ouhla. Tu vas trop loin Ly’. Stoppes toi donc un peu au lieu de parloter indéfiniment. Le temps est compté. Tu l’as dit. Ce serait trop dommage de l’oublier.


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Démone déchue
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MessageSujet: Re: Welcome at home.. Dim 2 Avr - 12:33




   
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Welcome in my town



Tandis que ton index sillonne le corps écailleux de l'ombre mouvante, tu perçois les arrogances et les confidences de la petite créature en face de toi. Cette rencontre aux allures d'un numéro d'ombres chinoises dure depuis quelques heures, et pourtant rien ne laisse présager que le temps s'écoule normalement. Dans le monde des ténèbres, les repères se brouillent, et même le meilleur des guides ne saurait retrouver son chemin. Toi, le démon au cœur de pierre, tu connais sur le bout des doigts les voies à emprunter dans ce royaume obscur, et toutes passent par un même croisement : l'affrontement. Jamais les hommes ne peuvent reculer face aux Ténèbres. Le combat est inévitable et le résultat change la vie du guerrier. Profondément ancrées en toi, tes origines funestes grouillent. Là où s'épanouit le noir, ta puissance se décuple. Linnéa est une brebis inconsciente, mais tu ne te permets pas de la juger, après tout, tu comptes bien l'aider en traçant sa route.

Un souffle profond, et la dernière goutte de lumière s'éteint, alors qu'une odeur de souffre envahit tes narines. Tu fixes la bougie de tes yeux d'or, ne passant pas inaperçus au milieu de la pièce, puis patiente quelques secondes, le temps nécessaire à l’accommodation. Ta vision dans ce milieu est favorisé par tes origines et ton expérience. Ta mémoire infaillible te laisse comprendre que la fille s'est déplacée. Le parfum mentholé reprend le dessus sur le souffre, et la pression diminue, conjointement à la température. Quelque chose cloche. L'aura de la déchue fluctue encore, et te peux percevoir à nouveau cette teinte blanche en elle. Mais à peine de retour, elle se fait encercler par tes ténèbres. Le serpent se raidit, et siffle lentement. Corruption contre illumination, tu ne fais pas le poids petite femme.

   
Et moi je ne sais pas ce que vous cherchez dans les ténèbres. Surement quelque chose que la lumière ne peut vous donner. Les codes, ce n’est pas que je m’en fous, mais disons que je préfère les lois servant la morale. Je ne peux accepter de suivre un individu, qu’il se fasse passer pour un ange ou un démon, et qui répand le mal autour de lui, projette son aura nauséabonde pour pervertir la moindre parcelle de ce qui l’entoure. Je ne lutte pas contre vous Dragon. Je ne lutte pas contre eux. Je ne lutte contre personne. Mes faiblesses ne sont pas à cacher. Celui qui voudra en profiter en profitera. Ce sont ses points forts dont il faut se méfier. Ne pas trop les montrer. Garder cette humilité qui un jour vous sauvera la vie.

J’imagine que vous êtes un lion aigri, Dragon ? De ceux qui ne se dévoilent pas facilement, qui ne laissent rien ni personne approcher votre jardin secret ? Je ne sais pas pourquoi, je vous vois bien vous baladant la nuit, non pour fuir le soleil et la lumière, mais fasciné par les créatures de la nuit. Vous les trouvez magnifiques n’est-ce pas ? Avec leurs plumes charbonneuses. Et puis, le calme environnant. Vous n’aimez pas les gens qui parlotent. Vous aimez le travail bien fait. Moi aussi. Alors stoppons cette discussion, qui, voyez-vous-même, ne mène à rien. Vous auriez tellement mieux à faire à vous balader parmi les corbeaux, à rejoindre un harem qui vous attend sûrement histoire de vous défouler, que sais-je. Le temps est si précieux Dragon. Vous ne l’ignorez pas. Moi non plus.  Alors pourquoi sommes-nous là ? A bavasser comme si le temps avez arrêté de s’écouler ? Chaque seconde compte, même au service de l’éternité. Vous êtes le roi des démons, et moi une déchue sale, puante et sans intérêt. Vous perdez votre temps. Je ne reviendrais pas. Je ne sais pas où je vais. Seul le temps nous le dira. Et vous l’occupez très clairement inutilement.
 

Des bruits de pas, une présence qui approche de ta personne. Toi qui est assis, elle debout. Elle gagne en confiance au fil de la rencontre, elle ne mesure pas le danger qui  l'environne. Alice était comme elle. Mais Linnéa a ce quelque chose que l'ange n'avait pas. Elle possède en elle la capacité de nuire. Tu peux déjà la voir, possédée pas un esprit de colère, tuer et détruire sans remords. La femme qui te fait face est une machine capable de tuer, il ne suffit que de bien placer les engrenages. Et ta mission, sera d'entretenir le mécanisme, et de faire de cette fille un monstre.

Ta main se pose contre son visage, si proche, trop proche à ton gout. Elle remonte doucement de la joue au front, passe dans ses cheveux, puis se place au sommet du crâne de l'animal sans défense. Tes doigts se crochent, tu saisis sa tête, et par une pression brutale et subite, tu la fais s'agenouiller. A travers le noir, tes yeux étincellent. Tes phalanges ne se calment pas, et l'étreinte émise contre le crâne, se mêle à celle de ton aura, et du reptile, s'étant mû contre la proie.

   
Tempus fugit. Le temps n'est l'ami de personne, il s'écoule selon son propre désir et n'obéit jamais à aucune maitre. Cependant, il serait illusoire de croire qu'il est possible de perdre son temps. Ton esprit vacille trop vite, tu passes d'une chose à l'autre à une vitesse telle que rien n'est vraiment clair dans tes pensées. Tu es une agitée n'est ce pas ? Une impatiente qui ne supporte pas de rester dans l'ombre de l'ignorance, une irritable qui refuse de faire face à la réalité, qui se berce de mensonges dans le seul but de survivre un jour de plus en Enfers. Cesse donc d'essayer de me combattre en attaquant sur des terrains que tu crois connus, de te supposer une assurance qui te fait défaut. Ton pire ennemi en cette ville n'est autre que ton reflet dans le miroir. Oublie un peu cette fiction dans laquelle tu évoluais. L'oiseau enfermé dans sa cage envie le ciel azur. Une inattention, et l'oiseau déploie ses ailes pour s'envoler. En plein vol, l'air pur de l'extérieur l'asphyxie : l'oiseau chute, puis s'écrase au sol. Le mensonge est un poison plus doux que la vérité Linnéa. Apprends, et ne t'obstines pas à voir ce que tu veux voir, à entendre ce que tu veux entendre. Concentre toi sur la réalité, et puise tes enseignements d'elle et de rien d'autre. Le reste, ce que superflu. Maintenant si tu veux partir je t'en prie, je ne te retiens pas. A peine auras-tu mis pied à l'extérieur du temple, que la mordante évidence te rattraperas.


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MessageSujet: Re: Welcome at home.. Ven 14 Avr - 15:08

Welcome at home...
Sitôt que la flamme rendit l'âme, l'aura de Dragon vacilla, tangua dangereusement, bercée par l'ensemble de l'obscurité. Un gosse qui retrouvait son terrain de jeu. Certes, la frêle bougie qui flambait là n'avait rien de menaçant, ne l'avait pas perturbé, mais le noir le plus complet sembla en revanche l'apaisait. La tension retomba d'un cran, du moins pour peu que l'on considéré le côté du démon. De mon côté, une bouffée de panique s'empara de moi, fumée que je calmai immédiatement, formatant mon esprit au jeu qui allait continuer. Je me trouvais sur le territoire d'un prédateur. Il connaissait mieux que moi les recoins de cet endroit, devait connaître les défauts de chaque dalle qu'il foulait, avoir une vision nocturne fort aiguisé. La peur attire les prédateurs, les excite tant et si bien qu'ils en viennent à attaquer. Alors, pour ne pas lui faire le plaisir de me voir  trembler, je me concentrai sur ce qui m'entourait, empêchant mon attention de se focaliser sur l'état de trouble qui menaçait de m'étouffer. Mes yeux habitués à la faible clarté mirent quelques secondes à s’accommoder mais sitôt la vision retrouvée, du moins la cécité levée, je les portai sur les murs qui nous entouraient. Dragon bougeait, son aura se mouvait. Mon esprit en fit de même tandis que mon corps lui, ne bougea pas d'un poil. Je ne craignais pas les gestes physiques, beaucoup plus les douleurs mentales. Dès lors, il fallait choisir. Ou préserver ma santé mentale, ou alors me jeter au sol et me recroqueviller. La seconde option étant des plus pitoyables, je choisis sans tarder la première, obligeant mes pensées à s'organiser dans un ballet des plus huilés. Des images que j'avais choisies se succédèrent pour me relaxer. Bientôt, mes épaules roulèrent sous mon épiderme, se décontractant. Oui, j'étais d'une fragilité déconcertante. De ce fait devais-je sans cesse me calmer. Cela devait faire la cinquième fois, si ce n'était plus, depuis le début de notre entrevue. Pour ma défense, il foutait vraiment la trouille aussi. J'étais peut-être la seule à avoir l'envie pressante de me dégager de la pression qu'il maintenait, mais je n'avais, n'étais, et ne serais pas le seule être à avoir frémi devant lui. Il y a de ces personnalités qui vous intiment de vous tenir en respect et ce n'est pas parce que ma langue fourchait, à l'effigie de mon esprit indompté, que je l'avais oublié. Mais.. lorsque la brebis est menacée, elle se met à bêler, c'est bien connu. Une nouvelle fois, je confirmais ce cliché, et ne cessait d'ouvrir mon clapet. Je ne regrettai pas mes paroles, non, elles, je les pensais, mais disons qu'il aurait peut-être été préférable pour moi de rester sagement dans mon coin, à attendre qu'il se lasse de ce silence insurmontable, sorte de lui-même et me laisse en paix, à méditer. Seulement, cela aurait été trop facile , il avait fallu que je l'ouvre ! Bien sûr. Pour le coup, j'aurais du m'en fier à ce que Radja me disait et non foncer tête baissée, alors que tout chez Dragon m'intimait de ne pas avancer. Enfin, le mal était fait. Autant assumer.

La sale bestiole qui m'avait douchée parut ne pas apprécier mon soudain retour du bon côté. Dès que ma propre aura se teinta de lueurs éclairées, elle étouffa un sifflement qui vint vriller le long de mon tympan. Grimaçant, je la maudis un peu plus, regrettant immédiatement mes pensées rancunières. Dragon réveillait en moi mon impulsivité. Il ne fallait pas se montrer à ce point dédaigneuse, vouloir le malheur même au pire des siens. Pourtant, je commis ce faux pas, entrant sûrement dans le jeu qu'instaurait Dragon. Ne pas lui montrer que je pouvais changer, ce n'était pourtant pas si compliqué ! Malheureusement, il s'était saisi du rouage encore mal calibré et s'en servait pour me rappeler d'où je venais. Le saligot. Baissant la tête tout en me mordant la lèvre, j'inspirai lentement, calmant mon cœur qui s'emballait. Doucement Linnéa, fais un pas en arrière, ne continue pas à le défier. Reste ce que tu es. Penses à là où tu veux aller. Je relevai de moi même le regard au moment où celui perçant de Dragon se posa sur moi. Sans savoir ce qui m'avais pris, je m'étais approchée, et cette proximité m'aurait fait frissonner si je n'étais pas à ce point aimanté. Le noir ne m'inspirait jamais confiance, mais Dragon usait de son charisme sur moi. Je le sentis. Mes yeux demeurèrent fixés, rivés à celui qui me toisait. Ils ne purent le détailler, ne purent se repaître de sa beauté. Ils se contentèrent de le regarder, incapable de dévier. Mes pas continuèrent également, eux aussi hypnotisés. Ce ne fut que lorsqu'il leva la main, vint la poser contre ma joue que mon corps entier s'immobilisa. Mes paupières se fermèrent alors que la froideur de sa main venait chatouiller les capitons de ma peau troublée. Mon souffle se fit plus rauque. Recule Ly', recule ! Mais non, mon corps me dit d'aller me faire voir. Ni plus, ni moins. Sympa la solidarité… Qu'importe. Soufflant intérieurement, je suivis le tracé qu'il entreprit de réaliser, me fiant aux frissons qu'il déclenchait. Ils longèrent ma pommette, se glissèrent le long de ma tempe, envahirent mon front avant de se perdre au niveau du sommet de mon crâne, ou la main de Dragon s'immobilisa. J'aurais pu relever la main, lui en mettre une ou du moins venir enserrer sa gorge ou son poignet, mais il n'en fut rien. Votre esprit critique vous soufflera très justement que je n'en avait tout simplement pas les capacités. Vos petits rires moqueurs face à mon impuissance n'atteignent que vous. Je vous promets qu'à ma place, vous vous seriez urinés dessus, alors ne faîtes pas trop les malins, sagement installés derrière votre écran, protégés des corbeaux qu'il manipulait.

A l'instar de ce qui s'apparentait le plus à une caresse, la sensation de ses doigts qui se resserraient fut nettement moins agréable, tout comme le fait de se sentir basculer. Je ne vis rien venir, mes genoux cognant soudainement la pierre taillée. Il venait de me sommer de m'agenouiller, venait de me forcer à m'agenouiller pour être plus exacte. Le seul geste que je fus capable de faire fut de tenter de détourner la tête, afin de ne pas avoir à considérer les genoux de Dragon les yeux dans les yeux. Le souverain ne donna pas le sentiment de donner son consentement, et une pression de sa paume suffit à ce que je mon crâne retrouve sa position initiale. Déglutissant, soudainement gênée, je levai les yeux vers celui qui me surplombait. Il avait déjà l'avantage de me dominait quand j'étais debout face à lui, mais alors ainsi rétrécie, je ne faisais clairement plus le poids. Comme pour acquiescer, le chaleureux lama vint se coller à moi. Piégée. De tous côtés. Je repris plein usage de mes muscles lorsque la voix de Dragon s'éleva. Je me tus cependant tout le long, désireuse de me faire toute petite. Et, il était motivé à parler. Jamais je n'avais tant vu ses lèvres bouger. Elles se déchargèrent de ce flot de paroles, pensées hautement formulées que je pris grand soin d'intégrer, non par peur de les oublier, mais plus pour lui prouver ma docilité. Histoire qu'il me lâche. Cet voisinage ne me plaisait guère et j'avais hâte que ses sales mains se détachent de ma personne, retournent palper le serpent qui lui servait de marche-pied au lieu d'enserrer mon crâne comme s'il voulait le percer.

Lorsqu'il parla de moi en tant qu'agitée, je ne pus retenir un sourire moqueur. Pff. S'il savait. Néanmoins,  il disparut bien vite alors qu'il poursuivait. Parce que je vivais dans le mensonge pour survivre aux Enfers ? Quel baratin. D'un geste défensif, je vins repousser sa main pour la dégager, rompre ce contact qu'il s'évertuait à conserver. Au passage, mes yeux, animés d'éclairs, tentèrent d'accrocher les siens, en vain. Comme il ne manifesta pas l'envie de me tenir plus longtemps entre ses griffes, je me relevai précipitamment, en reculant, manquant de trébucher vers l'arrière. Sans le quitter des yeux, je me mis hors de la portée de ses bras interminables, croisant les miens contre ma poitrine. Forçant mon ton à ne pas tomber dans l'agressivité, je repris ce qu'il venait de me raconter.

« Si je vivais dans le mensonge pour mieux survivre dans ce monde qui est le tien, pourquoi m'en serais-je enfuie ? Au contraire, c'est la réalité qui m'a frappée, qui m'a chassée. Je ne cesse de la regarder en face cette vérité, et tu oserais me dire que je me berce d'illusions ? C'est ton discours qui n'est que leurre.
Et si l'oiseau meurt effectivement après avoir prit son envol, asphyxié par un air peut-être trop pur, cela vaut toujours mieux que d'être noyé dans cette mer aux couleurs macabres qu'il n'aura eu de cesse de fuir. Mieux vaut périr en ayant entrevu la liberté que crever en étant resté prisonnier... »


A ses dernières paroles, je ne pus retenir une moue moqueuse.

« Parce qu'en restant ici, avec vous, j'en serais préservée. Je pense que même les enfers valent mieux que de rester quelques minutes de plus avec vous. »

Je n'avais pas laissé tombé le vouvoiement, il m'intimidait bien trop pour que je puisse me permettre pareille familiarité. Cependant, je rejoignis lentement mon sac à dos qui gisait toujours dans son coin, impolie que j'étais. M'agenouillant, je ramassais ce qui en était tombé, et le refermant précipitamment, je le jetais sur mon épaule. Je ne comptais pas m'en aller immédiatement et de toute façon, Dragon avait fermé la porte d'entrée et balancé la clé, alors je ne pouvais toujours pas tourner les talons et lui souhaiter bon vent. Alors que je reculais non plus pour aller m'adosser à quelques colonnes que cela soit, mais pour rejoindre le mur principal qui clôturait la pièce, mon pied heurta une marche, et un tintement métallique accompagna le geste que cela déclencha. Immédiatement, je me penchai, laissant ma main venir tâter le sol qui s'étalait à mes pieds. Un sourire victorieux et soulagé à la fois vint illuminer mon visage marqué alors que je me relevai, tenant entre mes doigts la fameuse clé. Comme quoi, même les esprits d'ici me recommandaient de filer. Cela changea radicalement mes plans, peut-être finalement que je n'allais pas m'appesantir. Sans tarder, je pivotai sur mes pieds, lâchant le loup du regard pour me précipiter jusqu'au mur. Il me laissait m'en aller, cela se sentait. Il ne bougea pas, demeura la statue de sel qu'il était. Parfait. Longeant la grande étendue glacée jusqu'à sentir contre mon épaule le côté rugueux d'une porte poncée, je laissai mes doigts glisser le long de cette surface particulière jusqu'à ce que ces derniers rencontrent une zone plus lisse dont le relief laissaient présager qu'il s'agissait de la serrure tant recherchée. Fébrilement, j'introduisis la clef, le cœur battant et la fit tourner, rapidement. Un petit bruit de verrou qui s'ouvre parvint à mes oreilles accolées à la porte qui se mouvait. Sans tarder, je me glissai à travers la brèche qu'elle m'offrit, ne me souciant pas de mon sac qui cogna tour à tour contre la porte puis l'embrasure. Une fois la lumière retrouvée, je me mis à courir, faisant fi de la lumière qui m'aveuglait. Non, il ne s'agissait pas de celle agressive du soleil extérieur, mais simplement des lueurs artificielles qui illuminaient les couloirs du temple. Mais sachant que je venais de passer un petit moment dans le noir le plus complet, elles me firent le même effet. Dans ma course, je bousculai un moine qui grommela, fonçait dans une colonne qui ne bougea pas. Cela ne me ralentit pourtant pas et mes foulées ne faiblirent pas. Jusqu'à ce que, alors que mes yeux s’accoutumaient peu à peu la forte clarté, mon pied ne glisse sur une coule oubliée. Aussitôt, mon vestibule m'avertit que quelque chose clochait, et effectivement, je sentis assez vite je perdais l'équilibre. Bien évidemment, je ne fis ce constat qu'un millième de seconde avant de me rétamer, tentant de rentrer la tête pour ne pas qu'elle vienne violemment se jeter contre le sol. Très mauvaise idée. Par le choc que mes épaules vécurent, l'onde se répercuta tant et si bien que mon crâne fut tout de même projeté en arrière, malgré mes tous mes efforts, et ce que je voulais éviter arriva. Rencontre fort délicate avec la pierre. La douleur fusa à l'arrière de mon lobe occipital, m'arrachant un balbutiement avant que les ténèbres ne me rattrapent à nouveau, comme elles l'avaient toujours fait.

Trou noir.


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MessageSujet: Re: Welcome at home.. Sam 15 Avr - 22:52




   
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Tes mots touchent ta cible, en témoigne le silence qui suit ta prise de parole. La vérité n'est jamais chose aisée lorsqu'il s'agit d'encaisser. La déchue qui se tient devant toi est encore faible, et peu accoutumée au monde terrible dans lequel tu vis quotidiennement depuis presque deux mois. Damned Town est bien loin d'être une cité chaleureuse, et ceux qui parviennent sains et sauf en son sein l'apprennent à leurs dépends. Tu as fais de ton mieux pour la prévenir, mais la jeune femme ne semble pas vouloir t'écouter. Un voile invisible masque sa raison, et ses pensées sont floutées par des espoirs et des rêves d'enfant. Pauvre créature, tu pourrais ressentir de la pitié pour elle, si ton cœur n'était pas froid comme la faucheuse.  

   
Si je vivais dans le mensonge pour mieux survivre dans ce monde qui est le tien, pourquoi m'en serais-je enfuie ? Au contraire, c'est la réalité qui m'a frappée, qui m'a chassée. Je ne cesse de la regarder en face cette vérité, et tu oserais me dire que je me berce d'illusions ? C'est ton discours qui n'est que leurre.
Et si l'oiseau meurt effectivement après avoir prit son envol, asphyxié par un air peut-être trop pur, cela vaut toujours mieux que d'être noyé dans cette mer aux couleurs macabres qu'il n'aura eu de cesse de fuir. Mieux vaut périr en ayant entrevu la liberté que crever en étant resté prisonnier...


La puissance auto-destructrice de cet enfant te dépasse. Fascinant, cette proie que tu attrapée aujourd'hui te surprend encore plus. Linnéa, ce nom compte bien rester gravé longtemps dans ta mémoire. Une puissance telle que la sienne, capable d'aller jusqu'à se tuer pour ses idéaux, pour ce qui semble lui paraitre bon, est digne de respect. Bien que son ton ne soit calme et dénué au possible d'agressivité, de petits indices laisse transparaitre les sentiments contraires qui s’agitent en elle. Un bégaiement, pour l'impulsivité, un ton fluctuant pour la peur, des consonnes mangées pour la colère refoulée... tu lis en elle comme un livre ouvert, car tu la comprends mieux que tu ne voudrais le croire. Elle te rappelle Hannah, cette petite. Et c'est peut-être ce qui te plait chez elle. Et c'est peut-être ce qui te pousse à vouloir la guider. Mais d'un autre côté, tu ne perds pas de vue ton objectif principal, et pour le moment, tout se passe comme prévu.

Tu n'arriveras à plus rien, et tu le sais au plus profond de toi, c'est pourquoi tu n'opposes aucune résistance à la fuite de la jeune fille. Elle prend son temps, peine à retrouver un moyen de s'en aller, pour enfin sortir avec une rapidité déconcertante. Tu ne bouges pas d'un pouce, ne prenant pas la peine de répondre, de toute façon, elle ne t'écoutera plus. Tu rallumes la bougie devant toi, à l'aide d'une allumette gardée dans ta poche, et rend la liberté à ton aura monstrueuse. Tu inspires profondément et te lèves, quand un fracas sourd retentit. Aussitôt, tu te diriges vers le bruit suspect, décidé à en trouver la source. Ce son ne te plait guère, il ressemble à un bruit d'accident, et à cette heure-ci, seule Linnéa peut en être à l'origine, les moines craignant trop tes représailles. Tu quittes la chambre noire, et empruntes le couloir adjacent. Au passage, tu croises la route d'un moine, qui pétrifié de peur, se recroqueville dans un coin pour se dérober à tes yeux perçants. Tu l'ignores, bien que l'homme n'ait transgressé ton couvre-feu imposé. Pour ce soir, il s'en sortira indemne. Avec lenteur, tu descends les escaliers qui mènent vers le premier étage.  

Et tu la trouves. Allongée. Inconsciente. Tu avais raison, et tu l'avais prévenu. La réalité la rattraperait à peine sortie de la pièce. Précipitation ne rime qu'avec instabilité. Un filet de sang s'écoule le long du crâne de la jeune fille, et à en juger par la vitesse du flot, tu dois te hâter. Tu soupires, retrousses tes manches, et retournes voir le moine, toujours immobilisé dans son coin. Tu t'approches de lui, et lui arrache une partie de sa tunique. Tu retrouves voir le corps inconscient de ta proie, et recouvre sa chevelure d'un bandage sommaire. La blessure n'était pas mortelle, mais par précaution, ce petit bout de tissu fera l'affaire. Tu regardes autour de toi, ne constates personne. Tu n'as pas le choix. Tu soulèves le corps de la jeune fille, que tu trouves étrangement léger, et le porte jusqu'à l'extérieur. Tu quittes le domaine du temple, et débouche sur un sentier plus bas. Que faire ?

Tu décides de redescendre encore, pour atteindre la route, et tu marches longtemps, creusant l'écart entre le sommet de la montagne et le temple qu'il abrite, et le belvédère. Tu fais une halte sur le point de vue, et dépose la demoiselle au sol. Tu t'accroupis auprès d'elle. Elle respire; faiblement. Tant mieux, un cadavre de moins à faire disparaitre.

   
Laisse moi te raconter la véritable histoire de l'oiseau Linnéa, dans sa totalité.

Dans la maison de Dieu se tient sur un guéridon de marbre, une cage dorée,
Où vit depuis toujours un jeune oiseau aux ailes immaculées.
L'oiseau possède un esprit pur, et les paroles de son maitre sont vérités.
Lorsqu'il regarde dehors, toujours la nuit ne fait que régner.

Un matin, Dieu s'en est allé, laissant l'oiseau seul, au milieu du salon.
L'animal suit les ordres de son maitre, et reste sagement dos à l'horizon.
Mais les doux rayons du soleil chatouillent son plumage, ainsi
L'oiseau ne peut se résoudre : il se retourne, et ses yeux découvrent le paradis.

« Que c'est beau ! » pense la bête, tandis qu'elle désobéit pour de bon,
Oubliant le temps qui s'écoule, elle se perd en contemplation,
Si bien que bientôt, l'oiseau captif secoue ses barreaux.
Il fait tomber la cage, déploie ses ailes, et s'envole en un allegro.  

Une fois dehors, l'oiseau libre inspire le bonheur.
Il emplit ses poumons de rêves, oublie chacun de ses malheurs.
Mais Dieu, fâché de voir son animal le tromper,
Maudit son vol et scelle sa destinée.

Tandis qu'il bat des ailes vers sa liberté,
L'air asphyxie la pauvre bête, qui ne peut plus respirer.
Envouté par la beauté d'une catharsis interdite,
L'oiseau condamné s'échoue au sol, dans un champ de marguerites.
 


Tu observes un instant le visage fermé de la jeune fille, avant de te relever, et de quitter les lieux. Tu remontes la pente, direction le temple, et ton bureau tranquille. Espérant cette fois qu'aucune autre âme aventureuse ne viendra déranger ton temple en pleine nuit.


© codage by Serfy


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Pas de nouvelles d'Hannah depuis un temps, je m'en porte bien mieux ♪
Si tu veux me connaitre, va par ici ~



Merci Hélène pour ce kit sublime ♥
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MessageSujet: Re: Welcome at home.. Ven 30 Juin - 15:50

Welcome at home...
Un pépiement aigu me tira de mes songes avec une rare violence. Ce qui n'était rien comparé à la douleur qui me transperça au moment où je tentais de me redresser. Étouffant un cri, je retombai au sol, sans avoir pu m'asseoir ne serait-ce que quelques instants. Le souffle court, je laissai mes yeux dériver sur le ciel nuageux qui me surplombait. Le soleil était d'ailleurs déjà bien haut, signe que les heures étaient bien avancées. Sous mon dos meurtrie, je sentais le terrain vallonné sur lequel j'étais allongée. Une parcelle de terre, rien de plus, rien de moins. Qu'est-ce que je foutais là ? Gémissant pitoyablement, je roulai sur le côté, grimaçant copieusement à chaque geste que j'entamai. Mais bordel, ma tête ! Un camion m'avait roulé dessus ou quoi ? Portant une main hésitante sur le lieu de mes souffrances, mes doigts rencontrèrent la surface rugueuse et poisseuse d'un bandeau de fortune. Sans aucune délicatesse, je l'arrachai, mon regard venant épier ce bout de tissu déchiré. Les bordures étaient en effet des plus irrégulières, n'avaient pas été patiemment découpées. Qu'est-ce que.. ? L'incompréhension m'habitait, tout autant que Satan qui me mordait. Où étais-je seulement ? Quelle heure était-il ? Qui étais-je ? Un flot de questions me submergèrent, tentant de me faire couler. Heureusement que je savais nager, je ne me démontai de ce fait pas, rassemblant tout ce que je savais. Mon nom était Linnéa Krämer, fille de de lignée pure, ex-habitante des limbes et de leurs alentours. Mes mains vinrent délicatement enserrer mon crâne blessé, où je n'avais toujours pas identifié ma plaie. Pendant ce temps, mes souvenirs affluaient, me redonnant peu à peu toute mon entièreté, mon identité. Je m'étais enfuie de cette cage de ténèbres, au prix de ne peut-être jamais revoir Radja, mon frère de sang, d'avoir peut-être coûté la vie à mon passeur et au prix de peut-être mourir peu après, retrouvée par mes vieux démons. Pour un début, c'était déjà pas mal. Un peu incertain comme avenir, mais on avait connu pire.

Levant les yeux vers l'horizon, je discernai face à moi les contours d'une bâtisse qui s'apparentait de très près à un Temple. A mon arrivée à Damned Town, j'étais donc venue jusque là, venant sûrement quémander quelques heures de repos bien mérités. Les avais-je obtenus ? Je n'en avais pas la moindre idée. A dire vrai, un subtil mélange d'irrationnel me donnait la nausée. S'imposaient à moi des images dont je ne savais d'où elles provenaient. Je me revoyais par exemple au beau milieu d'une pièce assombrie, les pupilles dilatées, la peau frémissante de celle qui ne sait à quelle sauce elle va être mangée. Autour de moi, les ténèbres dansaient, faucons charbonneux qu'ils étaient, à me menacer de venir me chercher. Une aura particulière se faisait néanmoins sentir, tentant de venir se frotter à la mienne, de venir réveiller son sombre potentiel. Au travers des méandres de mes mirages, je me voyais lutter, vaillamment, bien que les traits de mon visage demeuraient crispés. Mon ton insolent fusait, plus agressifs que jamais. Et toujours, une voix suave et grave me répondait. Face à moi se dressait l'enveloppe charnelle d'un homme dont le masque me demeurait caché. Il avait les bras croisés, le corps détendu. C'est lui qui dominait, à n'en pas douter. Il désirait me faire plier. Quand enfin la faible lueur qui crépitait eut éclairé son visage, je reculai, mes mains venant enserrer de petits monticules de terres tassées. Dragon. Seigneur de Damned Town, chien de Lucifer. Mes iris s'écarquillèrent en même temps que je déglutissais, ne sachant nullement sur quel pied danser. Ma boîte crânienne semblait me peser trois tonnes et je me fiais à quelques mirages imaginés ? Mais à quoi as tu la tête Linnéa ? Certainement pas aux choses que tu devrais. Il me fallait avancer. Ma fugue me marquait décidément bien plus que je ne l'aurais pensé. Mais la vérité était toute autre. Satan n'en avait rien à cirer que je me sois échappée ou pas. S'il m'avait désirée parmi son armée de soldats, je n'aurai pu lui échapper. Or je me trouvais là, c'est donc que de ma personne il n'avait cure. Le seigneur des lieux ne pouvait donc pas être venu jusqu'à moi. A compter qu'il existe seulement. Après tout, en quoi Damned Town se devait d'abriter quelques âmes damnées ? Je n'en savais après tout, rien du tout. Qu'est-ce qui m'assurait que je n'étais pas la seule démone à des lieues à la ronde ? Démone déchue, soyons précise.

Inspirant et expirant lentement, je finis par tenter de me lever. Bien trop vite vraisemblablement car une fois mise sur pieds, des vertiges me donnèrent le tournis tant et si bien que je fus bien vite de retour à la terre, le fessier bien sagement calé contre sol qui aurait pu me narguer d'avoir essuyer pareil échec. Bon, soit, j'attendrais un peu. Jouant de ma bandelette imbibée, je revins à ce que je croyais avoir vécu. Et si je ne délirais pas ? Si on m'avait vraiment menacée ? Ma vie était-elle en danger ? Dragon existait-il où était-il seulement le fruit de mes peurs ? Je n'étais sûre de rien, et pareille impuissance me frustrait au plus haut point. Comment voulez-vous avancer si vous ne savez même pas la situation où vous en êtes restée ? Face à pareille erreurs de débutant, tu m'étonnes que ta vie soit mise en danger Ly'. Faisant un effort pour bouger sans grimacer, je vins faire le tour des ressources qui me restaient. Peu de nourriture était encore à mes côtés, il allait falloir que j'aille me ravitailler, et plus vite que cela. Néanmoins, mon duvet de fortune, mon couteau suisse étaient toujours là, ce qui m'importait le plus. Rien n'y personne n'était venu me voler pendant que je dormais, où peu importe ce que j'avais fait. Partons du principe que je venais d'arriver. Il me serait temps de repenser à ce soit disant Dragon une fois ma situation stabilisée. Et puis s'il en avait vraiment après moi, ce qui n'était vraiment pas dit, il reviendrait à moi. Un seigneur ne galère pas à retrouver ses sujets.

Je retentai donc de me lever, tenant cette fois-ci bien plus longtemps sur mes pieds. Victorieuse, j'esquissai quelque pas, faisant taire les soupçons de pertes d'équilibre qui vinrent me chatouiller. Tout était dans le mental, il ne fallait pas l'oublier. Esquissant quelques pas au début maladroit de par l'hésitation que je démontrai, je marchai rapidement bien normalement. Souriant légèrement, je retins un cri de joie, décidant de monter vers ce temple que je contemplais indirectement. Avec une lenteur démesurée, je m'empressai de me mettre à grimper la pente qui y menait, décidant bien sagement de ne pas tenter le diable en me pressant un tantinet trop violemment. Je n'étais certainement pas en capacité d'aller danser la macarena, me battre ou bien même randonner toute la journée. Pénétrant dans le lieu sacré, je demeurai au début sur le pas de la porte, n'osant m'y aventurer. Et puis, en croisant l'un de ses habitants, un moine souriant au front plissé par la concentration qui l'habitait, je me détendis. Le sourire qu'il m'avait adressée m'avait en effet ragaillardie. Je n'étais pas chassée, était même invité à entrer. Reconnaissante, je m'aventurai timidement dans ces boyaux de pierre, cherchant mon chemin tantôt à droite, tantôt à gauche, ayant envie de m'adresser à quelques habitués. De ce que je connaissais, où du moins m'imaginais, le temple était l'endroit idéal pour se ressourcer, demander hospitalité. Du moins de ce que j'en avais entendu. C'était la première fois que j'entrai dans telle bâtisse. Prier le bon Dieu n'était en effet pas ce que mes congénères faisait avec bonne grâce tant et si bien que seuls les livres avaient pu me documenter à ce sujet. Enfin.. pour ceux que Radja me prêtait. De moi-même, je ne lisais pas assez. Du moins pas les bonnes choses.

Mon ressenti fut pourtant approuvé lorsque je croisais un second moine, beaucoup plus jeune et au regard bien plus vivace. Alors que nos regards se croisaient, au détour d'un couloir, ses yeux se portèrent sur le sommet de mon crâne,tandis qu'un pli soucieux vint barrer son visage chaleureux. Sans comprendre, je le saluai, souriant de toutes mes dents.

« Mad. Mademoiselle, tout va bien ? »

Alors qu'il me posa cette question innocente, à laquelle j'aurais pu rire tant elle me désemparait, mes jambes se mirent à flancher. Mais évidemment que je me portais bien ! Cela se voyait non ? J'étais rayonnante de santé. Mensonge dans lequel j'étais empêtré, mais dont je n'avais nullement pris conscience, trop désireuse de croire en mon invincibilité. Voyant que je ne répondais pas, me contentant de l'observer bêtement, il vint vers moi, et ce fut au moment là que je compris que non, rien n'allait. Mes muscles se dérobèrent sous moi et je chutai, retenue de justesse par une paire de bras qui s'était empressés d'anticiper. Délirant et balbutiant à moitié, je me mis à réciter quelques poèmes appris dans ma cage doré, ceux que Radja préférait :

Il est un arbre au cimetière
Poussant en pleine liberté,
Non planté par un deuil dicté, -
Qui flotte au long d'une humble pierre.

Sur cet arbre, été comme hiver,
Un oiseau vient qui chante clair
Sa chanson tristement fidèle.
Cet arbre et cet oiseau c'est nous :

Toi le souvenir, moi l'absence
Que le temps - qui passe - recense...
Ah, vivre encore à tes genoux !

Ah, vivre encor ! Mais quoi, ma belle,
Le néant est mon froid vainqueur...
Du moins, dis, je vis dans ton coeur ?

Contre moi, le torse du serviteur divin m'effleurait à chaque pas qu'il effectuait et ce geste régulier me berça au point que je sombrai, chutant à nouveau aux mains de mes cauchemars noircis.

Cette fois-ci entre de bonnes mains, la jeune femme fut choyée. Conduite dans une section à l'écart du bruit, que l'on nomme plus communément infirmerie, elle fut allongée, couverte jusqu'au cou, tandis que sur son front était appliqué quelque gant trempé mouillé d'une eau glacée. La fièvre qui l'avait prise était en effet à traiter, tout autant que la plaie qui la zébrait. Le jeune moine soucieux de s'occuper de sa patiente s'en alla chercher le référent des lieux, lui expliquant le peu qui s'était déroulé. Après quelques minutes de discussion, le vieux moine prit le relais, s'occupant de la demoiselle comme un saint, sans se précipiter, faisant preuve d'un calme parfait. L'inconscient de Linnéa dut le ressentir puisque ses traits se détendirent alors que l'Homme s'agitait autour d'elle. Ce ne fut que quelques jours plus tard qu'elle reprit totalement conscience, son séjour au sein du Temple ayant été entrecoupé de moments de folies ou autre instants délirants. A chaque fois, les résidents s'étaient montrés d'une patience acharnée, survenant au moindre de ses besoins, que cela soit pour la sustenter ou l'hydrater. Au matin du quatrième jour, Ly' ouvrit les yeux, constatant le lieu inconnu dans lequel elle se trouvait. Se redressant subitement, elle rejeta les pans de la couverture jusqu'à ses pieds, bondissant sur ses jambes et se retrouvant nez à nez avec celui qui la veillait. Ouvrant la bouche puis la refermant subitement, elle ne sut que prononcer, chose que lui épargna le moine, en lui souriant doucement. S'engagea ensuite une discussion que la jeune femme fut à même de mener, ses capacités ayant été pleinement retrouvées. Sa cavale plus son tête à tête plus que désastreux avec Dragon les avait légèrement altérées mais désormais, pareilles faiblesses s'en étaient allées, grâce à l'hospitalité d'anges bienveillants. Comme quoi, son camp était tout trouvé. Les yeux pétillants, la jeune femme se confondit en remerciements, remerciements qui se firent de plus en plus nombreux au fur et à mesure que la journée avançait. Ses réserves furent en effet refaites, les moines insistant pour qu'elle ai de quoi se nourrir sans avoir à se priver. De plus, ils lui permirent de se changer, fouillant dans quelques réserves oubliées. Il faut dire que les femmes au temple.. il n'y en avait pas énormément. Tentant d'imprimer au fin fond de sa mémoire tous les visages souriants qui l'aidaient sans jamais rien demander, Linnéa se promit de revenir et de les aider pour les remercier de l'avoir tant choyée, et ce une fois que sa situation se serait stabilisée. Commencer par se trouver un job ainsi qu'un logement semblait être une bonne idée. Au moment où vint l'heure de partir, la jeune femme remercia encore et encore ceux qui avaient eu l'extrême obligeance de la recueillir, puis elle s'en alla, se fondant dans la nuit, ayant décidé d'aller squatter quelque banc dans le parc. Pourvu qu'il ne soit pas fermé la nuit… Et c'est ainsi que commença pleinement la vie de la jeune déchue à Damned Town.
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Démone déchue
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